Amendements
Pour une nouvelle stratégie de rassemblement et d'unité populaire - Congrès PCF

5.4 La recomposition politique
Contributeurs :

L’élection présidentielle de 2017 a déclenché une recomposition politique d’ampleur. Macron arrive à faire passer des dispositions dont le grand patronat rêve depuis longtemps. Il ne serait, prétend-il, ni de droite ni de gauche, et le seul à prendre à bras le corps les enjeux de modernité. Il n’y aurait pas d’alternative. Il utilise comme repoussoirs l’extrême-droite d’un côté et Jean-Luc Mélenchon de l’autre. Cette stratégie commence à montrer ses limites. Elle est l’objet d’un rejet de plus en plus massif dans l’opinion. La crédibilité de Jean-Luc Mélenchon est également entamée du fait de ses postures personnelles et des attaques dont il est l’objet à l’approche des élections. Cependant ce rejet ne trouve pas de débouché politique. Dans la situation d’incertitude ainsi créée, nous pouvons prendre l’initiative de construire avec d’autres forces à gauche une alternative avec des contre-propositions à la hauteur des défis du XXIe siècle. Il nous appartient de dissiper les illusions : la dictature capitaliste de la rentabilité et le pouvoir de la finance est la cause de la crise. De nombreux exemples actuels permettent d’en faire la démonstration : Ehpad, hôpitaux, délocalisations, Alstom, SNCF, écologie, collectivités territoriales, etc. Pour l’heure, il y a des différences importantes à gauche : il est de la responsabilité du PCF d’en expliciter publiquement les termes et conjointement faire ressortir ce qui unit pour chercher à les dépasser. Le paysage à gauche est dévasté. Le PS, très affaibli, reste incapable de se dégager du social-libéralisme et de faire un bilan critique du quinquennat Hollande. Des socialistes cherchent à reconstruire un pôle social-démocrate. Le mouvement écologiste est en crise. France Insoumise canalise une partie de l’électorat de gauche, mais l’isole dans l’impasse de l’électoralisme, dans une posture protestataire qui cherche un contrôle sur le mouvement social sans respect pour ses priorités revendicatives et son besoin d’indépendance. Le risque est réel que cette posture conduise à des options populistes voire nationalistes. Le PCF doit se garder de ces errements populistes, uniquement protestataires, voulant faire le rassemblement de la gauche, du mouvement social et associatifs seulement autour de soi et de ses uniques propositions. En effet, une parole, forte en apparence, peut masquer des options très réformistes. Ainsi, déclarer que la gestion de l’entreprise est l’affaire des seuls patrons ou que la bataille sociale se déroule uniquement dans le face-à-face des travailleurs et des capitalistes dans les entreprises évacue la dimension de classe du combat qui dépasse largement les revendications syndicales et englobe par delà chaque entreprise la société dans son ensemble.

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