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Le problème des copropriétés dégradé
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Témoignage d'une camarade de Besançon Le problème national des copropriétés dégradées Quand on évoque le logement, il y a une question qui est souvent oubliée, et qui pourtant est en train de devenir un problème national. C’est celui des copropriétés dégradées. Ce sont 15 % des copropriétés en France, soit environ 1 million de logements, qui sont concernées. Les signes de fragilité, c’est une vétusté des immeubles et la paupérisation de ses occupants, frappés par le chômage, les bas salaires, les retraites en dessous du seuil de pauvreté et le poids des emprunts. Ces difficultés se traduisent le plus souvent par une incapacité de la copropriété à payer les factures qui lui incombent pour l’entretien ou la rénovation de l’immeuble qui se traduisent en charges pour les copropriétaires et, plus grave, par une incapacité à maintenir l’immeuble en bon état. Une fois engagées dans cette spirale négative, les conditions de vie dans la copropriété deviennent vite très difficiles : parties communes mal entretenues créant un danger pour les occupants (électricité, ascenseurs, caves , boîtes aux lettres, etc..) C’est alors que les marchands du sommeil s’y installent . Ils accumulent des appartements achetés à bas prix, et rentabilisent leur investissement grâce aux aides au logement de leurs locataires qu’ils perçoivent parfois directement des organismes. Ils ne font aucun travaux dans leurs appartements, et bloquent la rénovation des communs. L’immeuble se dévalorise. Les copropriétaires résidents, souvent de modestes retraités, sont ainsi pris au piège d’une propriété qui perd de sa valeur avec de lourdes factures de réparation liées aux dégradations. Les propriétaires les plus solvables quittent alors la copropriété et c’est la spirale de la dégradation, l’alourdissement de la facture pour rénover, et l’incapacité financière d’y faire face pour les copropriétaires résidents. Mon vécu personnel Je vis moi même dans une copropriété de ce type, à Besançon, qui date des années 60. Certains appartements n’ont bénéficié d’aucune rénovation depuis la construction de la copropriété dans les années 60. Il en est de même pour les extérieurs. Certains locataires habitent des appartements vétustes (cartons tenant lieu d’isolation, scotch utilisé pour parer à des fenêtres cassées). Il y a eu une famille composée d’environ 10 personnes, les enfants dormant à terre dans un logement infecté de blattes. Certains habitants ont pris l’initiative de se grouper pour nettoyer les caves effectuer quelques petits aménagements. Mais pour véritablement sauver la copropriété, la bonne volonté individuelle ne suffit pas . Il faut une intervention collective, d’autant plus qu’en 2018, la rénovation thermique deviendra obligatoire : la plupart des propriétaires ne pourront pas payer les factures, moi la première, avec ma retraite de 1000 euros par mois, due à une carrière écourtée pour garder mes enfants. Quelles solutions ? Même si c’est compliqué et coûteux pour les autorités publiques, il est inévitable qu’elles interviennent dans ce type de dossier ,car bien que la gestion d’une copropriété relève de la sphère privée, une dégradation forte de ces immeubles génère des problèmes de sécurité et de salubrité majeurs. Certes, la loi Alur de 2014 a mis en place un nouvel outil : l’opération d’intérêt national de requalification des copropriétés dégradées. Mais il concerne jusqu’à présent quelques grosses concentrations de copropriétés dégradées comme à Grigny, Clichy sous Bois. Ce sont des opérations très lourdes qui mettent en jeu de nombreux opérateurs et s’inscrivent dans une opération de remodelage et de requalification du quartier. Ce qu’il manque, ce sont des dispositifs d’aide plus limités, plus ponctuels pour tirer d’affaire des copropriétés en cours de dégradation. Certes, la loi Alur donne au maire le pouvoir d’intervenir et de mettre sous tutelle ces copropriétés, pour y réaliser les travaux nécessaires, obliger les marchands de sommeil à vendre certains appartements pour financer les travaux, ou permettre aux bailleurs sociaux d’acheter certains logements et contribuer à l’entretien. Mais l’expérience montre qu’ils n’est pas très facile d’entraîner les maires dans ces dispositifs, sans doute encore trop lourds juridiquement. Il faudrait aussi pouvoir imaginer des aides au cas par cas pour les copropriétaires résidents qui n’ont pas les moyens de payer la rénovation. Ce que nous faisons à Besançon Les élus communistes et la section du PCF de Besançon ont organisé plusieurs réunions avec le conseil syndical de la copropriété, avant d’organiser une rencontre avec le vice-président de l’agglomération. Il s’agit d’étudier avec lui les conditions d’éligibilité de la copropriété en « copropriété fragile ». Mais le risque est qu’on nous oppose toujours une autre copropriété, considérée comme plus fragile encore… Nous allons poursuivre le travail de conviction et d’incitation à agir en direction de la communauté d’agglomération de Besançon, en lien avec les résidents de ma copropriété, mais il y a vraiment nécessité de repenser à un dispositif plus adapté à une échelle nationale, pour ne pas laisser le traitement de la question au seul bon vouloir et à la seule charge des élus locaux. Conclusion J’aimerais que l’on se préoccupe davantage de ce problème des copropriétés dégradées, ce qui veut dire aussi que l’on sort d’un cliché sur l’opposition systématique entre locataires et propriétaires, les seconds étant considérés comme riches et sans problèmes. Il y a beaucoup de petits propriétaires, qui ont mis leurs économies dans l’achat d’un logement, en voulant éviter le payement d’un loyer pendant leur retraite, se sont fait étrangler par le coût de leurs emprunts, et la baisse du niveau des retraites. Ne les oublions pas.

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