Féminisme / Droits des femmes - Congrès PCF

Lutter contre le sexisme
Contributeurs :

Le parti et ses organisations de jeunesse ne sont pas exempts des mécanismes patriarcaux. La banalisation du sexisme, du machisme ordinaire sont une réalité dans notre société, dans le quotidien de beaucoup d'entre nous et c'est le cas aussi dans nos propres rangs. Lutter contre le sexisme, c'est changer les mentalités. On le sait, les stéréotypes mènent aux discriminations et aux violences. Au sein de notre parti un bon nombre d'adhérents et de dirigeants considèrent encore comme superflue la lutte contre le patriarcat, système ancestral de domination des femmes par les hommes. Pourtant le communisme combat toutes formes de domination. Comment pouvons-nous parler d'émancipation humaine si nous ne combattons pas le patriarcat au même titre que le capitalisme, deux systèmes basés sur la domination et l'exploitation ? Nous devons intégrer cette question dans notre congrès et lui faire une place à part entière. Nous devons révolutionner les modes d'organisation pour refuser les violences sexuelles et sexistes. Nous constatons au sein du parti la sous-représentation des femmes dans les "postes à responsabilité". Il faut se rééduquer, réfléchir comment changer certaines formes de militantisme, d’actions, afin que nos adhérentes puissent militer et prendre des responsabilités en étant assurées de ne pas subir le sexisme et les violences, que nous réprouvons dans la société. Nous devons donc être plus offensifs et offensives sur la question d'égalité entre les femmes et les hommes. Au niveau national le parti a mis en place un dispositif avec 4 référents formés pour recueillir la parole des femmes victimes de sexisme et/ou de violence. Ces référents sont à disposition des victimes, font le lien avec des associations et juristes spécialisés mais aussi les instances dirigeantes pour protéger les victimes. C'est une première, cela n'a encore jamais été mis en place au sein du parti. Mais nous pensons que 4 référents au niveau national ce n'est pas suffisant. Il est indispensable de travailler avec les sections, mettre en place dans chacune d'elle une référente ou un référent formé/e pour recueillir la parole, veiller et alerter. Nous insistons sur le fait que non seulement 4 référents nationaux ne sont pas suffisants mais de plus, les référents locaux doivent nécessairement être neutres en responsabilités au sein de l’organisation. Le lien entre abus de pouvoir et violences sexistes et sexuelles est trop étroit pour ignorer que les victimes ont besoin de personnes n’occupant aucune place hiérarchiquement supérieure aux leurs. Nous avons aussi besoin de travailler avec les secrétaires de section, afin de leur donner les clés pour que les femmes puissent s'exprimer, militer sans subir de sexisme. Etre vigilant face au sexisme quotidien, à la systématicité des mots ou des actes qui caractérisent le harcèlement. Il est important de former, sensibiliser les camarades sur ces questions car la prise de conscience, et la vision féministe d'un grand nombre de camarade sont primordiales pour combattre la domination patriarcale au même titre que la domination capitaliste, c'est l'affaire de tous et toutes. Ces luttes sont interdépendantes, il ne s’agit pas de « s’occuper » des droits des femmes une fois le capitalisme dépassé. Nous devons inclure dans nos statuts que tout propos et/ou comportements sexistes sont intolérables et par là interdits. Nous devons aussi être conscient de notre responsabilité en tant qu’organisation politique vers laquelle les camarades se tournent pour trouver solidarité, épanouissement et émancipation. De la même manière nous ne pouvons plus ignorer que le parti et le mouvement des jeunes communistes ne sont pas radicalement distincts et imperméables l’un à l’autre. Leurs adhérents entretiennent des liens et ils sont dans l’intérêt de tous. Or nous ne pouvons tolérer que des violences sexistes soient perpétrées entre adhérents des deux organisations, parfois envers des camarades s’avérant être mineures comme beaucoup le sont au sein du MJCF. Le parti doit être exemplaire dans ce combat, nous en avons besoin et la jeune génération en a besoin. Commission Egalité Femmes/Hommes PCF/MJCF Rhône Margaux Marécat et Nathalie René

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