Communication - Congrès PCF

réflexions
Contributeurs :

Pour avoir assisté à quelques réunions de ma section, je constate ceci : - La prédominance d'un discours de "forteresse assiégée", refusant toute remise en cause profonde - La référence à un passé glorieux sans remise en cause de ce passé qui nous est pourtant systématiquement reproché ("le parti des fusillés" plutôt que les procès staliniens internes du genre Marty et Tillon) - L'incapacité à tenir compte des évolutions modernes de la communication - La conviction d'avoir raison évacue toute question de communication - Une autosatisfaction quand à notre impact sur la population. En préambule, je voudrais dire que trouver des élus du PC dans des municipalités union de la Gauche qui votent des licenciements ou pire (vote pour un FN à une vice présidence d'agglo en échange d'un retour de bons services) est absolument inacceptable et liquide tout discours ultérieur. La démocratie se fonde sur la parole, la capacité à énoncer un discours qui convainc, c'est à dire avec des arguments mais aussi une rhétorique (i.e. la science et l'art de l'action du discours sur les esprits). La valeur des arguments est une chose, sans la qualité du discours elle n'est rien. La grandeur de la démocratie tient à la qualité d'une parole, pas seulement à un appel à la raison. J'ai eu autrefois les larmes aux yeux en écoutant Mélenchon parce que c'était beau. Parce que son discours ramenait à mes oreilles Hugo, Zola, Jaurès et toute une histoire qui est la nôtre. Nous avons besoin d'enthousiasme, d'une parole qui nous élève, pas seulement d'un argumentaire honnête et rigoureux. De l'autre côté, du côté de la modernité, nous avons des outils modernes que nous utilisons pas assez. La CGT a publié sur les réseaux sociaux deux petites vidéos réalisées en Motion Graphics au sujet de la loi travail que j'ai trouvé d'une formidable efficacité. Cela prend du temps, cela demande des compétences mais c'est indispensable. Enfin (et c'est le plus important), parce que c'est le PCF, parce qu'il a une histoire qui est la sienne, nous avons à condamner clairement, inlassablement, publiquement, le stalinisme et toutes les dérives totalitaires comme étant ou ayant été des perversions intolérables du communisme. On enterre pas son passé, on vit avec. Salut et Fraternité A.Bourges

Les commentaires

  • a commenté 2017-12-11 12:12:25 +0100
    Souvent le chef est un camarade qui parle bien et longtemps . On peut le lui reprocher mais rien n’empêche les camarades d’exprimer leurs points de vue ( critique ou pas ) . Provocateur : Si nos camarades se syndiquaient ils seraient à FO (dans le sens du poil )
  • a commenté 2017-12-10 09:35:55 +0100
    Il est temps que les historiens laissent la place aux femmes et hommes d’action. (Pardon Audiard)
  • a pris position important 2017-12-10 09:35:55 +0100
  • a pris position favorable 2017-12-10 09:35:55 +0100
  • a commenté 2017-12-10 08:25:11 +0100
    Je ne nie pas que d’être mis à l’index est grave pour ceux que cela concerne, mais les effets des pb Marty, Tillon et autres… sont secondaires par rapport au poids du stalinisme qui depuis 53 n’a jamais été critiqué que sur les apparences et de manière opportuniste (Kroutchev en 56 et divers congrès du PCF) et jamais sur les soubassements économiques du système installé à partir de 27.
    Condamner le goulag, OK, mais pourquoi le goulag?
    Industrialiser OK, mais comment payer la force de travail sans capitaux?
    Avec une entente avec les capitalistes occidentaux (allemands et US) que préconise la NEP? ou avec du volontarisme plus ou moins forcé qui découle du “socialisme dans un seul pays”?
    C’est ce choix qui a été fait en 27 et qui conduira à l’échec de 91, et dont la critique n’a, nulle part encore, excepté Deng Xiao Ping, été faite. Je ne voie donc pas en quoi Lénine aurait “jeté le bouchon un peu loin” ?
    Ceci pose automatiquement, et concrètement, le pb de la “Révolution”. Faut-il tout chambouler d’entrée ou envisager un dépassement progressif du capitalisme? L’expérience, soviétique notamment, montre que c’est la deuxième hypothèse qui est la bonne mais en restant conscients que la sortie du capitalisme ne peut être effective qu’avec des gens qui ont réellement envie d’en sortir. D’où la nécessité d’une révolution politique qui amène au pouvoir la priorité des intérêts du prolétariat sur ceux de la bourgeoisie.
    La crédibilité du communisme ne peut nous exonérer d’une critique de fond, ouverte donc marxiste, des expériences en cours (Chine, Cuba, Vénézuéla,..) et passées (URSS, Commune de Paris..)
  • a commenté 2017-12-09 22:58:23 +0100
    Vue aussi de 2017, les procès de Tillon et de Marty n’ont pas été des comédies mais des drames humains et la révélation d’un grave dysfonctionnement. Ces militants profondément honnêtes ont été sacrifiés par la machine. Ils devraient aujourd’hui être considérés et affirmés comme de grandes figures du parti, ce qui liquiderait pas mal de critiques.
    Je ne suis pas féru d’économie et je ne discuterai pas cette question, sauf sur un point que tu soulèves et qui me semble parfaitement pertinent : “Le socialisme ne peut exister que basé sur une accumulation primitive du capital consistante qui, à cette époque, n’existait pas en URSS”. Lénine a poussé le bouchon un peu trop loin. C’est à mon sens le début du problème. Ajoutons à cela la guerre alimentée par les pays capitalistes et on se retrouve dans une situation dramatique. Comme le dit le sous-commandant Marcos, ceux qui ont porté les armes ne peuvent ensuite gouverner.
    Bref, c’est de l’histoire et c’est pourquoi je pense qu’il faut être très clair à ce sujet et dire et redire que l’idée communiste que nous défendons a réglé ses comptes avec le passé. Le stalinisme comme le maoïsme ou toutes les autres dérives autoritaires doivent être condamnées et re-condamnées. Tout simplement parce que la propagande d’en face et le système éducatif disent le contraire. Le communisme doit devenir synonyme de liberté, d’épanouissement humain et de tolérance.
    Le parti doit mieux communiquer à ce sujet pour se débarrasser à jamais de ce passé qui lui colle aux basques.
  • a commenté 2017-12-09 22:01:27 +0100
    Vue de 2017 si le stalinisme a été un drame, le “procès” de Marty et Tillon a été une “comédie”. Et puis je pense qu’en n’abordant que le pb de la démocratie, la critique du stalinisme est bancale. C’est les pb économiques qui ont généré des dérives autoritaires, et pas l’inverse. Et en 91, c’est sur l’économie que l’URSS s’est échouée, pas sur la liberté ou la démocratie.
    Pour ma part, je pense que le sort de l’URSS s’est joué en 27 lorsque que le “socialisme dans un seul pays” a pris le pas sur la NEP que Lénine, après Marx, explique très bien (voir OC). Le socialisme ne peut exister que basé sur une accumulation primitive du capital consistante qui, à cette époque, n’existait pas en URSS. Lénine proposait d’utiliser le capitalisme, en le subordonnant à l’état (“capitalisme d’état” disait-il), pour réaliser cette accumulation en “plusieurs générations”. C’est cette solution qu’à fait prévaloir Deng Xiao Ping, après la mort de Mao, en Chine, et qui donne les résultats que l’on connaît
    En 91, le seul domaine où l’URSS était au top était le militaire et le paramilitaire, c’est la raison première de son effondrement, et pas les pb de démocratie qui, en fait, découlent de la démarche volontariste, et autarcique du “socialisme dans un seul pays”.
  • a commenté 2017-12-09 20:42:58 +0100
    PS : juste un détail : si je suis au PCF, c’est qu’en dépit de mes critiques, je suis convaincu qu’il est la seule force de changement. Et si je critique durement c’est pour cette raison. Votre réaction, cher René Rispoli, me fait craindre qu’on soit toujours dans une position de défense alors qu’il faudrait ne pas avoir à y être.
  • a commenté 2017-12-09 20:24:13 +0100
    OK, juste un détail : en cours d’histoire les élèves de 3ème ont une longue séquence sur “les totalitarismes” qui inclut nazisme et stalinisme (c’est à dire “communisme”). Ce sont donc des centaines voire des milliers de gamins de 14/15 ans pour lesquels le communisme équivaut au nazisme. Continuons à éviter le problème, on avancera.
    Assimiler les critiques d’un passé n’est certainement pas se joindre aux voix sociales-démocrates ou réactionnaires. C’est même le contraire, c’est faire acte de vérité. Le parti devrait être le premier à examiner son passé, sans laisser les autres s’en charger.
    Et désolé, plutôt Marty et Tillon que Thorez.
  • a commenté 2017-12-09 19:01:32 +0100
    Difficile de réagir à cette réflexion qui liste une litanie de récriminations souvent sans rapport entre elles: du passé stalinien mal assumé, aux élus qui trahissent, en passant par l’archaïsme de communication, sans oublier la glorification du passé et l’incapacité à se remettre en cause. Si dans le cochon, tout est bon, dit la sagesse populaire, là, semble-t-il, dans le PC tout est mauvais.

    Notre analyse du stalinisme doit-elle rejoindre celle de la droite et de la social-démocratie? Pour eux le communisme se mesurera toujours à l’aune du pire, et ils versent de chaudes larmes de crocodiles sur les millions d’assassinés, souvent communistes. Les communistes d’aujourd’hui n’ont-ils pas leur regard propre sur le stalinisme? un regard de marxiste qui remet les choses dans leur contexte? Et nous savons qui veut définitivement ternir toute idée d’émancipation: notre combat idéologique est là aussi.
    Les positions staliniennes d’il y a quatre-vingt ans sont certes importantes à comprendre, mais certainement pas le fer de lance de notre combat aujourd’hui. En tout cas ce n’est pas cela qui nous fera gagner une seule voix, un seul adhérent. Les partis de droite et le PS ont-ils eu besoin de faire le moindre mea-culpa sur ces époques?
    Alors, certes, non, Thorez et Croizat ne font pas oublier Marty, mais c’est eux qui ont impulsé le communisme moderne, d’ouverture, de rassemblement.Le communisme français se mesure aussi à la sécu, au statut du fonctionnaire, au vote des femmes, aux luttes anti-impérialistes. On a des références historiques, pour les luttes de demain!

    Quand à faire ronfler Jaurès, Zola et Hugo, Mitterand ne le faisait-il pas très bien? Et c’était beau, aussi: cela s’appelle le populisme. Cela a fini en gueule de bois. Alors, gardons nous d’oublier Marx, remède indispensable contre les larmes d’émotions faciles.
  • a commenté 2017-12-09 16:13:02 +0100
    Condamner le stalinisme OK mais au nom de quoi? Culte de la personnalité? Démocratie seulement? ou aussi au plan économique?
    -Socialisme dans un seul pays?
    -Fin de la NEP ?
    -Poids de l’URSS, et du stalinisme, dans l’hostilité du PCF à l’UE en 56
    -Etc…
  • a publié dans Communication 2017-12-08 13:21:58 +0100