Amendements
Pour un Parti communiste utile, agissant, audacieux et novateur, internationaliste et révolutionnaire - Congrès PCF

Compte-rendu des débats de la conférence de section Hispano-Suiza à Colombes du 13 novembre 2018
Contributeurs :

La conférence de section qui s’est déroulée le 13 novembre a confirmé les nombreuses discussions précédentes et préciser les raisons du choix unanime de retenir le texte « pour un manifeste communiste du XXIème siècle » comme base commune. Sans vouloir prétendre aborder toutes les questions en débat, la conférence de section en a retenu 3 parmi tant d‘autres aussi importantes : 1. Sur le besoin de dresser un bilan critique, autocritique et constructif de la période qui sépare les deux congrès et, particulièrement, le marasme électoral que nous avons traversé qui a conduit à une abstention massive et à des votes sans conviction pour éviter le pire sans pouvoir s’exprimer pour le meilleur. Faire ce bilan, pour en tirer tous les enseignements, afin de définir les raisons qui ont conduit le Parti communiste à continuer de perdre de son influence électorale depuis des décennies ; en tirer les enseignements pour sortir de la logique de l’échec et de l’effacement qui nous marque depuis trop longtemps ; en tirer les enseignements pour permettre au Parti communiste de franchir un cap, se projeter vers l’avant en poussant les réflexions et les propositions pour passer aux travaux pratiques. Bien sûr, pour aller dans ce sens, ne faisons pas abstraction des obstacles que constituent la Vème République, le capitalisme et le macronisme qui disposent des pouvoirs pour institutionnaliser les critères de gestion financiers dans toutes les sphères de la société. Ne faisons pas non plus abstraction de l’obstacle que dresse le courant réformiste ou populiste de gauche en refusant, pour l’instant, de s’engager sur une stratégie de rassemblement qui pourrait ouvrir le chemin à une alternative politique avec un contenu de classe et populaire. Mais, ne faisons pas non plus abstraction de nos difficultés dans nos insuffisances, nos défauts et nos retards. Il faut en faire un inventaire pour en tirer toutes les leçons. C’est dans cet esprit que la conférence a abordé la deuxième question : 2. Le besoin urgent de renouer avec le monde du travail et de définir les décisions à prendre qui puissent faire passer cet objectif dans les actes comme le propose la base commune. A ce sujet, il a été considéré qu’on ne peut plus se contenter de vagues promesses non tenues, ni de se complaire dans les difficultés et les obstacles qui ont constitué des freins pour que la politique franchisse la porte des entreprises afin d’affronter ceux du capitalisme. Personne ne dit qu’il suffirait de claquer dans ses doigts ! Nous connaissons, mieux que quiconque, la dureté d’affronter le capital sur le lieu où il dispose de tous les pouvoirs d’aliénation sur les salariés. Ce n’est donc pas une lubie de notre part, mais une exigence objective que nous rencontrons dans notre vécu. Il a été pris, pour exemple, la filière aéronautique que nous connaissons le mieux. Nous avons constaté avec regret qu’aucune réflexion et proposition à la Convention nationale sur l’industrie - qui mettait l’accent sur les filières - n’a été poussée jusqu’au bout. Dans une filière comme la nôtre, dominée par les entreprises du Cac 40, avec leurs critères capitalistiques, européens, mondiaux et concurrentiels, seul le dévouement de quelques adhérents, sans moyens et sans appui des directions, a permis de prendre l’initiative d’une présence communiste au Salon du Bourget et à l’Assemblée nationale, sur l’invitation du groupe communiste, en présence de 80 salariés, initiative rendue publique dans une brochure destinée à l’ensemble des salariés adhérents sur le territoire. Tout ça pour dire qu’il est urgent que la présence du Parti communiste sur les lieux de travail s’inscrive dans toutes les orientations politiques, aussi bien dans ses décisions d’initiatives communistes que dans ses objectifs structurels d’implantation. Ayons à l’esprit que cette présence est indispensable pour relever les défis qui marquent le présent : le chômage, la précarité ; ceux de la révolution technologique et numérique et, particulièrement, l’intelligence artificielle, qui transforment le travail, ses modes de production, les relations sociales et humaines dans le travail ; ceux de la lutte contre le réchauffement climatique. Ces défis constituent un enjeu important dans le rapport de force entre le capital et le travail : o Ou bien c’est le capitalisme et le libéralisme qui continueront à utiliser les modifications du travail dont ils n’ont pas la propriété puisqu’elles sont » le produit de l’imaginaire humain » ; ils continueront donc à utiliser ces modifications pour sécuriser leurs placements financiers et les profits de leurs actionnaires avec l’augmentation considérable des taux de productivité, l’utilisation de la richesse produite par le travail et le renforcement de l’exploitation des salariés. o Ou bien les salariés imposeront les possibles existants pour inverser les choses et inscrire des rapports de force politiques et sociaux, afin de permettre que les taux de productivité et les fruits de leur travail servent à répondre aux besoins cruciaux des humains ; des rapports de force qui sortent le travail de l’aliénation et de la soumission au patronat, permettant l’émancipation des salariés dans une nouvelle civilisation dans et hors travail. C’est tout le sens de l’intervention communiste dans les entreprises pour transformer ces défis de manière durable. Il est donc vraiment urgent que le congrès s’attache à repenser pourquoi la question du travail, ses fondements, ses fonctions et ses nouveaux modes de production au 21ème siècle, doit permettre de surmonter les difficultés et les obstacles, en repolitisant le territoire de l’entreprise, afin de donner un nouveau souffle à l’action du Parti communiste et à sa stratégie de rassemblement. On ne part pas de rien : nous disposons de notre expérience historique ; nous bénéficions de l’œuvre de Marx qui a fait du travail la centralité de son ouvrage dans Le Capital. 3. La conférence de section partage les propositions inscrites dans la base commune visant à perfectionner l’outil que constitue le Parti communiste comme force incontournable pour tous ceux qui aspirent au changement, en ouvrant la voie à une alternative politique sur un contenu de classe et populaire. Ni statu quo, ni retour au passé ! Nous avons retenu le besoin urgent de transformation du Parti pour : o modifier en profondeur ses méthodes de fonctionnement, permettant de lier la démocratie à l’efficacité dans l’unité et dans la transversalité de son activité, o entreprendre l’objectif de nouer et renouer avec les organisations de proximité et, particulièrement, leur implantation dans les entreprises, au plus près des salariés, et dans les quartiers, au plus près des habitants. o renouer avec la formation des militants, notamment ceux des classes populaires que les logiques ont exclus du travail de réflexion, de direction, d’impulsion et d’éligibilité, o rechercher et trouver des solutions neuves permettant l’expression de la diversité sans ouvrir la porte aux tendances débouchant sur des consensus mous. Ce ne sont que quelques pistes qui peuvent donner du sens à une véritable transformation du Parti communiste. Colombes, le 13 novembre 2018

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