Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Benoît Hamon, un candidat au service du capital qui ne saurait être un allié
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Durant la présidentielle, la question du rassemblement avec Benoît Hamon a été soulevée et continue d'être soulevée aujourd'hui. Durant le quinquennat Hollande, Benoît Hamon a pourtant été pleinement acteur des réformes nocives pour les travailleurs. Il a été ministre sous le CICE, l'ANI et la réforme des retraites. Malgré le fait qu'il se prétende député « frondeur », il ne s'est jamais réellement opposé à un budget austéritaire, pire encore il n'a jamais voté la motion de censure de la droite contre la Loi Travail, alors qu'elle permettait objectivement de faire barrage à ce texte nocif... Il n'a également jamais vraiment participé aux mobilisations contre ce texte... Les « frondeurs » étaient bien le flanc « gauche » du dispositif Hollande, comme le reconnaît encore celui-ci dans une interview récente où il montre qu’il avait besoin d’eux (« S’il avait fallu les exclure, je pense que je n'aurais même plus eu de majorité durant le quinquennat » L’Obs, 14 décembre 2017). Durant la campagne présidentielle et aujourd'hui encore, malgré son départ du PS, le programme de Benoît Hamon, sur beaucoup d'aspects, n'est également en aucun cas un programme de gauche. Le revenu universel, par exemple, part du principe que l'emploi pour tous est impossible. Il enferme donc les gens dans le chômage et peut servir de prétexte au patronat pour baisser les salaires et augmenter les profits ! Il peut aussi conduire dans le long terme à diluer toutes les allocations en son sein et à traiter des individus de classes différentes de la même manière. Il n'est en rien de gauche de nier les difficultés des plus démunis, d'aider ceux qui n'en ont pas besoin et de détourner les travailleurs de la réelle cause de leur mal-être. De plus, Benoît Hamon, tel son prédécesseur François Hollande ou encore Alexis Tsipras en Grèce, propose des mesures "progressistes" sans rompre avec l'Union Européenne. Il est pourtant inscrit dans les traités que le but de l'UE est de favoriser les déplacements de capitaux, de mettre en concurrence les travailleurs, qu'il faut accroître la mise en concurrence des services publics et de tout organisme mettant en œuvre la protection sociale ou encore qu'il faut limiter la dette publique. Aucune mesure progressiste (Plan de relance, augmentation des services publics, Sécurité sociale, droit du travail) n'est donc compatible avec les Traités européens. Réformer l'UE, comme le propose Hamon, suppose d'avoir l'accord des 27 pays ou un rapport de force dans plusieurs pays en même temps et est donc une grave illusion. L'exemple d'Alexis Tsipras a bien démontré qu'il était vain de vouloir affronter l'UE en son sein et qu'au contraire c'était se lier les mains à plus de mesures régressives orchestrées par la Commission... Pour ces raisons, le programme de Benoît Hamon ne pourrait donc aucunement être mis en œuvre. Ses idées conduiraient à un quinquennat Hollande bis. La Commission européenne continuerait de nous imposer ses horreurs. Enfin, le programme et les mouvements de Benoît Hamon sont utiles au capital. Faussement étiqueté de « gauche » par les médias, il permet de brouiller les pistes sur ce qui devrait être de gauche et sur ce qui est de droite. Il permet d'éviter aux travailleurs de se saisir des vrais combats, de faire paraître des choses de gauche alors qu'elles servent les intérêts du capital (ex : le revenu universel). Il permet également d'éviter une fuite de voix plus importante vers Jean Luc Mélenchon qui n'est certes pas en rupture avec le capitalisme mais dans une logique anti-libérale de résistance et de lutte. Contrairement à Benoît Hamon, la France Insoumise propose par exemple un Plan B de sortie des Traités européens. En agissant ainsi durant la présidentielle, Hamon a été au service de Macron et a permis au capital de triompher. En continuant d'agir ainsi, il fera obstacle à toute victoire d'un vrai programme de gauche et laissera un boulevard aux candidats de droites. Les appels de pied que la direction du Parti a réalisé et que nous continuons de faire envers Benoît Hamon sont donc problématiques pour plusieurs raisons. Dans la continuité du programme commun, ils sont discréditant. Comment pouvons – nous convaincre de prendre le contre-pied légitime du quinquennat avec un de ses acteurs ? Comment pouvons - nous construire un rapport de force pour lutter avec quelqu'un qui a mis en place et cautionné les lois contre lesquelles nous avons lutées ? Les camarades ayant combattu la Loi Travail ne l'accepteraient légitimement pas. Le rassemblement avec Benoît Hamon est aussi inenvisageable car le contenu de son programme n'est pas de gauche, n'est pas réalisable car il ne remet pas en cause les Traités européens et ne correspond donc pas à nos bases. Il est également inadmissible car il n'est qu'un pion joué par le capital pour mieux diviser et faire triompher la droite. Pour résister dans le court terme et aller plus loin demain, nous avons besoin de rassemblement sur des bases claires et non d'illusions et de divisions. Comment pouvons – nous rassembler sur du faux ? Comment structurer clairement la conscience des travailleurs et envisager de les mener plus loin en s'alliant sur des idées de droite et sur une démarche vouée à l'échec ? Le rassemblement avec Hamon est pour ces raisons antinomiques avec la construction d'un front de résistance avec la France Insoumise dans le court terme et avec la reconstruction d'un PCF révolutionnaire pour aller plus loin dans le long terme. Matthieu Cauvin (section d'Orchies - 59) Quentin Le Matt (section de Lille - 59) Florence Pin (section de Valenciennes - 59)

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