Amendements - Congrès PCF

PCF et marxisme
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page 4, après la ligne 35, ajouter: PCF et marxisme Le PCF fonde son activité sur des concepts et une philosophie apportés par Marx : la lutte des classes comme moteur de l'histoire, le matérialisme dialectique pour lequel les processus sociaux résultent du développement de la contradiction entre travail et capital, entre forces productives et rapports de production. Le développement de cette contradiction fait surgir continuellement des éléments nouveaux eux mêmes contradictoires, qui imposent une analyse constante de ces dernières, afin de mieux déterminer comment agir dans la société pour le but  que le PCF s'assigne: le dépassement de la contradiction capital/travail pour aboutir à l'épanouissement de chacun-e comme condition de l'épanouissement de toutes et tous. La connaissance du réel et de ses processus, indispensables pour transformer le réel, sont eux mêmes contradictoires : l'essence des processus ne se dévoile pas spontanément à la conscience humaine : en général, l'apparence contredit l'essence, elle même non figée comme donné intangible, mais historiquement évolutive avec son tissu de connexions au tout. Toute perception de la réalité par un sujet est marquée par la contradiction entre apparence et essence. C'est bien pourquoi l'analyse du réel social, marqué par un entrelac de multiples contradictions, exige à la fois la libre confrontation des points de vue subjectifs, et l'expérimentation (la pratique) sociale qui peut confirmer, modifier ou infirmer le point de vue collectif qui résulte du débat. Si le courant issu du marxisme donne des outils théoriques pour analyser le réel, il ne peut prémunir contre les erreurs d'analyse et les illusions. En dehors du PCF, nombreux sont les individus, les collectifs et les structures, qui ont vocation ou intérêt à mieux connaître la réalité. Le courant marxiste existe en dehors du parti communiste, il est divers, comme le PCF lui même. Ni Alain Badiou, ni Lucien Sève, pour ne mentionner que ceux là, ne sont membres du PCF, et tous deux diffèrent d'Althusser ou de Mao. Le « marxisme », objet idéologique lui même contradictoire par la multiplication des appropriations dont il est l'objet, ne peut être utilisé comme label de vérité. La société produit continuellement à la fois des illusions et des progrès des connaissances, venant de secteurs qui se revendiquent , ou pas, du marxisme. Aucun individu ou groupe social n'étant muni d'une perception exacte (« vraie ») du réel, mais chacun en percevant certains éléments, le parti révolutionnaire doit être en dialogue et en débat avec tous pour confronter sa vision et ses objectifs avec d'autres pour s'en enrichir, ou, le cas échéant, pour les combattre. Il n'existe aucune preuve que des aspects nouveaux surgis des contradictions du monde soient mieux perçus par le PCF que par d'autres. S'il a pu contribuer des apports irremplaçables et précieux dans certains domaines, grâce aux acquis du Capital, et à ses développements, il a été en retard sur d'autres. Le féminisme, l'écologie, le mouvement psychanalytique, sont des exemples parlants. La prétention à détenir la vérité comme détenteur du marxisme a entraîné le mouvement communiste, et avec lui le PCF, à des catastrophes dont l'image du PCF souffre encore. L'affaire Lyssenko, entre autres, ou la Révolution culturelle, n'en ont pas fini avec leurs répercussions et leurs ravages : la dialectique matérialiste est soit ignorée massivement, soit repoussée, dans des couches intellectuelles, ou des organisations, dont la participation aux luttes révolutionnaires serait pourtant très utile, voire indispensable. Elle laisse alors la place au positivisme et au relativisme. Le PCF peut à bon droit revendiquer son attachement au courant marxiste, sans s'en proclamer le seul détenteur et sans négliger les apports venant de courants qui ne s'y réfèrent pas explicitement. L'histoire lui a enseigné la vigilance devant toute prétention à détenir seul la vérité en s'attribuant un « marxisme » dont les limites floues et les contradictions internes ne garantissent par contre les erreurs.

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