La formation des communistes - Congrès PCF

Marx dans toutes les poches
Contributeurs :

Je propose de fournir à tous les nouveaux adhérents un exemplaire du Manifeste de 1848, de le rendre accèssible sur le site pcf.fr ainsi que d'autres textes (Salaires, prix et profits...etc)

Les commentaires

  • a pris position favorable 2017-12-16 15:39:35 +0100
  • a commenté 2017-12-16 08:43:19 +0100
    @ Vassili Krassakis
    “Quand les communistes ont toujours prôné l’abolition de la propriété privée,”
    Et comment donc interpréter ce passage du chapitre 2 du Manifeste:
    “Dès que le travail ne peut plus être converti en capital, en argent, en rente foncière, bref en pouvoir social capable d’être monopolisé, c’est-à-dire dès que la propriété individuelle ne peut plus se transformer en propriété bourgeoise, vous déclarez que l’individu est supprimé.

    Vous avouez donc que, lorsque vous parlez de l’individu, vous n’entendez parler que du bourgeois, du propriétaire. Et cet individu-là, certes, doit être supprimé.

    Le communisme n’enlève à personne le pouvoir de s’approprier des produits sociaux; il n’ôte que le pouvoir d’asservir à l’aide de cette appropriation le travail d’autrui."

    Quand au “bourgeois” Victor Hugo, je dirais que si tous les bourgeois étaient aussi productifs que celui-là, en idées généreuses et en talents intellectuels, on n’en serait pas là. Mais dans la bourgeoisie il y a plus de Mme Bétancourt que de Mr Hugo…
  • a commenté 2017-12-15 23:09:00 +0100
    Si je peux évidemment concevoir qu’on respecte la sincérité de Jean Jaurès, se référer à lui, idéologiquement parlant, tout en appelant aux mânes de Karl Marx, est une fumisterie et un crachat à la face des marxistes authentiques qu’il dénigrait tant. Jaurès était anti-marxiste : “la pensée incertaine et obscure de Marx et de Engels”, disait-il.
    Quand Marx et ses héritiers parlaient de lutte des classes comme moteur essentiel de l’Histoire, Jaurès jugeait “qu’il ne faut pas avoir peur de la multiplicité des rencontres et des contacts entre la classe prolétarienne (…) et les autres classes.”
    Il niait que l’Etat fût bourgeois, et citait pour cela Ferdinand Lassalle, ennemi réformiste historique de Karl Marx & Friedrich Engels. Rosa Luxembourg, éminent marxiste, critiqua profondément cette approche dans un article de 1911 (erreur possible pour la date, j’ai un doute). Quand les communistes ont toujours prôné l’abolition de la propriété privée, Jaurès voulait, en bon petit-bourgeois, “étendre et universaliser” la petite propriété individuelle, qu’il jugeait “légitime”, quand Marx y a toujours vu un élément relançant le capitalisme. Comparez “De la réalité du monde sensible” de Jaurès et “Matérialisme et empirio-criticisme” de Lénine, et vous constaterez combien ses conceptions idéalistes et mystiques étaient éloignées du matérialisme dialectique des communistes véritables.
    A moins que vous n’appliquiez le principe foireux de Proudhon (un autre antisémite que Jaurès appréciait) : “deux devient un”, associer Karl Marx & Jean Jaurès relève de la blague. De la mauvaise blague.

    Vous évoquez Victor Hugo. Est-il besoin d’affirmer qu’il fut un grand auteur ? Evidemment, non. C’est une évidence. Il était royaliste, il est devenu républicain : c’est une évolution intelligente. Cela fait-il de lui un communiste ? Pas plus. Vous parlez de son rapport à la Commune. Il réclama l’amnistie et ne déchaîna pas la haine que tant d’autres ont manifesté contre la première expression politique d’envergure du prolétariat français. Cela fit-il de lui un soutien de la Commune ? Non. Il disait d’elle qu’elle “pourrait faire de grandes choses, elle n’en fait que des petites. Et des petites choses qui sont des choses odieuses, c’est lamentable.” Son léger soutien (ou, plutôt, absence de haine) était d’ordre démocrate-chrétien : la charité pour le petit peuple. Un démocrate chrétien, très “social” de surcroît, vaut bien mieux que le monarchiste réactionnaire qu’il était dans sa jeunesse. Est-ce une raison pour adhérer au catholicisme politique ? Non.
    Pour information, voici ce qu’en disaient les marxistes français de l’époque (ici, Paul Lafargue) :

    « La Cité de Londres, invitée, n’envoya pas de délégation aux funérailles du poète : des membres de son conseil prétendirent qu’ils n’avaient rien compris à la lecture de ses ouvrages ; c’était en effet bien mal comprendre Victor Hugo que de motiver son refus par de telles raisons.
    Sans nul doute, les honorables Michelin, Ruel et Lyon Allemand de Londres s’imaginèrent que l’écrivain, qui venait de trépasser, était un de ces prolétaires de la plume, qui louent à la semaine et à l’année leurs cervelles aux Hachette de l’éditorat et aux Villemessant de la presse.
    Mais si on leur avait appris que le mort avait son compte chez Rothschild, qu’il était le plus fort actionnaire de la Banque belge, qu’en homme prévoyant, il avait placé ses fonds hors de France, où l’on fait des révolutions et où l’on parle de brûler le Grand livre, et qu’il ne se départit de sa prudence et n’acheta de l’emprunt de cinq milliards pour la libération de sa patrie, que parce que le placement était à six pour cent ; si on leur avait fait entendre que le poète avait amassé cinq millions en vendant des phrases et des mots, qu’il avait été un habile commerçant de lettres, un maître dans l’art de débattre et de dresser un contrat à son avantage, qu’il s’était enrichi en ruinant ses éditeurs, ce qui ne s’était jamais vu ; si on avait ainsi énuméré les titres du mort, certes les honorables représentants de la Cité de Londres, ce cœur commercial des deux mondes, n’auraient pas marchandé leur adhésion à l’importante cérémonie ; ils auraient, au contraire, tenu à honorer le millionnaire qui sut allier la poésie au doit et avoir.
    La bourgeoisie de France, mieux renseignée, voyait dans Victor Hugo une des plus parfaites et des plus brillantes personnifications de ses instincts, de ses passions et de ses pensées. »

    Comprenez le raisonnement : prenons Gérard Filoche (qui, contrairement à Jaurès, n’est ni colonialiste, ni antisémite, malgré ce que son tweet stupide et nauséabond pouvait laisser croire). Inspecteur du travail, cégétiste, combatif, d’une sincérité débordante, honnête, etc. Il mérite tout mon respect et ma sympathie. Pour autant, il ne saurait être ma référence idéologique, de part son parcours de trotskiste entriste, qui n’a mené à rien d’autre qu’à son soutien à la bourgeoisie “socialiste” et à son exclusion personnelle.
    Le respect pour l’homme est une chose, l’adhésion à la politique qu’il prône en est une autre.

    Le Parti communiste français et le prolétariat de notre pays n’ont que faire de ces “grands hommes moins pires que les autres” qui méprisaient ceux qui, de leur temps, se disaient communistes et faisaient avancer le marxisme. C’est à l’aune de l’apport historique au matérialisme dialectique et aux masses qu’il faut analyser ceux auxquels on veut se référer, plutôt qu’à la quantité de lumière que produit l’aura qui les entoure. C’est la base du matérialisme historique et du “diamat”. Nous nous disons communistes ? Soyons-le, camarades !
  • a commenté 2017-12-15 21:16:55 +0100
    Jaures comme Hugo est un personnage politique qui vient de loin. Mais, à certains moments, ils ont fait des choix, qui les ont honorés. Hugo n’a pas, contrairement à la plupart des élites culturelles de l’époque, craché sur la Commune, allant même jusqu’à publier “Quatre vingt treize” peu après et a réclamer, à la chambre l’amnistie.
    Bien que simple député républicain, Jaurès a compris et défendu les ouvriers verriers de Carmaux. Parmi les socialistes de son époque, où l’antisémitisme était courant (Guesde), il fût le premier dans la défense de Dreyfus et le 30 juillet 1914 il paie de sa vie son engagement contre la boucherie voulue par les bourgeoisies de l’époque.
    Les politiciens évoluent souvent de la gauche vers la droite, ceux qui font le chemin inverse ont tout mon respect, comme Hugo et Jaures, Il suffit de lire “l’histoire socialiste de la révolution française” pour constater que les idées de Jaures étaient loin, en 1914, d’être stabilisées….
  • a commenté 2017-12-15 16:35:36 +0100
    Soyez logique. Vous ne pouvez pas défendre “Marx dans toutes les poches” et Jaurès en même temps. Son projet n’était pas marxiste. Il jugeait le marxisme trop allemand, idéaliste et charlatanesque à son goût. Au bout d’un moment, il faut savoir faire des choix clairs. Je suis communiste, je me réfère à Marx et laisse Jaurès aux réformistes et aux romantiques. Le communisme doit être scientifique. L’anticapitalisme romantique, réformiste et républicain de Jaurès ne correspond en rien au communisme. N’oublions pas quel odieux antisémite et colonialiste il fut, accessoirement.
    Quant à son assassinat, terriblement regrettable, évidemment, il ne doit pas être un prétexte pour ne pas le critiquer. Enfin, pour ce qui concerne son pacifisme, s’il était parfaitement sincère, il n’en demeurait pas moins pleinement idéaliste et assez différent de celui de Lénine, par exemple.

    Quelques citations de Jaurès (dont vous nous direz si elles conviennent à votre vision du communisme) :

    “Quand nous prenons possession d’un pays, nous devons amener avec nous la gloire de la France, et soyez sûrs qu’on lui fera bon accueil, car elle est pure autant que grande, toute pénétrée de justice et de bonté.”

    “L’Alliance a bien raison de songer avant tout à la diffusion de notre langue : nos colonies
    ne seront françaises d’intelligence et de cœur que quand elle comprendront un peu le français. (…) Pour la France surtout, la langue est l’instrument nécessaire de la colonisation.”

    “Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que,par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques,ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique . (…) En France, l’influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de de la presse, les grandes institutions
    financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont,
    en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre.”

    “Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours
    dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous
    savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste,
    mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion”.

    “Lorsque les ouvriers accusent les patrons d’être des jouisseurs qui veulent gagner beaucoup d’argent
    pour s’amuser, ils ne comprennent pas bien l’âme patronale (…) Non, en vérité, le patronat, tel que la société actuelle le fait, n’est pas une condition enviable”

    Libre au PCF d’honorer Jaurès, l’antisémite colonialiste bourgeois, mais il faudra abandonner le nom de “communiste”, par honnêteté. A titre personnel, si ce congrès n’est pas l’occasion d’un retour vers une ligne plus marxiste, je quitterai ce parti sans la moindre hésitation.
  • a commenté 2017-12-15 09:16:45 +0100
    @vassili Krassakis
    “(et sans Jaurès et autres tanches du même tonneau.”
    Jaurés a été assassiné, le 30 juillet 1914, parce qu’il militait contre la déclaration de guerre qui fût effective le lendemain.. Vive Jaurès !
  • a commenté 2017-12-14 23:57:48 +0100
    @Claude Nastorg
    On les trouve ailleurs que sur des sites trotskos :
    karlmarx.fr
    marxiste.fr
    (entre autres)
    C’est vrai qu’il faut un début à tout. N’empêche que ça prendrait pas bien longtemps au PCF, avec ses moyens, de faire un site dédié au socialisme scientifique (et sans Jaurès et autres tanches du même tonneau. Si c’est pour recommencer les conneries qui ont jalonné l’histoire du parti, autant ouvrir une boutique de crêpes). C’est primordial, vu le niveau culturel dans lequel la bourgeoisie et les révisionnistes ont plongé le peuple.
    Amicalement.
  • a commenté 2017-12-12 07:41:40 +0100
    @ Vassili Krassakis Tu as sans doute raison, mais il faut un début à tout. Il est anormal que tous ces textes ne soient accéssibles que sur des sites trotskistes, alors que ce travail pourrait être fait, à distance, par des anciens militants….
  • a commenté 2017-12-12 02:43:20 +0100
    Au delà du simple Marx, c’est toute la théorie communiste qu’il faut remettre en avant.
    Quelques idées:

    Karl Marx
    & Friedrich Engels
    •Manuscrits de 1844
    •Manifeste du Parti communiste
    •Critique de l’économie politique
    •Salaire, prix et profit
    •L’anti-Dühring
    •Socialisme utopique et socialisme scientifique
    •Dialectique de la nature
    •L’origine de la famille de la propriété privée et de l’Etat

    Lénine
    •Que Faire ?
    •Matérialisme et empirio-criticisme
    •L’impérialisme, stade suprême du capitalisme
    •L’État et la révolution
    •La maladie infantile du communisme (le « gauchisme »)
  • a pris position favorable 2017-12-12 02:43:19 +0100
  • a commenté 2017-12-10 16:05:39 +0100
    Le Marxisme est un point essentiel, en tant que jeune adhérant j’y contribue, une bonne idée importante à transmettre !
  • a pris position important 2017-12-10 16:05:33 +0100
  • a commenté 2017-12-10 13:39:35 +0100
    @ Michel Moysan
    Parce qu’un jeune prolo du 21° siècle ne serait pas, sans commentaires, apte à assimiler un texte de 100 pages publié, pour les prolos de 1848 ?
  • a commenté 2017-12-10 11:43:22 +0100
    Cela ne va pas sans une formation et quelques commentaires (éclairés) sansz tomber dnas le cours de philo et d’conomie.
  • a pris position important 2017-12-10 11:43:22 +0100
  • a pris position favorable 2017-12-10 11:43:22 +0100
  • a publié dans La formation des communistes 2017-12-09 11:42:35 +0100