Culture - Congrès PCF

"La culture dans le sens du combat communiste"
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LA CULTURE C'EST QUOI ? "Haaaa la culture !" Avant de démontrer que la culture a évidemment sa place dans le combat communiste, il serait bon de définir ce qu’est la culture. Il arrive que le mot fasse peur, provoque même parfois un complexe. Et cette crainte est pardonnable… Egalement, et cela à regret, dans le sens commun, une confusion redondante semble trop souvent réduire la culture aux arts, voir aux arts académiques. Or, et n’en déplaise à certains de nos pères ou à quelques gestionnaires de dossiers bien placés, quand on pense « culture » on y accole inconsciemment le mot « élitiste ». Sans tomber dans le populisme : je dis « non » ! La culture n’est pas uniquement élitiste. La culture, c’est avant tout l’histoire des Hommes. C’est l’histoire de Géraud fils de résistant qui a grandi à Aurillac ; c’est celle de Moishé qui vit à Paris rue des Rosiers ou encore la tienne, oui toi « face à moi au premier rang ». Il ne peut y avoir de culture, sans humain. Et, la divise de notre parti n’est-elle pas : L’Humain d’abord ? Le coup de pioche d’un mineur du Nord aurait-il moins de valeur qu’un opéra de Bizet ? L’univers de Sliman, qui vit chez ses vieux à La Courneuve serait-il moins important qu’un tableau de Mondrian ? – Dans le combat communiste, non. Il n’y a pas de sous-culture, il n’y a que la culture de l’« Etre » (dans le sens « d’être vivant »). Ensuite, vient ‘’la mise en culture’’, qui caractérise l’histoire de chacun, fonde l’identité, forme la richesse d’un peuple : la langue, la musique, l’architecture, la gastronomie, les savoir-faire, le combat… Aujourd’hui, cette histoire nous est accessible avec les musées, les expositions, le théâtre ou encore la littérature… - Mais la culture, ce n’est pas que l’héritage du passé, c’est aussi la création permanente, même s’il s’agit du ministère recevant le plus petit budget de l’Etat. Le Festival de théâtre de rue d’Aurillac, festival gratuit, engagé, incomparable à celui d’Avignon, qui sans argent n’est pas accessible au spectateur, est un très bel exemple de création culturelle, qui comme évoqué au début de cette introduction, nous parle avant tout d’Humanité. *** 1.La médiation culturelle, un enjeu essentiel dans la lutte des classes La culture dans le sens du combat communiste, passe inévitablement par une notion qui a vu le jour, il y a une quinzaine d’années, qui est : la médiation culturelle. Même si la notion, de « médiation », « médiateur » est très utilisée actuellement dans plusieurs domaines, voir un peu trop à la mode, elle demeure indispensable pour le communisme. Médiation, média, c’est le lien. Autrement dit, c’est le principe de rendre la culture, telle que nous la définition au sens large (musées, concerts, théâtre, cinéma, médiathèques, etc…) accessible à tous. Ce qui intègre pleinement les valeurs communistes, car il y a là, la défense d’une culture commune pour tous, que l’on soit riche, pauvre ou issu de la classe moyenne. Tout le monde a droit à la culture ! Et, ce n’est pas qu’une question d’argent. Le facteur économique est une réalité, ne serait-ce qu’en prenant l’exemple d’une place de cinéma qui coûte autour de 7 € à Aurillac, et 10 € à Paris et grandes métropoles (par exemple dans le groupe UGC) ; les petits salaires ou même les familles nombreuses y réfléchissent à deux fois pour aller voir un film. Derrière « médiation culturelle », en rendant la culture accessible à tous, c’est l’aspect éducatif, psychologique qui est défendu. Dans cette approche, le communisme veut l’égalité. Que l’on ait reçu une éducation proche ou éloignée de la vie culturelle ou que l’on vienne d’un milieu social où la culture était ou non très présente pour diverses raisons, il est en notre devoir de lutter pour la démocratisation culturelle. L’exemple que l’on peut donner pour illustrer le mieux cette idée, même s’il est vrai, qu’il est un peu cliché, c’est une famille qui vit dans un quartier populaire et qui ne fréquente pas le théâtre. Pourquoi ?! Bien souvent la raison, c’est, parce qu’elle pense que ce lieu ne lui est pas destiné, qu’il est réservé à une élite intellectuelle, voir bourgeoise et que le théâtre comme d’ailleurs tous ce qui est culturel n’est pas fait pour elle. Triste réalité, que l’on retrouve aussi régulièrement dans d’autres milieux socio-professionnels, notamment chez les jeunes. Le combat pour la démocratisation culturelle, c’est justement d’ôter à tout homme cette frustration intellectuelle, qui le freine pour se rendre dans des lieux de culture offrant une riche connaissance. Comment ?! En apportant directement la culture à ces publics, par l’action, comme la mise en place de spectacles dans les quartiers populaires qui pour certains intègrent la population locale dans la prestation ; en réalisant des ateliers thématiques, en créant des œuvres d’art dans des lieux inattendus ou encore en proposant des rencontres avec des artistes. Si ces publics n’osent pas toucher du doigt la culture, c’est la culture qui doit aller vers eux ! Alors… ça existe déjà et ça marche très bien, mais il faut poursuivre dans ce sens. L’objectif des actions de démocratisation culturelle, c’est de provoquer chez ces personnes, l’envie de se rendre d’eux même à l’opéra, au musée, dans une expo… Il faut casser cette barrière sociale qui bien souvent est le frein à l’accès à la culture. Les institutions jouent un rôle capital dans l’insertion culturelle, mais il ne faut pas non plus sous-estimer le tissu associatif sans qui, sur bien des territoires notamment en zone rurale, la vie culturelle serait inexistante, de même que le sport, mais je vous l’accorde ce n’est pas le sujet de mon intervention. La médiation culturelle, c’est aussi dans le sens du combat communiste, de faire rentrer des thématiques moins académiques, mais toutes aussi riches dans des musées ou de présenter des spectacles accessibles à tous, dans ces lieux qui peuvent freiner, pour attirer un public qui ne viendrait pas forcement de lui-même. Le jour où on organisera un festival de rap au Louvre, la politique culturelle aura fait un grand pas. Enfin, pour terminer sur cette notion, il ne peut y avoir démocratisation, sans lutte contre l’isolement culturel. Ce qui intègre aussi dans notre idéal, et cela se fait déjà, que la médiation doit rendre vivant la culture partout, pour donner à voir, à réfléchir et lutter contre l’obscurantisme – Ainsi, elle tient parfaitement sa place dans les écoles, les prisons, les hôpitaux, les maisons de retraite ou encore les établissements pour personnes handicapées. La culture n’est pas secondaire comme on veut trop nous le faire croire, les budgets sont nécessaires. Si elle peut être créatrice d’emplois, elle est aussi outil d’insertion et d’éduction du peuple. 2. La culture outil de communication, pour informer sur le communisme La culture peut aussi devenir un outil de communication dans le combat communiste. On parle bien ici d’information, de sensibilisation et non d’instrumentalisation et de propagande. Camarades, du passé faisons table rase. Il ne peut y avoir de lutte dans la politique sans débat, sans AG, sans distribution de tracts. Déployez la banderole avec les copains, c’est aussi ça la culture du PCF. Mais on peut aller plus loin ; tant au niveau national, qu’au niveau local ; avec la mise en place d’actions culturelles au service de notre parti, pour informer sur les idées que l’on défend, sur notre conception du monde, sur notre philosophie. En parallèle des débats politiques, on peut parfaitement proposer des spectacles avec des artistes engagés (théâtre, musique, cirque tzigane), des expositions sur l’histoire locale du PCF, des visites de sites (patrimoine industriel…), ou encore des performances artistiques collectives et participatives où l’humain est au cœur de l’œuvre. Le PCF peut aussi être un acteur de programmation culturelle annuelle, certes orienté « culture communiste, culture de l’humain », comme le fait une association ou une M.J.C. Peut-être que certains non-adhérents (à ce jour), peuvent ne pas oser se rendre à un meeting politique (ce qui est déjà un acte d’engagement personnel) ou bien aient des difficultés à parfaitement comprendre un discours politique, ce qui n’est pas toujours facile, pour une oreille non avertie. Ce n’est pas pour autant que ces personnes, n’ont pas une sensibilité au communisme. Ce public, peut être d’avantage réceptif à notre politique par l’action culturelle, que par la voix traditionnelle pour apprendre à nous connaître, voir adhérer par la suite - Pourquoi ne pas imaginer chaque année, au moins un temps fort culturel public en plus, porté par le PCF au niveau local ? Une année une exposition, une année un concert, une autre fois un projet artistique mené par le PCF intégrant une population fragilisée et des militants… - C’est de l’investissement, je le reconnais, quelques euros également… mais c’est aussi ça construire le PCF d’un nouveau souffle. Un Parti Communiste Français, gardant ses valeurs et son action militante de base, tout en proposant un nouveau dynamisme, en communiquant, en se distinguant dans la classe politique et surtout en créant du lien humain par l’action culturelle. Trop souvent et cela par méconnaissance, notre parti souffre d’une image vieillissante, voir inexistante d’où la bonne blague « Pff, des communistes il n’y en a plus… » merci ! – Ou bien il peut véhiculer une image négative, directement liée à un passé dictatorial juste responsable de nombreux morts. En montrant notre présence par la mise en place d’évènements culturels étiquetés PCF, nous prouvons que le communisme est toujours debout et surtout que c’est une doctrine proche des hommes, contrairement à ce que certains croient et veulent faire croire. De plus, en abordant les valeurs populaires avec des actions culturelles du PCF, nous intégrons pleinement la notion vue au début, soit la démocratisation culturelle. Alors, l’action culturelle dans le communisme, ou la notion de communisme dans ce qui est culturel, ça existe bien sûr… et dans ce troisième point, nous allons citer quelques exemples… 3. Quelques exemples existants passés et présents de la culture communiste à valoriser et à conserver Le premier exemple d’action culturel communiste, c’est bien évidemment au niveau national, voir international, la Fête de l’Humanité, organisée tous les ans à La Courneuve début septembre, proche de Paris. Trois jours de fête où la culture tient une place importante : concerts, théâtre, salon du livres, conférences, expositions mais aussi village du monde pour découvrir d’autres cultures. Et évidement débats politiques et stands de toutes les fédérations P.C.F de France. -Egalement l’Espace Niemeyer, siège du Parti Communiste Français, place du Colonel-Fabien à Paris (19e), construit en 1965 par l’architecte brésilien du même nom, lui-même militant communiste. Bâtiment classé dans son intégralité « patrimoine national » en 2007. Culturel pour, déjà son architecture unique avec sa coupole, mais surtout pour sa programmation culturelle proposée tout au long de l’année. Visites du site sur demande, ouverture lors des Journées européennes du patrimoine (qui tombent le même week-end que la Fête de l’Huma) ou encore des temps forts, comme cet hiver l’exposition temporaire sur Georges-Marchais. Au niveau local, je citerai l’organisation d’une exposition pour les 80 ans du COP (Journal fédéral communiste Le Cantal Ouvrier et Paysan) à Aurillac ; la présence d’un concert ou d’une exposition photos sur l’annuelle Fête du COP en juin à Aurillac ; et peut-être d’autres, mais il y a juste un an que je fréquente le Parti communiste. Enfin, ce que l’on peut dire, c’est que la culture dans le sens du combat communiste, c’est aussi la découverte d’artistes, de journalistes ou de philosophes par soit même. Ils participent à l’élaboration de notre sensibilité et la construction de notre conscience politique, qui fait que l’on s’engage dans un parti, et que l’on s’y investisse ou non. Pour le Parti communiste, je pense à quelques artistes engagés qui peuvent jouer un rôle dans l’éducation politique que l’on se fait, qui bien souvent est liée à notre famille, soit par influence ou au contraire par opposition… on peut citer : le poète Louis Aragon (Que serais-je sans toi ?) ; les chanteurs Jean Ferrat (Ma France, La femme est l’avenir de l’homme), Georges Brassens, Léo Férré, bien évidement Renaud ou encore le groupe Soviet-Suprèm (ex chanteurs de Java et La Caravane passe), l’humoriste Guillaume Meurice, soit l’un des plus engagés de sa génération. Enfin, le cinéma n’est pas à épargner non plus, avec des réalisateurs comme Les Frères Dardennes (L’enfant, Le gamin au vélo, Roseta, Le fils qui peignent une Belgique sur fond social et réaliste), Robert Guédiguian (Le Neige du Kilimandjaro, Marius et Jeannette à l’Estaque, Marseille), Cédric Klapisch (qui interroge toujours sur l’humain dans ses film, voir dénonce le requin capitaliste « Ma part du gâteau »)… et on pourrait allonger la liste à la littérature avec évidemment Karl Marx, ou encore à l’architecture etc… *** EN CONCLUSION, nous pouvons dire que la culture dans le sens du combat communiste, c’est l’accès à la connaissance pour tous, afin de permettre l’autonomie intellectuelle au plus grand nombre. Le culturel doit éveiller les consciences du peuple, pour permettre à chacun de penser sa vie par lui-même, sans se laisser manipuler par des dirigeants ou par autrui. Chaque Femme et chaque Homme doit être libre de ses choix. Nous ne souhaitons pas du pain et de jeux : la culture marchande, n’est pas digne du combat révolutionnaire ! L’exclusion au savoir n’est pas compatible avec la notion de bien commun que nous défendons dans le communisme. Autrement dit, il ne peut-y avoir de Liberté, sans culture. Julia Valentin. Membre du Parti Communiste Français, Section d’Aurillac, Fédération du Cantal.

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