Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Arrêtons le dangereux glissement social-démocrate de notre Parti
Contributeurs :

Certes il y a besoin d'un programme à court terme mais il y a aussi besoin de perspectives à long terme, de perspectives à proprement parler politiques. Si nous nous contentons du programme à court terme, notre action relève d'une action syndicale pas d'une action politique. Or les différentes luttes qui existent ont besoin de perspectives politiques pour ne pas s'enliser. Les grandes grèves de 1995 ont accouché d'une souris faute de perspectives politiques. Le rôle révolutionnaire de notre Parti est justement de proposer de telles perspectives, de vouloir faire advenir une nouvelle société et de montrer que c'est possible. Dans ce cadre, les propositions de Frédéric Boccara et de Denis Durand pour prendre le pouvoir sur l'argent me semble essentielles. Comme je le dis souvent, mourir sur les barricades pour le tri sélectif, bof. Mourir pour une nouvelle société, pour prendre le pouvoir, c'est autre chose. La conviction, et la combativité qui en découle, est là. La vitalité et la visibilité du Parti en dépendent. Je pense que dire que le communisme était un dépassement continu du capitalisme fait disparaître toute perspective politique, tout but à notre action. Nous nous perdons dans un marécage de transformations (d'aménagements?) minuscules du capitalisme. C'est le tonneau des Danaïdes, nous nous y épuisons, perdant conviction, combativité, vitalité et visibilité. Ayant perdu toute conviction concernant notre combat, nous abordons les alliances avec les autres forces de gauche sans combativité et nous nous laissons imposer des plate-formes d'où nos propositions ont disparu. Le summum du genre ont été les élections présidentielles de 2017 où nous avons apporté un soutien inconditionnel à Mélenchon, là même pas de négociations! L'examen du déroulement de l'actuel Congrès me font dire que les statuts adoptés au 36ème Congrès nuisent à la démocratie dans le Parti et nous font glisser vers un fonctionnement du type de celui du PS. Concrètement nous allons avoir un mois, juillet et août ne comptant pas, pour choisir entre les différents textes qui vont nous être proposés comme base commune de discussion. Comment les camarades vont-ils faire pour lire et analyser cette masse de documents ? C'est impossible pour la plupart d'entre nous. Alors comment allons-nous adopter la base commune de discussion ? Concrètement ? Je pense que beaucoup de camarades vont regarder le nom des signataires des différents textes proposés et vont voter non pas en fonction des textes mais des noms. Cela ne fait-il pas furieusement penser au fonctionnement des Congrès du PS avec les motions pour lesquelles votent les adhérents ? Sans compter que nous allons avoir quinze jours pour discuter dessus, l'amender et voter. C'est ridiculement court. On ne peut pas discuter de manière approfondie en un temps aussi court. Peut-on encore décemment parler de base commune de DISCUSSION ? Si nous ne voulons pas que notre prochain Congrès se déroule ainsi, il faut impérativement mettre la question des statuts du Parti à l'ordre du jour de ce Congrès-ci. Nous voulons transformer le Parti, oui ou non? Transformer le Parti sans toucher aux statuts, transformer le Parti sans toucher aux règles qui le régissent, est-ce raisonnable ? Concernant le Congrès l'objectif n'est pas de faire une synthèse des différents textes au nom d'une sacro-sainte unité(comme au PS), mais sur la base d'un bilan d'adopter une stratégie et une organisation conforme à ce que nous voulons que soit le Parti. Nous devons également nous donner une direction convaincue par ces choix, car sans cela elle sera dans l'incapacité d'impulser le travail nécessaire à leur mise en œuvre. Dans son intervention au débat organisé dans le cadre du Congrès à Rochefort, Igor Zamichiei a signalé le faible nombre de dirigeants issus de la classe ouvrière ou des couches moyennes salariées au sein de la direction nationale. Cet état de fait fait également courir le risque d'une social-démocratisation du Parti. Je pense que la disparition des formations (écoles de section, fédérales, nationales de 1 et de 3 mois) est directement responsable de ce glissement. Si nous voulons des cadres issus de la classe ouvrière ou des couches moyennes salariées, et non des cadres comme au PS issus des classes supérieures, nous devons les former ! Sans compter que de telles formations donnent les moyens intellectuels de marcher à contre-courant de l'idéologie dominante. Nous savons tous à quel point c'est difficile.

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