Amendements - Congrès PCF

Un bilan critique. Remplace le paragraphe 1
Contributeurs :

Un bilan critique complet devrait prendre en compte: - la dimension internationale: Echec puis défaite du modèle communiste de l'est en 89 - mondialisation capitaliste et financiarisation - Eclatement des lieux de l'exploitation capitaliste, transformations et atomisation de la classe ouvrière - recul de "l'hégémonie" progressiste Une grande partie des stratégies (ou de la stratégie si l'on considère qu'il y eut malgré tout des constante: Objectif d'Union de la gauche fondée sur l' analyse des rapports de classe; distinction entre alliances locales et politiques nationales) développées par le PCF depuis 81 trouve son origine dans ces nouveaux défis. Si l'on circonscrit le bilan critique aux stratégies électorales suivies (il faudrait également examiner les mots d'ordre successifs: Union du Peuple de France, Socialisme aux couleurs de la France, l'Humain d'abord, La France en commun; en adéquation ou en décalage avec ces stratégies) et si l'on examine les diverses phases de l'affaiblissement du PCF, mesuré essentiellement par le résultat aux législatives et accessoirement aux régionales et européennes, les élections locales: municipales, cantonales marquant une meilleure résistance, on peut dresser le tableau suivant: - 81 à 83 : Participation au gouvernement; train de réformes comparables à celles de 36 et 45. Léger tassement du vote communiste (vote "utile"? suite à l'élection de Mitterrand)) dépassé par le PS - Après 84: prise de distance envers le PS ,sans renoncement à l'objectif d'union de la gauche et opposition envers la politique des gouvernements (PS ou Chirac): Chute brutale dès 84 et surtout 86 , malgré la proportionnelle intégrale) puis maintien à 9,5-11% pendant une longue période; la "chute du mur" en 89 ne provoquant pas de recul perceptible. - Cette stabilité électorale se poursuit tout au long de la direction de R.Hue, associée à l'expérience de la Gauche plurielle" en 97 consécutive aux mouvements sociaux de 95. Le bilan de ce gouvernement n'est pas négligeable: 35 heures, CMU, loi SRU, solidarité Lois Taubira, Guigou, Chevénement, Hue ,congé de paternité, police de proximité, PACS, développement du ferroviaire ...etc); Mais un volume important de dénationalisations partielles (France Telecom, Thomson, Air France, Aerospatiale) ou privatisations (GAN, CIC , Crédit lyonnais) et adaptation (Allègre: loi LMD) de l'Ens. Supérieur et de la Recherche au processus de Bologne. -Echec de L.Jospin et de R.Hue 3,37% à la présidentielle de 2002 avec une poussée de l’extrême gauche (LO+LCR 10%) avec toutefois l'ensemble de la Gauche à 43% score historiquement haut. - Réorientation du PCF vers une alliance avec les divers mouvements et forces situés à gauche du PS, sous l'impulsion de MG Buffet. Cette stratégie trouve sa justification dans la nécessité de faire contrepoids au PS à l'intérieur de la Gauche et la victoire du Non au traité constitutionnel en 2005 (obtenu toutefois avec les voix du FN et d'une large fraction du PS). Les collectifs anti-libéraux crées en 2016, dans lesquels le PCF reste très majoritaire, ne résisteront pas à l'anti-communisme de nos "alliés" et à la débâcle consécutive de 2007. - La création du Front de Gauche, en 2009, moins axé sur une l'alliance de partis, poursuit la démarche précédente de rééquilibrage de la Gauche; avec des conceptions différentes au sein du Parti: processus de création d'un ensemble plus large (adhésion directe) au prix, à terme, d'un effacement progressif du Parti dans une nouvelle structure ou juxtaposition de fronts; cette divergence à l'origine d'un engagement insuffisant de nos militants . Malgré l'élan militant et la bonne réception à Gauche de cette initiative et la campagne de Melenchon en 2012 les résultats électoraux ne marqueront pas une percée significative du Front de Gauche. Malgré les sacrifices électoraux consentis par la direction du parti, Melenchon et le PG, suivis par les transfuges du NPA adopteront résolument la stratégie du coucou afin d'expulser le PCF et capitaliser à leur compte le processus engagé. Les municipales allaient en être le prétexte. Sans doute la direction de notre parti a-t-elle pris trop tard la mesure (ou n'a-t-elle pas suffisamment réagi à) de cette stratégie et mis un terme au du Front de Gauche devenu une fiction. Les objectifs de Melenchon trouvaient leur consécration dans la création de la FI et ses succès relatifs, aux législatives dans le contexte d'un recul considérable de la Gauche et de l'effondrement du PCF amplifié par la non-présentation de candidat à l'élection présidentielle votée par nos adhérents. Quoi que l'on pense de la justesse des stratégies suivies jusqu'ici et du leur degré de responsabilité (ou celle de nos directions) dans l'affaiblissement du PCF nous n'avons pas d'autre choix aujourd'hui que celle d'une démarche autonome face à un PS éclaté entre social-démocratie, social-libéralisme et "ailleurs" hamoniste et la FI qui ne conçoit d' alliance qu'en terme d'allégeance, voire souhaite notre disparition. En l'attente d'un mouvement populaire et social pouvant conduire à l'évolution de ces partis et mouvements et sans renoncer à l'objectif d'union des forces populaires autour d'un programme transformateur nous devons nous fixer les objectifs et les moyens de cette démarche autonome. Ce congrès doit en amorcer les possibilités.

Les commentaires

  • a commenté 2018-10-27 08:48:50 +0200
    D’accord avec ton texte. La base commune ne voit que des échecs dans la stratégie de rassemblement menée depuis 1964, et zappe des évènements microscopiques comme les conséquences de l’effondrement de l’URSS dans la vision populaire du communisme. Ta proposition de réécriture a raison de rappeler les succès de cette politique: défaite de la droite en 1981, certes accompagnée d’un affaiblissement électoral du PCF (15% à Marchais au lieu des 20 % escomptés, succès duPS) mais deux années marquées par les luttes pour le Programme commun aboutisssent à des avancées sociales et sociétales marquantes: hausse des salaires, temps de travail ramené à 40h/semaine, abolition de la peine de mort, etc.; de même pour la gauche plurielle avec les 35 heures; même le texte de la base commune reconnaît que le score de Mélenchon en 2012 a redonné des perspectives aux militants. Quant aux 20% de Mélenchon en 2017, sur un programme insuffisant mais globalement progressiste, ne représentent-ils pas aussi un atout pour l’avenir, une fois mise en évidence la nocivité des ambitions hégémoniques des dirigeants de FI?

    Autrement dit, malgré le “marxisme vivant” dont se prévalent les rédacteurs du texte, ils ont une approche unilatérale, uniquement fondée sur les résultats électoraux du PCF. La conséquence logique est que la stratégie de rassemblement articulant luttes et rassemblement politique de forces de gauche sur un contenu progressiste, ayant échoué dans le passé, échouera dans le futur. Donc, on postule que le rassemblement doit se faire autour du parti “dont l’ambition est d’être à l’avant garde des luttes et des idées”. Que le parti doive tout faire pour être plus visible, surmonter le silence médiatique à notre sujet, battre la prétention hégémonique de Mélenchon, d’accord. Mais l’essentiel est la capacité du PCF, tout en recherchant constamment des alliés politiques, à catalyser les luttes populaires contre la politique réactionnaire de Macron, LREM, LR et le danger fasciste. C’est le processus essentiel pour éveiller les consciences et aboutir à la mise en cause du capital, La grande leçon, à mon avis, que nous devons tirer du bilan est qu’aucune alliance progressiste n’est durable si son contenu n’est pas enraciné dans la conscience et l’activité populaire. Une stratégie d’isolement du PCF, sous prétexte de visibilité, ne mènera probablement qu’à son solo funèbre.
  • a publié dans Amendements - Préambule 2018-10-16 13:33:07 +0200