Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Bilan et politique d'union
Contributeurs :

La feuille de route adoptée par l'assemblée des animateurs de section prévoit la production d' « une proposition d'orientation de notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle. » et il est bien évident que la réflexion sur les transformations du Parti n'a de sens qu'en fonction de notre démarche stratégique. Alors partons du bilan. Ce bilan doit d'abord être celui de la dernière séquence, depuis le 37eme congrès. Aux élections législatives notre Parti a obtenu le plus mauvais résultat de son histoire : 100 000 voix de moins qu'en 1932 alors que le corps électoral a plus que doublé (augmentation de population, vote des femmes, majorité à 18 ans!) Et il faut rappeler qu'en 1932 le Parti sortait d'une période où une ligne hypersectaire l'avait mis en grande difficulté (groupe Barbé Célor). Maurice Thorez avait mené la bataille pour rompre avec cette ligne et avec les pratiques qui l'accompagnaient dans la vie du parti. (Articles dans l'Hum anité « Pas de manequins dans le Parti », « Que les bouches s'ouvrent », « Semons la pagaille ») mais les effets de ces transformations n'en étaient qu'à leur tout début. (Et il ne faut pas se voiler la face en arguant du fait que nous avons réussi à élire 11 députés et à conserver le groupe, sur ces 11 députés, 9 ont été élus avec des pertes de voix sur 2012 de 380 à 10837voix (y compris dans des circonscriptions où FI ne présentait pas de candidat.) Ce résultat a été obtenu à l'issue d'une séquence politique qui m'interroge. Quand je reprends le no de « Communistes », supplément à l'Humanité du 8 Juin 2016 je lis en première page : « La feuille de route vers la présidentielles 1)Appel pour se rassembler pour un pacte d'engagement commun 2)Campagne d'écriture publique et citoyenne du pacte 3)Octobre, votation citoyenne sur le pacte 4)Désignation d'une candidature. Si plusieurs candidats, primaire citoyenne ou autrte processus pour les départager 5)le 5 novembre, Conférence nationale du PCF pour décider de l'attitude du Parti, de la candidature qu'il présentera ou soutiendra. » par ailleurs dans le texte adopté par le congrès il est précisé à propos de la désignation d'une candidature (même document pXVI 1ere colonne lgne 24 «Les communistes travailleront peinement à un tel processus et à y engager un.e candidat.e pour y mettre en débat nos idées et y porter notre conception du rassemblement ».  Durant les mois de Juillet, Août et Septembre nous avons mené la grande consultation citoyenne avec le questionnaire « Que demande le peuple » et nous nous sommes appuyés sur ses résultats pour rédiger un programme intitulé « pacte d'engagement citoyen ». Par contre je n'ai pas connaissance (mais j'ai peut être dormi?) d'une campagne d'écriture publique et citoyenne ni d'une votation citoyenne et encore moins d'un processus de désignation d'une candidature. Ensuite a eu lieu la conférence nationale . Elle a pris position pour qu'une candidature communiste soit présentée (quite à la retirer le cas échéant au profit d'une candidature de rassemblement de toute la gauche qui aurait pu être au 2eme tour) Je n'ai pas compris pourquoi les communistes ont été consultés non sur cette position mais sur l'alternative : candidature communiste ou soutien à Mélenchon comme si la conférence nationale n'avait rien tranché et cela m'interroge fortement. Dans ces conditions, il me paraît indispensable que la direction du parti présente un rapport d'activité (ce qui était la pratique dans le Parti jusqu'au 14eme congrès)et explique comment ont été mises en œuvre les décisions du 37eme congrès. Le bilan ne peut se limiter à cette période. Nous n'avons pas réussi à obtenir le résultat de 2017 en seulement un an d'efforts. Il faut remonter beaucoup plus loin. Et le bilan des dernières années s'impose. Au point de rencontre que nous tenons tous les samedis avec tract et Huma Dimanche une came m'a posé la question : « Qu'est-ce que c'est que le Parti communiste ? » Que quelqu'un, à Vitry sur Seine par dessus le marché, pose la question interroge. Et je me suis apperçu qu'aujourd'hui y répondre rapidement n'apparaît pas si évident. Et cela aussi interroge ! Pour ne pas allonger je vais seulement pointer une question, celle de notre politique d'union depuis un certain nombre d'années. Pour l'essentielle elle n'est plus une politique de rassemblement dans l'action pour des objectifs politiques et sociaux répondant aux besoins des producteurs, salariés d'abord mais aussi artisans et paysans. Elle s'est réduit à la recherche d'alliances électorales avec des forces politiques dont l'objectif prioritaire était de se renforcer à nos dépends. Et nous nous sommes pliés à ce jeu au point de remplacer des candidats communistes éligibles par des candidats issus de nos « alliés », ce qui a abouti à des pertes d'élus non négligeables avec une dégradation correspondante de notre influence politique. Il s'est agi d'une véritable ligne politique avec la volonté de la direction nationale de l'imposer aux communistes. Pour illustrer cette analyse je prendrai l'exemple des élections départementales de 2015 dans le Val de Marne. Alors que les communistes de Vitry sur Seine proposaient de présenter trois candidat.e.s communistes et une personnalité non communiste, il leur a été proposé de remplacer une candidate communiste et une suppléante par des candidates « Vert » alors que les verts s'étaient alliés à la droite pour faire tomber la municipalité cde Villejuif. L'assemblée générale réunie le 24 Janvier 2015 a à une large majorité refusé cette proposition (la majorité aurait été encore plus large si avaient été pris en compte les courriers de camarades qui dans l'impossibilité d'assister avaient écrit pour donner leur avis). Les choses auraient pu en rester là mais la direction fédérale a suscité une réunion de l'exécutif de la section de Vitry qui a eu lieu le 10 Février 2015 avec comme ordre du jour : passer outre à la décision de l'Assemblée Générale ( au mépris des statuts) et décider d'accepter la proposition « unitaire » qui avait été rejetée. Cerise sur le gâteau : cette proposition était appuyée par une lettre de Pierre Laurent datée du 9 Février 2015. Fort heureusement l'exécutif de Vitry a repoussé la proposition (elle aurait fait exploser la section de Vitry et probablement conduit à la défaite électorale) et les quatre candidat.e.s proposées par les communistes de Vitry ont été élus ce qui a contribué à conserver la présidence communiste du conseil départemental du Val de Marne. Ceci dit cette ligne ne sort pas de rien. S'enracine dans des problèmes politiques de fond qui portent sur le rôle du parti révolutionnaire aujourd'hui et sur les perspectives de changement de société. Autrement dit sur la stratégie de notre parti. THOMAS Jacques. Adhésion : UJRF 1950, PCF 1953

Les commentaires

  • a commenté 2018-02-19 20:02:44 +0100
    Comment élaborer une stratégie politique sans faire un bilan des stratégies mises en oeuvre précédemment? Et pas seulement depuis le dernier congrès (Comme cet aspect du Congrès a été évacué depuis 1956, il n’est pas absurde de remonter l’analyse avant le 37eme Congrès.) Je suis d’accord avec Franck Boyer concernant la manière dont la direction du Parti fait tout pour échapper au débat et à ses responsabilités, et dévoyer le sens de ce Congrès extraordinaire. La préparation du Congrès elle-même me laisse dubitative : sous prétexte de démocratie participative et sous couvert de vouloir faire participer un maximum de communistes, une base commune à la discussion va être fournie au dernier moment. En raccourcissant le temps dédié à la discussion sur la base commune, on exclue de fait tous ceux dont le rapport à l’écrit est compliqué et qui élaborent leur pensée dans la discussion, et ils sont nombreux. Concernant l’élaboration de la base commune à partir des contributions et des débats, vu l’épisode de la conférence nationale, qui avait pris position pour une candidature communiste [pour mémoire, Pierre Laurent avait annoncé lors d’une conférence de presse la veille des débats du CN le soutien du parti à Mélenchon, d’où tenait-il cela?] et dont la prise de position a été totalement ignorée par la question soumise au vote des communistes, il y a matière à se poser des questions.
  • a pris position important 2018-02-19 20:02:44 +0100
  • a pris position favorable 2018-02-19 20:02:43 +0100
  • a commenté 2018-02-17 09:56:59 +0100
    Oui nous devons passer à une nouvelle séquence celle de la construction politique avec les masses populaires et le prolétariat, oui il nous faut changer les bases de notre Démocratie interne. Ce Chantier bloque tout, il reste figé dans la stratégie électoraliste. Passons à la Démocratie Communiste : Voir chantier : Nouveaux modèles d’organisation :
    La Démocratie Communiste donne le Pouvoir à l’adhérent de Désigner par Reconnaissance qui il veut. - Quel que ce soit le poste à pourvoir ou la mission à accomplir la Désignation par Reconnaissance ce fait à Bulletin secret pour préserver l’intime conviction de chacun et ne blesser personne. Chacun désigne sur un bulletin vierge qui il veut. Du dépouillement de ces bulletins individuels résulte un jugement collectif qui se fait jour et qui fait force de loi. Il n’y a donc aucune contestation possible. Personne ne se présente, personne ne peut être juge de lui-même, aucune possibilité de luttes d’influence, pas de tendances organisées, pas de carriérisme, - seules les idées restent maîtresses du jeu -- Les cellules Désignent qui doit assumer les responsabilités au sein des instances supérieures. Chaque instance Désigne par Reconnaissance avec le même processus démocratique les instances supérieures. C’est au travers de l’activité politique accomplie tout au long d’une mandature que la Reconnaissance s’agrège envers tel ou telle camarade. - Personne ne sait qui va arriver en tête mais chacun sait que de ce dépouillement c’est un jugement collectif qui fera force de loi. -- D’étape en étape et d’étage en étage, ce mode de scrutin renforce considérablement la qualité du jugement collectif. C’est l’excellence de la politique qui se renforce au fur et à mesure de la structure pyramidale de notre Parti. - À l’heure actuelle le Parti marche sur la tête. Ce sont les instances dirigeantes qui font ce qu’elles veulent. L’exécutif national décide de privilégier la stratégie des alliances électoralistes au détriment de l’émergence d’un Communisme du XXI siècle – au détriment d’un retour à un Parti de masse et de Classe – au détriment de la Reconnaissance du potentiel politique de chaque camarade. -- Donner le Pouvoir à l’adhérent de dire qui il veut est une avancée démocratique totalement inédite et considérable. C’est chaque structure et toute la structure qui s’enrichit alors des meilleurs éléments. C’est au Conseil National d’élire à bulletin secret la Direction nationale et son ou sa Secrétaire nationale. -- Un changement de statut s’impose -- La Confiance devient incontestable, car c’est la Reconnaissance qui est alors la base de la structuration du Parti. À la réélection des instances dirigeantes, personne ne saura qui sera réélu ou pas, personne n’en sera blessé, car ce sont les meilleures idées et les meilleurs éléments qui alors prendront le dessus sur le choix des camarades. C’est la qualité de la Personne perçue comme telle, à un moment donné qui sera mise en avant. Personne ne s’accroche aux branches. Chacun à sa part de responsabilité dans la Désignation des camarades. De plus rien n’empêche après une non-réélection de ne pas être réélu, une ou plusieurs fois et sans limite. C’est la mouvance des idées qui va déterminer cet état de fait - Bien sûr chacun est libre d’accepter ou pas la mission en jeu, elle est confiée alors au second de la liste etc. etc. Au fond peu importe qui est aux commandes l’essentiel c’est qu’un Communisme hautement démocratisé en soit l’édifice. -- L’avantage en donnant la responsabilité et le Pouvoir à l’adhérent de dire qui il veut, cela permet au Prolétariat de s’investir totalement dans une structure politique qui reconnaît de fait à chaque prolétaire son potentiel politique et la responsabilité qui lui est assignée. C’est l’ouverture totale à la transversalité politique de notre Parti. C’est la renaissance d’un Parti de masse et de classe. Aline Béziat – Rochefort – 16 février 2018
  • a commenté 2018-02-16 09:28:02 +0100
    Oui, il faut remonter plus loin que la séquence 2017! Cela fait tellement longtemps au moins depuis 2005 que nous tergiversons pour au final adopter, les pieds dans le dos des positions “à la carte”, inaudibles, souvent incompréhensibles par les communistes dans leur ensemble tellement elles sont variées d’un territoire à l’autre, d’une élection à l’autre. Et puis se fourvoyer avec Jean Luc Mélenchon ne contribue qu’à faire perdre du temps.
    Alors oui, je suis pour un examen le plus approfondi possible sur un temps long avec esprit de suite en relation avec le même type d’analyse sur les profonds changements de la société française et du comportement politique dans les approches de classe…
  • a pris position important 2018-02-16 09:28:01 +0100
  • a commenté 2018-02-15 23:15:54 +0100
    Jacques expose en termes clairs la manœuvre par laquelle la Direction du Parti (Pierre Laurent, flanqué de Marie-Georges Buffet et quelques autres) ont contourné l’orientation adoptée par le 37° Congrès concernant les Présidentielles, et comment le ralliement à la candidature Mélenchon s’est concocté. Ce n’est pas une péripétie mineure, la preuve c’est le soin avec lequel la Direction s’efforce aujourd’hui de tordre la préparation du Congrès extraordinaire pour échapper au débat sur cette séquence et à ses responsabilités.
    Et Jacques a bien raison d’illustrer par son expérience à Vitry : car c’est bien d’électoralisme à la petite semaine qu’il s’agit, il analyse ça très bien.
    Je viens conforter sa démonstration, pour que personne ne puisse se défiler en arguant de cas d’espèces, d’accident ou je ne sais quelle calamité divine. Parmi bien d’autres problèmes, on a celui-ci à traiter : une dérive électoraliste qui imprègne toute notre pratique politique, au-delà des postures et des grandes déclarations, et dont les dégâts sont immenses, notamment en termes d’image (pas la peine de venir nous bassiner ensuite sur les efforts de communication : quand on fait de l’électoraliste à tous crins, on passe pour des électoralistes comme les autres, point barre) et surtout en terme d’activité du Parti (tout pour les élections et peanuts pour la bataille d’idées au quotidien et le soutien aux luttes).
    Pour montrer que le syndrome est ancien et profond, j’illustre par le cas de Sevran (93) que j’ai (malheureusement) bien connu. En 2001 on avait à reconquérir la municipalité sur la Droite dans des conditions relativement faciles, tellement le bilan de celle-ci était catastrophique, et les conditions d’union à gauche favorables. La tête de liste nous était garantie et on avait de quoi composer une très belle équipe, panachée, avec des jeunes, des plus expérimentés, des ouvriers, des syndicalistes, des associatifs, et même des filles (!), bref le vent en poupe. Et puis toc, le député PCF de la circonscription François Assensi, par ailleurs Maire de Tremblay, nous assène la candidature de son Attaché parlementaire Stéphane Gatignon comme tête de liste, avec l’accord de la Fédé 93, sur l’argument que S. Gatignon était un jeune et qu’il fallait promouvoir la jeunesse. Outre que dans nos têtes de liste possibles on avait d’autres trentenaires tout à faire capables, S. Gatignon n’avait jamais milité au Parti ni dans les organisations de masse, il n’avait rien à voir avec Sevran et fort peu avec la circonscription d’ailleurs, sauf d’être l’employé tout-dévoué du Député F. Assensi qui cherchait apparemment à contrôler son glacis électoral.
    On n’a pas eu la chance de Vitry, car la candidature de S Gatignon a été imposée aux communistes de Sevran, et S. Gatignon a été élu : aux dernières nouvelles il continue à sévir comme Maire de Sevran. Après avoir mené quelques années une politique personnaliste très éloignée de notre programme électoral, il est passé chez les Verts (l’aile droite des Verts, ceux de François de Rugy). Il y a un an il appelait à voter Macron (en l’aimable compagnie de Robert Hue et de Patrick Braouzec, entre autres) et il faisait des pieds et des mains pour recevoir une investissure d’En Marche pour les législatives. C’aurait été marrant qu’il se retrouve opposé à son mentor F. Assensi, mais non : En Marche a du trouver S. Gatignon trop opportuniste (d’habitude ça ne leur fait pas peur, mais trop c’est trop) et F. Asensi a passé ses clefs à Clémentine Autain.
    La morale de cette histoire, c’est qu’il y a quelque chose de pourri dans notre assiette, et qu’il faut s’en occuper. Franck Boyer, Section d’Uzès (30), adhésion PCF 1974.
  • a pris position favorable 2018-02-15 23:15:53 +0100