La révolution numérique - Congrès PCF

Quelle politique du numérique?
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Il faut arrêter de parler de révolution, il faut parler de réalité numérique. Si on regarde l’usage d’internet : 74% y accèdent tous les jours – 95% des 18-24 ans En moyenne, on passe 18 heures par semaine sur Internet 93% ont un mobile, 65% un smartphone, 82% un ordinateur, 40% une tablette En moyenne, on passe 58 minutes par jour sur l’Internet mobile 55% des Français utilisent un navigateur, 48% téléchargent des applications 60% des Français ont effectué au moins un achat en ligne en 2016 25% utilisent Internet pour leur recherche d’emploi 56% sont inscrits sur au moins un réseau social En moyenne, on passe 1h16 par jour sur les réseaux sociaux L'ordinateur est le bien le plus détenu en France, à égalité avec le réfrigérateur. Les mutations utilisant le numérique sont multiples dans les entreprises Donc le numérique est une réalité politique, il faut avoir une politique claire dans le domaine 1) Le numérique pour tous Il faut pouvoir disposer d’internet sur tout le territoire. Chaque enfant doit disposer d’un ordinateur portable individuel prêté par l’Éducation Nationale à partir du collège. Il ne faut plus équiper des salles informatiques mais organiser un service de prêt dans chaque école ou regroupement d’écoles. Les certificats de compétences numériques existants (c2i et B2i) doivent être obligatoires au niveau du système scolaire et universitaire. Dans toute municipalité doit exister un espace numérique municipal pour tous avec des moniteurs diplômés. Cet espace pourra aussi servir comme lieu de regroupement pour des formations en ligne. Plus de 80 % des ordinateurs sont inutilisés alors qu’ils marchent encore. Dans le souci d’une démarche durable, le gouvernement facilitera la création de structures pour la mise à niveau des matériels et logiciels. 2) Le numérique en tant que bien commun Le gouvernement facilitera la mise en place, en donnant l’exemple dans les administrations et les appels d’offre public, de solutions en logiciels libres gratuits et coopératifs. On interdira le dumping commercial qui impose de disposer de logiciels Microsoft sur les ordinateurs à l’achat. Le consommateur pourra imposer de disposer d’un système d’exploitation et de logiciels libres. La recherche financée par l’état participera à la réalisation de logiciels libres dans un contexte de collaboration inter universitaires et universités/entreprises. 3) Le numérique comme moyen de développement et de progrès On parle beaucoup du numérique comme un destructeur des emplois existants. Plaçons-nous dans le contexte d’une entreprise qui emploie 100 personnes et que l’informatisation de certaines procédures correspondent à la suppression de 20 personnes. Pourquoi doit-on licencier ces 20 personnes alors que la production est identique voir supérieure à la précédente grâce à une meilleur productivité? aucune raison sinon de servir les actionnaires. On a supprimé les travaux répétitifs et pénibles, ce temps gagné doit permettre de développer l’entreprise et de former le personnel. Donc le numérique permet de réduire la pénibilité et d’augmenter la qualification individuelle . Cette démarche doit aussi permette aux salariés de participer plus à la direction de l’entreprise grâce au temps libéré et aux moyens d’aide à la décision et à la collaboration que facilitent le numérique. Le système éducatif et globalement la formation professionnelle n’a pas encore intégré toutes les potentialités du numérique. On a encore des villes qui se vident de leurs jeunes en septembre pour rejoindre des amphis surpeuplés alors qu’ils pourraient utiliser des espaces numériques de regroupement dans un contexte de formation en ligne avec des formateurs locaux. Il faut de plus payer gîte et couvert pour les parents et souvent l’étudiant doit travailler pour subvenir à ses besoins Il faut une rénovation pédagogique individualisée et ouverte qui permettra à la France d’avoir un rayonnement international dans un de ses domaines d’excellence. L’ordinateur n’est pas exclusivement une machine qui calcule vite , c’est devenu une machine pour collaborer, pour diffuser, pour échanger. Le robot permet de réduire tout travail répétitif et souvent pénible. Les systèmes experts permettent de prendre des décisions et de conclure avec des données internationales et à jour, par exemple dans le domaine médicale on peut arriver à un pronostique juste à 97 % au lieu de 90 %. L’intelligence artificielle permet de regrouper, d’analyser, de comparer les données avec des applications dans la recherche, mais aussi la voiture sans chauffeur, la régulation énergétique … Pour autant, l’ordinateur ne peut qu’apprendre et ne sait pas comprendre. Aucune activité qui utilise l’ordinateur n’est revenue en arrière en abandonnant la démarche numérique.Toute innovation technologique ou scientifique utilise les capacités du numérique, un prix Nobel ne peut plus être la récompense d’un homme seul. On voit l’importance de la formation pour utiliser le numérique en particulier pour sélectionner les informations justes et pertinentes. 4) Le numérique comme aide a la démocratie L’internet a été conçu pour une diffusion libre de l’information. On peut théoriquement intervenir à tout moment sur un thème quelconque dans des forum. On dispose d’informations multiples dans des immenses bases de données multilingues. On peut donc interagir démocratiquement pour faire vivre une démocratie transversale et rapprocher les élus des électeurs. Les outils existent, mais il faut que les électeurs participent et la VI république doit organiser cette transversalité démocratique avec des élus en responsabilité directe et des électeurs actifs sur l’agora numérique. Le premier danger est le stockage et l’utilisation des données personnelles récupérées sur les réseaux. Internet doit rester ouverte et libre mais une commission internationale doit assurer l’éthique dans le respect des droits universels.On doit pouvoir connaître toutes les informations connectées sur notre compte et pouvoir en demander la suppression. Le second danger ce sont les cyberattaques qui constituent des guerres contre des industries ou des pays. Ce problème est du ressort de l’ONU.

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