Le Parti et les classes populaires, au travail comme dans la cité - Congrès PCF

C'est quoi la classe populaire?
Contributeurs :

J'attends tellement mieux d'un parti dit communiste... C'est quoi sans déconner qui défini la classe populaire? Est-ce que je fais partie de la classe populaire si j'habite en Banlieue? Ou en HLM? Paris 20 ou 19 ça compte? Le nombre de m² de mon appart? Ou bien je suis classe populaire si je suis bazané? Ou si je parle le verlan et écoute du rap? Hum... Non peut-être que je suis classe populaire si je suis au chômage, voire même au RSA. Si je n'ai pas fait d'études supérieures??? Est-ce que je reste de la classe populaire si j'ai lu Marx et que j'adhère au PCF? Apparemment non si on en croit votre discours: "Il faut regarder EN FACE comment et où vivent les classes populaires ? Comment nos initiatives de solidarité concrète peuvent être une porte d’entrée en politique pour les classes populaires ?" Donc la classe populaire est ailleurs, elle n'est pas dans le parti. Dites-moi, est-ce que les classes populaires sont une cible marketing? Comme la ménagère? Votre discours véhicule une violence sociale tellement révoltante... Je suis incapable de définir ce qu'est une classe populaire et donc encore moins de savoir si j'en fait partie ou non. Tout simplement parce que rien ne la définit factuellement. Ça ne peut donc n'être que l'imagination abstraite que l'on se fait d'une catégorie de la population qui serait en dessous de nous dans le mode de production et qu'il faudrait aider, "cette pauvre victime défavorisée qui n'a pas eu de chance". C'est d'un mépris révoltant qui nous placerait en porteurs de la bonne parole, je lui apporte ma connaissance politique et ma culture à cette inculte!! Mais à aucun moment je ne construis avec elle. Vous êtes sérieux de balancer des trucs pareils? Que sont devenus les exploités? Les prolétaires qui, ne possédant pas les moyens de productions sont contraints de vendre leur force de travail sur un marché? C'est quand qu'on pratique le matérialisme dialectique dans ce parti? J'aimerais qu'on m'explique comment on fait émerger une conscience de classe populaire... (Et c'est quoi d'ailleurs une conscience de classe populaire). C'est extrêmement irritant de lire ce discours bourgeois au sein du parti de la classe ouvrière. Personnellement ça me renvoie au rang du pauvre du parti, celui qui légitime qu'on "s'adresse aux précaires", mais absolument pas qu'on construit ENSEMBLE, TOUS LES PROLÉTAIRES UNIS, une conscience de classe. Je vous conseille de relire le manifeste du Parti Communiste camarades, au chapitre: "Le socialisme conservateur ou bourgeois", peut-être pourrez-vous ensuite faire votre auto-critique.

Les commentaires

  • a commenté 2018-03-06 19:09:36 +0100
    Classe populaire, populisme … définition complexe et comment s’y identifier?

    Pour aller de la classe ouvrière et pour intégrer le tertiaire et autres je pense qu’il faut reprendre l’expression de classe des exploités. Cela touche tous ceux qui vendent leur force de travail aux exploiteurs.

    Peut-être faut-il revenir à nos fondamentaux.
  • a commenté 2018-01-06 16:32:12 +0100
    La remarque sur le marketing résume bien l’attitude pitoyable du P"C"F d’aujourd’hui. Républicain et électoraliste. Vive la Révolution ! Vive le prolétariat !
  • a pris position favorable 2018-01-06 16:32:11 +0100
  • a commenté 2018-01-06 14:05:20 +0100
    Ça n’est pas qu’un problème de discours, qui d’ailleurs ne tient pas tellement à Pierre Laurent, il ne faudrait pas perdre de vue que notre direction est surtout le reflet de l’état du parti et de ses militants, et l’effacement du discours marxiste ça date de Robert hue, c’est porté par une génération de militants traumatisés par l’effondrement de l’URSS. Cette période est en train de se terminer. Mais retrouver un discours marxiste ne suffira pas. Julian Mischi, dans “servir la classe ouvrière”, puis dans " le communisme désarmé ", a montré que le PCF avait une politique volontariste pour organiser les ouvriers des usines et les paysans, en les formant et en leur donnant des responsabilités (donc justement pas en les infantilisant). Et même si, dans la période faste, il y avait des enseignants au parti, et bien c’était toujours les ouvriers que l’on mettait en avant. Puis au fur et à mesure de son déclin, le parti a laissé tomber cette volonté et s’est technocratisé. Ce chantier n’est à mon avis pas étranger à ce constat de Mischi. Alors il ne s’agit pas de dire " coucou les pauvres, venez au PCF"! Mais de réfléchir à un moyen d’organiser tous les salariés, y compris les plus précarisés, pour lesquels les conditions de travail sont rendues tellement chaotiques que c’est encore plus compliqué de s’engager dans un parti. Le prolétariat d’aujourd’hui, c’est pas QUE les enseignants et justement, ça me gêne que dans ma section par exemple, on soit tous entre profs. Alors certes, tous les profs ne sont pas au parti, loin de là, mais même s’ils l’étaient tous, je ne pense pas que ça suffirait à faire la révolution. Donc outre un discours marxiste, il va falloir se doter d’une stratégie pour que notre parti représente l’ensemble du monde du travail.
  • a commenté 2018-01-06 11:50:33 +0100
    @Odile
    Je ne pense pas avoir LA réponse à ta question, elles sont multiples. Mais une chose est sûre pour moi, on ne mobilisera pas les prolétaires en s’adressant à eux comme à des pauvres plaignants. Ça crée une distance entre ceux qu’on regarde comme des pauvres et nous. Ça empêche de nous identifier l’un à l’autre, bref c’est hyper anti-productif. Laissons ça à la social démocratie et à Mélenchon à qui “les pauvres manquent tant”.

    MA réponse c’est la construction collective. Et c’est ce qui se fait de plus en plus, c’est ce que les plus militants actuels cherchent, à Nuit Debout, dans les ZAD et ailleurs. Aujourd’hui, tout les militants non encartés qu’on a retrouvé et qu’on retrouve encore dans ces mobilisations cherchent à créer une conscience collective. Beaucoup trop se trompent en définissant leur lutte comme “citoyenne”. Car ainsi, sans s’en rendre compte ils écartent tous ceux qui qui ne le sont pas: migrants, sans papiers, prolétaires étrangers réguliers, et n’identifient pas comme ennemis ceux qui devraient l’être: La bourgeoisie, celle de macron et de ses députés est “citoyenne” qu’on le veuille ou non… (Je kiffe l’exemple du Média TV sur ce sujet, qui revendique être LE MEDIA CITOYEN face aux autres médias qu’il est incapable d’identifier puisque leurs travailleurs et propriétaires sont citoyens aussi qu’ils le veuillent ou non.)
    Mais cette erreur me montre 2 choses personnellement:
    1) Le besoin de se sentir de la même famille et à égalité peu importe nos revenus pour construire une conscience collective et les voie de l’émancipation
    2) L’absence totale d’une pensée marxiste communiste dans ces espaces même souvent quand des communistes y sont. Car la conscience collective qui fait sens c’est bien la conscience de classe laborieuse (prolétariat et autres on va pas re-rentrer dans ce débat ici lol) face à la bourgeoisie. Et c’est parce qu’on est incapable de faire comprendre ça aux gens, avant tout parce qu’on est incapable de l’incarner puisqu’on défend les pauvres, qu’on est incapables de fédérer avec nous et mobiliser.

    Moi j’ai fait 3 adhésions sur Nuit Debout République. Et pas des adhésions où tu te demandes si les gens vont venir à une réunion. Non non, des militants qui se sont impliqués direct et qui font vivre la pensée communiste pour le parti (Bon ils dépriment aussi bcp de l’état actuel du discours PCF…). Mais j’ai fais ces adhésions avec un discours marxiste malgré le discours pierre laurentiste. Je ne te raconte pas le nombre de cartes que j’aurais distribuées si Pierre Laurent incarnait un discours marxiste au moment où moi je le faisais quotidiennement…

    Après il n’y a pas que ces espaces pour fédérer du monde, mais à ce niveau-là c’est clairement ma réponse.

    Et à l’heure où beaucoup dans le parti commence à dire qu’il faut que le parti soit un espace de libre expression pour les militants je dis non. Il faut que ce soit une espace suffisamment cadrer pour que les gens qui viennent s’y exprimer librement, viennent y chercher les outils de formation d’une conscience de classe. Sinon on fait du France Insoumise BIS.
  • a commenté 2017-12-22 16:15:43 +0100
    Je crois que notre camarade met le doigt sur une question essentielle (parmi d’autres qui le sont également).

    J’espère qu’on veuille trouver le vocabulaire de la description de la réalité de l’exploitation capitaliste pour avoir une contribution plus efficace à l’objectif de s’en libérer.
  • a commenté 2017-12-20 22:36:47 +0100
    Sinon, même si parler de “classe” populaire est maladroit, ça touche à un problème auquel il va quand-même falloir s’atteler: c’est un fait que nous n’arrivons pas à organiser les travailleurs dans les entreprises, c’est un fait que notre parti n’est pas dans les cités HLM. Comment y reprendre pied pour que s’y développe une conscience de classe et une culture militante?
  • a commenté 2017-12-20 22:04:23 +0100
    Effectivement le terme “classe populaire” est ambigu et impropre à redonner une conscience de classe car il ne nous situe pas en fonction de notre place dans les rapports de production. Notre parti a abandonné depuis belle lurette les termes de prolétariat et de classe ouvrière, c’est un fait, on peut le déplorer mais suffit-il de réemployer ces termes pour que l’on puisse à nouveau s’identifier à eux? J’ai l’impression que beaucoup de gens, et même de militants, jugent que ces termes de “prolétaires” et de “prolétariat” ont pris la poussière, qu’ils renvoient dans l’imaginaire collectif aux ouvriers du 19ème siècle dans l’usine du 19ème siècle, ceux qu’on voit dans “le jeune Karl Marx”. Pourtant, l’analyse en terme de classe et de position dans les rapports de production est toujours pertinente. Personnellement, j’ai beau n’avoir que ma force de travail à vendre pour vivre, je ne sais pas si je suis très crédible en me désignant comme prolétaire. Certains comme Bernard Friot parlent de “salariat” pour désigner la classe des exploités. C’est plus neutre (un peu trop?), mais ça ne prend pas en compte les nouvelles formes d’exploitation qui émergent avec l’ubérisation et les travailleurs qui n’ont pas le statut de salariés.
  • a pris position important 2017-12-20 22:04:22 +0100
  • a publié dans Le Parti et les classes populaires, au travail comme dans la cité 2017-12-19 17:09:42 +0100