Le Parti et les classes populaires, au travail comme dans la cité - Congrès PCF

Qu’est-ce que c’est ‘‘les camarades’’ ?
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La petite anecdote qui suit renvoie à un soir de janvier qui pourrait ressembler à cent autres soirs. Les personnages qui interviennent ressemblent à biens d’autres. Et l’anecdote elle même n’est que le reflet de vies engagées où se croisent familles, idées et vins rouges. Dans un appartement en région, un groupes d’adultes discutent allègrement sur l’état du monde, sur leurs vies et ce qui va avec. «Des discussions d’adultes» disent avec justesse les enfants! Parmi la troupe rassemblée pour l’occasion, il y a deux ou trois communistes, quelques artistes et plusieurs enfants. Entre deux plats, on parle des vacances terminées, d’un Noël qui ne finit pas et de politique ! On discute des campagnes électorales passées, de l’Inquisition, des coopératives ouvrières. C’est alors que la fille d’un des convives interpelle son père. La jeune enfant a pas plus de cinq ans, mais déjà son esprit est curieux et ses oreilles sont à l’écoute. Coupant la conversation, elle demande «Qu’est-ce que c’est les camarades ?». Voilà une belle question. Ce mot revient souvent dans la bouche des convives de ce soir, et sûrement régulièrement dans sa famille. Ce mot l’intrigue. Il semble définir des personnages qui l’entourent mais qu’elle ne voit pas précisément. Comme d’autres enfants avant elle, elle pose donc cette question presque anthologique Un rire bienveillant se propage. Quelqu’un répond «les camarades, ce sont des amis». On lui réplique «pas forcément !». Un parent tente donc de nuancer en expliquant qu’il s’agit «de gens avec qui on partage des idées». On murmure alors une nouvelle fois «pas forcément»... Notre jeune amie repart rapidement aux occupations de son âge avec des morceaux de réponses dans sa tête. «Camarade» est un terme dont l’origine est militaire. Il renvoie étymologiquement au mot espagnol «camarada» qui peut être défini par chambrée. Un camarade est ainsi un soldat qui partage le lieu où l’on dort. Le dictionnaire Larousse ne s’avance guère plus sinon en définissant le terme par «personne à qui on est lié par une familiarité d’activités communes». Plus que de partager des idées, des camarades partagent cet espace «commun» qui leur permet d’échanger, de débattre, de se rencontrer. Le terme camarade renvoie à une certaine discipline. Des camarades partagent un cadre qu’ils ont construit pour avancer ensemble. Des camarades bâtissent quelques chose ensemble avec rigueur. Alors que les mouvements politique réclamant une alternative au capitalisme ne cesse de s'interroger, il s’agirait peut-être de se demander ce que représente l’autre dans l’engagement. Qui est ce compagnon de lutte ? Comment et où fixer notre travail commun ? Un camarade est sans aucun doute «un beau nom» car il comporte à sa base les idées de rencontre et de création. Merci à Salomé B...Bouget pour sa question !

Les commentaires

  • a commenté 2018-01-15 19:24:20 +0100
    C’est justement quand on est pas d’accord sur tout, mais que la fidélité à un idéal utopique qu’est le Communisme rapproche les “gens” (que je vomis ce terme ! qui renvoie à un anonymat de masse et qui est très condescendant, n’est-ce pas Monsieur Jean-Luc M ?) dans les combats pour la justice sociale, pour l’égalité, pour l’émancipation, pour boire un coup et chanter ensemble (des chants révolutionnaires, bien sûr !) ; c’est à ce moment que ces personnes sont des camrades les unes pour les autres. Et, personnellement, je me sens camarade quand un autre me donne ce si “joli nom”.
  • a pris position important 2018-01-15 19:24:18 +0100
  • a commenté 2018-01-14 09:07:48 +0100
    Bonjour Hugo,

    J’adore ta contribution.

    En tant que membre d’un club de sport ou d’une association quelconque, nous sommes des camarades.

    En tant qu’élèves d’une même école, nous sommes des camarades : et ainsi, les membres des associations d’anciens des grandes écoles s’appellent entre eux camarades (ce qui est moins vrai pour les universités). Si bien que j’ai pu utiliser ce mot de camarade pour interpeller un dirigeant de mon groupe qui avait fait la même école que moi (mais s’est bien gardé de me répondre!)

    Dans le syndicat et dans le parti, nous sommes donc aussi des camarades.

    Il y a donc des degrés et des différences au sein de cette notion de camarade qui au passage je crois n’est pas appliquée dans les communautés religieuses, beaucoup plus anciennes.

    Si on continue à s’appeler camarades entre membres de la CGT votant l’un PCF et l’autre FN car cela malheureusement existe, effectivement peut-on continuer à s’appeler camarades au sein de notre parti?

    En général, un camarade est évidemment différent d’un ami qui peut être totalement différent de soi comme peut l’être son conjoint car il s’agit d’un amour plus ou moins prononcé.

    Tu évites le terme frère qui est employé par des communautés religieuses. Tu ne parles pas du mot partisan qui n’indique pas le type de relations qui nous lient sauf à appartenir au même parti.

    Tu emploies le terme de compagnon qui est séduisant mais ne couvre peut-être pas toutes les relations entre nous. Alors peut-être devrions-nous lancer un petit concours pour trouver un nom à cette notion, quitte à en inventer un!
  • a publié dans Le Parti et les classes populaires, au travail comme dans la cité 2018-01-13 18:29:53 +0100