Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Bilan et politique d'union
Contributeurs :

La feuille de route adoptée par l'assemblée des animateurs de section prévoit la production d' « une proposition d'orientation de notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle. » et il est bien évident que la réflexion sur les transformations du Parti n'a de sens qu'en fonction de notre démarche stratégique. Alors partons du bilan. Ce bilan doit d'abord être celui de la dernière séquence, depuis le 37eme congrès. Aux élections législatives notre Parti a obtenu le plus mauvais résultat de son histoire : 100 000 voix de moins qu'en 1932 alors que le corps électoral a plus que doublé (augmentation de population, vote des femmes, majorité à 18 ans!) Et il faut rappeler qu'en 1932 le Parti sortait d'une période où une ligne hypersectaire l'avait mis en grande difficulté (groupe Barbé Célor). Maurice Thorez avait mené la bataille pour rompre avec cette ligne et avec les pratiques qui l'accompagnaient dans la vie du parti. (Articles dans l'Hum anité « Pas de manequins dans le Parti », « Que les bouches s'ouvrent », « Semons la pagaille ») mais les effets de ces transformations n'en étaient qu'à leur tout début. (Et il ne faut pas se voiler la face en arguant du fait que nous avons réussi à élire 11 députés et à conserver le groupe, sur ces 11 députés, 9 ont été élus avec des pertes de voix sur 2012 de 380 à 10837voix (y compris dans des circonscriptions où FI ne présentait pas de candidat.) Ce résultat a été obtenu à l'issue d'une séquence politique qui m'interroge. Quand je reprends le no de « Communistes », supplément à l'Humanité du 8 Juin 2016 je lis en première page : « La feuille de route vers la présidentielles 1)Appel pour se rassembler pour un pacte d'engagement commun 2)Campagne d'écriture publique et citoyenne du pacte 3)Octobre, votation citoyenne sur le pacte 4)Désignation d'une candidature. Si plusieurs candidats, primaire citoyenne ou autrte processus pour les départager 5)le 5 novembre, Conférence nationale du PCF pour décider de l'attitude du Parti, de la candidature qu'il présentera ou soutiendra. » par ailleurs dans le texte adopté par le congrès il est précisé à propos de la désignation d'une candidature (même document pXVI 1ere colonne lgne 24 «Les communistes travailleront peinement à un tel processus et à y engager un.e candidat.e pour y mettre en débat nos idées et y porter notre conception du rassemblement ».  Durant les mois de Juillet, Août et Septembre nous avons mené la grande consultation citoyenne avec le questionnaire « Que demande le peuple » et nous nous sommes appuyés sur ses résultats pour rédiger un programme intitulé « pacte d'engagement citoyen ». Par contre je n'ai pas connaissance (mais j'ai peut être dormi?) d'une campagne d'écriture publique et citoyenne ni d'une votation citoyenne et encore moins d'un processus de désignation d'une candidature. Ensuite a eu lieu la conférence nationale . Elle a pris position pour qu'une candidature communiste soit présentée (quite à la retirer le cas échéant au profit d'une candidature de rassemblement de toute la gauche qui aurait pu être au 2eme tour) Je n'ai pas compris pourquoi les communistes ont été consultés non sur cette position mais sur l'alternative : candidature communiste ou soutien à Mélenchon comme si la conférence nationale n'avait rien tranché et cela m'interroge fortement. Dans ces conditions, il me paraît indispensable que la direction du parti présente un rapport d'activité (ce qui était la pratique dans le Parti jusqu'au 14eme congrès)et explique comment ont été mises en œuvre les décisions du 37eme congrès. Le bilan ne peut se limiter à cette période. Nous n'avons pas réussi à obtenir le résultat de 2017 en seulement un an d'efforts. Il faut remonter beaucoup plus loin. Et le bilan des dernières années s'impose. Au point de rencontre que nous tenons tous les samedis avec tract et Huma Dimanche une came m'a posé la question : « Qu'est-ce que c'est que le Parti communiste ? » Que quelqu'un, à Vitry sur Seine par dessus le marché, pose la question interroge. Et je me suis apperçu qu'aujourd'hui y répondre rapidement n'apparaît pas si évident. Et cela aussi interroge ! Pour ne pas allonger je vais seulement pointer une question, celle de notre politique d'union depuis un certain nombre d'années. Pour l'essentielle elle n'est plus une politique de rassemblement dans l'action pour des objectifs politiques et sociaux répondant aux besoins des producteurs, salariés d'abord mais aussi artisans et paysans. Elle s'est réduit à la recherche d'alliances électorales avec des forces politiques dont l'objectif prioritaire était de se renforcer à nos dépends. Et nous nous sommes pliés à ce jeu au point de remplacer des candidats communistes éligibles par des candidats issus de nos « alliés », ce qui a abouti à des pertes d'élus non négligeables avec une dégradation correspondante de notre influence politique. Il s'est agi d'une véritable ligne politique avec la volonté de la direction nationale de l'imposer aux communistes. Pour illustrer cette analyse je prendrai l'exemple des élections départementales de 2015 dans le Val de Marne. Alors que les communistes de Vitry sur Seine proposaient de présenter trois candidat.e.s communistes et une personnalité non communiste, il leur a été proposé de remplacer une candidate communiste et une suppléante par des candidates « Vert » alors que les verts s'étaient alliés à la droite pour faire tomber la municipalité cde Villejuif. L'assemblée générale réunie le 24 Janvier 2015 a à une large majorité refusé cette proposition (la majorité aurait été encore plus large si avaient été pris en compte les courriers de camarades qui dans l'impossibilité d'assister avaient écrit pour donner leur avis). Les choses auraient pu en rester là mais la direction fédérale a suscité une réunion de l'exécutif de la section de Vitry qui a eu lieu le 10 Février 2015 avec comme ordre du jour : passer outre à la décision de l'Assemblée Générale ( au mépris des statuts) et décider d'accepter la proposition « unitaire » qui avait été rejetée. Cerise sur le gâteau : cette proposition était appuyée par une lettre de Pierre Laurent datée du 9 Février 2015. Fort heureusement l'exécutif de Vitry a repoussé la proposition (elle aurait fait exploser la section de Vitry et probablement conduit à la défaite électorale) et les quatre candidat.e.s proposées par les communistes de Vitry ont été élus ce qui a contribué à conserver la présidence communiste du conseil départemental du Val de Marne. Ceci dit cette ligne ne sort pas de rien. S'enracine dans des problèmes politiques de fond qui portent sur le rôle du parti révolutionnaire aujourd'hui et sur les perspectives de changement de société. Autrement dit sur la stratégie de notre parti. THOMAS Jacques. Adhésion : UJRF 1950, PCF 1953

Les commentaires

  • a commenté 2018-04-02 17:45:26 +0200
    En réponse au camarade Thomas de Vitry dont j’ai reçu sa critique sur mon texte ci-dessous au siège de la section d’Aubagne .
    Sur la politique d’union : je pense que ton désaccord s’explique par ton accord avec la stratégie des dirigeants du PCF depuis les années 30. Je pense que pendant la résistance de nombreux camarades n’étaient pas d’accord avec la ligne Thorézienne de rendre les armes et de faire un gouvernement avec De Gaulle. Le CNR a été un compromis en notre faveur grâce au courage de nos résistants et au fait que la bourgeoisie était affaiblie par sa collaboration avec le nazisme et le pétainisme . Je pense aussi que nous n’aurions jamais dû aider la SFIO à se redresser par des alliances électorales qui lui ont permis de se refaire une santé à notre détriment . Sur 1968 , tout ce que tu affirmes je le sais car j’ai participé activement à ces évènements en tant que Secrétaire de la JC de Villejuif(400adhérents et 5 cercles) et membre du bureau Fédéral avec Pierre Barre comme secrétaire fédéral (dont je viens d’apprendre la disparition dans l’huma et auquel j’envoie toute mon hommage et mon affection). Ces évènements restent pour moi et d’autres camarades comme une occasion révolutionnaire manquée car le rapport de forces était en notre faveur et nous avions encore dans nos rangs de nombreux camarades issus de la résistance prêts à faire front à la réaction bourgeoise gaullienne et sa pseudo armée vaincue par les vietnamiens et les algériens. Mais la peur , le manque de courage et l’habileté de Pompidou ont permis à nos bourgeois de souffler et de réfléchir à une réorganisation économique de tout leur système productif pour affaiblir la classe ouvrière durablement . La promotion de Mitterrand, après Giscard et la mort impromptue de Pompidou a poursuivi par l’austérité le déclin du pays et de ses forces vives comme je l’explique dans mon texte .
    Sur la France en tant que 6ème puissance : Je ne partage pas ton optimisme même si Boccara est ta référence . Nos économistes sont sûrement “parfaits” dans leur analyse sur le capitalisme français , mais 12 millions de gens dans le non-travail c’est un drame pour le pays avec ces cerveaux mis en jachères depuis des années et cela plombe toute notre possibilité de richesse à distribuer au peuple . La France s’est choisi depuis De Gaulle(qui a quand même développé le capitalisme monopoliste d’Etat que Georges Coignot a analysé dans un de ses livres) , par ses votes , des dirigeants médiocres et sans aucune vision d’avenir pour notre beau pays . Nos capitalistes oligarques se sont mondialisés pour sauver leur profit qui sont le plus souvent sous forme d’actions surévaluées et pleine de risques de krachs à tout moment . Notre présence dans l’Europe du capital nous affaiblit avec cette monnaie de singe l’euro et notre alignement sur l’Allemagne en permanence alors que nous devrions être très indépendant dans tous les domaines économiques et culturels et développer une coopération utile et donnant-donnant avec la Russie de Poutine , la Chine de Xi Ji Ping et le Vietnam du grand Ho chi MInh . Tu ne peux transformer l’Europe actuelle qui est aux mains des capitalistes allemands (les anglais l’ont compris et ils se barrent) et nous avec Macron et son équipe de bras cassés nous allons nous fourvoyer dans cette utopie historique qui a tout le temps échoué depuis les romains . La France doit redevenir un grand pays avec ses ouvriers-ingénieurs-savants , ses enseignants et ses agriculteurs . Pour cela il faut qu’elle retrouve un souffle révolutionnaire capable de la porter très loin économiquement et culturellement . Nous Communistes , nous devons y contribuer de toutes nos forces avec tous les citoyens disponibles . L’histoire à venir , je le pense , règlera nos désaccords et sur ce je te transmets toutes mes amitiés .
  • a commenté 2018-03-22 09:40:22 +0100
    J. Thomas réponse à Bernard Sarton D’abord en ce qui concerne la politique d’union. Tu écris  «  D’ailleurs le PS pendant des décennies a joué ainsi sur le vote utile dit de gauche en faveur des socialistes. Les dirigeants du PCF, au nom de l’union de la gauche , ont encouragé cette manière de faire qui a abouti à élire Mitterrand au nom d’un programme commun jamais appliqué par ce sieur. Marchais comme Thorez ont joué ce jeu politique qui a contribué à décourager les militants et à affaiblir électoralement le PCF avec la perte de la “ceinture rouge” de la région parisienne et d’autres grandes villes comme Le Havre-Amiens-Bourges-Saint-Etienne etc. … La bourgeoisie a su manipuler tout le système électoral et médiatique pour conserver son pouvoir après les événements de 68 qui l’ont fait trembler de peur . Waldeck-Rochet , au pouvoir du PCF à cette époque , a laissé De Gaulle se réinstaller à l’Élysée sur ordre des soviétiques et par peur d’un affrontement armé .  »
    Dans ce résumé historique tu mélanges les époques et on se retrouve en pleine confusion. Durant tout le XXeme siècle une part importante de la population et de la classe ouvrière était sous l’influence des idées sociales démocrates. Ce qui rendait l’union incontournable pour imposer des avancées sociales et politiques. Quand Maurice Thorez a pris l’initiative du Front populaire, la PS était plus fort que le PCF. Le Front Populaire a permis des avancées considérables et notre parti s’est renforcé. A la libération, nous avons proposé au Parti Socialiste de constituer un gouvernement PCF-PS. Il a refusé et finalement c’est un gouvernement PCF-PS-MRP qui a été constitué avec les limitations que cela impliquait (sans parler du prestige de De Gaulle) Et cette union a permis des conquêtes ouvrières très importantes (Sécurité sociale créée par le ministre communiste Ambroise Croizat, Statut de la fonction publique construit avec les syndicats par Maurice Thorez, grandes entreprises publiques et statut des cheminots ou des électriciens…. C’est la rupture de l’union et l’expulsion des ministres communistes en 1947 sur ordre des USA qui a ouvert une longue période de régression sociale en dépit de la force du PCF .
    Tant qu’à faire suivons l’ordre chronologique et passons à 1968. D’abord, une première remarque, en 1968 faute d’union, le débouché politique n’apparaissait pas. Il y avait 12 millions de grévistes. Je me souviens d’avoir entendu Georges Marchais, poser la question aux camarades des entreprises : Dans ton entreprise, les salariés en grève, ils sont en grève avec quel objectif ? Les revendications ou la révolution ? Tous répondaient que l’objectif n’était pas la révolution. Je me souviens également de la réaction à mon piquet de grève quand De Gaulle a annoncé des élections législatives : « C’est juste, il ne faut pas qu’une minorité prenne le pouvoir ». Voilà pour le contexte politique.
    Ceci dit, il y a eu deux jours (un Mardi et un Mercredi) où De Gaulle avait disparu de l’Élisée et où certains se rependaient en disant qu’il suffisait d’un commando pour prendre le pouvoir (mais ils se gardaient d’y aller!). De Gaulle était en Allemagne et conférait avec le Général Lemnitzer, commandant du secteur centre Europe de l’OTAN. Les chars de Fontainebleau (avec des engagés pour équipages) étaient ramenés sur Paris (j’en ai vu un à Créteil) et dans le même temps ses partisans organisaient une manifestation de masse avec camions amenant des manifestants de la France entière. Elle s’est déroulée le Jeudi et elle était énorme. Tout était en place pour pièger le mouvement populaire et le parti a eu totalement raison de déjouer le piège. (et les soviétiques n’y sont pour rien ! Waldeck a d ’ailleurs prouvé un peu plus tard qu’il ne prenait pas « les ordres de Moscou » quand le parti a fermement condamné l’intervention du pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie.) Cela ne veut pas dire que nous n’aurions pas pu faire mieux dans cette grande lutte mais certainement pas dans le sens que tu suggères.
    En 1969 Jacques Duclos, candidat communiste aux présidentielles a obtenu au moins 21 % (je ne me souviens plus des décimales) et a été à un poil d’être au second tour. Le candidat PS Gaston Deferre était à un peu plus de 4 % mais l’électorat social démocrate n’avait pas disparu, il s’était reporté sur le « centriste » Poher . Le problème d’enlever le pouvoir à la droite et de remettre en cause sa politique de régression sociale restait entier. C’est avec cet objectif qu’a été avancé l’idée du programme commun et que deux fois (en 1965 et ensuite à la mort de Pompidou) nous avons présenté Mitterand au premier tour, ce qui l’a installé dans le paysage politique. C’était des erreurs dont a été faite par la suite l’autocritique. (Nous avons clairement dit que ne pas présenter de candidat au premier tout des présidentielles était une erreur et en 1981 nous avons présenté George Marchais qui a obtenu plus de 15%).
    Ceci dit en ce qui concerne la ceinture rouge et les municipalités communistes je te signale que ma ville, Vitry sur Seine est gérée depuis des années par une municipalité d’union avecun maire communiste et que le Val de Marne est géré par une majorité d’union avec un président communiste. Les vitriots et le val de marnais s’en trouvent bien et l’influence de notre parti aussi.
    Deuxième point de désaccord : tu écris « Après ces longues années de déclin national qui a entraîné une austérité grandissante, le capitalisme français est particulièrement affaibli et incapable d’offrir un avenir aux nouvelles générations. Le chômage et la pauvreté gangrènent notre société avec une délinquance de toutes sortes , une immigration sauvage incontrôlable, une corruption des élites galopante , en un mot une France rabougrie et très malade . » Ton analyse de la crise me paraît plus que discutable. La France reste la 5eme ou 6eme puissance économique mondiale. Je veux bien qu’elle est « rabougrie » mais pas tant que çà ! Et si le capitalisme français n’offre pas d’avenir aux nouvelles générations cela ne l’empêche pas d’être le no1 en Europe pour la distribution des dividendes. En 2017, 47 milliards d’€, 15 millards de plus que l’Allemagne, excuse du peu ! Quand aux prelèvements globaux du capital sur l’économie ils étaient en 2013 de l’ordre de 500 milliards d’€ (cf article de Frédéric Boccara, Economie et Politique Novembre 2013) Le problème est là et non dans un quelconque « déclin » (même si s’attaquer à la casse industrielle est effectivement un enjeu essentiel.) Ensuite quand tu parle d’une « immigration sauvage » parmis les problèmes de notre société c’est tout simplement faux (même si c’est un thème de propagande favori de la droite et de l’extème droite.) Le pourcentage d’étrangers reste stable depuis 1930, 6 ou 7 % de la population. Depuis 1994 la France accueille chaque année environ 200 000 migrants et 100 000 font le chemin inverse. Et quand au coût de l’immigration, un étude menée en 2009 pour le compte du minitère des affaires sociales par des chercheurs de l’université de Lille aboutissait au résultat suivant:versé par l’Etat aux immigrés en allocations et prestations : 47,9milliards d’€, versé par les immigrés à l’Etat (impôts, cotisations, taxes) 60,3 milliards d’€. (cf  Pierre-Yves Bulteau « En finir avec lae sidées fausses propagées par l’extrême droite » Les Editions de l’Atelier 2014) tu écris ensuite :
    « et européenne subit une concurrence “libre et non faussée” de la nouvelle bourgeoisie asiatique qui diminue ses profits et même les supprime entièrement . Quelques multinationales basées sur l’énergie ou le luxe tirent encore leur épingle du jeu , mais la Chine communiste joue un rôle indispensable et majeur dans cette concurrence au profit du peuple chinois.
    Donc notre bourgeoisie française subit une décadence rapide et ne peut plus faire miroiter au peuple des avantages dit acquis , mais au contraire les supprime comme la retraite sous Sarkozy, comme le code du travail sous Hollande et Macron , comme la fonction publique sous Macron . » C’est inexact. Il est faux que la bourgeoisie française et européenne subit une décadence rapide, voit ses profits diminuer et même disparaître (même si elle en camoufle une partie dans les paradis fiscaux.) Et ce n’est pas la diminution des profits qui est la cause de la crise mais la suraccumulation du capital et la baisse du taux de profit (profit/capital) nullement incompatible avec l’accroissement des profits et insoluble dans les conditions de la révolution informationnelle (cfr travaux de Paul Boccara).
    La réponse capitaliste à cette baisse du taux de profit passe par le gonflement des profits et aussi par la dévalorisation d’une part de capital (politique de Macron et fermeture d’entreprises).
    Dernière remarque : tu propose que notre parti exploite la crise de la sociale démocratie avec un « programme national anti européen ». Ce serait une grave erreur. Au contraire, il nous faut mener à une autre échelle la bataille pour la transformation de l’Europe, en la menant avec les forces progressites des autres pays européens. Par exemple en engageant une grande bataille pour la création pour la création d’un fond européen de développement économique et social en la déclinant dans chaque pays européen. Les traités européens autorisent la BCE à prêter à un tel organisme qui pourrait lui même prêter aux États pour le développement des services publics et de l’emploi ce que les traités interdisent à la BCE de faire directement. C’est un tour de passe-passe mais c’est parfaitement possible si on mène une bataille à un niveau suffisant et ce sans avoir besoin de changer les traités (ce qui ne veux pas dire qu’il faudrait abandonner cet objectif).
  • a commenté 2018-03-17 12:59:40 +0100
    Ces analyses sur la pratique de certains dirigeants communistes qui ont contribué à l’émergence de Mélenchon et des Insoumis pour concurrencer le PCF sur ses bases électorales sont exactes et donnent à réfléchir sur l’opportunisme de droite ou de gauche tant analysé par Lénine . Ces camarades dit opportunistes ont oublié que la logique des institutions de la 5ème république , axée sur un nom qui doit rassembler plusieurs partis et courants d’opinion , entraîne l’électorat vers un vote dit “utile” . D’ailleurs le PS pendant des décennies a joué ainsi sur le vote utile dit de gauche en faveur des socialistes. Les dirigeants du PCF, au nom de l’union de la gauche , ont encouragé cette manière de faire qui a abouti à élire Mitterrand au nom d’un programme commun jamais appliqué par ce sieur . Marchais comme Thorez ont joué ce jeu politique qui a contribué à décourager les militants et à affaiblir électoralement le PCF avec la perte de la “ceinture rouge” de la région parisienne et d’autres grandes villes comme Le Havre-Amiens-Bourges-Saint-Etienne etc … La bourgeoisie a su manipuler tout le système électoral et médiatique pour conserver son pouvoir après les évènements de 68 qui l’ont fait trembler de peur . Waldeck-Rochet , au pouvoir du PCF à cette époque , a laissé De Gaulle se réinstaller à l’Elysée sur ordre des soviétiques et par peur d’un affrontement armé . Le manque de courage et de lucidité politique a donc permis à la grande bourgeoisie de revoir de fond en comble son organisation économique de grandes usines avec des milliers d’ouvriers en filialisant ses entreprises et en accélérant les délocalisations des productions grâce à la mondialisation . En 50 ans la France a perdu des milliers d’usines avec des productions majeures dans la métallurgie-sidérurgie, dans les chantiers navals et le textile, dans la chimie et l’énergie etc …. Ce déclin productif a donc eu des conséquences politiques en dévaluant les idées communistes et son parti de classe .
    Après ces longues années de déclin national qui a entraîné une austérité grandissante, le capitalisme français est particulièrement affaibli et incapable d’offrir un avenir aux nouvelles générations. Le chômage et la pauvreté gangrènent notre société avec une délinquance de toutes sortes , une immigration sauvage incontrôlable, une corruption des élites galopante , en un mot une France rabougrie et très malade . Les communistes , malgré les erreurs et les choix malheureux de certains dirigeants, restent tout de même une force militants dévouée à ses idées et présente sur le terrain en permanence. Notre influence électorale s’est dilué dans l’abstention massive, le vote FN et en partie PS amplifiée par le vote dit utile. Les médias ont largement contribué à nous rendre inutile électoralement surtout après la chute de l’Union Soviétique . Cette expérience douloureuse a t-elle une logique historique que nous ne pouvions pas prévoir dans les années 60 ? Peut-être ! Mais l’histoire ce sont les hommes qui la font et les classes en concurrence comme la Bourgeoisie et la classe Ouvrière s’affrontent en permanence avec des défaites et des victoires. La France a toujours eu une bourgeoisie assez révolutionnaire depuis le moyen-âge et 1789 l’a propulsé au pouvoir en remplaçant la noblesse fainéante aux privilèges exorbitants. Depuis cette classe a gagné des combats durs contre la classe ouvrière et populaire: 1830-1848-1871 , 14-18 et 39-45 , 1958 . La classe ouvrière , dans ces combats très durs , a réussi quelques victoires momentanées en 1936 , à la libération de 1945 grâce à la résistance communiste contre le nazisme et le pétainisme, en 1968 et 1995 . Mais à chaque fois la bourgeoisie , grâce à son intelligence et ses compromis , a su garder le pouvoir , reprendre progressivement les acquis gagnés et poursuivre sa politique du profit maximum .
    Aujourd’hui , grâce à l’émancipation de nombreux peuples surtout en Asie , la bourgeoisie française et européenne subit une concurrence “libre et non faussée” de la nouvelle bourgeoisie asiatique qui diminue ses profits et même les supprime entièrement . Quelques multinationales basées sur l’énergie ou le luxe tirent encore leur épingle du jeu , mais la Chine communiste joue un rôle indispensable et majeur dans cette concurrence au profit du peuple chinois.
    Donc notre bourgeoisie française subit une décadence rapide et ne peut plus faire miroiter au peuple des avantages dit acquis , mais au contraire les supprime comme la retraite sous Sarkozy, comme le code du travail sous Hollande et Macron , comme la fonction publique sous Macron . Ces régressions sociales commencées sous Mitterrand à partir de 1983 s’accélèrent aujourd’hui sous Macron d’où un combat de classes qui va développer de l’agressivité et des conflits de plus en plus violents.
    La “réinvention” du parti révolutionnaire, face à cette situation historique de déclin de notre bourgeoisie, doit être construite dans le souci de prise du pouvoir par le développement du mouvement des masses populaires en colère. Dans chaque quartier de nos villes et entreprises nous devons et pouvons être présent par des actions antigouvernementales permanentes. Dans la grève générale insurrectionnelle qui va advenir par la force des choses nous serons présents activement pour aider le peuple à bien s’organiser et à l’aider à prendre le pouvoir avec le moins de dégâts humains possibles . Cette bataille est et sera très dure face à cette bourgeoisie roublarde et agressive comme nous le voyons actuellement avec ses porte-paroles qu’elle envoie dans le circuit médiatique. Nous sommes des révolutionnaires et nous devons nous adapter constamment à la stratégie de notre adversaire-ennemi qui ne cédera la place que contraint et forcé . La crise de la social-démocratie nous ouvre un espace plus révolutionnaire pour nos idées dans les masses et il nous faut l’exploiter sans vergogne et avec aplomb avec un programme national anti-européen et une volonté sociale et culturelle volontaire sans concessions et compromis boiteux . Notre congrès peut réaffirmer un communisme du 21ème siècle sans honte et surtout vainqueur face à un capitalisme en déclin et sans avenir. Un journaliste dans une chaîne info a affirmé que nous n’étions plus qu’une “queue de comète” avec le contrôle d’un ou deux départements et quelques villes , nous allons vite lui démontrer que nous allons reconstituer une “grande comète” pleine d’avenir dans l’univers . Encore un rigolo de journaliste qui n’a pas étudié et compris Marx-Engels-Lénine et même l’utopiste anglais Moore …. Bernard SARTON ,section d’Aubagne
  • a pris position favorable 2018-03-17 12:59:39 +0100
  • a commenté 2018-02-19 20:02:44 +0100
    Comment élaborer une stratégie politique sans faire un bilan des stratégies mises en oeuvre précédemment? Et pas seulement depuis le dernier congrès (Comme cet aspect du Congrès a été évacué depuis 1956, il n’est pas absurde de remonter l’analyse avant le 37eme Congrès.) Je suis d’accord avec Franck Boyer concernant la manière dont la direction du Parti fait tout pour échapper au débat et à ses responsabilités, et dévoyer le sens de ce Congrès extraordinaire. La préparation du Congrès elle-même me laisse dubitative : sous prétexte de démocratie participative et sous couvert de vouloir faire participer un maximum de communistes, une base commune à la discussion va être fournie au dernier moment. En raccourcissant le temps dédié à la discussion sur la base commune, on exclue de fait tous ceux dont le rapport à l’écrit est compliqué et qui élaborent leur pensée dans la discussion, et ils sont nombreux. Concernant l’élaboration de la base commune à partir des contributions et des débats, vu l’épisode de la conférence nationale, qui avait pris position pour une candidature communiste [pour mémoire, Pierre Laurent avait annoncé lors d’une conférence de presse la veille des débats du CN le soutien du parti à Mélenchon, d’où tenait-il cela?] et dont la prise de position a été totalement ignorée par la question soumise au vote des communistes, il y a matière à se poser des questions.
  • a pris position important 2018-02-19 20:02:44 +0100
  • a pris position favorable 2018-02-19 20:02:43 +0100
  • a commenté 2018-02-17 09:56:59 +0100
    Oui nous devons passer à une nouvelle séquence celle de la construction politique avec les masses populaires et le prolétariat, oui il nous faut changer les bases de notre Démocratie interne. Ce Chantier bloque tout, il reste figé dans la stratégie électoraliste. Passons à la Démocratie Communiste : Voir chantier : Nouveaux modèles d’organisation :
    La Démocratie Communiste donne le Pouvoir à l’adhérent de Désigner par Reconnaissance qui il veut. - Quel que ce soit le poste à pourvoir ou la mission à accomplir la Désignation par Reconnaissance ce fait à Bulletin secret pour préserver l’intime conviction de chacun et ne blesser personne. Chacun désigne sur un bulletin vierge qui il veut. Du dépouillement de ces bulletins individuels résulte un jugement collectif qui se fait jour et qui fait force de loi. Il n’y a donc aucune contestation possible. Personne ne se présente, personne ne peut être juge de lui-même, aucune possibilité de luttes d’influence, pas de tendances organisées, pas de carriérisme, - seules les idées restent maîtresses du jeu -- Les cellules Désignent qui doit assumer les responsabilités au sein des instances supérieures. Chaque instance Désigne par Reconnaissance avec le même processus démocratique les instances supérieures. C’est au travers de l’activité politique accomplie tout au long d’une mandature que la Reconnaissance s’agrège envers tel ou telle camarade. - Personne ne sait qui va arriver en tête mais chacun sait que de ce dépouillement c’est un jugement collectif qui fera force de loi. -- D’étape en étape et d’étage en étage, ce mode de scrutin renforce considérablement la qualité du jugement collectif. C’est l’excellence de la politique qui se renforce au fur et à mesure de la structure pyramidale de notre Parti. - À l’heure actuelle le Parti marche sur la tête. Ce sont les instances dirigeantes qui font ce qu’elles veulent. L’exécutif national décide de privilégier la stratégie des alliances électoralistes au détriment de l’émergence d’un Communisme du XXI siècle – au détriment d’un retour à un Parti de masse et de Classe – au détriment de la Reconnaissance du potentiel politique de chaque camarade. -- Donner le Pouvoir à l’adhérent de dire qui il veut est une avancée démocratique totalement inédite et considérable. C’est chaque structure et toute la structure qui s’enrichit alors des meilleurs éléments. C’est au Conseil National d’élire à bulletin secret la Direction nationale et son ou sa Secrétaire nationale. -- Un changement de statut s’impose -- La Confiance devient incontestable, car c’est la Reconnaissance qui est alors la base de la structuration du Parti. À la réélection des instances dirigeantes, personne ne saura qui sera réélu ou pas, personne n’en sera blessé, car ce sont les meilleures idées et les meilleurs éléments qui alors prendront le dessus sur le choix des camarades. C’est la qualité de la Personne perçue comme telle, à un moment donné qui sera mise en avant. Personne ne s’accroche aux branches. Chacun à sa part de responsabilité dans la Désignation des camarades. De plus rien n’empêche après une non-réélection de ne pas être réélu, une ou plusieurs fois et sans limite. C’est la mouvance des idées qui va déterminer cet état de fait - Bien sûr chacun est libre d’accepter ou pas la mission en jeu, elle est confiée alors au second de la liste etc. etc. Au fond peu importe qui est aux commandes l’essentiel c’est qu’un Communisme hautement démocratisé en soit l’édifice. -- L’avantage en donnant la responsabilité et le Pouvoir à l’adhérent de dire qui il veut, cela permet au Prolétariat de s’investir totalement dans une structure politique qui reconnaît de fait à chaque prolétaire son potentiel politique et la responsabilité qui lui est assignée. C’est l’ouverture totale à la transversalité politique de notre Parti. C’est la renaissance d’un Parti de masse et de classe. Aline Béziat – Rochefort – 16 février 2018
  • a commenté 2018-02-16 09:28:02 +0100
    Oui, il faut remonter plus loin que la séquence 2017! Cela fait tellement longtemps au moins depuis 2005 que nous tergiversons pour au final adopter, les pieds dans le dos des positions “à la carte”, inaudibles, souvent incompréhensibles par les communistes dans leur ensemble tellement elles sont variées d’un territoire à l’autre, d’une élection à l’autre. Et puis se fourvoyer avec Jean Luc Mélenchon ne contribue qu’à faire perdre du temps.
    Alors oui, je suis pour un examen le plus approfondi possible sur un temps long avec esprit de suite en relation avec le même type d’analyse sur les profonds changements de la société française et du comportement politique dans les approches de classe…
  • a pris position important 2018-02-16 09:28:01 +0100
  • a commenté 2018-02-15 23:15:54 +0100
    Jacques expose en termes clairs la manœuvre par laquelle la Direction du Parti (Pierre Laurent, flanqué de Marie-Georges Buffet et quelques autres) ont contourné l’orientation adoptée par le 37° Congrès concernant les Présidentielles, et comment le ralliement à la candidature Mélenchon s’est concocté. Ce n’est pas une péripétie mineure, la preuve c’est le soin avec lequel la Direction s’efforce aujourd’hui de tordre la préparation du Congrès extraordinaire pour échapper au débat sur cette séquence et à ses responsabilités.
    Et Jacques a bien raison d’illustrer par son expérience à Vitry : car c’est bien d’électoralisme à la petite semaine qu’il s’agit, il analyse ça très bien.
    Je viens conforter sa démonstration, pour que personne ne puisse se défiler en arguant de cas d’espèces, d’accident ou je ne sais quelle calamité divine. Parmi bien d’autres problèmes, on a celui-ci à traiter : une dérive électoraliste qui imprègne toute notre pratique politique, au-delà des postures et des grandes déclarations, et dont les dégâts sont immenses, notamment en termes d’image (pas la peine de venir nous bassiner ensuite sur les efforts de communication : quand on fait de l’électoraliste à tous crins, on passe pour des électoralistes comme les autres, point barre) et surtout en terme d’activité du Parti (tout pour les élections et peanuts pour la bataille d’idées au quotidien et le soutien aux luttes).
    Pour montrer que le syndrome est ancien et profond, j’illustre par le cas de Sevran (93) que j’ai (malheureusement) bien connu. En 2001 on avait à reconquérir la municipalité sur la Droite dans des conditions relativement faciles, tellement le bilan de celle-ci était catastrophique, et les conditions d’union à gauche favorables. La tête de liste nous était garantie et on avait de quoi composer une très belle équipe, panachée, avec des jeunes, des plus expérimentés, des ouvriers, des syndicalistes, des associatifs, et même des filles (!), bref le vent en poupe. Et puis toc, le député PCF de la circonscription François Assensi, par ailleurs Maire de Tremblay, nous assène la candidature de son Attaché parlementaire Stéphane Gatignon comme tête de liste, avec l’accord de la Fédé 93, sur l’argument que S. Gatignon était un jeune et qu’il fallait promouvoir la jeunesse. Outre que dans nos têtes de liste possibles on avait d’autres trentenaires tout à faire capables, S. Gatignon n’avait jamais milité au Parti ni dans les organisations de masse, il n’avait rien à voir avec Sevran et fort peu avec la circonscription d’ailleurs, sauf d’être l’employé tout-dévoué du Député F. Assensi qui cherchait apparemment à contrôler son glacis électoral.
    On n’a pas eu la chance de Vitry, car la candidature de S Gatignon a été imposée aux communistes de Sevran, et S. Gatignon a été élu : aux dernières nouvelles il continue à sévir comme Maire de Sevran. Après avoir mené quelques années une politique personnaliste très éloignée de notre programme électoral, il est passé chez les Verts (l’aile droite des Verts, ceux de François de Rugy). Il y a un an il appelait à voter Macron (en l’aimable compagnie de Robert Hue et de Patrick Braouzec, entre autres) et il faisait des pieds et des mains pour recevoir une investissure d’En Marche pour les législatives. C’aurait été marrant qu’il se retrouve opposé à son mentor F. Assensi, mais non : En Marche a du trouver S. Gatignon trop opportuniste (d’habitude ça ne leur fait pas peur, mais trop c’est trop) et F. Asensi a passé ses clefs à Clémentine Autain.
    La morale de cette histoire, c’est qu’il y a quelque chose de pourri dans notre assiette, et qu’il faut s’en occuper. Franck Boyer, Section d’Uzès (30), adhésion PCF 1974.
  • a pris position favorable 2018-02-15 23:15:53 +0100