Le Parti et les classes populaires, au travail comme dans la cité - Congrès PCF

Classes populaires?
Contributeurs :

Devons-nous être le parti des "classes populaires"? Très bon article de Fanny Chartier dans Eco Po sur la catégorie de "classes populaires".

Les commentaires

  • a commenté 2018-02-08 17:43:56 +0100
    Bonjour les camarades !

    Ravie que mon papier dans Ecopo vous ait convaincu ! Je note par ailleurs que ce texte rassemble des camarades avec des sensibilités assez différentes dans le Parti et c’est vraiment positif.

    Pour répondre à @Catherine Nedelec : je ne préconise l’usage de “couches populaires” que pour remplacer l’expression “classes populaires” car cette dernière ne tient pas scientifiquement et qu’elle est utilisée à tort et à travers (avec tout le lot de misérabilisme/paternalisme qu’elle contient, comme le mentionne Aurélien Alphon-Layre). L’objectif du PCF pour moi est d’émanciper les salariés ou plus simplement les prolétaires. Le but n’est donc pas de rassembler les catégories populaires au sein du Parti, simplement il faut que notre organisation soit aussi adaptée à leur formation/intégration/promotion en responsabilité, ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui. Or on ne peut pas prétendre rassembler le salariat si 50% des travailleurs (ouvriers/employés) n’ont pas leur place. Toute une politique volontariste à repenser donc (entre autres…)!

    Je serai le 1er mars à Bordeaux pour intervenir sur “Actualités de la lutte des classes en France”. Je prépare actuellement mon intervention donc toute remarque/question/interrogation sur mon texte et plus généralement sur la question des classes sociales me sont très utiles !!
  • a commenté 2018-01-06 11:09:49 +0100
    Et je tiens à rajouter une chose: Si le misérabilisme marche sur certaines personnes pour les faire mousser, c’est à la France Insoumise que ces personnes iront. Car Mélenchon est bien plus fédérateur que nous sur ce domaine et C’EST TANT MIEUX. C’est SON RÔLE DE SOCIAL DÉMOCRATE.

    Au parti communiste on mobilise des PROLÉTAIRES qui veulent S’UNIR pour S’ÉMANCIPER.
  • a pris position important 2018-01-06 11:09:49 +0100
  • a pris position favorable 2018-01-06 11:09:48 +0100
  • a commenté 2018-01-06 11:06:02 +0100
    Merci Florian !!!
    Je ne connaissais ni Fanny Chartier, ni cet article et bon sang qu’il fait du bien !!

    Elle montre factuellement tout ce que je ressens à chaque fois qu’on cherche a se rapprocher des “classes populaire”.

    1èrement l’incapacité d’identifier réellement ceux qui s’y rangent dedans.
    2èmement le misérabilisme et la victimisation insupportable dans laquelle on se perd à chaque fois. On ne construit plus collectivement notre émancipation, on collecte les plaintes de populations démunies et désunies.
    3èmement la réalité de notre imaginaire collectif qui en réalité interprète “classes populaires” comme les “pauvres” tout simplement. Et donc forcément, majoritairement, nous renvoie à désigner d’autres personnes et non nous-même. C’est une violence ÉNORME que de définir quelqu’un par son manque et on le sait consciemment ou non. C’est pour ça qu’alors qu’apparemment au moins plus de 60% des gens devraient se ranger dans les classes populaires car ouvriers ou employés, seulement 24% le font et pas forcément les plus pauvres. Moi je sais qui s’y range. Ceux qui ont chuté dans leur niveau de vie par rapport à leur entourage. Peu importe leur niveau de vie actuel, ils se sentent pauvres par rapport au niveau qu’ils devraient avoir. J’ai vécu cette situation de déclassement, et seul le Marxisme m’a permit de sortir de ce misérabilisme qui te consume de l’intérieur. Certainement pas des militants, aussi gentils soient-ils qui se seraient adresser à moi pour venir m’aider moi, “classe populaire”, et donc forcément en-dessous d’eux. Gardez votre pitié!
    Ce qui me permet de rajouter un autre point: Le mal-être que moi, militant PCF je ressens dans le regard de mes camarades. Car bcp trop souvent le regard envers celui qu’on considère “classe populaire” est en fait un regard de plaignant, voire de pitié. Et quand dans la majorité des cas tu vois cette expression sur le visage de tes camarades profs, fonctionnaires ou retraités, tu te demandes sérieusement: “Mais comment il me regarderait si ils savaient que je suis encore plus dans la merde que ce chômeur en HLM? Est-ce qu’ils me prendraient vmt au sérieux? Comme un camarade avec qui on construit les voies de l’émancipation, ou comme un plaignant qui permet d’étayer notre discours?”
    C’est une violence symbolique tellement monstrueuse!! C’est vmt indescriptible. C’est pour ça que j’en peux plus que le PCF utilise ce genre de dialectique. C’est pour ça que j’ai pété mon coup de gueule. J’ai pas envie de me sentir comme étant le pauvre d’un autre. Je suis un prolétaire et un exploité. Comme tous ici.
  • a commenté 2017-12-22 19:00:47 +0100
    Merci pour le conseil de lecture, je confirme, très bon article! En plus d’être assez peu fiable et difficile à définir, classe populaire est un peu misérabiliste, donc pas du tout mobilisateur. Mais ça exprime maladroitement le fait qu’il y a tout un pan du salariat qui a disparu du parti communiste. Fanny Chartier pointe deux défis majeurs pour nous: “endiguer la sous-représentation des couches populaires du salariat en travaillant à leur adhésion, formation et mise en responsabilité par une politique volontariste à tous les niveaux de nos organisations” d’une part et “unir l’ensemble des salariés” d’autre part. Cette politique volontariste a existé au PCF en direction de la classe ouvrière, puis elle s’est perdue. Bien, donc renouons avec ce volontarisme! Mais par quels moyens, quelles actions concrètes, comment donner envie aux gens de s’organiser et surtout de s’organiser au PCF?
  • a pris position important 2017-12-22 19:00:45 +0100
  • a commenté 2017-12-22 07:56:07 +0100
    qui sous-entend une hiérarchie: des plus exploités aux moins exploités?
  • a commenté 2017-12-21 10:39:16 +0100
    Oui il faut absolument lire l’article de Fanny Chartier, c’est dans l’éco po de juillet août. Cet article illustre d’ailleurs assez bien le “coup de gueule” d’Aurélien Alphon Layre. Mais à l’appui de la démonstration de Fanny Chartier qui considère que “classes populaires” serait “inopérant politiquement” pour un parti qui compte rassembler les victimes du capitalisme, (“les 99%”?), je ne pense pas que le terme “couches populaires” qu’elle préconise soit beaucoup plus opérant.
    De mon point de vue, deux questions se posent:
    - Qui le PCF veut-il rassembler au sein du parti?
    - Dans quels termes cette “cible” (pardon d’employer un terme de marketing) se reconnaît-elle?
    Oui, le fait qu’une partie importante “des couches populaires” soit éloignée du politique et ne vote plus est un problème et il faut pouvoir regagner ce terrain. Mais en même temps, celles et ceux qui animent, s’engagent, font vivre le parti, les associations, le syndicat sont généralement des salariés qualifiés (et donc la partie “conscientisée” de la population). Et nous ne ferons pas sans eux, qui ont autant de raisons d’être communistes, car ils n’ont aucun intérêt particulier au capitalisme. Et quid des agriculteurs qui ne peuvent pas vivre correctement de leur travail, des artisans qui ne savent pas s’ils vont pouvoir continuer leur métier? Ont-ils leur place à part entière au parti communiste? Arrêtons de parler d’alliance qui sous entend une hiérarchie -des plus exploités aux moins exploités? et qui renvoie à des schémas anciens. Parlons plutôt de rassemblement.
    Et dans ce cas, dans classes populaires, ce n’est pas classe qui bloque (64 % des Français déclaraient en 2013 que la lutte des classes en France est une réalité) mais populaire! Fanny Chartier le montre bien, 60% des français se reconnaissent dans la classe moyenne, et "parmi les 20 % les plus pauvres de la population (les couches
    populaires donc), la moitié d’entre eux déclare appartenir à la classe moyenne(!). Et même certains
    ouvriers peuvent avoir un revenu supérieur à des salariés ayant une « profession intermédiaire ». "
    Il va donc falloir se creuser la tête si nous ne voulons pas parler dans le vide et nous contenter d’un strapontin à gauche.
  • a pris position important 2017-12-21 10:39:15 +0100
  • a publié dans Le Parti et les classes populaires, au travail comme dans la cité 2017-12-20 21:02:11 +0100