La révolution numérique - Congrès PCF

EGRN 2018: la suite, c'est dès maintenant!
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Si j'ai été particulièrement insatisfait et déçu de l'atelier pour lequel j'avais participé à la préparation (voir http://congres2018.pcf.fr/111343/faire_apparaitre_l_invisible, j'ai beaucoup mieux apprécié la seconde journée. Premier petit plaisir mesquin: le constat que nombre d'intervenants non communistes ont les mêmes défauts du tout ou rien ou du noir et blanc dont on nous qualifie très fréquemment. Second plaisir: avoir mieux saisi l'importance de s'intéresser aux tiers lieux, même si ces derniers restent d'un ordre de grandeur tout à fait incomparable avec tout le reste des activités, notamment de travail. Troisième plaisir: la proposition formulée en clôture de ces EGRN 2018 par Yann Le Pollotec d'agir avec tous ceux qui le veulent pour reconstruire un Comité National Numérique Citoyen (CNN C) après que Macron a détruit en 2 temps celui plus technocratique mais légèrement rebelle. Quatrième plaisir: l'anecdote rapportée aussi par Yann sur la réaction d'une journaliste devant le programme de ces EGRN qui ne serait pas politique car traitant de sujets de fonds et manquant de petites phrases assassines ou de formules à l'emporte pièce pour faire le buzz. Cinquième et dernier plaisir: l'idée que le numérique permet de mener une multitude de projets concrets qui rassemblent les gens, même si cela reste un peu idéal et/ou local, point de vue que j'ai exprimé déjà sur le site du Congrès. Je m'arrête là malheureusement car par contre je ne partage pas l'idée de nous retrouver à la prochaine édition des EGRN alors que tant de problèmes, tant de questions, tant de possibilités d'actions ont été énumérés en moins de 2 jours d'échanges riches et variés. Il nous faut continuer le travail dès maintenant et pour cela mobiliser les communistes qui veulent s'investir dans toute cette vastitude (pour adopter un chemin Royal!). Pour ma part j'ai fait ce second jour 2 interventions incomplètes et surement mal formulées car totalement improvisées. A)Les chefs d'entreprise français sont appelés et aidés par l'Etat à numériser leur entreprise pour rattraper le retard sur nombre de nos voisins européens, avec la recommandation impérative que cela ne doit surtout pas se limiter à l'achat de machines neuves mais doit être accompagné d'une revue de la stratégie, des produits pour donner plus de place aux clients, de l'organisation pour être moins hiérarchique et beaucoup plus collaborative, d'une plus grande place laissée aux salariés qui doivent être plus autonomes, plus qualifiés, ce qui implique une plus grande part consacrée à la formation. Dans cette vision qui correspond en Allemagne à l'Industrie 4.0 et en France à l'Industrie du Futur, espérant une plus grande capacité d'innovation et de réalisation puisqu'on parle de série unitaire pour satisfaire les clients, les employeurs se posent la question de savoir comment mieux organiser la relation avec les start-ups. Nombre d'entre eux en sont arrivés à l'idée que c'était peut-être aux start-upers d'aller rencontrer les managers et leurs collaborateurs pour leur expliquer comment ils travaillent. Peut-être, puisque la question a été posée sur les relations entre membres des syndicats et membres des tiers lieux attachés au partage, à la collaboration, à l'autonomie, à une certaine forme de démocratie , nous devrions de notre côté pousser l'idée que ces 2 communautés se rencontrent et échangent avec aussi la présence des salariés. A noter au passage que nombre de chefs d'entreprise font preuve d'un regain d'optimisme parce qu'ils considèrent que nous sommes justement dans une époque révolutionnaire où tout est rebeloté et que le nouveau jeu serait selon eux plus favorable à notre pays grâce à son très bon niveau éducationnel et un esprit d'ouverture et d'innovation jusque là muselé de la part des salariés de notre pays! B)J'ai déjà exprimé que la neutralité du net a été l'une des causes opportunes pour le fort développement non maitrisé des OTT (Over the Top) que sont par exemple les GAFAM des USA, entrainant l'accaparement par ces grands groupes d'une très grande partie de la valeur au détriment des opérateurs de réseaux et des Etats où la valeur se crée. Je ne partage pas le point de vue qui dit qu'on noie le poisson en transformant un problème politique en un problème technique et économique: au contraire il ne faut jamais négliger certains aspects et je nous invite donc à toujours avoir le souci d'exhaustivité sur tous les thèmes que nous voulons appréhender. Il faut y ajouter les dégâts collatéraux non négligeables qui concernent aussi un équipementier comme Alcatel-Lucent, maintenant absorbé par Nokia et des filiales françaises au bord de l'asphyxie, et le retard pris pour déployer le haut débit et maintenant le très haut débit sur l'ensemble du territoire et non pas seulement dans les métropoles et les zones denses de population (tant pour le fixe avec la fibre que pour le mobile avec la 4G). Le deuxième effet ciseau de la part de ces OTT devenus des monstres en quelque sorte, en plus d'avoir rassemblé des quantités gigantesques d'informations qu'ils exploitent tous azimuths, vient de ce qu'ils disposent maintenant d'énormes moyens financiers pour s'implanter dans d'autres secteurs, ce qui leur permettra une plus grande domination encore sur le monde et nos Etats. Ainsi Google dépense des sommes énormes pour mettre au point la voiture autonome mais il a aussi décidé de se lancer dans la production de composants (ce qui nécessite des dizaines de milliards d'Euros rien que pour une usine de production) et de mettre en place une constellation de satellites pour permettre aux 3,5 milliards actuels d'exclus d'Internet de pouvoir y accéder (et de déverser eux aussi un maximum d'informations dans les immenses bases de données de Google qui ne se privera pas d'étendre ce qui est appelé le digital labour, càd le paiement de microtaches faites depuis un ordinateur ou un smartphone dont Google a absolument besoin pour l'apprentissage de ses futures intelligences artificielles intervenant dans une multitude de domaines).

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