Nouveaux modèles d'organisation - Congrès PCF

PCF et Entreprises : quel lien ? quel enjeu dans le contexte actuel ?
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Alphonse Bache 16/1/2018 Email : alphonse.bache14@orange.fr Port. : 06 7663 4505 PCF et Entreprises : quel lien ? quel enjeu dans le contexte actuel ?   La présente note constitue une contribution à la réflexion du PCF portant sur l’état des liens qu’il entretient avec le terrain des Entreprises, sur l’enjeu que constitue un réinvestissement en rapport avec le combat politique qu’il mène aujourd’hui, sur le contexte dans lequel il se développe, les difficultés à surmonter et les potentialités qui existent. Il est le fruit d’une réflexion personnelle, qui ne prétend pas à l’exhaustivité sur les questions soulevées, et dont le murissement a connu une accélération découlant de la séquence électorale de 2014 – 2015 (élections départementales, …), mais aussi 2017. Alors que nombre de nos concitoyens soulèvent des questions liées à leur place dans la société et renvoient comme message qu’ils ne sont pas écoutés, alors que la Société française est confrontée à un séisme découlant des mesures de destructions massives des conquêtes sociales que constituent, entre autre, les Comités d'entreprises, les CHSCT, la Sécurité Sociale, les Mutuelles, le Code du Travail, …, leur intégration dans le monde du travail apparaît de plus en plus déstructurée. Alors que le PCF devrait connaître un développement important sur le terrain de l’entreprise, les efforts qu’il déploie dans ce sens restent limités, ce qui concourt à un sentiment de malaise et d’insatisfaction. La présente note cherche à analyser la situation, en s’appuyant notamment sur des expériences, et formule des propositions. 1. A quoi sommes-nous confrontés ? L’actualité liée aux Entreprises et à ceux qui y travaillent, telle que la modèlent, chacun à sa façon, le Patronat, le pouvoir politique en place, les salariés, occupent depuis un certain temps, le devant de la scène :  Le grand patronat se distingue par des « comportements » prédateurs où se mêlent scandales financiers de toute sorte : retraite chapeau d’une kyrielle de dirigeants du CAC40, orientations stratégiques décidées de manière discrétionnaire et qui n’en demeurent pas moins largement contestables (cession de ALSTOM Energie à General Electric, fermeture de PSA Aulnaye, refonte de la filière spatiale, …) goût immodéré pour la finance et les profits (ratio de rentabilité à « deux chiffres », explosion de la rémunération du capital au détriment de celle du travail, détournement des aides publiques contribuant à reconstituer les dividendes aux actionnaires, …).  Le Gouvernement poursuit sa politique de remise en cause des fondements sociaux initiés par le Conseil National de la Résistance (privatisation, baisse des prérogatives des Comités d’Entreprise, de la Médecine du Travail, des tribunaux prudhommaux, des CHSCT), et nourrit le capital de multiples « aides financières » accordées sans aucune contrepartie réelle (dégrèvement des cotisations sociales, CICE, CIR),  Les salariés font connaître leurs mécontentements de différentes manières (vote avec « les pieds » conduisant à une abstention massive aux élections politiques, mouvement de résistance où la colère le dispute à la résignation : conflits de la SNCF, audiovisuel public, Snecma – Safran sur les salaires). Tous ceux qui travaillent, de chaque côté de la « barricade sociale et politique, mais aussi environnementale », à modifier le rapport de forces entre le capital et le travail, sentent bien que l’Entreprise, et d’une manière générale le Lieu de Travail, représente un enjeu décisif pour faire émerger une perspective et un processus de transformation sociale et démocratique réussie authentiquement de gauche, ou même pour s’y opposer. Chacun mesure, bien évidemment, que le cœur de la création des richesses, et donc le lieu d’où peut partir le financement d’une transformation sociale et environnementale réussie, est l’Entreprise. C’est le lieu de création de la valeur ajoutée sous toutes ses formes, générée par le travail des salariés qui, sous toutes ses formes, y contribuent (recherche, développement, conception, production, services associés, avant – et après-vente, fonction transverses de l’Entreprise). Et il est clair que, parmi les contributeurs à la production de la valeur ajoutée figurent tous les salariés, ceux qui sont au coeur de la transformation de la matière, mais également ceux qui se situent en amont des processus de production (recherche et développement, conception des systèmes d’information), et tous ceux qui, sous des formes diverses, font vivre les services, ceux qui sont utiles aux Entreprises et auxquelles celles-ci recourent pour leurs propres besoins, mais aussi ceux qui sont utiles pour les besoins propres des hommes et femmes dans leur diversité. On y trouve ainsi :  Les services publics (nationaux, transnationaux, territoriaux, locaux),  Les Entreprises pourvoyeuses de services généraux (cabinets de recrutement, production d’eau potable, compagnies d’assurance, …),  Les services que les Entreprises elles-mêmes se constituent ou acquièrent pour les besoins de « leur »cause « (achat par AIRBUS d’une banque en Allemagne, création de centre de formation abusivement désignées aujourd’hui par « University », …). 2. Les transformations dans l'Entreprise aujourd'hui : La fin du siècle dernier a été l’objet de profondes transformations dans les Entreprises qui se poursuit aujourd’hui. En effet, c’est en mesurant les enjeux considérables que représente l’Entreprise, ce lieu de « tous les conflits » , c’est également en prenant conscience des énormes potentialités créées par la situation géopolitique depuis 1990, c’est enfin en intégrant les mutations technologiques au premier rang desquelles figure la révolution informationnelle, que les principaux Dirigeants politiques et financiers, ceux-là même qui imposent leurs propres règles pour régenter le monde aujourd’hui, ont imaginé cette révolution « copernicienne » qu’est la « mondialisation libérale ». Ce faisant, ils ont fait sauter partout où ils en avaient besoin les verrous des Etats nations, devenus un carcan trop étroit, et mettant en place de quoi poursuivre la domination des logiques de profit sur l’ensemble de la planète. Ce changement d’échelle s’est alors accompagné, sous l‘impulsion de leurs auteurs, d’un remodelage profond des Entreprises et Lieux de Travail, en procédant à un éclatement des Entreprises telles qu’elles existaient durant la période (le siècle) précédente, avec notamment : o Le déménagement hors des grandes agglomérations des grandes Entreprises pourvoyeuses de main d’œuvre de masse, et leur relégation en périphérie : ainsi était conçu le moyen d’écarter la contestation sociale hors du cœur des cités modernes, o Partout où la mise en pratique ne rencontrait pas d’obstacle majeur, le morcellement géographique des Sites industriels, chacun d’entre eux devenant un site spécialisé dans une fonction (recherche & développement, production, après-vente, fonctions transverses) : ainsi était imaginé un puissant frein à la contagion sociale, o Une séparation entre Donneurs d’Ordre et Sous-traitants, les premiers devenant le coeur des Grands Groupes Industriels devenus mondialisés, les secondes constituant des Entreprises concentriques disposés autour du Donneur d’Ordre, et investis du rôle de sous-traitance de « rang 1 au rang n », et où les salariés se voient régis par des statuts sociaux d’autant plus dégradés que l’on passe du « rang 1 » au « rang n » : ainsi était imaginée une organisation censée permettre d’accepter plus facilement les plans de licenciements sans que cela ne donne lieu à de gigantesques conflits sociaux. o Une élimination méthodique d’activités hors de la grande Entreprise, essentiellement celles de production, mais pas exclusivement, opérant par différents biais allant de délocalisations ponctuelles hors de l’Hexagone, à des filialisations, jusqu’à des externalisations complètes d’activité. Masqués derrière des slogans de type « recentrage sur le cœur du métier » ou « sur les activités à plus forte valeur ajoutée, l’expérience montre qu’en fait, aucun secteur de l’Entreprise n’est à l’abri d’un tel processus, puisque des fonctions comme les RH, les systèmes d’information, ou les contrôle qualité sont sous le coup de telles stratégies. C’est le règne du dumping social généralisé. o Un verrouillage relativement efficace à l’encontre de tout droit d’opposition dont pourraient se prévaloir à juste titre les salariés dans le cadre de leurs IRP (Institutions Représentatives du Personnel) face aux décisions stratégiques ou aux politiques patronales délétères, menées par leur commanditaires que sont les principaux acteurs des Marchés Financiers. o Enfin, un discours dominant propagé en direction de tous ceux qui pourraient être tentés de mettre un frein voire un point d’arrêt à ces logiques et mécanismes (élus politiques, administrations diverses, et bien sûr, salariés), discours visant à accréditer l’idée que les compétences nécessaires pour agir sur les logiques actuelles, comme pour en imaginer d’autres qui leur tourneraient le dos, ne sont accessible qu’à une « élite » et sont donc hors de portée des politiques, des salarié ou même de leurs représentants, que ce soit dans les organisations qu’ils se sont donnés, ou que ce soit dans les assemblées d’élus constitutives des IRP. 3. Alors, que faire ? Comme toujours en de telles circonstances, il y a deux manières d’avancer :  la première, partant du principe que l’effort demandé pour se porter à un niveau tel qu’il rende crédible l’énoncé d’une alternative est trop important. Par voie de conséquence, la seule possibilité est de panser les plaies, et de négocier pour qu’elles soient de taille minime, sans remettre en cause les logiques actuelles, voire en portant l'effort de résistance et de batailles politiques sur d'autres créneaux.  La deuxième, qui suppose de ne pas se résoudre à l’esprit de résignation, et qui suppose au contraire de tirer toutes les conséquences d’une telle situation, et de se définir les moyens matériels, organisationnels, idéologiques et politiques nécessaires pour réinvestir ce terrain délaissé depuis des années. La première table sur le fait que, comme le disait un ex-dirigeant connu du Front de Gauche, « le lieu de socialisation politique n’est plus l’entreprise ». Or, si le chômage de masse ou l’explosion de la précarité constituent une donnée à prendre en compte de manière indéniable et créent une situation véritablement spécifique, les clivages de classe passent bien toujours par le lieu de l’exploitation capitaliste, laquelle reste une réalité brutale de l’Entreprise aujourd’hui. La 2ème considère que le combat de classe, même s’il a changé de physionomie, n’a pas disparu, et que le fait syndical n’est pas suffisant pour travailler le rassemblement et le combat politique dont ont besoin les populations sur les lieux d’habitat et de lieux de travail. Il est important de se rendre compte que ce qui a rendu indispensable cette nouvelle configuration du monde des Entreprises, n’est pas une lubie apparue un certain nombre de dirigeants du monde capitaliste à la fin des années 60, mais provient d’une analyse de situations concrètes marquées de deux tendances profondes :  Le besoin de prendre en compte la montée générale des qualifications et du niveau d’instruction s’accompagnant d’une diversification de la réalité salariale,  Le mouvement de contestation des logiques capitalistes aux quatre coins du monde. Faute de réponse adaptée permettant de contenir la portée de ces deux mouvements, c’est la domination exercée par les principaux pays développés occidentaux qui pouvaient se trouver déstabilisée, voire remise en cause. 4. Les clivages de classe se transforment mais ne disparaissent pas Les Communistes ont pendant un certain temps cru voire dans le premier des deux mouvements mentionnés ci-dessus une menace sur la conception qu’ils avaient des clivages de classe, voire une menace sur le clivage de classe lui-même, étant donné que la diversification du salariat remettait en cause le modèle social qu’ils avaient bâti au cours de plusieurs décennies sur la base de la Révolution Industrielle, donnant lieu à un rôle jugé stratégique au « groupe ouvrier ». Pour rappel, selon ce modèle, c’était en se libérant que la classe ouvrière libérait, du coup, toute la Société. A parti des années 60 – 70, et le mouvement de 1968 en France a été analysé à juste titre à l’époque comme un signal fort, la forte extension numérique du salariat, puis le processus de diversification du salariat, sous l'effet d'une nette progression des couches dites intermédiaires, notamment des Techniciens Supérieurs et des cadres non dirigeants dans les mouvements sociaux, a obligé les communistes, notamment en France, à mettre à jour leur propre analyse de classe relative à la société française et dans les pays les plus développés. C'est ce processus de diversification qui conduit à ce que Jean LOJKINE appelle le "salariat multipolaire sans groupe hégémonique". 4.1. La montée en puissance des couches intermédiaires et des couches moyennes dans les luttes sociales : Si le mouvement estudiantin de 1968 a pu être considéré comme constituant les prémices d’un phénomène appelé à se développer, la suite des évènements en ont apporté un témoignage indéniable :  De la contestation dans les « grandes écoles » au développement de l’UGICT : Qu’on imagine ainsi, pour éclairer la portée de ces évolutions, et le caractère totalement déstabilisateur pour la domination de classe des dirigeants capitalistes dans les années 70- 80, ce qu’a signifié l’épopée de l’Union des Grandes Ecoles. Cette organisation syndicale, très fortement revendicative, affiliée à l’UNEF, tout en gardant son autonomie sur la base d’une réalité spécifique, a pu développer une contestation du rôle que les classes dirigeantes assignaient à ces filières de formation que les « grandes écoles » assuraient. Elle a connu une progression fulgurante et a totalisé jusqu’à 4000 étudiants en assurant une implantation dans la quasi-totalité des Etablissements. Véritable ferment d’idées neuves contestant les logiques caporalisatrices et de soumission aux directives les plus ouvertement patronales, elle rayonnait dans un milieu estudiantin qui découvraient la réalité des luttes sociales et dont le milieu social était alors loin d’être acquis. C’est ainsi que, dans les années 70s, on a pu comptabiliser jusqu’à plus de 50 % d’une promotion de polytechniciens (encore sous statut militaire) syndiqués dans ce qu’on appelait l’UGE. Dans la même période, se constituait au sein de la CGT l’organisation spécifique UGICT (Union Générale des Ingénieurs, Techniciens, Cadres), allant jusqu’à structurer cette population au sein même des Fédérations de branches. Cette forme d’organisation perdure aujourd’hui, comme on peut le voir dans plusieurs Fédération de la CGT (Métallurgie, Livre, …). Est-il besoin de souligner que la construction et le développement de telles organisations, qui prennent pleinement en compte la diversification du salariat ont été grandement facilité par l’action militante de Communistes permettant de mener des campagnes d’explication, un combat idéologique et de luttes rassembleuses basées sur la convergence pleinement assumée des intérêts de ces différentes couches sociales qui, de l’Ouvrier au Cadre non Dirigeant, constitue aujourd’hui la classe du « salariat diversifié », ou ce que Jean Lojkine désigne précisément par le "salariat multipolaire sans groupe hégémonique" .  Les mouvements des ITC autour du Temps de Travail : Est-il besoin de rappeler, si ce n’est pour les nouvelles générations, les puissants mouvements des Ingénieurs, Cadres et Techniciens au cœur du débat et des votes des lois AUBRY en 2000 (manifestations de plus de 10 000 d’entre eux en novembre 1999), ou bien même ceux qu’a connu une Entreprise comme la SNECMA (moteurs et équipements aéronautiques) avec des rassemblements de plus de 300 ingénieurs et cadres sur l’Etablissement de Villaroche en présence des media, exigeant de ne pas se faire manger tout cru à la sauce du Forfait Jour, des grèves de l’encadrement y compris les Cadres Supérieurs, dans les Etablissements de VERNON ou BORDEAUX contre les remises en cause d’un statut social qui préconisait une rémunération en rapport direct avec le temps de travail effectivement réalisé.  Les rassemblements contre les démantèlements des outils industriels : Les exemples sont nombreux montrant que les tentatives de démantèlements d’outils industriels pour cause de couse au profit, qui ont pu être mis en échec sont pratiquement toujours ceux où les salariés ont réussi à fédérer l’ensemble des catégories sociales constitutives de l’entreprise, permettant d’isoler l’équipe dirigeante d’obédience patronale (même s’il s’agit là d’une condition nécessaire mais non suffisante). 4.2. Les contradictions de plus en plus explosives entre donneurs d’ordre et entreprises de sous-traitance : Si le rapport de domination institué par ces nouvelles architectures industrielles est destiné à « calmer » les velléités de contestation sociale, le vernis ne tarde pas à craquer sous les beaux discours. Telle PMI se voit intimer l’ordre d’externaliser son activité par son donneur d’ordre, ou d’engager des plans sociaux. La revue « Usine nouvelle » fait état des résultats d’une enquête réalisée dans l’Aéronautique (voir ANNEXE 1) dans son numéro du 30/10/2014. Tout en justifiant les pratiques en cours ou tout du moins en invitant à y mettre les formes, une telle enquête en dit long sur ce qui bout dans la marmite. 4.3. Les enjeux environnementaux : Longtemps considérés comme un frein au combat social du fait que les questions environnementales agissaient comme un obstacle aux emplois, ils constituent aujourd’hui une dimension qui s’invite au cœur des conflits sociaux et des perspectives alternatives pour garantir les emplois d’aujourd’hui et de demain. 4.4. Les enjeux des ruptures technologiques introduits dans l’Entreprise : Ces ruptures ne peuvent être ni admises comme la simple conséquence d’un progrès inéluctable et « naturel », ni refusées au nom de la défense de l’emploi. Leur nature et les conséquences sur l’organisation du travail et de l’Entreprise peuvent et doivent alimenter un débat d’idée sur le sens de l’Entreprise et les objectifs visés par leur introduction. D’une manière ou une autre, elles renvoient à des « choix de société », et donc nécessitent une intervention politique, y compris dans l’enceinte de l’Entreprise, qui ne se limite pas à l’exigence, par ailleurs totalement légitime et indispensable d’une Sécurité d’Emploi et de Formation. D’autant plus que le patronat les utilise pour morceler l’Entreprise, bien souvent en scindant l’outil industriel, les sites et les salariés. C’est ce que l’on constate à SNECMA Gennevilliers (mise à l’écart des activités composites), ou d’autres établissements du Groupe SAFRAN. Ces introductions posent la question de la maîtrise de bout en bout des processus de décision. Faute de quoi, la S.E.F. risque fort de n’être qu’un simple slogan. L’exemple de l’opération THOMSON – RIOGLASS - PREVENT en est une illustration (voir ANNEXE 2) Au total, la nécessaire analyse de classe, sans laquelle il n’est pas possible de mener une contestation de l’ordre établi dans les Entreprises, ni de revendiquer une véritable intrusion dans l’exercice du pouvoir sur les Entreprises, n’est alors nullement dictée par une stratégie de « prise de pouvoir » politique à partir des Entreprises, ni par une nostalgie des clivages de classe tels qu’on a pu les connaître jusque dans les années 70 – 80, mais par l’impérieuse nécessité de rassembler le salariat dans sa diversité, et de construire pas à pas cette convergence qui, seule, permet d’isoler le Grand Patronat, qu’il soit constitué dans la pure tradition du capitalisme familial, ou qu’il s’articule en pleine connivence avec les animateurs des logiques des Marchés Financiers sans foi ni loi. Dans cet esprit, les fortes traditions de luttes sociales menées par les « couches » ouvrières ne sont pas à ranger au magasin des accessoires, bien au contraire, mais constituent un apport extrêmement précieux dans le mouvement de convergence de toutes les composantes du salariat aujourd’hui. Néanmoins, force est de constater que la plupart des luttes ouvrières qui se mènent aujourd’hui constituent essentiellement des mouvements de résistance où les salariés sont le dos au mur, et sont donc essentiellement défensives. Elles se traduisent en des succès lorsque des fronts larges regroupant des catégories de salariés diverses et rassemblant les principales fonctions de l’Entreprise sont en mouvement sur des objectifs communs. A défaut, le Patronat ou, le cas échéant, les Marchés Financiers qui commanditent les stratégies d’Entreprise finissent par avoir le dernier mot. C’est dire l’enjeu que recouvrent les constructions de rassemblement des salariés dans leur diversité, ce qui suppose que cette analyse de classe soit partagée, ce qui suppose une "bataille d'idée" extrêmement argumentée, s'appuyant sur la réalité concrète de l'Entreprise, des campagnes idéologiques argumentées au plus près de la réalité du terrain, dont le caractère politique n’échappe à personne En témoigne, par exemple, le rôle qu’occupent les références aux « couches moyennes » opportunément désignées par « classes moyennes ». Il s'agit là de plus qu'une nuance, la première recouvrant une vision qui fait délibérément abstraction de la place que ces « couches » occupent réellement dans les Entreprises et Lieux de Travail, en se focalisant sur ses représentations et sur la place qu’elle serait censée devoir occuper dans la Société toute entière. Bien sûr, tout ceci n’enlève rien à l’enjeu, majeur également, que représente la « reconquête » des couches populaires. 5. Le Grand Patronat directement impliqué dans le débat public , idéologique et politique On savait que la réalité de l’exploitation capitaliste reposait sur une conception de l'Entreprise basée sur le refus de partager le pouvoir de décision dès lors qu’il porte sur les axes stratégiques de l’Entreprise. Ceci n’a pas changé. Néanmoins, les représentants du patronat prenaient garde par une discrétion savamment entretenue de ne pas apparaître aux premiers rangs des grands débats idéologiques qui traversait la société. C'était le prix qu'il consentait à payer pour viser l'obtention et la réalisation d’un consensus minimal au sein de l’Entreprise. La théorie des élites fonctionnait à plein mais laissait le Grand Patronat relativement à l’écart. Mais aujourd’hui, avec l’arrivée d’un Pierre Gattaz, c’est de tout autre chose dont il s’agit. Le virage engagé par Laurence Parizot s’accélère aujourd’hui. Les leaders patronaux s’arrogent le droit d’intervenir directement dans les batilles idéologiques qui secouent la société française. Le pavé dans la mare jeté par Laurence Parizot au moment de son élection à la tête du MEDEF le 5 juillet 2005 n’était rien d’autre qu’une déclaration de guerre destinée à saper les fondements sur lesquels s’est bâtie la République en France. « Je ne cesse de le répéter depuis deux ans : nous les Entrepreneurs, nous pouvons être à ce siècle encore tout jeune, ce que les instituteurs ont été à notre IIIè République. L’école était chargée de former le citoyen, c’est à l’entreprise aujourd’hui de lui apprendre le nouveau monde. Les instituteurs étaient les messagers de l’universel républicain, les entrepreneurs sont aujourd’hui les porteurs de la diversité de la mondialisation. Les instituteurs détenaient la clé de la promotion populaire. Nous, les entrepreneurs, nous sommes les moteurs de l’ascension sociale. Exit le basculement de la rémunération du travail vers la rémunération du capital, observable par tout analyste quelque peu sérieux. Exit les Reraites Chapeau indécentes touchées par ses pairs. Exit le fossé qui se creuse entre les hyper-riches et les victimes (bien réels) des plans sociaux. Aujourd’hui, les larmes de crocodiles de Pierre Gattaz sonnent juste. Pourquoi ? Tout simplement en s’arrogeant le droit de défendre le sort des Entreprises réellement en difficulté du fait de l’étranglement exercé par les Donneurs d’Ordre et par le Système Bancaire et Financier, le leader du Medef transforme le rôle de responsable qu’il est de la situation qu’il décrit en rôle de victime. En acceptant un débat ouvert dans les colonnes de l’Humanité avec Pierre Laurent, le Medef ne prétendait pas convaincre les lecteurs. Par contre, l’argument fait mouche. Le Medef va chez l’adversaire porter le fer. Si Pierre Laurent a eu raison de relever le gant face au grand magicien de l’avenue Bosquet, on mesure que l’irruption du Grand Patronat dans le débat idéologique requiert, à l’intérieur de l’enceinte de l’Entreprise, une toute autre force de frappe que celle, forcément réduite, d’un simple débat, fût-il public. Le désarroi de la grande masse des salariés qui ne voit plus la riposte des idées se déployer, celle qui leur donnait confiance, en dit long. Les raisons du succès du Front National sont aussi à chercher là. Il en est de même des déclarations de soutien de Dirigeants des Grands Groupes Industriels et Financiers à la Loi Travail ou aux "ordonnances MACRON ". Le soutien du FMI à la politique mise en oeuvre par le Pouvoir politique actuel est du même acabit. Il en est de même de l'inclusion du principe de "neutralité", inscrit dans le Code du Travail, à la faveur de sa dernière révision qui précise dans son article L1321-2-1 : "le règlement intérieur peut contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des salariés si ces restrictions sont justifiées par l’exercice d'autres libertés et droits fondamentaux ou par la nécessité d'un bon fonctionnement de l'Entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché". Bien sûr, dans cet affrontement idéologique, des fissures apparaissent dans le camp du patronat et des « employeurs ». C’est ainsi que le concept de GOES (Gestion et Organisation de l’Economie Sociale) censé amorcer une alternative au pratiques patronales, dans le domaine de l’Economie Sociale et Solidaire n’est pas à négliger. La crédibilité de ceux qui contestent les logiques patronales se nourrit des logiques et comportements mis en oeuvre lorsque des responsabilités de direction d’Entreprise sont à assumer par ceux qui contestent et combattent les logiques et pratiques patronales. 6. Ce que permet un collectif Communiste dans l’Entreprise Si donc, on vise à faire du monde du travail une force décisive qui permette d’exercer tout son poids dans une autre conception de la production des richesses et de leur répartition au sein de la société toute entière, il y a lieu de disposer de forces aguerries sur le plan idéologique et politique. C'est ce que permet la présence, sur le terrain de l’Entreprise, de Communistes coordonnant leur action, s’exprimant au plus près de la réalité sociale et de la gouvernance de l’Entreprise, permettant, enfin, d’assurer la cohérence entre les combats politiques qui se mènent de façon structurées dans les lieux d’habitation (les collectivités locales mais également sur le plan national, voire européen et mondial) et sur les lieux de travail, sans omettre le niveau pertinent des bassins d’emploi. Ce n’est que parce que s’exerce de manière aussi soutenue que possible cettele présence communiste, que peut être de manière posée, de manière beaucoup plus naturel, le droit à l’intrusion des salariés avec leurs représentants mais également, les élus politiques issus des implantations dans les bassins d’emploi et les bassins d’habitat. Lorsque la convergence est faite entre les Communistes des Entreprises et ceux des lieux d’habitat qui les englobent, la configuration du rapport de force politique peut alors changer du tout au tout. C’est ainsi que, par exemple, peuvent être montées des campagnes autour des critères d’attribution de financement publiques (les fameux CIR, CICE) mais que peuvent être posées également de manière totalement pertinente le sens que revêt la suppression de la Taxe Professionnelle versées par les Entreprises aux collectivités Territoriales et son remplacement par la Contribution Economique Territoriale. C’est enfin de manière radicalement différente que se pose la question de la pérennité de l’Entreprise et le maintien de la totalité des emplois, lorsque des Communistes sont présents dans l’Entreprise, et s’y expriment face aux stratégies financières de casse sociale ou de suppressions collectives d’emplois. Loin alors de constituer une menace à l’encontre du mouvement syndical, la présence communiste à l’intérieur de l’Entreprise constitue, bien souvent, une ressource ouvrant des perspectives d’intervention que l’on ne soupçonnerait pas à prime abord, notamment vis à vis d’instances politiques ou préfectorales à l’égard desquelles le Dirigeant d’Entreprise a des compte à rendre. Du reste, le Collectif a vocation à s’adresser à l‘ensemble des syndicats sans exclusive de l’Entreprise. En fait, même s’il peut y avoir des rapprochements plus faciles avec certaines organisations syndicales, il n’existe plus d’interlocuteur privilégié. De ces différentes pratiques jusqu’à l’exercice du vote lors de scrutins politiques, le passage est alors rendu plus facile et permet de poser en terme autrement plus efficace la question de l’alternative politique. Est-il utile de préciser que les comportements politiques délétères de type « caméléon » ou de type « coucou » dont certains se sont fait une spécialité, sont démasqués de manière autrement plus probante, dans la mesure où, à l’aune des mesures de classe qui figurent dans les différents programmes en présence, de telles opérations de camouflage ne résistent pas longtemps. A l’inverse, le fait de laisser en abandon sur le plan politique tout ou partie du salariat laisse la part belle au Front National, tant il est vrai que la réalité de l’Entreprise requiert en permanence et bien souvent en urgence l’intervention du politique. 7. Des difficultés à ne pas ignorer Les années 2000 ont connu un recul préjudiciable de la présence du PCF sur les lieux de travail, introduisant une rupture avec la période antérieure. A sa manière, c’est ce qui a pu être mis en évidence lors de la Convention sur l’Industrie de Novembre 2014, mais aussi à l'occasion du 37ème Congrès. Si bien des points communs existent sur l’intérêt d’une présence Communiste organisée sur le terrain de l’Entreprise et du lieu de Travail, il ne peut s’agir de simplement copier les modèles anciens, d’autant plus que les départs en retraite d’une génération de militants d’entreprises constituent un obstacle qu’il n’est pas possible d’ignorer. En effet, bien des différences existent qui rendent le contexte actuel bien singulier :  Le morcellement géographique de l’Entreprise : On l’a vu, il ne s’agit pas d’un accident de parcours, mais bien d’un principe de base de l’organisation du territoire mis en oeuvre à l’instigation des organisations patronales et des forces politiques les plus réactionnaires. Il rend les contacts entre salariés, et donc entre Communistes plus difficile.  Le morcellement de l’activité du salarié : En particulier, non seulement la grande Entreprise est bien souvent éclatée en plusieurs sites, mais la multiplication des changements d’organisation au sein de chaque unité est devenue un standard de management. Un organigramme est supposé ne pas rester figé au-delà de 5 ans. Les externalisations d’activités impriment un sentiment de précarité quasi permanent, même lorsque le contrat CDI est la règle. Le sentiment d’instabilité quasi permanent est renforcé par la généralisation du travail en projet, la stabilité des équipes ne durant que le temps du projet lui-même. Qui plus est, le salarié est invité à rechercher lui-même au sein de l’Entreprise le projet auquel il va se consacrer dès la fin du projet en cours.  L’éclatement du cadre de vie ne facilite pas la chose : Dans les zones de forte urbanisation, les mutations géographiques ont pour conséquence des distances souvent importantes entre lieux d’habitat et lieux de travail, d’autant plus que le schema d’aménagement des territoires vise à partitionner l’espace très profondément. Les difficultés de circulation et de transport, aussi bien individuel que collectif sont un élément important du contexte actuel.  La mise en opposition des salariés entre eux : Les formes de concurrence des salariés constituent une méthode éprouvée des rapports d’exploitation. Le modèle de rapport « client – fournisseur » est souvent imposé, y compris au sein d’une même unité d’une même Entreprise. Les salariés sont sommés de former les sous-traitants dont l’activité est destinée à tarir l’activité du formateur. Si le Code du travail comporte bien toujours l’interdiction de recourir au « prêt de main d’ouvre illicite » ou de « délit de marchandage », celui-ci est très insuffisamment appliqué, et est l’objet de contournement multiple.  L’individualisation des salaires et la précarisation des contrats de travail : elle exacerbe les rapports sociaux et est destiné à alimenter le sentiment de culpabilité du salarié. Ces réalités quotidiennes de la vie au travail comportent des formes de violence psychologiques et constituent un ensemble de moyens de pression qui pèsent en négatif sur l’envie de s’organiser. A l’inverse, elles peuvent pousser les salariés à rechercher des formes collectives de résistance. Il n’est plus rare que les premiers contacts entre futurs « militants » s’opèrent en réaction à ces réalités du quotidien. 8. Des points d’appui et des potentialités à faire fructifier D’une part, on sait que, là où il a existé, de longue date, des traditions de propriété publique de l’Entreprise, ou de services publiques, les liens se développent entre les salariés Communistes et les autres salariés, et bien entendu entre les Communiste eux-mêmes. La question des forces organisées est rapidement posée. On cite couramment le cas :  De l’Aéronautique avec les Sections de l'ancien Groupe SNECMA (aujourd'hui SAFRAN), Rappelons, par exemple, que la Section d’Entreprise d'Hispano-Suiza, a, dans son passé, réuni en son sein pas loin de 9% des salariés. Nul doute que, face aux diverses stratégies visant à liquider le site originel de Bois-Colombes, les salariés doivent beaucoup à cet acquis que l’on puisse encore aujourd’hui parler de l’Entreprise et de son emblème, la cigogne. Citons encore les exemples :  de l’Aérien avec les Sections d’ORLY, de Aéroport Charles de gaulle,  Du Transport Ferroviaire avec les Cheminots, de la RATP,  Des grands centres de recherche publique attachés aux Universités ou directement au Ministère de la Recherche avec, par exemple, comme à l’Université d’Orsay, du CEA,  C’est aussi le cas de grands centres hospitaliers de province.  Par ailleurs, il existe une myriade d’implantations plus ou moins consolidées, qui restent, en général très fragiles, mais qui attestent de liens organisés suivis avec les salariés de l’Entreprise, vivaces actuellement ou bien dans une période passée récente ayant connu de puissantes fores organisées du PCF sur l’Entreprise.  Citons, entre autres, des implantations au sein du personnel territorial, salariés de Collectivités Locales, des Sections de Centre EDF, … La question qui est posée est de revitaliser tout ce potentiel, et de procéder à une reconquête de terrain en partant de la situation réelle et en fournissant l’aide politique dont ont besoin de nombreux militants en attente d’une démarche plus volontariste de la part de notre Parti. Autrement dit, ce qui a été exprimé à l’occasion de la Convention Industrie de Novembre 2014, du 37ème Congrès de Juin 2016 (qui prévoyait une session de Conseil National sur la question), ou bien de l'Atelier "Industrie" lors des Etats Généraux du Progrès Social, ne doit pas rester lettre morte. 9. Quelle forme pour les Collectifs de Communistes d’Entreprise Pour expliquer les réticences que rencontrent les Communistes à s'engager dans un déploiement de forces organisées sur les lieux de travail, on évoque plusieurs problèmes bien réels : a) le nombre d’animateurs du Parti en capacité d’animer une Section d’Entreprise. Autrement dit, il y aurait un risque de déshabiller Pierre pour habiller Paul, et en particulier, on ferait prendre un risque soit aux sections syndicales, soit aux Sections Locales du PCF et, partant de là, aux Elections Locales. b) Les Sections d’Entreprise auraient disparus de leur belle mort parce qu’elles étaient découplées des Sections Locales. En particulier, les Sections d’Entreprise ne permettant pas aux adhérents de s’impliquer dans les batailles électorales, puisque la validité d’une candidature s’apprécie en regard de critères portant sur le lieu d’habitation du candidat à la candidature et non pas sur son lieu de travail. Ces arguments recouvrent une réalité indéniable mais qui n’est pas insurmontable. En effet, aujourd’hui, la réalité de l’Entreprise ne se comprend qu’avec les innombrables liens qu’elle maintient avec son environnement socio-économique et environnemental. Pour illustrer cette réalité, prenons quelques exemples : 9.1. L’exemple d’un Directeur d’Etablissement d’une Entreprise moyenne de plus de 1000 salariés, filiale d’un grand groupe. Aujourd’hui, il est amené à passer une part beaucoup plus substantielle qu’avant de son temps dans l’environnement socio-économique de l’Entreprise, à tel point que le Directeur d’Etablissement est souvent quasiment détaché à temps complet à l’accomplissement de cette activité. Quelles sont classiquement les tâches qui lui reviennent ?  Il démarche les Collectivités Locales pour obtenir des financements à taux réduit pour les travaux de modernisation du site  En parallèle, bien sûr, il préparera les devis nécessaires en s’appuyant sur son secteur « travaux neufs »  Il contacte les Etablissements de l’académie (et de l’Education Nationale) pour lancer le recrutement d’une cinquantaine d’apprentis, et d’une centaine de stagiaires direction RH),  Il convoque les IRP du personnel (CE, DP, CHSCT)  Il prépare la déclaration fiscale  Il boucle les comptes de l’Etablissement passés et prévisionnels sur la base du niveau de profitabilité fixé par l’Assemblée des actionnaires  Il prépare la prochaine session des tribunaux prudhommiaux dont il assume un mandat électif dans le collège patronal sur la liste du Medef,  Il se rend à une réunion du Medef dont l’objectif est de définir une position patronale pour les prochaines NOE  Il se rend aux réunions de la CCI et planifie ses interventions,  En période électorale, il scrute les professions de foi pour analyser si les appréciations portées sont conformes aux intérêts qu’il défend  Il planifie les rencontres mensuelles qu’il a régulièrement (2 par mois de chaque type) avec les équipes municipales de 2 Communes constitutives du canton, et l’équipe de l’agglomération de Communes  Pour finir, il siège dans la commission départementale chargée de l’attribution du 1% logement (devenu Action Logement), et de la gestion du parc départemental au titre du 1%. Autant de questions qui comportent une dimension politique nécessitant à la fois présence sur le terrain, et interventions politiques à de multiples niveaux décisionnels. Un collectif de Communistes présent dans l’Entreprise, en lien avec ceux qui existent dans les Collectivités Territoriales qui l'entourent, peut rapidement contribuer à changer la donne en facilitant des interventions que le mouvement syndical peut moins facilement opérer. 9.2. Quelques exemples de luttes sociales grandement facilitée par l'existence d'un Collectif du PCF à l'intérieur de l'Entreprise. Citons quelques exemples de luttes collectives grandement facilitées par l'existence d'un Collectif du PCF à l'intérieur de l'Entreprise :  La reconquête d'une Sécurité Sociale conforme aux principes du CNR de 1945 dans le contexte du 21ème siècle,  La dépollution par le donneur d'ordre de sites industriels occupés et pollués par des Entreprises sous-traitantes en mal de trésorerie,  L'aide au financement des Collectivités Locales par les Grandes Entreprises implantées sur leur territoire,  Le contrôle de l'utilisation des fonds publics par les Grands Groupes Industriels qui versent des dividendes,  Les plans de suppression d'emplois et l'impact sur les Collectivités territoriales,  bien sûr, toutes les luttes sociales, démocratiques et environnementales à caractères nationales ou locales, où le Collectif peut jouer le rôle de relais et d'amplification pour des propositions que le PCF formule et qui vont à la rencontre de revendications formulées par le mouvement social ou les mouvements sociaux, quelles que soient la manière dont elles sont formulées. Mais, l'on sait également que le mouvement social peine bien souvent à s'enclencher en l'absence de perspectives ou de de débouchés politiques. La présence d'un Collectif du PCF permet de faire pénétrer et d'animer le débat d'idée sous toutes les formes possibles en lien avec les campagnes nationales que l'organisation anime :  alternative à la loi travail et aux lois MACRON, avec le développement des droits des IRP,  éradication du chômage avec le projet de loi sur la sécurité de l'emploi et de la formation,  coût du travail et coût du capital, avec les propositions alternatives en matière de fiscalité des Entreprises,  plan de recherche pour les Entreprises qui ont les moyens de s'impliquer dans les combats de renouveaux écologiques et environnementaux,…. 10. En guise de conclusion : En conclusion, une démarche de reconstruction d’une force politique communiste dans les Entreprises représente un enjeu de grande ampleur. Sans ignorer la réalité d’aujourd’hui qui résulte de plusieurs facteurs à caractère fortement politique, l’enjeu porte certes sur la nécessité de garantir un outil industriel qui, des bassins d’emplois aux filières, constituent un gisement décisif en matière d’emplois et de production de valeur. Mais l’enjeu ne peut se limiter à cela : l’affrontement des classes qui sévit dans les Entreprises, l’irruption des organisations patronales dans le combat politique, la nécessité de construire un rapport de forces en partant du combat des idées, tout ceci a pris une dimension telle que l’absence de réplique au plus près du monde du travail peut ouvrir une voie royale à la poursuite de dérives droitières de la société toute entière dont nous pourrions ne pas voir les limites. Pour engager une véritable contre-offensive, le cloisonnement n’est plus de mise aujourd’hui. La présence Communiste sur le lieu de travail ne peut et ne doit se comprendre qu’à la condition que la transversalité soit la règle. Dans cette optique, les Communistes de l’Entreprise doivent avoir en permanence de multiples liaisons : • La première, bien sûr, est le lien avec la Fédération du PCF à laquelle ils sont rattachés et où se trouve l’Entreprise principale où ils sont affectés professionnellement. • La deuxième est, bien sûr, le milieu des salariés dans lequel ils évoluent. • Mais ils doivent avoir plusieurs autres soucis : o Le lien avec l’environnement de l’Entreprise et donc avec les forces politiques du PCF chargées au nom des Collectivités Locales, de veiller à la nature des liens pointues qui sont tissées entre ces dernières et l’Entreprise, o Le lien que les Communistes de l’Entreprise maintiennent avec les organisations du Parti o ù ils habitent. Il n’est pas rare que ceux-ci soient investis en mandat électif là où ils habitent. Loin d’opposer les uns aux autres, l’efficacité et la mise en confiance que mène notre Parti à l’égard des adhérents qui s’investissent dans les différentes formes du combat politique commandent de « tenir tous les bouts ». Bien sûr, cette « double casquette » pourrait amener un membre du Parti à exercer son droit de vote à la fois là où il habite et là où il travaille. C’est d’ailleurs ce qui se passe bien souvent. Mais qui s’en offusquera ? • Le combat politique consiste, à bien des égards, à voir comment isoler les forces les plus rétrogrades, ce qui suppose un travail de rapprochement entre toutes les composantes de notre force militante. C’est le passage obligé pour contrer les politiques d’austérité, et, in fine, pour faire porter par le plus grand nombre, la véritable politique de gauche que tout le monde attend, et qui concerne LOGEMENT, POUVOIR D’ACHAT, ERADICATION DU CHOMAGE, PROTECTION SOCIALE, SANTE, … • La menace que fait peser le Front National, mais également la stratégie qu’il adopte visant à occulter la partie de son programme dont le caractère de classe et de compromission avec les forces du capital est le plus marqué montre bien, si cela était encore aujourd’hui nécessaire, que le déploiement de forces communistes sur l’Entreprise est indispensable. Quant aux aspects pratiques de la mise en oeuvre, la souplesse et l’adaptabiité à la réalité de terrain devraient être la règle. Dans telle situation, nous serions en capacité de disposer d’une structure de souveraineté (‘Section"). Ailleurs, ce sera une cellule rattachée à une Section choisi par les adhérents. Enfin, dans un 3ème cas, le déploiement permettra tout juste de boucler un Collectif opérationnel pour peu qu’on l’assiste dans la mise œuvre pratique. Un tel Collectif pourra être inter-Entreprise. L’essentiel est de s’engager vers la constitution d’un maillage qui permette de disposer d’une organisation renouant avec son efficacité qui, en grande partie, a fait la force du PCF dans le passé, mais qui parte aujourd’hui de la réalité concrète telle qu’elle s’offre à nous. On pourrait, alors, progressivement, mettre sur pied des Collectifs par filière ou par bassins d’emploi, là encore de manière souple en fonction des enjeux perçus par les intéressés eux-mêmes, en s'appuyant sur ceux déjà existants qui peuvent fournir d'intéressantes sources d'expérience. Quel que soit l’aspect que revêt le Collectif de Communistes, son activité ne craint pas la sous-charge. Il a, relevant de ses activités :  A relayer les campagnes nationales ou d’un niveau plus général,  A établir le lien, chaque fois que nécessaire, avec les élus politiques, les instances préfectorales ou équivalentes,  A déployer les initiatives de type « muguet » ou « vignette » pour la fête de l’Humanité,  A prendre toute initiative qu’il juge nécessaire prenant en compte les spécificités de l’Entreprise ou du Lieu de travail, forcément différent suivant le secteur d’activité, industriel, services publics, tertiaire ou autre. Un suivi régulier de cette tentative de reconquête pourrait être réalisé, conformément à l’impulsion donnée lors du Conseil National de juin 2014 et de la Convention Industrie de fin d’année. Ainsi pourra –t-on passer enfin d’une démarche quelque peu incantatoire à de véritables travaux pratiques. P.J. :  ANNEXE 1 : Sous-traitants vs donneurs d'ordres : la face cachée de l'aéro  ANNEXE 2 : L’affaire THOMSON – RIOGLASS – PREVENT (Seine et Marne) : extraits du site ANNEXE 1 : Sous-traitants vs donneurs d'ordres : la face cachée de l'aéro Par Olivier James - Publié le 30 octobre 2014, à 06h02 | L'Usine Nouvelle n° 3396 ENQUÊTE Le secteur croule sous les commandes. Mais les sous-traitants sont pressurisés par des méthodes commerciales agressives importées de l’automobile. Au risque de fragiliser toute la filière. "C’est brutal. J’ai eu l’impression de recevoir un coup sur la tête." Ce dirigeant d’une entreprise reconnue de sous-traitance aéronautique reste abasourdi. "En mai, j’ai reçu un courrier de la part d’Airbus. On m’expliquait que je devais faire baisser mes prix d’au moins 10 % entre 2015 et 2017." Sinon ? "Mon contrat serait remis sur le marché pour vérifier que mon offre est bien compétitive. C’est la première fois de ma carrière que je reçois un tel courrier, envoyé à tous les fournisseurs de pièces élémentaires. Avant, on pouvait négocier. Aujourd’hui, tout nous est imposé. Ce ne sont pas les objectifs qui me choquent, ce sont les méthodes." Ce témoignage, sous couvert d’anonymat, détonne dans un secteur qui affiche un dynamisme insolent, porté par un marché de 31 000 appareils à produire au cours des vingt prochaines années. Il n’est pourtant pas isolé et laisse entrevoir, sous l’éclatante santé de l’aéronautique, une réalité bien plus sombre. Ce que dénoncent plusieurs PME : des négociations commerciales de plus en plus musclées avec les donneurs d’ordres. Et qui s’inspirent directement du secteur automobile, réputé pour sa dureté. On pense aussi aux relations exécrables qu’entretiennent les groupes de la grande consommation et de la distribution lors des périodes de négociations commerciales. "Les pratiques commerciales agressives de l’automobile se répandent dans l’aéronautique, chez les grands donneurs d’ordres, avec des conséquences fâcheuses, confirme Franck Brault, consultant du cabinet de conseil Simon-Kucher & Partners. Ces méthodes existaient déjà au niveau des fournisseurs de rang 1 depuis plusieurs années. Mais, aujourd’hui, elles s’étendent à toute la filière." Au niveau de chaque donneur d’ordres, Airbus et Safran en tête, puis de chaque industriel d’un certain rang vis-à-vis du rang inférieur, les conditions commerciales sont toujours plus difficiles à tenir. Frédéric Michelland, le président du directoire de Latécoère, confirme : "Nous avons assisté au transfert de profils de l’automobile vers l’aéronautique, ce qui a parfois contribué à un certain mimétisme dans les attitudes." Pour Franck Brault, les grands donneurs d’ordres tiennent un discours qui pourrait se résumer ainsi : "Nous n’acceptons plus vos conditions de vente, mais vous allez accepter nos conditions d’achats." "Tout, tout de suite, sans discussion…" Une tendance de fond, dont il est difficile de mesurer l’ampleur… Il n’existe aucune étude, aucun chiffrage. Il faut plonger au cœur du réseau des sous-traitants pour obtenir des témoignages malgré "la peur des représailles", "l’omerta" et "le risque de se voir radié de la liste des fournisseurs". Pieds et poings liés avec des donneurs d’ordres qui offrent des volumes d’affaires toujours plus élevés, les sous-traitants réfléchissent à deux fois avant de pointer les dérives commerciales de ceux qui les font vivre. Les langues se délient, à la condition de garder l’anonymat. À l’image de ce cadre d’une filiale d’un grand groupe : "Je confirme que les contraintes imposées par les grands donneurs d’ordres sont parfois insupportables." En cause selon lui, "un personnel au service des achats trop jeune et inexpérimenté" et "de plus en plus issu du monde de l’automobile". Et d’ajouter : "Ils sont habitués au juste-à-temps, leur attitude est trop exigeante. La question du prix revient au détriment de la capacité des fournisseurs à tenir leurs engagements." La baisse des prix est l’une des principales sources de tensions. "Il faudrait que nous divisions notre prix par deux pour atteindre le meilleur prix obtenu lors des appels d’offres, se désole un dirigeant de PME. Nous sommes depuis peu mis en concurrence avec des entreprises du monde entier. Certaines proposent tout et n’importe quoi." Un autre : "Deux fois plus d’entreprises, en particulier étrangères, répondent aux appels d’offres. Certaines sous-traitent à l’étranger avec des écarts de prix de 10 à 30 %." Tous les sous-traitants déplorent que le moins-disant remporte toujours la mise. Difficile pour certains de rester dans la course. "Certains dirigeants de PME m’expliquent qu’avec de tels niveaux de prix, ils ne peuvent plus s’en sortir !", confirme Dominique Valentin, consultant en stratégie qui accompagne environ 80 entreprises. "Il existe des pressions pour sous-traiter au Maghreb, au Mexique et dans le Sud-Est asiatique", assure Jean-Jacques Desvignes, animateur de la filière aérospatiale à la CGT. D’Aerolia à Latécoère. Les exemples abondent. Des PME beaucoup trop dépendantes Les entreprises de la chaîne d’approvisionnement de la filière aéronautique et spatiale dépendent à 81 % de ce secteur, selon une étude de l’Insee publiée cet été et portant sur les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées. "Ce taux de dépendance est très important, estime Bertrand Ballet, le chef de la division conjoncture, responsable enquête aéronautique-espace à l’Insee. Mettre tous ses œufs dans le même panier présente un risque pour ces entreprises qui, vu le contexte économique, n’ont pas cherché à se diversifier." Ce manque de diversification inquiète d’autant plus que l’aéronautique reste soumise aux cycles. Autre point sensible pour la pérennité de la filière : le peu d’intérêt pour l’ouverture à l’international dont témoignent, dans l’ensemble, les chefs d’entreprise de la supply chain. Au-delà du prix, c’est la mise en œuvre bien plus formalisée des appels d’offres qui cristallise l’animosité. "Ils utilisent un compteur qui défile à la seconde près, s'agace un sous-traitant. Le système se déshumanise. Avant, il y avait une possibilité de contact avec le donneur d’ordres. Nous appelions quand nous avions des questions. Aujourd’hui, tout se fait via un portail internet qui diffuse les appels d’offres en continu." Un patron juge les appels d’offres trop courts : "Deux semaines pour élaborer un gros projet alors qu’il nécessite des pré-études, c’est insuffisant !" Un autre dirigeant de PME spécialisée dans les pièces de structures ajoute : "La méthode est devenue sauvage. Les donneurs d’ordres pourraient être dans une logique de partenariat et nous demander ce qu’il faudrait mettre en œuvre pour tenir les objectifs. Mais ils exigent tout, tout de suite, sans plus aucune forme de discussion !" Qui plus est, "les sous-traitants souffrent de retards de paiement, malgré la loi qui impose un délai maximal de 45 jours, pointe Dominique Sellier, le responsable du secteur aéronautique-spatial-défense chez Secafi Alpha. On est plus souvent proche de 60 jours." Les accusations par voie de presse du patron de Mesure, groupe spécialisé dans la mécanique aéronautique, vont dans ce sens. L’entreprise, située à Saint-Brevin (Loire-Atlantique), livre à Airbus des grilles de perçage du fuselage des avions. Son activité dépend entièrement de l’avionneur. À cause des retards dans les délais de paiement, elle se retrouve en grandes difficultés financières. De la haute couture au prêt-à-porter Côté donneurs d’ordres, on relativise la convergence avec l’automobile. "Il est vrai qu’un certain nombre d’acheteurs en viennent, mais dans une faible proportion", tempère Xavier Dessemond, le directeur des achats chez Safran, qui a réalisé une grande partie de sa carrière chez… Valeo. Le directeur des achats d’Airbus, Klaus Richter, a lui travaillé quatre ans chez BMW avant d’intégrer l’avionneur européen. Sur le fond, tous deux réfutent le caractère agressif des négociations. Reste que Klaus Richter reconnaît que "la globalisation de la production est souhaitable » et que « les PME sont de plus en plus exposées à la concurrence internationale". "Nous lançons un grand nombre d’appels d’offres et nous cherchons simplement à comprendre davantage les coûts de nos fournisseurs, dit Xavier Dessemond. Nous sommes plus rigoureux à ce sujet." Les donneurs d’ordres sont-ils trop voraces ? Et les PME trop malmenées ? Gare à la caricature… L’aéronautique vit une révolution industrielle, et passe, en quelque sorte, de la haute couture au prêt-à-porter. Fin 1989, Airbus produisait 6,5 A 320 par mois, contre 42 aujourd’hui et sans doute bientôt 50. "On entre dans une logique de production de série, de lean manufacturing, d’organisation industrielle rationalisée, assume Frédéric Michelland. Nous visons le juste-à-temps, le zéro défaut et la recherche permanente de simplifications qui seuls permettront de réduire les coûts." Les cycles sont plus longs et les contraintes de sécurité plus fortes, mais la convergence industrielle avec l’automobile semble bien en marche. L’usine du futur imaginée par Airbus, présentée en juin, ne laisse place à aucune ambiguïté : demain, les lignes d’assemblage seront largement automatisées. Pressés par les compagnies aériennes de baisser leurs prix, aux prises avec une concurrence internationale exacerbée, une parité euro-dollar désavantageuse, les donneurs d’ordres resserrent les boulons. Tom Enders, le patron d’Airbus Group, ne s’en cache pas et vise une rentabilité de 10 %, contre 5 % aujourd’hui. Le plan de restructuration Power 8 lancé en 2007 aurait d’ailleurs, selon de nombreux témoins, marqué un tournant dans les rapports avec la chaîne d’approvisionnement. Éviter les erreurs du secteur automobile À force de pressions excessives et de délocalisations forcées, les grands donneurs d’ordres ne prennent-ils pas le risque de faire suivre à la filière la même pente descendante que l’automobile ? "J’ai travaillé dans l’auto et je suis particulièrement vigilant à ne pas reproduire le même schéma, confie Xavier Dessemond. Le secteur automobile s’est appauvri. Il y a eu une trop forte pression sur les prix, une baisse des marges et des investissements. Il ne faut pas refaire les mêmes erreurs !" Les donneurs d’ordres semblent veiller à la solidité de leur supply chain via une batterie d’outils. "Il y a deux ans, la filière a mis en place des commandes fermes à six mois qui donnent des garanties aux banques, insiste Bertrand Lucereau, le président du comité Aéro-PME au Gifas. Quant au fonds Aerofund, qui vise à structurer la filière et à venir en aide à certaines entreprises, il entre dans sa troisième phase. Il est doté d’une enveloppe de 300 millions d’euros." Beaucoup de PME font état de marges de plus en plus serrées. Un risque inquiétant alors que certains sous-traitants dépendent à plus de 80 % de l’aéronautique. "Notre rentabilité a été divisée par deux en quatre ans, confie un dirigeant de PME. Nous pensons à arrêter de travailler pour ce secteur." Certains fournisseurs de rang 1, tels Zodiac et Thales, font cependant état de marges confortables. "De nombreux fournisseurs de rang 1 n’offrent pas aux fournisseurs des rangs inférieurs la visibilité de commande que les constructeurs leur proposent, remarque Thierry Casale, le directeur des opérations du constructeur d’avions ATR. C’est un énorme point de blocage dans la chaîne d’approvisionnement." Il s’ensuit que les PME ont de plus grandes difficultés à se financer auprès des banques, donc à investir et à croître. C’est un cercle vicieux qui se met en place… "Si certains parviennent à maintenir une rentabilité correcte grâce à des technologies de niche ou à des savoir-faire incontournables, pour d’autres la compétition et la pression sur les prix font qu’ils ont plus de mal à s’en sortir", décrypte Alain Guillot, consultant chez Alix Partners. Une étude de ce cabinet montre que le segment des aérostructures a vu sa rentabilité se dégrader au cours des deux dernières années. Cela explique la nécessaire consolidation de ce segment, qui vient de passer un cap avec la fusion des filiales d’Airbus Group, Sogerma et Aerolia, prévue pour le 1er janvier 2015. Sans valeur ajoutée, point de salut sur le sol français ? "J’ai la conviction que beaucoup d’entreprises qui se disent sous pression travaillent avec des méthodes archaïques", juge un analyste partisan d’une consolidation de la filière. Pour s’en sortir, les PME devront trouver des solutions innovantes, jouer le collectif et s’affirmer. "Le donneur d’ordres n’est pas tout-puissant. Il est compliqué pour lui de changer de fournisseurs, rappelle ce cadre qui travaillait dans une PME avant de rejoindre un donneur d’ordres. Davantage de PME devraient tenir tête. Elles n’ont pas conscience du pouvoir de négociation qu’elles ont entre leurs mains." Façon de dire que si les donneurs d’ordres pèchent parfois par avidité, les PME, elles, font preuve de trop de naïveté… Olivier James ANNEXE 2 : L’affaire THOMSON – RIOGLASS – PREVENT (Seine et Marne) : extraits du site http://verriersbagneaux.blogspot.fr/p/histoire.html • Au 18ème siècle : création des Verreries du Roi à Bagneaux sur Loing avec des souffleurs de verre. Première bouteille en verre fabriquée en 1753. • 1952-2005 : Production de verre pour tubes cathodiques TV. Sociétés Sovirel, Corning puis Thomson Videoglass. • 2005-2006 : Thomson décide d’abandonner la filière des téléviseurs à écran cathodiques. • Le site concerné de BAFNEUX/ Loing regroupe 400 salariés. Un plan social est en préparation. o La CGT et les salariés refusent les suppressions d’emploi et exigent un véritable plan de reconversion. Ils interpellent les politiques. o les élus PCF du Conseil Régional interviennent et soutiennent cette exigence. o Un projet prend corps : la reconversion du personnel pour la production des parebrises d’automobiles. La Société RIOGLASS se porte candidate. o Les élus régionaux PCF et les salariés mettent l’ensemble des politiques devant leur responsabilités. L’ensemble des politiques soutiennent le projet. o Le Conseil Régional s’engage dans une opération de Sécurité d’Emploi et de Formation de grande ampleur. Un plan de reconversion de la quasi-totalité du personnel (financement de la reconversion, incluant formation professionnelle). o Les premiers clients apparaissent (Volskwagen / VW, …). Le site de RIOGLASS démarre avec près de 400 salariés. • Fermeture de Thomson. • 2006-2009 : Société RioGlass. production de verre automobile, lunette arrières et latéraux. • 2009-2012 : Société Prevent Glass : production de verre automobile, lunette arrières et latéraux. • Octobre 2011 : annonce aux salariés d'un changement d'actionnaires : Prevent Group cède ses parts à I.C.I. • Novembre 2011 annonce qu'ICI serait en désaccord avec le client principal VW o VW, client principal (75% du chiffres d'affaire), se retire du jour au lendemain, après avoir "étranglé" leur sous-traitant en lui imposant des prix inférieurs au coût de production. o La mise en cessation de paiement suit le renoncement d'ICI de reprendre l'entreprise • Avril 2012 : Annonce aux salariés du retrait de VW en tant que client principal et annonce de la liquidation possible de l'entreprise lors de l'audience de jugement au tribunal de Melun le 23 avril 2012. o L’activité est transférée en Espagne. o Les 220 salariés restant sur le site de Bagneaux / Loing perdent leur emploi,

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