Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Ce congrès extraordinaire appelle une mobilisation extraordinaire
Contributeurs :

Ce congrès extraordinaire appelle une mobilisation extraordinaire pour répondre, entre autres, à la situation électoralement la plus mauvaise de l’histoire où s’est trouvé le PCF lors des élections Présidentielles et législatives de 2017. La préparation du Congrès a voulu être dans ces conditions avec un temps suffisant à la réflexion et des moyens de dialogue et d’échanges, pour permettre de produire une base commune vraiment commune, comme les Communistes y aspiraient. Dans ce contexte, on peut déjà s’interroger sur l’échec du CN à répondre à cette attente et qui a validé la base commune : les 170 membres du CN élus, il y a deux ans, il n'en restait plus que 80 pour voter le texte qui n'a reçu l'aval que de 49 membres. Soit 25% du CN. Le souffle réclamé s’est transformé en soufflet qui est retombé à la lecture de la base commune qui a une légitimité relative. Les statuts le permettant, qu’on le veuille ou non, l’espérance d’un vent nouveau étant caduque, nous sommes donc avec 4 textes. Cette formule décourage beaucoup de Camarades à s’investir et, hélas, cela se vérifie dans les réunions de Cellule, les A.G de Section et Fédérales, à quoi s’ajoutent les blessures de 2017. Nous acheminons-nous vers un congrès de directions ? Je le crains ! Pour ma part, et la majorité de ma cellule, je soutiens texte le Manifeste, comme 17 secrétaires fédéraux à ce jour, plus de nombreux députés et leur Président de groupe et élus et des Camarades qui n'ont jamais manifesté le moindre désaccord pour mesurer à quel point nous sommes de ce point de vue dans un souffle nouveau: ce qui est en cause, c'est la survie de notre parti et le texte du CN invite à la simple poursuite, confus , ne permet pas de poser les termes du problème. La question du bilan est venue fortement dans les préoccupations des Communistes. Ce serait une erreur de le limiter à la période Mélenchon. Sans développer, car il y a de quoi écrire des livres, je retiens 3 éléments en matière de repères : 1) Le recul du P.C.F. peut se dater à 1956 : rapport Khrouchtchev, invasion de la Hongrie, néanmoins le PCF demeurait le premier parti de France. 2) 1958, la Ve République la présidentialisation du système, le PCF perd sa place de leader des partis, s’efface en 1965, et réalise son dernier bon résultat, en 1969 avec Duclos largement en tête de la gauche. 3) Les Années 90 et l’effondrement de l’URSS et ses répercussions planétaires. Dans dans notre histoire, le fil rouge de La stratégie a été l’union avec les socialistes de 1920 à nous jours, une sorte de volonté de refaire le Congrès de tour à l’envers. Cela a produit des conquis sociaux et démocratiques qui ont marqué la France dans des rapports de forces nationaux et internationaux positifs pour la classe ouvrière, mais a été traversée par une constante dominante de trahisons induites par la nature réformiste du courant social démocrates. Là aussi, quelques raccourcis pour illustrer : 1920 minoritaires, ils créent un autre parti, 1914 abandon de la ligne pacifique de Jaurès et au-delà dans toute l’Europe alors que le pouvoir était à portée de main, 1936, ils laissent agoniser la République Espagnol, accords de Munich, plein pouvoir à Pétain, IVe République la Gauche est majoritaire, mais les sociaux-démocrates n’en finissent pas avec les combinaisons avec la droite, guerres coloniales, 1958 soutien à la Constitution puis au vote pour le suffrage universel pour le Président, soutien à la construction du Marché Commun, à la guerre froide au surarmement et l’O.T.A.N. 1965 candidature commune de Mitterrand aux Présidentielles, 68 la troisième force au stade Charléty sans les Communistes, 1969 candidature Defferre et les 21% de Jacques Duclos, 1981 le Programme Commun devenu les 110 propositions et 1983 l’austérité, plus une promotion du FN, pour une gestion loyale du capitalisme jusqu’au gouvernement Jospin et l’inversion du calendrier, 2012 le mitterrandien Mélenchon nous fait un bis répétita du Programme Commun et en 2017 nous lâche en bon social-démocrate. À aucun moment, ils n’ont, lorsqu’ils en avaient les moyens, changé la Constitution de 1958, au contraire, ils s’en sont emparés. Cerise sur le gâteau, l’ennemi de la finance dont on connaît le bilan nous a offert Macron. Je vous épargne , l’internationale avec la République de Weimar, l’arrivée d’Hitler au pouvoir et la stratégie de l’Internationale socialiste à la Tony Blair, Schröder et compagnie. Il ne s’agit pas de faire le bilan de la social-démocratie, puisque nous sommes Communistes, mais bien celui des accords de sommet du P.C.F. sous toutes ses formes (Front Populaire, CNR, Programme Commun, Collectifs Anti-Libéraux, Gauche Plurielle, Front de Gauche). Qu’est-ce qui a péché dans cette démocratie bourgeoise, pour la voie démocratique au socialisme à la française ? Au-delà, dans l’affrontement de classes international, les voies démocratiques et la dictature du prolétariat n’ont pas pu asseoir le dépassement du capitalisme. D’où aujourd’hui les grandes interrogations, les doutes des Communistes sur la Chine, Cuba, le Vietnam, les expériences d’Amérique Latine, l’alliance B.R.I.C. (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui cherche à s’extraire de la domination impérialiste du Dollar US… est-ce une forme de dépassement du capitalisme? Les Communistes Français ont-ils seuls la réponse ? Faut-il reconstruire une internationale Communiste à l’heure de la concentration planétaire capitaliste et sa domination économique, idéologique et guerrière ? La « dictature du prolétariat » abandonnée par le PCF, doit-elle être remplacée par la « dictature du peuple » ? La dictature de la minorité remplacée par celle de la majorité ? Les échéances électorales par la force des choses envahissent l’activité militante : est-ce l’alpha et l’oméga d’un parti révolutionnaire ? Le bilan que je viens d’évoquer tend à prouver que non. Si on le regarde de plus près, ce qui a le plus compté à l’échelle seulement de l’histoire du P.C.F. (mais l'histoire sociale est ainsi) ce sont les mouvements sociaux de masse, 1936, de la Libération, de Mai 68 le tout égrené de luttes permanentes à des niveaux différents et donc des résultats divers. Ce qui a pesé dans ces mouvements menés par la classe ouvrière et son syndicat de classes La CGT, avant garde, c’est à la fois l’ampleur, la durée et le blocage des moyens de production. Où est le pouvoir ? Dans les Assemblée d’élus ? Non, dans les entreprises. Pour être plus précis dans le travail. Dans chaque phase de révolution, il est au cœur, l’esclavage, le servage, le salariat. Hollande Macron se sont attachés casser le Code du Travail en priorité. Ce n’est pas un hasard que le Communisme, en particulier avec Marx, met en avant le travail producteur des richesses, pose la question fondamentale du travail par l’appropriation sociale des moyens de production et d’échange avec l’autogestion par les travailleurs. Comment ne pas voir aujourd’hui qu’il demeure plus que jamais l’enjeu majeur de la bataille de classes ! Loin de disparaître, le prolétariat moderne, celui qui n’a que sa force de travail à vendre pour vivre, c’est considérablement élargi, moins de paysans, moins de petits commerces, plus de femmes au travail salarié, division du travail internationalisé, paupérisation d’une partie de l’encadrement etc… Mais il est aussi en mutation pas seulement par la révolution informatique, mais essentiellement par la mise au service de celle-ci à des fins de supers profits capitalistes. Si la France s’est désindustrialisée, ce n’est pas seulement à cause des robots, c’est une volonté politique de la construction U.E de donner cette part du gâteau à l’Allemagne fers-de-lance des USA dans la guerre froide. À nous le tourisme et le commerce. Il y a 5 000 salariés environ autour de Marcoule, il y en a autant dans la zone d’activités Auchan Nord à Avignon. Les uns, globalement sous un statut qui impose des résistances au quotidien car toujours menacé, les autres précaires, en contrats atypiques, souvent en dessous du SMIC car moins de 35H, des statuts de merde, taillables et corvéables et sans tradition syndicale et trop souvent sans syndicat. Un vrai défi de taille, dans les deux cas, pour le militantisme du P.C.F. Comment toucher ces travailleurs ? Comment se faire entendre ? « … les communistes appuient en tous pays tout mouvement révolutionnaire contre l'ordre social et politique existant. Dans tous ces mouvements, ils mettent en avant la question de la propriété à quelque degré d'évolution qu'elle ait pu arriver, comme la question fondamentale du mouvement… ». Marx C’est à ce monde du travail dans son ensemble que doit militer le PCF, car c’est dans l’entreprise que se mène la bataille économique et idéologique, que des pouvoirs de gestion communiste doivent voirent le jour, en s’appuyant sur les expériences Communistes, telle la Sécurité Sociale. En effet, il ne suffit pas d’avoir comme formule la Sécurité Emploi, Formation, il faut la vulgariser de manière simple, compréhensible vers les travailleurs sur des bases politiques éclairant les enjeux de lutte de classes et de projet de société Communistes que cela comporte. Il faut leur parler de leur pouvoir d’achat, donc des salaires augmentés, meilleure façon de taxer le capital, de la défense de la production et de l'impérative nécessité d’y prendre le pouvoir, que cela implique de durs combats qui ne peuvent être que de classe. Il faut revitaliser la notion de classe ouvrière moderne, solidaire et que le travail crée les richesses, même dans le secteur spéculatif de la haute finance internationale. Dans la multinationale où je travaillais en France, grâce à la CGT majoritaire les salariés maitrisaient la notion de coût du capital. Les actionnaires en quelques années sont passés dans la branche ascenseurs de 10% de profitabilité à 15% . Qui a payé ? La spéculation boursière ? Non, 35 000 emplois supprimés dans le groupe, des branches industrielles coupées, plus que deux usines d’Ascenseurs en Europe, haut de gamme en Allemagne et le low cost en Espagne, fermeture en France de l’usine à Angers, et l'on est passé de 3 500 salariés à un peu plus de 1000. Maintenant, la France est dépende dans ce domaine industriel de multinationales étrangères, alors que nous avions un savoir faire et les outils. Est-ce la faute de la modernisation de l’outil de travail ? Non, parce qu’il l’ont fermé. Non, car dans la partie services la plus juteuse financièrement, au lieu de libérer le travail, cela a augmenté les charges de travail et le contrôle du travail par la géolocalisation des techniciens. Non, ce qui est en cause ce sont les 5 points de profits supplémentaires. La CGT était et est toujours majoritaire, elle avait des solutions de développement, mais elle aussi est marquée par la délégation de pouvoir pour négocier qu’ont les salariés dans un coin de leur tête. On ne peut pas leur jeter la pierre la Révolution Française portait déjà en elle cette délégation de pouvoir aux élus, ce qui a bien arrangé la bourgeoisie et qui lui profite toujours. Je l’ai dit plus haut, le PCF aussi a porté cette forme de démocratie avec ses élus et ses stratégies d’alliances pour prendre le pouvoir au bourgeois avec leur outil électoral. Dans son champ de luttes la CGT n’a pas failli dans cette entreprise, mais les plans sociaux passés la perspective syndicale s’est amoindrie. Cette entreprise un des fleurons économiques de la ville d’Angers a eu jadis une cellule d’entreprise, elle a fourni des élus au P.C.F. et de très bon militants, mais au moment où son existence était menacée, ce qui impliquait aussi une bataille politique, elle n’existait plus. Ce qui induit après le sinistre industriel de la ville un effondrement de la perspective politique dans la classe ouvrière, aucun pouvoir politique même du temps de Jospin au pouvoir, sollicité, n’a répondu aux attentes. Voilà la source du grand développement de l’abstention dans les quartiers populaires, premier parti et du recul du PCF. Le cœur de la politique du parti doit être le travail, qui est le résultat d’une activité faite par des producteurs dans des structures collectives, où un seul travailleur ne sait pas tout et ne fait pas tout, faites de femmes, hommes, intellectuels, manuels, de toutes origines ethniques, religieuses, philosophiques, de diverses orientations sexuelles, dans une économie où ont n’a jamais eu autant de moyens de l’histoire de l’humanité pour produire du bien-être, de l’épanouissement individuel dans le collectif. La Grèce antique avait les esclaves qui produisaient les richesses et les nobles qui s’occupaient de la gestion de la cité, de la culture, des loisirs. La révolution des sciences et des techniques, la robotique, catégorie d’esclaves modernes, concept moderne du travail à développer, ouvrent de larges portes et des opportunités extraordinaires à ces activités démocratiques et culturelles au prolétariat moderne. N’ayons pas peur de ces mutations prometteuses sauf si on les laisse dans les mains du capitalisme. Vraie bataille idéologique à mener dans les entreprises pour contrer les vécus. Dans cet esprit, un mot sur les élections européennes. 1° Où est le bilan de la Gauche Unitaire Européenne/Gauche Verte Nordique ? 2° L’U.E, il ne s’agit pas d’en sortir ou d’y rester, de plan A ou B, nous n’avons d’autre issue que de sortir du capitalisme. Résumé par la formule des Séves Père et fils : Capitalexit ! « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! », Manifeste du Parti Communiste Marx Engels. Dans cette logique, ma préoccupation première n’est pas tant le rajeunissement des cadres et le mode de fonctionnement du Parti, mais sa composition sociale. Quelle place et quel rôle de la classe ouvrière moderne dans le parti, dans tous les niveaux, de la Cellule au sommet , dans toutes les directions, sans oublier les élus ? Quelle place et quel rôle des syndicalistes de classes dans le PCF avec le respect de l’indépendance syndical ? Quelle représentation de la classe ouvrière dans les délégations du Congrès ? Je mets cela en avant en priorité, bien évidemment, ce serait un non-sens Communiste, sans évacuer la représentation des femmes et des Camarades issus de l’immigration, qui tiennent une place de surexploités dans le travail. L’histoire contemporaine du Communisme n’est-elle pas à revisiter à l’éclairage de ses ombres et ses lumières pour construire un Communisme autogestionnaire qui irrigue la société en profondeur, pour un dépassement du capitalisme sans retour ? Devons-nous nous obnubiler par ses scores électoraux en nombre d’élus, y plonger toutes nos forces militantes ou mener la bataille idéologique du Communisme (y compris dans la bataille électorale) qui produira des rapports de forces dans la société et au sein de la gauche aboutissant à des moyens constitutionnels en phase avec la revendication du monde du travail ? La contre-révolution capitaliste entamée dans les années 70 par l’École de Chicago (engendrant Pinochet, Thatcher, Reagan… et tout ce qui a suivi), a gagné temporairement la lutte des classes. Les Gauches par génétique politique et les Communistes par défaut de jeunesse au regard de l’idée théorisée par Marx il ya seulement 170 ans pour le Manifeste du Parti Communiste, n’ont pas trouvé les réponses adéquates et ont été emportés par la contre-offensive contre le Communisme, qui menaçait l’avenir planétaire du système capitaliste, c’est d’ailleurs ce que portaient les Communistes du monde. Le bilan est là ! En substance de classe, la question du Communisme se pose avec nécessité vitale, les autres voies portant ou accompagnant le capitalisme ayant échoué pour « l’avenir radieux de l’Humanité. Car, ce qui domine aujourd’hui c’est la barbarie, la pollution, l’exploitation à outrance, la culture, la santé, l’éducation, le logement, l’énergie, etc devenus marchandise ayant comme seul horizon le taux de profit à court terme dans un marché purement capitaliste qui serait régulateur et dégoulinerait vers le bas. L’appropriation sociale et démocratique des secteurs clefs de l’économie et de la finance sont l’ordre du jour. La grande question des migrations planétaires présentes et à venir ne peut se comprendre sans porter en même temps le pleine emploi, les coopérations internationale mutuellement fructueuse pour les populations laborieuses et la Paix et le désarment. L’écologie n’aura de réponse que dans un combat de classe, car le profit à court terme est incompatible avec une politique de production industrielle, de transformation de fond des consommations et des échanges de marchandises. Pour autant, la « fin de l’histoire » annoncée par Fukuyama, après l’affaissement des pays socialistes, n’a pas arrêté l’idée socialiste qui est en train de connaître un regain mondial. Paradoxalement les USA en sont un exemple, si l'on ne s’arrête pas aux apparences. Il en est de même pour la Chine, en phase de devenir la première puissance mondiale, toujours si l'on ne s’arrête pas aux apparences. Les luttes contestent l’agriculture intensive capitaliste, les expériences autogestionnaires se développent comme les Fralib, la recherche politique parfois confuse, car sans repère de classes, avec les nuits debout ou le mouvement F. I révèlent des aspirations à intervenir directement dans le champ politique. Avec l’ère Macron la fin d’un cycle, celui du pouvoir personnel d’un Prince Président à la Napoléon le Petit, peut disparaître, si le PCF et au-delà le Communisme, mettent fin à un cycle d’un centralisme démocratique mal digéré dans sa démocratie interne et dans pratique externe. Il s’agit bien pour tous les Communistes de s’emparer du « Manifeste du Parti Communiste du XXIè siècle » afin d’en faire la base commune à amender. « Les prolétaires n'y ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner ». Manifeste de 1848. DECLOSMENIL Dominique Secrétaire de Cellule Canton de Villeneuve Les Avignon Fédération du Gard

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