Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Réaction à chaud à la base commune (Version 3 juin) : Débats, vous avez dit débats ?
Contributeurs :

Bonjour. J'avais cru comprendre qu'il y avait, ici et là, depuis quelques temps, extra forte demande de débats et de clarifications sur "SALAIRE À LA QUALIFICATION PERSONNELLE" face à "Sécurité-Emploi-Formation". Ou bien je n'ai pas bien lu, ou bien force est de constater que la section économique de notre parti n'est pas encore bien prête à débattre (Voir thèse 22)... Navrant, pour ne pas dire consternant. Stéphan MANGANELLI (84).

Les commentaires

  • a commenté 2018-06-28 17:09:46 +0200
    Bonjour Francis.

    Je ne suis pas aussi certain que toi quand tu affirmes qu’un texte alternatif aurait été fait par “L’atout communiste” quoi qu’il advienne… Je pense au contraire que si la porte de la base commune avait été un peu plus ouverte au débat d’idées sur les thèses de Bernard Friot, un texte alternatif aurait été évité… c’est en tous les cas ce que j’ai cru comprendre…

    Je ne partage absolument pas ton regard négatif qui tend à minimiser ce point du vue alternatif ouvert par Bernard Friot, à en parler comme d’un problème, et de fait à négliger l’impact bénéfique de débats contradictoires, de réflexions nourries, au sein de notre parti….
    Quand je débats avec des camarades sur ces sujets, quand je réfléchis avec des militants sur l’impact de la mise en place d’un salaire à la qualification sur des vignerons par exemple, quand je retourne lire notre histoire populaire victorieuse pour comprendre les propos, quand je vois de jeunes collègues ou de vieux militants prendre du plaisir à se re-conscientiser à l’écoute de propos qui font mouche, je n’ai l’impression ni d’être un problème, ni d’être une souris de laboratoire…
    Je suis plutôt saisi d’un immense enthousiasme à me réengager avec d’autres dans le combat… en espérant que ma famille d’idée se saisisse du moment aussi fort que l’est mon enthousiasme… (pas gagné !)…

    Tu vois des débats académiques quand moi je vois de l’Éducation Populaire…

    Je suis grandement surpris de voir comment tu balayes, en y accordant, toi, que peu de sérieux. ce que je pense être, moi, une effervescence réelle et nécessaire dont le parti devrait se saisir pleinement avec moins de mépris.

    Attitude extrêmement curieuse et incompréhensible du parti (celui de Bernard Friot)… qui me laisse très perplexe…

    Je t’ai compris suffisamment perspicace pour ne pas mélanger le salaire à la qualification (exposé par Bernard Friot), qui se pose comme subversif au mode de production capitaliste, avec les différents types de revenus universels en circulation qui ne remettent aucunement en cause ni le statut de producteur, ni le régime de propriété de l’outil de travail.
    Je trouve que ceux qui tentent de les amalgamer font preuve d’ignorance ou de malhonnêteté intellectuelle.

    Tout en respectant le projet de Bernard Friot, tu dis qu’il n’a pas de fondement sérieux.
    Beaucoup d’intellectuels ou de politiques lui tirent dessus à boulets rouges….

    Pour autant on en trouve aussi qui lui accordent grand intérêt ou qui ont avec lui des approches contiguës :
    Aude Lancelin (Journaliste), Mathilde Larrère (Historienne des révolutions et de la citoyenneté), Frédéric Lordon (Économiste), Christine Jakse (Sociologue), Judith Bernard (enseignante, chroniqueuse, comédienne, metteuse en scène), Dominique Pagani (Philosophe, spécialiste de Marx), Franck Lepage (Militant d’Éducation Populaire), Gilles Perret (Réalisateur-documentariste), Cynthia Fleury (Philosophe), Aurélien Casta (Sociologue), Jean-Claude Mamet (Militant politique, blogueur), Michel Étiévent (Historien et biographe de Croizat), Jérémy Wauquier (militant politique, membre fondateur de l’association Offgrid), Léonie Simaga (Comédienne, Metteuse en scène), Maryse Dumas (Syndicaliste), Frédéric Durand (Ancien ouvrier, journaliste), Dominique Lachosme (Membre du réseau “Agir contre le Chômage”), Claude Didry (Sociologue), François Ruffin, Daniel Mermet, …

    Il faut par ailleurs avoir assisté à des rencontres avec Bernard Friot pour voir combien la grande majorité de l’assistance en ressort toujours interloquée, bouleversée, enthousiasmée, requinquée…

    Mon enthousiasme me fait peut-être accorder trop d’importance à ce que tu sembles trouver un non-évènement.

    S’achemine-t-on vraiment vers un congrès extraordinaire… ?
    J’espère encore…

    La masse des communistes est-elle décidée à s’investir derrières les thèses de Bernard Friot ?
    Et bien, mettons-les en débats, plutôt que de les lui cacher, et demandons-lui ensuite !
    Si l’on organise cela sérieusement, sincèrement, de manière heureuse…
    moi je suis persuadé que la réponse sera : oui !

    À suivre….

    Au plaisir de te (re)lire.
    Stéphan.
  • a commenté 2018-06-27 22:35:53 +0200
    Bonjour Stéphan,

    La perspective d’un texte alternatif centré sur le salaire à vie me semble être un choix envisagé avant même que la base proposée comme pouvant être commune ne soit publiée.

    Il me semble que c’est assez clair au vu du site : https://atoutcommuniste.fr/ . Par ailleurs, le texte alternatif de Printemps communiste fait déjà du salaire à vie de BF une des ses propositions centrales.

    Que les thèses de BF soient devenues l’horizon de cercles de pensée hors PCF, ou de quelques un des animateurs de ces cercles, par ailleurs membre du PCF et même de sa direction nationale, est tout autant une réalité. BF a pu par ce biais avoir droit à de nombreuses tribunes lors de beaucoup d’initiatives du PCF. Mais nous avons aussi le même problème sur d’autres sujets…

    Le PCF est ainsi devenu l’otage de débats académiques, quand il n’est pas devenu une organisation à investir en tant que terrain d’expérimentation pour quelques intellectuels et autres personnalités du monde de la recherche en sciences sociales en mal de valider leurs analyses… Je ne crois pas que les communistes puissent accepter d’être ainsi ramenés à des souris de laboratoire…

    En tout cas, tout cela ne fait fournit pas un fondement théorique sérieux aux propositions avancées. Et cela vaut pour les thèses de B. Friot, et d’autres dont certains d’ailleurs opposent à son salaire à vie d’autres types de revenu universel… Que ce site ait vu quelques uns, peu nombreux, dont nous sommes, à débattre de celles de BF ne doit pas servir à dire que la masse des communistes soit décidés à s’y investir.

    Je reste dispo pour échanger sur le fondement scientifique ou pas des approches de BF. Mais il faudra désormais trouver d’autres médias.
  • a commenté 2018-06-27 18:37:44 +0200
    Bonjour Francis.

    On peut reprendre une n-ième fois notre discussion sur le thème…. mais mon intervention ici, j’espère que tu l’as comprise, porte sur mon étonnement, pour ne pas dire plus, de ne pas voir un début de semblant d’ouverture, dans ce qui doit être une base commune de texte.

    Il me semble (et tu fais partie de ceux qui l’ont bien suivie sur ce site) qu’une demande forte de partage, débat, clarification, “révolution”… se soulève un peu partout, en la matière…
    Il faudrait être dépourvu de tout sens pour ne pas l’avoir vue, entendue, sentie, comprise…
    Or force est de constater que le texte de notre base commune (qui laisse certaines autres portes ouvertes) l’ignore et, en la matière, clos le débat sans l’avoir jamais commencé.

    Je redis donc mon grand étonnement et mon incompréhension, pour ne pas dire plus…

    Cela va forcément contraindre certains à déposer un texte qui prenne en compte ce discours nouveau qui interpelle, avec ses pistes alternatives qui suscitent l’intérêt…

    Encore merci pour tes éclairages.
    Stéphan.
  • a commenté 2018-06-26 23:15:59 +0200
    #Stéphan Manganelli, sur ton commentaire qui entend justifier ton positionnement sur la thèse 22 et le maintien de ton soutient à la théorie du salaire à vie, et donc à une nouvelle définition de la valeur…

    Le pouvoir de la Bourgeoisie est à comprendre à partir d’une juste compréhension du processus historique qui a amené la monnaie à pouvoir jouer un autre rôle que simple équivalent général sur le marché des marchandises.
    K. Marx revient rapidement sur cette question au début du livre 2 du capital.

    Si la capital domine le travail, c’est “uniquement parce que la force de travail se trouve à l’état de de séparation d’avec ses moyens de production (y compris les moyens de subsistance en tant que moyen de production de production de la force de travail elle-même), et que cette séparation ne peut-être surmontée que par la vente de la force de travail aux possesseurs des moyens de production. […]
    Ce n’est pas l’argent qui, par essence, crée ce rapport; au contraire, au contraire, c’est l’existence de ce rapport qui permet de transformer une simple fonction de monnaie en capital”.

    Aussi, prendre le pouvoir sur l’argent ne se réduit pas à prendre le pouvoir sur la monnaie et sa maitrise (ce qui renvoie à d’autres enjeux et défis). Il s’agit aussi de prendre le pouvoir sur l’argent qui joue un rôle de capital, c’est à dire sur l’argent qui sert à ré associer les moyens nécessaire au travail à la nécessaire force de travail qui seule crée de la valeur, donc la plus-value via le temps de surtravail que cette force de travail doit consentir de produire pour produire ses conditions d’existences.

    A noter ici, que la société communiste ne fera certainement pas disparaitre immédiatement ce surtravail. Il faudra en effet assurer le capital qui sera nécessaire à la production à la fois du régné de la nécessité et aux conditions matérielles pour conquérir l’émancipation, le temps de la libre activité, le temps de la liberté.

    Il est toujours utile de revenir aux classiques pour la manière dont ils ont posé les problèmes…
  • a commenté 2018-06-12 23:30:47 +0200
    Je rajoute.
    Dans cette même thèse 22, on y parle de “prendre le pouvoir sur l’argent”…
    La classe dominante ne détient son pouvoir sur l’argent que parce qu’elle détient le pouvoir sur le travail, sur la production. C’est de sa maîtrise de cette dernière qu’elle tire sa richesse.
    Ce n’est pas parce que la classe dominante est riche qu’elle a le pouvoir sur le travail ; c’est parce qu’elle a le pouvoir sur le travail, qu’elle est riche.
    Donc, si l’on veut s’attaquer au pouvoir sur l’argent, il faut s’attaquer à la source, c’est-à-dire au pouvoir sur le travail… en ayant comme boussole “la pleine souveraineté des travailleurs sur la valeur, qu’ils sont les seuls à produire” (c’est d’une telle évidence).
    Du coup, la question est assez claire : “Des deux projets SQP ou SEF, lequel définit la meilleure boussole ?”
    Stéphan.