Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

STRATÉGIE DE RASSEMBLEMENT : CLARIFIER POUR DÉBATTRE ET DÉCIDER.
Contributeurs :

A l’étape où nous sommes de la préparation du Congrès, c’est-à-dire les échanges afin de permettre à la commission élue par le CN de rédiger le projet de base commune, il me paraît important de repérer les points d’accord mais surtout de désaccord, et si possible pourquoi il y a désaccords. Points saillants. Dans cette optique, voici quelques points qu’il me semble nécessaire que nous discutions dans le congrès sur le sujet du rassemblement qui est au cœur de notre stratégie : - le dépassement du capitalisme se fera-t-il dans un processus d’évolution révolutionnaire, sur tous les terrains possibles  dans des formes diverses, sur des sujets divers, selon les nécessités et les opportunités des mobilisations ? En conséquence doit-on centrer notre bataille sur des rapprochements (ou des refus de rapprochements ) avec des forces politiques susceptibles d’être dans un gouvernement , ou un exécutif local avec nous ? Je pense que c’est bien un processus permanent et multiforme qui permettra d’abolir le capitalisme, qu’il n’y a pas de victoires négligeables parce qu’enregistrées au plan local, et qu’il faut résolument en finir avec le mythe du Grand Soir à préparer (surtout attendre !) au plan national. Toute avancée réelle, toute amélioration des conditions de vie des gens est non seulement ce pour quoi nous luttons mais aussi un encouragement pour celles et ceux avec qui nous l’obtenons pour poursuivre le combat d’ensemble. - les périmètres des les rassemblements : il s’agit de changer la société par une démarche permanente d’actions conscientes de gens qui veulent mettre l’humain au centre à la place de la finance, qui s’appuient les une les autres ; ce qui doit, à mon avis, toujours déterminer les rassemblements c’est donc le contenu, et pas des considérations (forcément subjectives) sur des étiquettes : il est donc impératif de n’exclure aucune force ni individus à priori, chacun.e devant se déterminer lui-.elle-même sur le contenu mis en discussion pour le rassemblement particulier. Ce qui veut dire que, suivant les rapports de forces à un moment donné à un endroit donné sur un sujet donné, le rassemblement ne soit pas le même à Dunkerque, à Paris, à Foix, que ce soit pour une même échéance électorale ou pour un même thème de bataille (service public, licenciements …). Et ne surtout pas subordonner ou circonscrire la concrétisation d’un rassemblement local ou sur un sujet, à un rassemblement politique national pour une majorité de gouvernement : ce serait le meilleur moyen de figer les rapports de forces et empêcher tout avancée ici ou là. - en corollaire il est important de s’interroger sur un point : faut-il déterminer des priorités dans notre combat, comme le propose le document d’introduction à notre débat ? Mais réponse est non, car nous ne pouvons prévoir les actions politiques et sociales qui sont liées au niveau de conscience de classe dans le pays et aux événements sociaux de natures différentes. Au contraire il faut que nous soyons en permanence attentif.ve.s à ce qui bouge, à ce qui émerge dans le mouvement social et la lutte des idées, et prêt.e.s à y contribuer en l’enrichissant au plan politique. - parmi les enjeux de transformation sociale, il me semble nécessaire et urgent que nous abordions des questions sociétales qui pèsent, mais sur lesquelles il n’y a pas de vrai débat dans le parti  : la prostitution, les drogues, la GPA, la fin de vie (euthanasie), l’écologie...Actuellement seule une poignées de camarades plus ou moins auto-désignée.e.s expert.e.s sur ces sujets, indique, grosso-modo, à l’ensemble des communistes « la position du parti » et les votes au Parlement et autres instances élues. - la démocratie, concrètement, dans nos pratiques de rassemblement : comment la mettre en œuvre ? Et notamment réduire ou supprimer l’écart important entre notre volonté affichée et nos pratiques ? - les élu.e.s : il n’y a pas de faux débat au sujet de leurs relations avec le parti, et il faut bien considérer à la fois le poids qu’ils.elles occupent dans le parti (finances, postes de directions), et la faiblesse des articulations des actions avec le parti dans les deux sens. - le pouvoir : notre parti l’a déjà exercé au plan gouvernemental, et ambitionne de l’exercer encore, mais pourtant nous n’avons pas débat collectif sur la nature du pouvoir, sur le contenu d’une VI ème République, sur la place de la population que nous souhaitons dans l’exercice concret du pouvoir. Clarifier les termes utilisés. Plusieurs termes sont sujets à des interprétations fort différentes qui engendrent des incompréhensions, des confusions, dans nos débats : il faut nécessairement clarifier les notions en questions pour pouvoir les discuter au fond. - le « dépassement » du capitalisme : il est important de se rappeler que son usage remonte à l’époque du « there’s no alternative (TINA) » de M . Thatcher rabâché à l’envi, et de la disparition bloc soviétique, quand les tenants du libéralisme dans le monde ont claironné que le capitalisme avait définitivement gagné. Depuis, avec la généralisation des reculs sociaux et sociétaux dans les pays capitaliste riches, la question de l’alternative au capitalisme est revenue sur le devant de la scène, mais le projet, qui ne peut certes pas être repris du socialisme soviétique, reste à définir et à nommer. Donc je pense que pour faire comprendre que dépasser le capitalisme c’est instaurer une société qui lui tourne le dos, il vaut mieux employer un des termes qui ont le mérite d’être clairs : abolir, remplacer… - le rassemblement : ce terme est compris dans le parti et au-dehors de deux façons différentes et opposées en réalité . On peut le saisir en tant que concept (une idée générale susceptible de diverses concrétisations), ou alors au pied de la lettre en tant que Le Rassemblement pour aller au gouvernement dans la séquence électorale présidentielle/législative. Je pense que ce qui est au cœur de notre choix stratégique, c’est le concept, et que notre stratégie, pour être digne ce ce nom, doit être valable du 1er janvier au 31 décembre, et de Dunkerque à La tour de Carol. En tout lieu et à tout moment, y compris les diverses échéances électorales, mais pas seulement. Pour éliminer les incompréhensions il vaudrait mieux, à mon avis, dire « les rassemblements ». - le pouvoir : ce terme est lui aussi sujet à des interprétations fort différentes qui engendre des incompréhensions dans nos débats. Dans notre champ d’intervention, celui de la transformation sociale, ce terme peut désigner soit un concept (une idée générale susceptible de diverses concrétisations) ou soit Le pouvoir central (gouvernement). Or il y a toutes sortes de niveaux de pouvoirs : ceux qui correspondent aux différents instances politiques, mais aussi celui dans les entreprises notamment. Suivant les moments de nos discussions je pense qu’il faut impérativement bien cerner le sujet, et utiliser le pluriel (les pouvoirs ) si c’est utile. Expliciter ce qui n’est qu’implicite. Les débats sur les diverses concrétisations de rassemblements (électoraux surtout, mais pas uniquement) sont souvent pollués par la crainte, exprimée, trop vaguement, par une partie des camarades, concernant l’ identité communiste : celle-ci risquerait d’être noyée ou diluée dans les rassemblements. Il faut donc que, le plus clairement possible, d’une part soit définie cette identité, et que d’autre part soient identifiées les menaces qui pèseraient sur ladite identité dans les diverses formes de rassemblement. Or sur le 1er point, et sans renier (ce qui n’aurait aucun sens) notre héritage historique et les pratiques politiques qui allaient avec, la prétention ou l’ambition de notre parti n’est plus de tracer à la place du peuple la voie de son bonheur, telle l’organisation d’avant-garde (part-guide), mais de chercher et trouver avec le peuple lui-même les voies concrètes de la transformation sociale en proposant au débat public nos pistes de réflexions et d’actions. Notre apport, irremplaçable, au mouvement de lutte contre l’exploitation capitaliste, est de proposer des choix alternatifs. Sur le second point, et à la suite du point précédent, nous n’avons que des raisons de nous réjouir, à mon avis, que le plus possible d’autres forces politiques et de citoyen.ne.s font leurs (consciemment ou non) nos idées et notre démarche de changement de société. Personne jusqu’ici, semble-t-il, dans divers rassemblements, ne nous interdit d’user de notre engagement communiste, ni d’exprimer nos propositions, ni d’afficher notre logos, ni de nous interdire d’exister en tant que force politique. C’est uniquement de nos décisions d’organisations, avec notre force militante (très affaiblie), des moyens que nous nous donnons, que dépend au quotidien l’expression de notre identité dans le combat politique. En conséquence n’ayons pas de réticence à initier ou rejoindre des rassemblements, mais faisons-le en étant très soucieu.se.s de la qualité de notre organisation.

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