Écologie, enjeux de classe et projet communiste - Congrès PCF

Opérations tiroirs
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Les économies d'énergie sont une piste importante pour réduire les émissions de CO2. On évoque ainsi la nécessaire rénovation des logements qui prend une tournure relativement complexe dans les communes déjà denses. De façon à préserver la nature dans ces communes, il est ainsi préconisé de densifier les centres-ville et les abords des gares aussi pour aider à l'usage des transports publics. Cela ne peut se faire qu'en menant des opérations tiroirs qui passent par la destruction de maisons dites de ville assez souvent individuelles disposant d'un jardin plus ou moins grand et la construction d'immeubles collectifs; un immense effort de conviction doit donc être mené auprès de la population concernée qui doit y trouver tout de même un intérêt individuel. Dans le même temps, il faut empêcher la spéculation très tentante pour les propriétaires dans les quartiers pavillonnaires qui aboutit au morcellement des terrains et à des constructions de maisons individuelles sur de petites parcelles au détriment de la nature qui existait dans ces terrains. Pire encore lorsqu'un promoteur immobilier parvient à racheter au delà du prix du marché déjà élevé quelques maisons constituant une brèche dans un quartier lui permettant de construire des immeubles qui au passage entrainent la baisse de la valeur des maisons voisines. Les opérations tiroirs sont donc le champ de la confrontation de l'intérêt général et d'une multiplicité d'intérêts individuels. Il ne faut pas oublier une nouvelle fois l'interdépendance de l'écologie avec le social car ces opérations tiroirs doivent aussi avoir pour but la construction de logements sociaux indispensables pour les jeunes, les anciens, les familles monoparentales tout en cherchant à favoriser la mixité des populations pour éviter les communautés et pire encore les ghettos.

Les commentaires

  • a commenté 2018-05-09 02:40:06 +0200
    Effectivement, le croisement de l’aspiration collective et de l’intérêt individuel est toujours source de chocs. En définitive, tout le monde veut un air plus respirable, lutter contre le réchauffement climatique, vivre mieux, mais la culture du propriétaire fait qu’il n’accepte pas qu’un tiers vienne lui expliquer ce qu’il doit faire, notamment des travaux de rénovation pour plus d’efficacité énergétique. Il y a clairement un défi politique.

    Si je partage assez l’idée que la rénovation urbaine, la lutte contre la spéculation, et le besoin d’inciter les individus à s’engager dans cette démarche est essentiel, j’ai bien peur qu’a long terme cela ne suffise pas.

    La concentration urbaine ne sera de toute façon pas supportable à long terme. Alors on peut faire des immeubles de grande hauteur, mais au bout d’un moment, on va expliquer aux urbains qu’ils vont devoir vivre dans des espaces plus petits. Il faudrait également penser une nouvelle politique d’aménagement du territoire, et notamment revaloriser les villes moyennes et freiner les velléités des entreprises de s’installer exclusivement dans 3-4 grandes métropoles sur le territoire, qui encouragent ce déséquilibre.
  • a pris position important 2018-05-09 02:40:06 +0200
  • a publié dans Écologie, enjeux de classe et projet communiste 2018-02-26 11:56:22 +0100