Le Parti et les classes populaires, au travail comme dans la cité - Congrès PCF

Une reflexion collective de la cellule Pierre Guiseppi Toulon.
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Réflexion :1ere contribution de la cellule Pierre Guiseppi Toulon Le monde capitaliste bat de l'aile, il n'inspire plus confiance mais ses élites font semblant de ne pas le voir. Pour ne pas avoir à tirer les conséquences de ses résultats, négatifs pour les peuples mais très positifs pour les catégories dirigeantes et "supérieures". L'Europe, déjà dans une impasse, est encore affaiblie avec la sortie du Royaume Uni et les conflits avec plusieurs pays qui veulent la quitter sur des bases nationalistes. Elle s'est mise naturellement au service de la finance et des multinationales. L'Allemagne sans gouvernement depuis septembre n'a toujours pas de majorité mais elle a, pour la première fois depuis 1945, un groupe néo-nazi au Bundestag. Comme l'Autriche qui va présider l'UE en juillet 2018. De l'autre côté de l'Atlantique, Trump est en plein délire protectionniste, productiviste, raciste etc... Il accentue une image dangereuse par les pouvoirs qu'il détient. Dirigeant l'OTAN, entre autres, au sein de laquelle la France macronienne se trouve être le meilleur partenaire européen, comme au bon vieux temps. Partout les inégalités se creusent. A Davos, à l'ouverture du forum économique mondial des "élites", Oxfam vient de rappeler que "82% des richesses créées dans le monde ont bénéficié aux 1% les plus riches." Macron s’y est fait remarquer en déclarant le 24 janvier, en français, qu'il était à la pointe de ce qu'il fallait faire en matière de dispositions favorables au capital puis, en anglais, il a attiré l'attention de ses pairs sur le risque de ne pas être compris et de faire le jeu des populistes ! Véritable exercice d'acrobate qui revient à dire que le décrochement des peuples pourrait bien venir des excès d'une trop grande soif de profits des plus riches et qu'il faut faire attention à ne pas détricoter trop brutalement leurs acquis. Pas des excès, mais des objectifs des multinationales à la tête des Etats qui sont les premiers responsables des effets de leurs politiques sur les peuples. Ils ne font qu'étaler leurs progressions en profits et en patrimoines, à piquer dans la poche des plus pauvres pour diriger l'épargne des catégories populaires -quand il y en a- vers les entreprises privées Les guerres se développent partout, pas seulement le terrorisme islamique qui en en a été nourri puis leur a donné une autre dimension, ne le perdons pas de vue. Toujours pour la possession des richesses. Elles sèment la mort, les migrations, les divisions ethniques et religieuses. L'insécurité gagne tous les pays qui ferment les frontières et refusent de regarder en face les problèmes qu'ils ont créés. Lutte de classe et lutte des idées sont inséparables Pour rester en France -ce qui ne veut pas dire nous y isoler- la politique libérale s'y déploie sans complexe et s'apprécie à ses actes et à leurs impacts sociaux. Jamais les atteintes à nos acquis et droits sociaux n'avaient atteint une telle ampleur et nous ne sommes qu'au début. L'effondrement du pouvoir socialiste acquis au libéralisme, a permis d'accentuer la division à gauche et à droite. Et même à l'extrême-droite. La recomposition est à l'œuvre, mais à gauche, on est toujours à la recherche d'une dynamique unitaire et très revendicative, alors que ça craque partout : dans les services publics : luttes dans le secteur de la santé, les arsenaux, les cheminots…Restriction des droits à l’entrée à l’université pour les jeunes lycéens en terminale…, remise en cause des APL, augmentation de la CSG… Dans le privé la France continue de laisser brader son patrimoine industriel, par l’intermédiaire des nouvelles dispositions du code du travail, la grande distribution n’est pas épargnée avec les licenciements massifs prévus chez Carrefour… La conscience de classe ne se décrète pas, elle se vit comme un conflit irréductible qui nous oppose à la classe exploiteuse, laquelle cherche, à travers l’intelligence et la sueur de notre travail à s’enrichir. Des résistances collectives, nombreuses, puissantes, déterminées sur de très nombreux terrains où le ras'l'bol ont largement dépassé la cote d'alerte. Mais pas de lame de fond. Pas d'unité de grande ampleur. Pour le moment pas de convergences potentiellement majoritaires. Que faire ? S’être convaincu que, sans action collective, on ne pourra que reculer socialement. Et croire que "se battre" pour son propre intérêt peut déboucher sur un progrès ou sur le maintien d'un acquis menacé. Autrement dit, le pouvoir patronal ou institutionnel ne favorise pas mais combat en même temps le combat syndical et le combat politique (sauf le sien). Alors, comment avancer ? Comment ne plus éprouver ce sentiment étouffant qu'on n'est plus entendus ? Ce sentiment d'impuissance qui nous paralyse, qui retient notre colère et notre solidarité... C'est tout l'enjeu si l'on veut entrevoir une issue progressiste donc anticapitaliste, à l'impasse dans laquelle ils veulent enfermer l'opposition, surtout celle qui se propose de changer de système économique et politique. En vue, du même coup, d'isoler les catégories populaires. Il ne s'agit pas de faire surgir du chapeau toutes les solutions aux multiples décisions à prendre. Mais grâce au rapport de forces politiques, syndicales, citoyennes..., c'est sur le terrain que nous aurons créé, pour des objectifs que nous aurons décidés, collectivement à tous les niveaux. Non pas une minorité "éclairée" mais la plus large participation possible de salariés au plan de l'entreprise, de citoyens au plan des quartiers. Par le dialogue à gauche, sans tabou Pour une rupture franche avec l'ordre capitaliste établi. Une rupture qui ne se décrète pas, qui se construit au fur et à mesure que s'établit un rapport de forces favorable aux forces du travail contre celles du capital ! Et qui soit confirmé démocratiquement. Le monde capitaliste, n’est pas un monde civilisé. C’est un monde de profit et d’oppression, d’inégalité féroce assumée comme une nécessité naturelle s’appuyant sur le sentiment de pseudo liberté que procure un désir espéré ou réalisé de consommation : en réalité le capitalisme c’est le monde de la barbarie. Sans être convaincu de la cause profonde des problèmes auxquels on est confronté, comment trouver la solution ? Et l'envie de se battre ? Certes on ne va pas attendre d'être d'accord sur tout pour agir ni avoir forcément la même analyse politique sur tout. Il faut juste se sentir concerné ou solidaire de l'action à mener avec ceux qui ont décidé de se battre et qui gagneront s'ils créent un rapport de forces avec l'adversaire qui leur soit très favorable. On en est encore là et il est difficile d'en faire l'économie. Faire bouger celles et ceux qui ne l'ont pas encore fait, bien qu'ils soient concernés, n'est-ce pas un stade à franchir partout où des coups sont portés, où des mobilisations existent ou frémissent ? Quel que soit le terrain, syndical, citoyen, associatif, politique... Il n'y a pas de hiérarchie mais concernant le niveau politique, il y a, pour toutes les forces politiques qui se réclament de la gauche et de l'écologie, un devoir d'urgence à faire œuvre de convergences, sans sauveur suprême, pour construire une alternative de transformation sociale et écologique à l'austérité et à la confiscation de l'Etat, donc du débat démocratique.

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