Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Face au capital : Imposons un populisme de lutte de classe
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Être populiste ce n'est pas un gros mot, ce n'est pas être un démagogue ou un fasciste comme peuvent le penser les libéraux. Pour rappel, le populisme a pour racine les mouvements narodniks (gens du peuple) russe au 19ème siècle. Ils prônaient une société s’inscrivant pleinement dans le socialisme et pour laquelle Marx éprouvait de l’admiration. Être populiste c'est donc s'inscrire dans cette histoire et dans ces valeurs socialistes. Le populisme n’est ni une idéologie ni une doctrine, nous devons nous en servir comme stratégie politique pour unir ceux d’en bas contre ceux d’en haut, les exploités contre les exploiteurs, autrement dit tous les laissés pour compte de la mondialisation libérale contre cette oligarchie libérale. Nous ne devons plus prendre le populisme comme une insulte, dans l’état d’éclatement et de faiblesse du rapport de force actuel il doit nous servir à rassembler le plus grand nombre face au capital, fédérer le peule contre l’élite capitaliste. La stratégie politique qui consiste à vouloir « rassembler le peuple de gauche » se définir comme étant « la vrai gauche » ou « la gauche de la gauche » ne fonctionne plus. Cela a été fédérateur à une époque, il ne s’agit pas là de le renier mais aujourd’hui ça ne l’est plus. Une grande masse de ces laissés pour compte ne s’y reconnaissent pas, traditionnellement pour certains, comme les artisans, les petits commerçants ou les paysans ; structurellement pour les autres, qui ne se sentent appartenir ni à gauche ni à droite. D’ailleurs Marx ne s’est jamais revendiqué « de gauche », ni les socialistes révolutionnaires ni les syndicalistes révolutionnaires du 19ème siècle. Si nous voulons rassembler, nous devons donc sortir de ce clivage qui divise des personnes aux intérêts communs. Ne plus opposer la gauche et la droite mais ceux d’en bas contre ceux d’en haut. Ce peuple est un sujet à construire, à rassembler dans la lutte. Nous devons nous adresser à tout ce corps social divers mais aux intérêts communs qui subit de plein fouet les délocalisations, les rationalisations, les baisses de revenu ; à savoir : les ouvriers, les techniciens, les ingénieurs, les petits cadres, les employés de bureau, les petits fonctionnaires, les paysans, les artisans, les petits commerçants, les chômeurs, les salariés ubérisés. C’est dans ce sens que notre populisme détient comme moyen la lutte des classes, puisqu’il organise l’affrontement d’une classe contre une autre : le monde du travail contre le capital, dans un but, la création d’une société nouvelle fondée sur le partage, le collectif, la véritable démocratie (pouvoir au peuple) dans laquelle le peuple serait souverain, acteur et décideur de son avenir, une société qui pourrait s’engager sur la voie du socialisme.

Les commentaires

  • a commenté 2018-02-15 22:04:26 +0100
    Je crois comprendre ce que veut dire Nicolas, et je suis d’accord sur ses prémices : notre référence sempiternelle et quasiment incantatoire à “la gôche” nécessite une révision, car elle pourrait bien être fondamentalement d’essence électoraliste et contradictoire avec notre stratégie de transformation sociale qui procède de l’intervention des forces populaires et du monde du travail pour gagner des droits élargis, renverser les rapports d’exploitation et mettre les décisions entre les mains des simples gens, bref la démocratie jusqu’au bout. “La gauche” est un jargon relativiste de politiciens (ceux qui siègent à gauche sur les bancs de l’Assemblée), pas sûr que cette “gôche”-là soit forcément et toujours porteuse collectivement d’intérêts populaires convergents, même de manière partielle. Si l’on tente un bilan réaliste, on voit que le label “de gôche” aura surtout servi à entretenir la carrière de générations de politiciens (ah la délégation de pouvoir, quelle mauvaise herbe !), et que les transformations progressistes que notre pays a connues une fois ou l’autre relèvent d’autres ressorts (voir le mouvement social du Front Populaire et ses conquêtes, les mesures sociales et politiques de 45, les acquis de Mai-Juin 68…).
    Mais vouloir qualifier notre stratégie de “populiste” me parait mal-approprié. D’abord le terme de “populisme” est déjà gravement connoté de fort penchants démagogiques de la part des différents mouvements de pensée ou formations politiques qui s’en sont réclamés, à “droite”, à “gauche” et au “centre”, depuis fort longtemps et aujourd’hui pas moins que dans les deux ou trois siècles passés. La démagogie est étrangère à notre stratégie, c’est même tout le contraire. Ensuite, notre stratégie consiste à opposer le “peuple” à “l’élite” ou à je ne sais quelle autre antithèse, mais elle consiste à s’adresser à tous les exploités en tant que tels, à tous ceux qui ont intérêt objectivement au changement de cette société, au dépassement du capitalisme, et à favoriser leur rassemblement dans l’action pour prendre les affaires en main. Mais le mouvement de transformation ne sera sans doute pas le fait de tout le “peuple”, il sera le fait de ceux qui choisiront d’agir collectivement pour la transformation sociale, nuance importante ! Notre stratégie n’implique pas que nous soyons les porte-drapeau du “peuple” dans son ensemble, ses représentants ou ses dirigeants occultes, ça c’est bon, on a déjà donné et on a vu le résultat. Il va falloir qu’on s’y résigne un jour et le plus tôt sera le mieux : pour favoriser l’intervention transformatrice des gens, le dépassement du capitalisme et la démocratie jusqu’au bout, le rôle d’un Parti Communiste est celui d’un groupe de soutien multi-services, pas celui de chef de rayon ni de délégué du personnel, donc pas besoin d’un label qui fasse croire qu’on représente tout le peuple à nous tout seuls. Si on aide modestement à ce que cette société accouche d’une société plus juste, ce sera déjà pas mal. Un Parti “sage-femme”, ça me parle mieux qu’un P
  • a pris position important 2018-02-15 22:04:25 +0100