Amendements
Pour un Parti communiste utile, agissant, audacieux et novateur, internationaliste et révolutionnaire - Congrès PCF

en introduction du 6, page 20, ligne22
Contributeurs :

L’émancipation des travailleurs pour laquelle nous militons ne sera l’œuvre, ni d’un Etat, ni d’un parti, mais des travailleurs eux-mêmes. Ceux-ci aspirent de plus en plus à maîtriser leur vie, leur travail comme les décisions concernant l’avenir de la planète. Certes « le mouvement populaire et l’intervention citoyenne ne sont pas spontanément transformateurs » et ceci d’autant plus que nous sommes confrontés à une véritable crise de la politique. Si un français sur deux (51%) déclare encore s’intéresser à la politique, plus de 3 sur 4 éprouvent d’abord un sentiment négatif quand ils pensent à la politique (méfiance, dégoût, ennui ou peur) . Face à la mise en concurrence généralisée des individus et au harcèlement médiatique sur le thème ‘il n’y a pas d’alternative’, ils ont donc besoin d’un parti politique porteur, dans la durée, de la visée communiste, qui les aide à appréhender le fonctionnement de la société, donne sens à leurs luttes, fasse grandir l’exigence et la construction de solutions alternatives s’inscrivant dans cette visée, soit force de propositions. Mais cela suppose que nous arrivions à changer l’image qu’ils ont des partis politiques, y compris du nôtre, non plus une institution qui ne se préoccupe pas ou peu de ce que pensent des gens comme eux (image partagée par plus de 8 électeurs sur dix), mais une organisation qui, au contraire, contribue (par son combat permanent contre l’idéologie dominante) à ce qu’ils pensent et décident eux-mêmes, leur rende la maitrise du processus révolutionnaire. Quand 80% d’une génération atteint le niveau Bac il ne saurait y avoir de distinction entre une avant-garde (ou une élite) et le peuple. La conception léniniste de l’organisation révolutionnaire, qui repose sur une avant-garde susceptible d’entrainer les autres, ne peut plus être celle d’un parti communiste ancré dans le 21ème siècle, conscient qu’une limite fixée à la démocratie a toutes les chances de brider l’initiative populaire et l’engagement en politique.

Les commentaires

  • a commenté 2018-10-27 13:51:29 +0200
    Merci de ta suggestion, camarade! La meilleure preuve que la nostalgie, ou “l’ambition d’être à l’avant garde des luttes et des idées” (page 20, lignes 27 à 31) ne garantit pas contre la cécité politique, est la place mineure apportée par les promoteurs du “Manifeste” à la question de la lutte contre le réchauffement climatique. Avec le mode production capitaliste, c’est la survie même de l’humanité qui est en cause à l’échelle de deux ou trois générations. Le texte de la base commune mentionne la question écologique, comme par obligation, mais toutes ses suggestions principales (en fait elles se réduisent à deux) concernent des questions économiques, le coût du capital et la sécurité emploi formation (SEF). Ces questions sont certes importantes, mais leur hypertrophie aux dépens de la lutte urgente pour l’environnement, qui impose d’en finir avec le mode de production capitaliste, montre assez à quoi conduit l’invocation frisant le dogmatisme au “marxisme vivant”, mentionné à plusieurs reprises dans le texte. Enoncer comme indissociables les objectifs sociaux et écologiques dans la lutte contre le capital est un impératif désormais incontournable, après tant d’années de retard de notre Parti sur la question écologique.

    On pourrait ajouter, à la liste des questions minorées dans la base commune, par les auteurs munis d’un “marxisme vivant”, et de “l’ambition d’être à l’avant-garde des luttes et des idées”, la question de la lutte contre le patriarcat et les luttes féministes, la lutte pour les droits des salariés à l’entreprise, la lutte pour la solidarité avec les migrants, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, la lutte contre le danger fasciste.

    Certes, page 24, le texte énumère 4 grandes priorités immédiates, et l’un de ces 4 s’énonce " faire de notre parti une organisation féministe exemplaire". Fort bien. Mais on aurait aimé voir ici au moins un 5ème axe : “faire de notre parti une organisation écologiste exemplaire”. Heurs et malheurs de la “pensée marxiste vivante”…