Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

AG de la section du PCF du Bassin Dolois - Vendredi 18 mai 2018
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La discussion autour de trois thèmes était éclairée par la tenue 2 semaines auparavant, à l’initiative de la section, d’une conférence-débat sur le thème " Penser un monde nouveau ,  avec Karl Marx", avec la participation de notre camarade philosophe Florian Gulli. Cette soirée avait fait l’objet d’un compte-rendu par un étudiant communiste sur le blog de la section. A noter également que la question des services publics est revenue régulièrement dans de nombreuses interventions sur les trois thèmes de discussion. 1. Prendre la mesure de la période : le dépassement du modèle de développement capitaliste historiquement posé, présenté par Michel Bernier Communisme ou barbarie ? Rosa Luxembourg posait cette alternative pour l’humanité au tout début du XXème siècle ce fut ensuite la barbarie fasciste . Cette question est complètement d’actualité au 21ème. Le capitalisme a une histoire, il a connu une interruption dans son développement « naturel » de 1914 à 1980 : 2 parenthèses 14_45 et 45-80. Si la mondialisation financière existait avant la guerre de 14, durant la période suivante, les inégalités ont été en recul. Ce fut une période de libération, de décolonisation. L’existence de pays socialistes faisait contrepoids au capitalisme. Depuis les années 80, il a repris son développement, avec des crises. - une crise économique : liée à l’accumulation de capital financier qui ne peut se conclure que par un crash ...; - une crise écologique : Alors que la COP21 s’est tenue en France, l’an dernier le niveau de CO2 rejeté a augmenté - on peut envisager des centaines de millions de réfugiés climatiques dans les années à venir. Chaque année, la date se rapproche où la planète a épuisé ses ressources... - une crise par rapport à l’être humain : baisse de l’espérance de vie dans des pays développés. En France, baisse espérance de vie en bonne santé, aélénation du travail… - conflits au niveau de la planète : Syrie, Irak , Lybie (+ esclavage) ; + Daesch Ce système n’a plus d’avenir. Quel processus d’évolution révolutionnaire multiforme ? - combattre la marchandisation du travail, de la santé, de l’éducation… Plutôt qu’un programme de construction d’une société : avoir une visée communiste . Encourager tout ce qui est porteur de transformation sociale. Ex SCOOP – La coopérative, qui pourrait être illusoire sans changer le système, mais peut être un point d’appui pour le transformer... Une discussion s’engage sur les analyses de Bernard Friot et la question du travail qui peut être émancipateur, même s’il est souvent vécu comme aliénant et non épanouissant . Il ne s’agit pas seulement de procurer un revenu (universel voir Hamon) mais de lier qualité du travail, formation et revenu à vie. La question de la défense des services publics est au coeur des discussions. On salue la victoire sur le tarif réglementé d’EDF à l’opposé des objectifs de marchandisation des services publics, de leur privatisation (eau, santé, transports). Les besoins humains seront toujours à satisfaire. Donc, ils représentent pour le capital des parts de marché inépuisables. La façon dont sont traités les vieux est symptomatique de ce que propose le système capitaliste. On propose pas de supprimer le marché, mais le limiter et le contrôler. Les besoins essentiels doivent être assurés par des services 100 % publics. L’exemple d’Edf est cité : Dans la construction d’un nouveau modèle social, ce qui manquait, c’est l’ intervention des citoyens (celle des salariés a été actée depuis 1945). Aujourd’hui ce sont les associations des consommateurs qui font du lobbying pour l’ouverture à la concurrence. (Ex la FNAUT pour l’ouverture à la concurrence des transports…) Si cette ouverture à la concurrence est perçue comme un avantage (prix), ça peut s’inverser. Les médias peuvent être contrebalancés. Marx a parlé de lois tendancielles. Le mouvement de l’histoire n’est pas linéaire. Il peut y avoir des ruptures. L’inquiétude est forte sur les questions internationale, sur la façon dont le capitalisme organise les conflits (moyen orient), comment sont utilisés le pétrole, l’eau. Israel a gagné à l’Eurovision et la chanson française sur les migrants arrive en 13ème position. Appel à manifester le lendemain en solidarité avec Gaza. Paysans devenus chefs d’exploitation (retraites). 2. Fronts de luttes et visée commune d’émancipation : quelle démarche politique concrète ?présenté par Martine Delion Il s’agit de façon consciente, concrète, de dépasser la logique capitaliste, de reconquérir la maîtrise de sa vie, de faire des choix allant dans le sens de l’humanité, du partage des richesses, des savoirs et des pouvoirs. Comment identifier les enjeux de transformation, sur notre bassin dolois ? - nous avons organisé une rencontre sur les droits des femmes, et les violences. Cette rencontre nous permet d’envisager des prolongements avec des femmes du quartier ; de renforcer notre implantation aux Mesnils Pasteur en renouvelant des petites rencontres, avec projections des films pédagogiques qui permettent aux femmes de réagir. - sur les questions de la défense de la santé : les camarades massivement soutiennent l’idée de continuer nos actions . Nous avons mené des luttes pour l’hôpital, reçu le député Pierre Dharréville, édité un 4 pages départemental, des tracts de section, un journal régional. Nous étions nombreux à la manifestation de ce jour devant l’ARS Bourgogne Franche Comté. - sur les services publics : Les attaques sont tout azimuts. En dehors des domaines les plus connus (SNCF, santé, école, poste, …) il y a des secteurs où les salariés résistent et demandent par exemple le soutien des élu.e.s comme les services du cadastre (plus de relevés sur le terrain – tout dans des bureaux) ou de l’ONF (garant d’une gestion durable de la forêt à l’opposé de la vente de bois à outrance entraînant l’ épuisement des ressources - contre la privatisation, et l’augmentation du nombre de contractuels…). Des services deviennent payants comme le conseil aux communes (assuré par l’équipement, maintenant par des cabinets privés). Nous devons être plus offensifs car cette question est centrale et s’appuyer davantage sur les camarades qui travaillent dans ces services, organiser des réunions à thèmes. Débat : - la vie chère : être plus présents sur ces questions. Les services, les produits, tout a augmenté. Sauf les retraites. - dans la forme, nous devons plus nous ouvrir sur les autres, faire partager nos idées. Réfléchir à comment mener nos campagnes, avec qui, contre qui, quelles ambitions, pour témoigner ou gagner ? - Nous avons commencé à être beaucoup plus visibles dans les manifs. Il faut continuer. - Nous arrivons à intervenir dans les médias (presse), mais devons être plus offensifs pour gagner la bataille pour le pluralisme des médias. - L’utilisation des réseaux sociaux. Ils sont un instrument pour faire connaître nos idées, partager des luttes. Un jeune camarade considère qu’on n’utilise pas assez le numérique : Sur les réseaux sociaux : facebook permet de toucher plus de monde. Concentrer via info sur les réseaux sociaux, posts pour parler aux jeunes, plus pédagogues qu’agressifs. D’une manière générale, il est retenu l’idée de faire connaître nos positions, sans entrer dans les polémiques personnelles. Nous devons avoir une déontologie. On peut avoir plein d’infos de haut niveau et les faire partager largement. (ex : luttes Edf ,sécu, cheminots, Gaza) Notre rôle est d’informer, de pousser à la réflexion. Les luttes : en cours - Contre le projet régional de santé et la casse des hôpitaux de proximité. Nous avons marqué des points, fait voter des assemblées contre le projet. 400 personnes rassemblées aujourd’hui devant l’ARS Bourgogne Franche Comté. Des camarades y ont pris la parole, Laurence Bernier, en soutien aux hôpitaux de Dole, Francis Lahaut, pour le comité de défense de St Claude. Sur ces questions la sensibilité est grande et les gens sont prêts pour des réponses politiques.Un camarade regrette que la Présidente du CN n’ait pas pris la parole, alors que d’autres interventions politiques ont eu lieu (FI) - Manifestation de la fonction publique le 22 mai 10h30 sous préfecture - Marée populaire du 26 mai : lancement ATTAC, syndicats, associations, partis politiques Décision a été prise par le collectif de prendre l’initiative de s’organiser au niveau local – envoyer un mail aux orga de gauche, pour une réunion mardi 22, pour décider ensemble de ce qu’on va faire. Chacun avec son identité. - 9 juin ; marche sur l’Elysée organisée par le parti…. - 23 juin : rassemblement sur l’hôpital Pour un mois de juin qui soit explosif. 3. Comment reconstruire dans les conditions concrètes de la nouvelle situation politique issue de 2017 ? présenté par Patrick Jaillet L’état des lieux en 2018, fait apparaître que se poursuit l’alternance entre partis de droite et de gauche, avec le parti de Lepen devant les Républicains. Melenchon et la France Insoumise : premier parti à gauche. Sénat resté à droite. Macron élu. Droite toujours présente . Depuis élections partielles jamais favorables au FN. FI force de gauche en tête – ps en difficulté. Notre Parti s’est affaibli au profit de FI mais conserve ses 2 groupes parlementaires. Macron veut créer un bloc libéral dans la durée en s’affranchissant de la droite et de la gauche. FI se place dans l’opposition mais refuse tout accord électoral qualifié de tambouille, créant un risque d’opposition sans espoir. Offensive brutale et profonde de Macron. Premières difficultés dans l’opinion et un vrai potentiel de luttes. Le décalage promesses et effet de sa politique. Difficultés à fédérer. Dispersion des forces résistantes et état de la reconstruction des forces de gauche. Comment agir et reconstruire l’ espoir ? - dans les luttes, en les amplifiant : sens des Etats généraux du progrès social, auxquels 6 camarades de la section ont participé. - sans chercher une récupération politique - construire dans la durée : santé, ehpad, université, femmes, égalité territoires, migrants…. - Etats généraux du numérique, de l’école,de l’écologie… - bataille sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles : régime d’absolutisme présidentiel lui opposer un projet de démocratisation globale de la république. - nos reconstructions politiques et initiatives communistes de rassemblement manier sans opposer : idées communistes et rassemblement de toutes les forces d’opposition. quel cadre unitaire ? Le clivage capital/travail existe. Référence à la gauche, mais plus dans les partis et formes d’union…. Comme tenté avec FDG - inventer de nouvelles formes d’intervention citoyenne - repenser nos alliances – pas renoncer à construction majoritaire - Les élections restent un moment clé. Y participer, des présidentielles aux municipales, à partir des conditions politiques du moment et des modes de scrutin. - réévaluer le rôle de nos élus. Débat : Un camarade rappelle le poids de l’abstention. Macron élu par 17 % de 50 % Lutter pour services publics, contre la privatisation. On parle de boycott : des endroits où ne pas aller. Boycott du privé. Un médecin à l’hôpital draine la population doloise sur Valmy (hopital privé de Dijon) boycott 729 code Israel. Un camarade intervient sur le thème « Reconstruire le parti ? » et considère que nous n’avons rien - rien déconstruit et que le parti n’est pas à reconstruire. C’est le PS qui a déconstruit toute la gauche. Un échange sur la vie du parti fait apparaître que nous avons une force militante et des camarades engagés syndicalement, dans diverses organisations et que nous avons beaucoup à gagner à une organisation plus collective de la vie du parti. Que chacun.e prenne une part dans l’organisation de nos échanges, sur les questions qu’il.elle connaît le mieux. - La proposition a été faite d’un débat à l’automne sur l’écologie. - Un camarade propose d’y ajouter la question de l’énergie et s’engage à organiser une soirée sur ces questions. - soutenir les étudiants face à Parcours Sup. Nos camarades témoignent de la sélection à l’entrée de la fac. Cette année : 600 à 700 demandes (contre 200) à la fac en Histoire (7 fois plus de vœux ). Critères pour classer les jeunes. (Allemand, latin, mention TB au brevet.) Ceux du Lycée Nodier rentrent plus dans les cases que ceux du Lycée Duhamel. Première étape pour supprimer l’université publique. Avant, avec une demande à l’université : on était quasiment toujours pris. Maintenant il y a des quotas, permet de favoriser la privatisation. Education et logique capitaliste : diminution de 20 % des places au CAPES, mais augmentation de la collaboration Pôle emploi et Education Nationale – moins de profs titulaires et plus de vacataires remplacer les fonctionnaires par des CDI. La question de la précarité des salariés est soulignée dans toute la fonction publique(des contractuels partout, 1/4 de la fonction publique, 10 % à la SNCF). Le 26 mai est une amorce pour fédérer les forces syndicales, associatives, politiques. Si l’unité – qui n’a pas eu lieu le 5 mai - se fait : Macron est mal. Le sentiment général est que l’enjeu des combats actuels est dans le cadre de la lutte des classes et non du peuple contre les élites. Dans ce cadre notre identité  est un atout. Quand Melenchon dit comme nous, il se fait entendre et pas nous. Un gros pourcentage de la population juge négativement le capitalisme, mais nous sommes toujours confrontés à la question : - faire oublier les images des pays dits socialistes - la chine pays communiste ? - et la Corée ? Le rôle de nos élus : le sentiment général est positif par rapport au rôle de nos député.e.s On sait davantage ce qu’ils font. Ils sont proches des communistes et de la population, ils sortent de leur circonscription : exemple des députés qui font le tour de France des hôpitaux en lutte. A l’inverse, il nous appartient de dénoncer davantage nos élus locaux, maire de Dole et député qui s’engagent pour la privatisation. Note complémentaire : notre parti a joué un rôle essentiel pour fédérer les organisations syndicales, associatives, politiques du bassin dolois, non seulement dans la préparation du 26 mai, mais l’engagement a été pris de se retrouver la semaine suivante pour envisager les prolongements. C’est la première fois qu’un dialogue aussi constructif a pu se nouer depuis 2016.

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