Elections Européennes 2019 - Congrès PCF

Faire de l'UE une Confédération des Etats et des peuples membres: toujours à l'ordre du jour?
Contributeurs :

Dans leur petit livre paru en 2014 et intitulé "Une autre Europe", nos camarades de la Commission économique (Frédéric Boccara, Yves Dimicoli et Denis Durand) expliquaient assez clairement pour une compréhension facilitée (merci pour cela) le piège d'une confrontation qui serait volontairement limitée à l'opposition entre fédéralisme d'un côté et repli identitaire de l'autre. Il nous proposait donc de construire une Confédération des Etats et des peuples où chaque pays conserve sa souveraineté et devrait faire plus de place à sa population et où l'UE serait le résultat d'un travail coopératif et collaboratif visant à des progrès communs en matière sociale, économique, fiscale, monétaire et financière (je rajouterai évidemment écologique et environnementale au lendemain des premières assises de l'écologie tenues à Paris par notre parti). Plusieurs questions en découlent pour nous mettre à jour: - cette proposition explicitée sur plus de 150 pages dans un format proche d'un A5 constitue-t-elle l'élément principal de la position de notre parti? - Si oui, que faut-il faire évoluer, modifier, améliorer, préciser, ...? Et si non, quelle est alors exactement notre position? - Nos camarades prônent une évolution de l'intérieur en modifiant l'institution, son fonctionnement et celui de la BCE, en revoyant les traités guidant cette institution: maintient-on cette approche ou est-il possible d'imaginer de parvenir à faire de la destruction-reconstruction à la mode Schumpeter si chère à nos adversaires capitalistes et libéraux? - Cette Confédération apporterait selon moi l'avantage de pouvoir mettre en place des accords multilatéraux entre les Etats et les peuples membres de l'UE qui le souhaitent sans impliquer au départ l'unanimité des membres: accepte-t-on cette approche et si oui, quels sont les sujets et les périmètres associés (càd la liste des pays qui pourraient s'y joindre) que nous entrevoyons depuis notre lucarne, élargie par celles de nos partenaires au sein de l'UE? - Faut-il conserver un budget de l'UE? Ne serait-il pas plus logique que les pays de l'UE s'accordant sur un sujet donné finance seuls et pour eux seuls ce projet? Autant de questions, et certainement beaucoup d'autres encore, pour lesquelles je serai ravi d'avoir des éclaircissements de la part de notre réflexion collective animée par le secteur correspondant de notre parti!

Les commentaires

  • a commenté 2018-05-08 08:41:22 +0200
    Je note que nombre de contributions, comme d’ailleurs le titre du livre mentionné dans ma suggestion ci-dessus, utilisent très souvent le mot Europe au lieu d’Union Européenne.

    Cela peut paraitre anodin mais je pense qu’il serait préférable d’éviter la confusion, même si celle-ci résulte de commodité et de facilité.

    L’Europe est un continent dont les limites en terme de pays qui la composent sont approuvées mondialement (même si des cartes très récentes pour les écoles et collèges mettent de façon surprenante et irresponsable la Russie en Asie par un jeu de couleurs). Reconnaissons le point le plus délicat qu’est le cas de la Turquie qui est à la jonction de l’Europe et de l’Asie, et surtout en fait du Moyen Orient et donc du monde arabe et musulman.

    Tous les pays appartenant à ce continent ne sont pas membres de l’Union Européenne et encore moins de eux-ci sont aussi membres de la zone Euro, un recouvrement partiel qui au passage doit poser en fait des problèmes de fonctionnement interne à l’UE à cause de son caractère non impératif.

    Si l’Europe est donc un élément géographique et historique admis très largement, presque unanimement, l’Union Européenne est une construction politique venue d’en haut et proposée à des communautés humaines qui ne partagent pas toutes le même point de vue et qui la soutiennent de moins en moins, jusqu’à vouloir la quitter.

    On ne peut pas changer un continent mais on peut faire évoluer une institution politique tant dans ses objectifs, son fonctionnement et ses relations au reste du continent et du monde.

    Ainsi, un objectif pourrait être de travailler à faire entrer dans l’UE les pays européens qui n’y sont pas comme la Suisse, la Norvège, l’Islande, les ex-républiques de Yougoslavie, l’Albanie, les ex-républiques d’URSS (ici la liste peut-être limitée en trouvant un partenariat préférentiel comme pour les pays associés à l’UE par Euromed, tels que les pays du Maghreb, la Syrie et la Jordanie).
  • a publié dans Elections Européennes 2019 2018-05-06 07:11:17 +0200