Le défi politique de l’anti racisme - Congrès PCF

Sur quelques aspects de notre problématique
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Ma conviction profonde est que nous ne sommes pas au niveau de ce qui est en cause dans la crise socio-économique que nous subissons. On ne peut que constater que rien n’a été changé quant au fond, quelle que soit la majorité qui l’emporte lors des élections. Emploi, pouvoir d’achat, protection sociale, services publics, environnement, insécurité, paix… rien n’est résolu. Plus même, il ne se dégage aucune perspective qui donne confiance et espoir. Qu’est-ce qui est donc en cause ? Pour moi c’est clair, c’est la logique du profit elle-même qui bute sur ses limites historiques à l’image de ce qu’était la situation avant 1789. L’Ancien régime n’était pas en mesure de trouver une solution aux problèmes qui se posaient à notre société. Il a fallu une rupture franche et décisive, provoquée par la Révolution française, pour en sortir. Quelle que soit la question examinée elle ne trouvera pas de réponse sans une telle démarche. On notera au passage que le capitalisme qui conditionne tous les domaines de la vie est structuré au plan de l’Union européenne et de la planète tout entière avec la globalisation mondiale de notre économie Le défaut d’analyse de cette réalité est lourd de conséquences. Ainsi ont été créées puis alimentées des illusions sur la possibilité d’en sortir sans le changement radical qui s’impose. Le résultat c’est la désaffection des gens pour les partis politiques qui n’ont pas été en mesure de se dégager du réformisme. C’est patent en France pour le parti socialiste et en Europe partout où le parti communiste s’est laissé entraîner dans le renoncement, l’abandon de ses valeurs fondamentales, les compromissions… En l’absence de conscience de la nature de l’obstacle l’idéologie est orientée vers des voies sans issue qui sont dangereuses. Le racisme et la xénophobie sont dans un tel registre. On n’enlèvera pas de telles idées de la tête des gens sans les explications nécessaires qui s’imposent sur l’origine de la crise. Evidemment pour être convaincant il faut être soi-même convaincu. Force est de constater que le terrain de la construction d’un projet révolutionnaire a été abandonné. Cette donnée est illustrée par l’incapacité de se dégager de l’UE qui pourtant conditionne si fortement les conditions de vie des peuples. Sont également mises en cause les alliances qui, de programme commun en gauche plurielle puis en CUAL et autre Front de Gauche, ont gommé la réflexion et l’action spécifique de ce qu’aurait dû être un parti révolutionnaire, spécialement dans le contexte qui est le nôtre. On pourrait ajouter l’importance accordée aux institutions qui font la preuve de leur impuissance dans le cadre général qui leur est fixé. Ainsi la marge de manœuvre des élus à l’échelon local est fortement réduite par l’orientation générale dans laquelle ils doivent s’inscrire. On ne modifiera pas plus la pensée dominante des masses sur le racisme et la xénophobie que sur d’autres aspects sans un retour à ce pour quoi nous étions nés. On peut compléter la réflexion avec les questions des avancées technologiques, de l’écologie, de la communication… Sur ce dernier point il faudrait mieux se saisir des possibilités qu’offre l’informatique avec Internet. Mais naturellement il faut pour être efficace avoir une meilleure maîtrise d’un projet politique adapté aux exigences de notre temps.

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