Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Communisme et Révolution citoyenne
Contributeurs :

COMMUNISME ET REVOLUTION CITOYENNE "L’idée d’une autre société est devenue presque impossible à penser, et d’ailleurs personne n’avance sur le sujet dans le monde d’aujourd’hui, même l’esquisse d’un concept neuf. Nous voici condamnés à vivre dans le monde où nous vivons" (François Furet, Le passé d’une illusion, essai sur l’idée communiste au XXe siècle, 1996) Notre conception révolutionnaire de la transformation sociale ne relève pas de la foi mais de la nécessité pour l’humanité de s’extraire des crises actuelles  : crise sociale, crise économique, crise politique, crise écologique, guerres. Elle n’est pas une construction abstraite et utopique mais découle du mouvement des contradictions à l’intérieur du capitalisme. Elle vise une société de partage des pouvoirs, des avoirs et des savoirs, une société sans exploitation, dominations et aliénations. C’est ce que nous appelons le communisme qui est à la fois la visée et le chemin qui y conduit par le dépassement du capitalisme. Comme le disait le 29e congrès en 1996 et nous n’avons pas changé sur ce sujet « Le terme de 'dépassement' correspond à la conception d'un processus de transformation de la société - dont le rythme, la durée dépendent du peuple - qui permette de mettre en cause, jusqu'à les supprimer, l'exploitation, l'aliénation, les dominations, non pas en faisant table rase de la société actuelle, mais en s'appuyant, dans ce combat, sur le développement des acquis, besoins, potentiels de cette société. Nul ne peut prétendre définir à l'avance les constructions politiques et les ruptures par lesquelles cette transformation socialiste s'effectue, au rythme des luttes et des votes du peuple ». Cette conception riche manque aujourd’hui d’efficacité politique car elle implique une conception du temps incompréhensible par nos concitoyens, une conception à la fois de la rupture dans un futur lointain et une immédiateté où les réformes que nous proposons seraient en même temps crédibles dans le capitalisme aujourd’hui tout en remettant en cause sa logique. Nous sommes ainsi devenus incapables d’indiquer les moments de ruptures, de basculements de peur de plonger dans le volontarisme et la nostalgie du grand soir. C’est ce que j’ai appelé dans un autre texte le chaînon manquant. Mais une force politique comme la notre pour être entendue doit être capable de décrire le chemin, les conditions, les alliances nécessaire au processus et moments révolutionnaires. Il nous faut d’abord articuler les différentes types de réformes que nous proposons au regard de leur inscription qualitative dans ce ce chemin et cette visée qui touche à la fois à la propriété et aux pouvoirs : réformes qui améliorent la vie des gens (1), réformes radicales qui esquissent un autre futur (2), réformes qui rompent avec la logique capitaliste (3). Il ne s’agit pas d’un enchaînement temporel mais qualitatif. A titre d’exemples : développement des transports publiques (1), aides et abonnement, formes consultatives des usagers et des employés à leur gestion (2), gratuité, formes de participation décisionnelle des usagers et des employés à la gestion sur d’autres critères. Dans un autre domaine : augmentation des salaires (1), sécurité sociale (2), salaire à vie (3) Au lieu de construire nos programmes comme des catalogues thématiques sans hiérarchie nous devrions décrire ces trois niveaux, leur articulation, leur emboîtement au niveau national, européen et international et montrer en quoi elles rendent crédibles le passage à un post-capitalisme. Nous avons donc besoin de recréer un imaginaire du passage à ce post-capitalisme dans les contenus mais aussi dans la méthode. Je ne vois pas de meilleur mot que celui de Révolution citoyenne. Ce terme a l’avantage de dire immédiatement son caractère démocratique et majoritaire. Il ne faut pas l’entendre comme simplement une révolution par les urnes mais un processus de ruptures conjuguant luttes, désobéissances, rassemblements électoraux… Cette conception est antinomique d’une conception d’avant-garde de l’organisation politique. Si cette dernière doit proposer des réformes, elle ne doit pas se substituer aux aspirations qui émergent des contradictions du monde actuel. Nous avons besoin de fixer les moments de cette révolution citoyenne, de ce processus d’auto-institution de la société (Commun, Dardot/Laval) notamment par la réunion d’une Assemblée constituante. Perspective accessible, pas comme un grand soir car par définition démocratique elle peut impliquer la réversibilité du processus révolutionnaire. L’objectif d’une Assemblée constituante en ces temps de crises politiques permet de rendre crédible l’accession du peuple au pouvoir et d’aller à la rencontre par ses décisions des positions de pouvoirs et de socialisation déjà conquises par les forces progressistes et le mouvement populaire, de les confirmer constitutionnellement.

Les commentaires