Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Des citoyen-nes conscient-es pour dépasser le capitalisme
Contributeurs :

Des citoyens conscients pour dépasser le capitalisme La discussion sur l'effacement du Parti Communiste se borne parfois à remonter au Congrès de Martigues, quand elle ne se limite pas à l'épisode de la candidature de Mélenchon en 2017. Les divers succès et échecs de notre politique de rassemblement depuis le Programme Commun doivent pourtant tous être examinés, comme doivent l'être les conséquences de l'effondrement de l'URSS, suite aux défauts politiques rédhibitoires du « socialisme réel », et aux agressions impérialistes de la guerre froide. Il y a eu depuis 1964 succession de succès et d'échecs : succès dans la formation de coalitions de gauche qui ont permis de battre les forces de la grande bourgeoisie comme en 1981, accompagné d'un affaiblissement électoral grave de notre parti. Succès dans l'obtention de 12% des voix en 2012 pour le Front de Gauche, mais utilisation par Mélenchon, contre le PCF, de sa candidature présidentielle ; rebelote en 2017 : près de 20% des voix pour un programme globalement progressiste, mais stratégie de destruction du courant révolutionnaire depuis 2016 par Mélenchon et FI. Il est acquis parmi les communistes que la démarche d'accords « au sommet » entre forces politiques, caractéristique de la période du Programme commun, et, dans une moindre mesure, du Front de Gauche, a permis à Mitterand, puis Mélenchon, de s'emparer des succès de notre démarche pour la retourner contre le courant révolutionnaire. Les débats actuels internes au PCF, avec les textes alternatifs au Projet de base commune, montrent que tous les camarades ne sont pas allés au bout de la réflexion sur ces succès suivis d'échecs. D'une part, le texte du « Printemps » semble oublier qu'aucun changement révolutionnaire ne peut provenir de l'abandon au charisme d'un chef, au demeurant grand admirateur de Mitterand : c'est la démarche de sommet, y compris sans accord, et sans structures démocratiques. D'autre part, le texte alternatif « Manifeste pour un communisme du XXIème siècle » revient -- en forçant le trait pour me faire mieux comprendre -- à une conception, celle du parti-guide « un pas en avant des masses » Cette conception a pu sembler être sanctifiée par la conquête du pouvoir par Lénine et les bolcheviks en 1917, ou par le rôle du PCF dans la Résistance, mais elle a sombré dans l'indifférence des populations de l'URSS dans les années 80 face aux échecs de partis qui avaient tous les pouvoirs. Le texte du Projet de base commune du CN est le seul à développer une stratégie caractérisée par trois novations essentielles : d'abord avec la notion d'écommunisme, la nécessité de mener conjointement, contre le grand capital, indissociablement, la lutte sociale et la lutte pour l'environnement ; ensuite l'affirmation de l'importance cardinale de la lutte contre le patriarcat, pour les droits des femmes contre tous les racismes et la xénophobie ; et enfin, et c'est un aspect à mes yeux essentiel, le Projet de base commune du CN définit une stratégie fondée sur l'initiative populaire de citoyen-nes conscient-es. Cette dernière circonstance exige que le PCF renonce clairement à une visée de rassemblement populaire autour de lui, au nom d'une visibilité auto-revendiquée. La visibilité du parti communiste ne se décrète pas. Elle dépendra de sa capacité à catalyser, autour des objectifs révolutionnaires, des mouvements majoritaires de citoyen-nes conscient-es de ce pour quoi ils et elles luttent. Certes, l'importance de la conscience des citoyen-nes a toujours été affirmée par le PCF. Mais dans le contexte des discussions sur le Projet de base commune, ou sur les textes alternatifs, son affirmation prend une importance nouvelle. C'est pourquoi je trouve importante, entre autres, la contribution de Nathalie Simonnet dans l'encart « Communistes » du 3/10/18, dont j'extraie la citation suivante : « Notre conception de la politique s'est beaucoup construite autour du soutien à nos propositions, démarche qui ne règle pas l'appropriation des contenus du changement par les gens. Ainsi un million de Programme Commun ont été vendus au porte-à-porte en pensant que cela permettrait une appropriation de son contenu. Les faits ont prouvé que ce n'était pas le cas. Il n'y a d'appropriation (d'un contenu ndlr) que dans une construction commune de son élaboration et dans les luttes communes pour les faire vivre et les imposer. Ce qui implique une autre conception et une autre pratique ». La grande politique du Programme commun a bien conduit à des succès : le score de Jacques Duclos (21%) à la présidentielle de 1969, la défaite de Giscard et la victoire de Mitterand en 1981, avec 4 ministres communistes au gouvernement, mais aussi à un sévère échec électoral, le PCF passant de 20 % à 15% lors du premier tour de la présidentielle, tant une partie importante de notre électorat précédent se bornait à faire confiance au parti communiste. Non, ce n'est ni en succombant au charisme d'un homme providentiel, ni en revenant aux prétentions anciennes du parti-guide que nous rendrons au parti communiste sa pleine efficacité de parti révolutionnaire.

Les commentaires