Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Pas de fin de l'Histoire
Contributeurs :

Bonjour, J'exprimerai pour commencer mon étonnement que ce chantier très large n'arrive que maintenant: encore une fois, il aurait fallu commencer par faire le bilan précédé par l'état du monde actuel, au sens pour cet état de livrer les derniers éléments d'analyse qui font que nous somme face à une crise systémique, une crise de civilisation. Cet étonnement porte aussi sur cette notion de groupe de travail "Stratégie" qui semble venir se rajouter aux commissions du CN sans connaitre qui sont les camarades de ce groupe et s'il y en a d'autres créés exceptionnellement pour la préparation de ce Congrès à but extraordinaire. J'en viens au fond de ma contribution en m'appuyant sur celle de Guillaume Roubaud Quashie qu'il a titré "Le sens du combat communiste" et qui a été publié en même temps que le texte introductif de ce chantier. La stratégie n'a pas de sens sans l'existence d'un objectif. Je crois que nous sommes maintenant, pour une très grande part d'entre nous, convaincus qu'il n'y a pas de fin de l'Histoire autre que la mort de notre étoile le Soleil - sauf à réussir à ce qu'une partie de la vie terrestre aille se réfugier dans un autre système planétaire d'une autre étoile encore jeune de notre galaxie, la Voie Lactée! La signification de cette idée est donc la suivante: le communisme ne peut plus être un aboutissement comme certains ont pu l'imaginer dans un passé pas si lointain -je pense à mon père par exemple! Je crois aussi qu'il ne peut pas encore être quelque chose de singulier, unique puisque, comme Guillaume l'indique, des forces se prétendant communistes ont des propositions et des pratiques, des situations et des contextes très différents. D'ailleurs faut-il rechercher à déboucher sur une seule forme de civilisation humaine? Nos différences liées à nos histoires particulières ne sont elles pas quelque chose à préserver ou mieux à faire évoluer sans les faire disparaitre? J'en conclus donc que notre communisme doit être pour l'instant fondamentalement français, avec des protubérances européennes et mondiales pour aller vers des rassemblements au périmètre plus large que notre hexagone, permettant de traiter les problèmes de ces dimensions continentales et intercontinentales et d'exercer les solidarités internationales nécessaires (comme aujourd'hui avec la Grèce, avec les Kurdes, avec les Palestiniens, avec tous les migrants, ...) Notre communisme serait donc à ce jour français mais qu'est-ce que ce communisme français? C'est au départ l'histoire du mouvement ouvrier français et depuis presque 100 ans, au sein de celui-ci notre histoire propre en tant que parti, avec ses hauts et se bas, ses réussites et ses échecs, ses coups d'éclat et ses erreurs. Il nous faut donc assumer cette histoire, la connaitre et savoir répondre aux déformations qui ne cessent d'être construites sciemment pour nous disqualifier auprès de nos concitoyen-ne-s. Mais le passé est le passé: il est important de vivre dans le présent, d'anticiper et de préparer l'avenir. Nous devons donc pour être clairs entre nous et surtout avec tous les autres affirmer quels sont nos valeurs et nos principes qui sous-tendent effectivement notre raison d'être que je qualifie de recherche permanente pour un développement humain durable. Aujourd'hui, en ce début du 21 ème siècle, la visée des communistes français est de dépasser le système capitaliste et libéral que nous considérons être parvenu à sa fin, même s'il a encore des potentialités de se maintenir, mais au très grand risque de faire disparaitre notre espèce. D'emblée on voit que cette visée exige de travailler d'arrache-pied avec d'autres forces dans les pays voisins et en fait dans le monde entier, puisque aujourd'hui de nombreuses multinationales sont devenues plus puissantes que des Etats, sans oublier les institutions mondiales existantes comme ONU, FMI, OCDE, OMC, ... Cette visée, qui rappelons le n'est pas un aboutissement, reste néanmoins très lointaine, même à nos yeux. Il importe donc de définir des étapes, des perspectives successives à partir de la situation actuelle et des mouvements déjà engagés car nous ne sommes pas seuls dans cette volonté de transformer le monde. Et en étant en mouvement, il nous faut aussi définir les horizons changeant constamment qui nous amèneront vers l'arrivée de chaque étape, avec surement d'ailleurs des changements d'arrivée car personne ne connait l'avenir. Pour cela, nous avons à définir et mettre en oeuvre des méthodes et des pratiques qui vont aussi surement changer avec le temps mais toujours sur la base démocratique d'une participation active de toutes et tous. Pour finir ce petit devoir de philo, j'ai un point qui me tracasse et que j'ai déjà évoqué dans une autre suggestion. Nous parlons sans cesse de lutte, de combat: si effectivement nous avons des adversaires qui sont souvent mêmes de vrais ennemis au sens guerrier, ne nous faut-il pas imaginer aussi des projets qui vont concurrencer ceux du système actuel? Combien de personnes autour de moi ne cessent de nous qualifier de fonceurs, tête baissée, dans le mur que nous voulons écrouler, au lieu de le contourner! Et si je parle de projets, je terminerai en signifiant que nous devons aussi ne pas nous limiter au politique mais bien nous investir dans tous les domaines pour mettre les mains dans le cambouis: pour cela il faut beaucoup de militants et de militantes, ce qui pour l'instant n'est plus le cas. Pour faire face à cette situation, il est urgent de rassembler les forces politiques, syndicales et associatives qui veulent dépasser le capitalisme autour d'une charte et une coordination nationale pour nous rendre tous beaucoup plus efficaces -coordination et groupe de travail à concevoir à chaque niveau et en tout lieu nécessaire.

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