Le Parti et les classes populaires, au travail comme dans la cité - Congrès PCF

Conforter le fait salarial dans l’ensemble de la société
Contributeurs :

La bataille idéologique de la période se caractérise par une tentative de la classe du capital de revenir sur le statut salarial arraché de hautes luttes au cours des XIX et XXe siècles par le monde du travail Le PCF se prononce au contraire pour le renforcement de fait salarial pour faire face à la fois aux conséquences sociales, économiques, environnementales, sociétales de la crise du capital, ouvrir une prise en compte progressiste des évolutions des connaissances, des sciences et techniques et relever avec toute l’efficacité nécessaire les enjeux et défis sociaux, sociétaux environnementaux, éthiques et de développement durable qui s’exacerbent. Cette proposition offre une ambition politique commune aux catégories populaires, moyennes et supérieures en garantissant que le travail hautement socialisé restera la base essentielle de la société et de son développement. Nous opposons résolument cette proposition aux projets de ceux qui entendent amener les plus défavorisés et une immense masse des nouvelles générations à se replier sur des normes de travail, des activités, des formes d’emplois leur promettant le retour aux conditions de vie dominées et misérables des formes petites-bourgeoises de travail et de propriété du XIXe siècle, qui finalement ont presque toutes été expropriées ou abandonnées volontairement par ceux qui tentaient d’en vivre parfois plus difficilement que nombre de salariés. Le PCF réaffirme que le salariat est la base décisive, principale, moderne et pleine de contradictions révolutionnaires qui garantira à l’humanité la poursuite du processus de justice, de progrès social et sociétal commun et partagé, par un usage déterminé d’une lutte des classes unissant les catégories populaires, moyennes, les chercheurs, les ingénieurs et cadres des grandes et moins grandes entreprises, jusqu’aux intellectuels et hommes de culture prêt à user de leur liberté pour penser le meilleur de l’émancipation humaine. Parce qu’elle se déploiera au cœur des formes d’entreprises les plus à même de donner au travail des hommes sa meilleure et sa plus grande intelligence et efficacité productive possibles, cette stratégie permettra de prolonger, dans les conditions de notre temps, les luttes et ambitions affirmées par la prise de parti du Manifeste. La proposition de sécurité, emploi, formation est plus que jamais à enrichir à partir de l’approfondissement de l’analyse des technologies et des machines numériques et d’intelligence artificielle. Ces technologies et machines jouent en effet le même rôle qu’eut machine-outil de la révolution industrielle dans le développement de l’ensemble des activités humaines aux XIX et XXe siècles. Il convient, en parallèle et en complément de cette volonté assumée de conforter le fait salarial, d’accorder une attention toute particulière au(x) statut(s) de la(des) fonction publique(s). Moins que jamais, un fonctionnaire ne saurait abandonner sa citoyenneté dans ses fonctions, tandis que le fait salarial appelle à conquérir un droit spécifiquement inégal pour protéger le salarié jusque dans sa citoyenneté qu’il doit enfin pourvoir affirmer au cœur de toute de toute entreprise ou entité à visée socio-économique non publiques.

Les commentaires

  • a commenté 2018-01-16 13:00:20 +0100
    @Bernard Sengayrac

    Sur le fil de mon raisonnement: Il renvoie à une première problématique: quelle forme sociale de travail demain ?
    1. un travail hyper socialisé, et tant que cette socialisation se déploiera en régime capitaliste, ce sera le salariat, c’est à dire une relation plus ou moins encadrée de droits entre l’employeur et la force de travail. le minimum étant un salaire devant permettre de vivre et étant lié au temps de travail.
    2. Ou la fin, un recul significatif du salariat dans un monde encore capitaliste mais nourrissant l’émergence d’une nouvelle libre propriété des moyens de production. C’est à dire l’émergence d’une nouvelle classe de libres producteurs, totalement indépendants ou plus ou moins associés (Proudhon notamment mais aussi dans une autre mesure des formes de propriété initiés par des socialistes utopistes du XIXe), échangeant de manière libre, et tout autant collaborative, participative etc.

    Finalement, en termes contemporains, qui, quelle(s) classe(s), (certains réfléchiront en catégories, couches de population ou groupes sociaux) peut conduire au dépassement du capital?
    Cela renvoie donc aussi à la question du rassemblement qui est liée à la représentation que l’on se fait de la société. Prendre par exemple le point de vue du salariat, c’est prendre parti pour le prolétariat (au sens de Marx), qui n’est pas que pauvre, populaire… Il est évident aujourd’hui que bien des travailleurs indépendants sont plus pauvres, plus précaires, mieux protégés socialement que certains salariés. Mais rassembler et représenter ne sont pas deux notions identiques. On peut rassembler des intérêts convergents au titre d’un certain contexte (cf. le CNR). Difficile de représenter des intérêts, donc des parti-pris de société différents.

    Je propose donc que nous prenions parti pour la 1ere réponse. Pour de multiples raisons qui trouvent leurs assises dans les analyses de Marx, sur le capital, sur l’histoire des sociétés humaines et à la lueur du mouvement ouvrier du XIXe etc; Le Manifeste en donne quelques unes de manière très synthétiques, qui paraissent parfois très, trop radicales mais qui prennent sens et intérêt si on intègre l’enjeu du temps et du processus politique réel.

    Cette première problématique peut renvoyer à une seconde qui se décline en un double questionnement.
    1. Comment sera organisé le travail dans la société communiste, à ses débuts et au fil de son développement. Sera-t-il socialisé très fortement et faudra-t-il le socialiser de plus en plus. En fait, c’est la question de la propriété, de l’état, de la démocratie économique et politique, de l’initiative économique, en régime communiste qu’il faut ici examiner.
    2. La question des revenus, c’est à dire de l’échange, de l’accès aux conditions d’existence.
    Cela sort du cadre du débat mais en même temps, cet question du revenu maintient le lien avec la 1ère problématique.
    Ici, il y a prise de pari, pas seulement prise de parti! Je crois que ce qui peut guider la réflexion est l’analyse des évolutions à l’œuvre dans les sciences et techniques et la nature des besoins sociaux qui ont leur propre dynamique.

    la question des revenus que tu soulèves peut plus ou moins recouvrir les deux problématiques.
    Je ne suis pas partisan des revenus universels et pas plus d’un prétendu salaire à vie.

    Le capital représente une étape historique dans le développement historique des modes de production parce qu’il force le point de vue des hommes sur leur travail.

    Dans le mode de production féodal, ceux qui produisaient ou permettaient la circulation des richesses payaient redevance pour leur travail, pour avoir travaillé un certain temps! C’était une économie de la distribution des richesses, de la consommation de l’existant. Bien entendu, c’était aussi une société de la production mais de rente, pas de profit capitaliste. Certain touchaient rente au titre que certains usaient de (travaillaient sur) leur terre ou territoire. C’était une économie du droit d’usage du lieu et de sa force de travail en quelque sorte; mais de classes, c’est à dire une société où le producteur travaille pour lui et pour un autre ; ce qu’il réalisait économiquement en sacrifiant une partie de son revenu, en nature initialement, puis monétairement.

    Le capital est une économie de la production. Le capital n’exige pas rétribution. Il paie la force de travail et au passage l’exploite. Le problème n’est plus le privilège d’exiger redevance. C’est l’exploitation. Concrètement le producteur de richesses travaille toujours un temps pour lui et pour un autre que lui. Il ne paie plus redevance pour son travail. Il est payé pour une partie seulement de son temps de travail. Il n’est pas payé pour son travail. Au titre du rapport social, du rapport de classe… Et cela qu’il soit pauvre, catégorie populaires, classe moyennes, voire supérieures… (D’où le besoin de bien comprendre le concept de prolétariat…)

    En tout cas, le communisme ne sera pas, selon moi, un retour à une société de la redistribution des richesses, de la consommation de l’existant. Il devra rester une économie de la production qui produira toujours un surtravail, qui sera fait propriété de tous, pour pouvoir assurer les conditions de l’émancipation de tous.

    Toutes les propositions de revenus universels, de gauche et de droite, font revenir en arrière, à une société de la redistribution, de la consommation de l’existant. La misère sociale rend sensible à ces propositions, surtout quand le surtravail enrichit à l’envie les privilégiés ou les exploiteurs. Mais aucun retour à une économie de la redistribution ne peut être compris comme progrès économique.
    Quant à la révolution de 1789, elle fut grande en abolissant une certaine forme de propriété, pas en inventant l’équivalent des Poor Laws anglaises, institués dès 1600 et qui furent la première forme moderne de revenu universel…

    Je n’en dirai pas plus ici.

    J’attire simplement ton attention sur une chose: toutes ces propositions doivent être passées à la critique à laquelle un A. Smith, un Ricardo, un Marx se sont pliés avec plus ou moins de bonheur.
    1. Il faut définir une notion de valeur qui vaut autant pour fixer le revenu que le prix des biens et services (Une régulation des marchés peut-être envisagée dans ce cadre mais pas en dehors de lui: on ne distribue que ce qui existe. C’est vrai dans les sociétés de classes et dans les sociétés sans classes…).
    2. Il faut vérifier le cycle économique, et sa reproduction, qu’implique ce revenu qui exprime en dernier ressort toujours des rapports sociaux de production et d’échanges.
    3. En tout état de cause, la richesse sociale qui assure les revenus et les possibles conditions d’existence dépend du temps de travail des hommes. La technologie, les qualifications ne comptent ici que pour leurs effets multiplicateurs.

    La considération accordée au facteur temps de travail social est un bon repère pour évaluer la qualité scientifique et politique des économistes. Libéraux ou marxiste d’ailleurs.
    Jusqu’à ce que les machines tournent toutes seules…
    Là il faudra commencer à reconsidérer bien des questions… JB Say et Marx étaient d’accord la-dessus!
  • a commenté 2018-01-16 10:17:25 +0100
    @Francis Velain J’ai mis défavorable à ta contribution parce que je n’ai pas compris le fil et le but de ton raisonnement…Par contre je me retrouve en fin de ton texte : “La proposition de sécurité, emploi, formation est plus que jamais à enrichir à partir de l’approfondissement de l’analyse des technologies et des machines numériques d’intelligence artificielle” ; mais tu ne propose pas comment l’enrichir. Pour ma part, dans ce cadre – la loi sur la sécurité emploi, formation – je pense que le PCF ne peut pas faire l’impasse d’une réflexion sur ce qu’il est courant d’appeler un revenu universel (peu importe son nom…). Je ne dis pas qu’il faut adhérer aux propositions Hamon ! Je dis que cette idée circule, voire est expérimentée. Nous ne devons pas laisser “aux autres” seuls l’analyse voire des propositions même négatives du moment qu’elles sont argumentées. Nous avons des économistes formés et marxistes ils doivent nous aider à y voir clair sur le salariat comme tu le définis et d’autres formes de revenus.
  • a pris position défavorable 2018-01-16 10:17:21 +0100
  • a publié dans Le Parti et les classes populaires, au travail comme dans la cité 2017-12-23 08:38:15 +0100