Amendements
Pour une nouvelle stratégie de rassemblement et d'unité populaire - Congrès PCF

Proposition de reformulation complète du chapitre 5.4 - La recomposition politique
Contributeurs :

En remplacement des lignes 40 à 53 de la page 18, et des lignes 1 à 15 de la page 19 : «Sans résumer toute l’actualité politique et sociale au jeu dilatoire des élections présidentielles, force est de reconnaître que l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la république marque sans doute la fin d’un cycle jusque là marqué par la traditionnelle opposition droite-gauche. «Cette ligne de clivage historique s’est vue au fil des ans déstabilisée par la montée en puissance - non démentie à ce jour - d’un national-populisme incarné par la famille LePen (père, fille.., et bientôt nièce ?!). L’émergence de ce troisième pôle dans la vie politique a bien servi dans la recomposition du paysage politique, et très précisément pour la réélection de Chirac en 2002 (après l’éviction au premier tour de la gauche «plurielle» éclatée), comme elle a servi également pour la nomination d’Emmanuel Macron en 2017 (avec là-aussi une gauche divisée et lourdement affaiblie par le quinquennat Hollande). «Si elle n’est pas spécifique à la France, la montée en puissance du courant raciste et extrémiste s’explique pour une large part par la déception des milieux populaires vis-à-vis des politiques conduites par la gauche social-libérale au pouvoir (qu’il s’agisse de Mitterrand, Jospin ou de François Hollande). Notons que la participation de ministres communistes à certains de ces épisodes n’a pas forcément contribué à clarifier l’image du PCF, malgré les efforts entrepris pour se dégager de l’image d’un défunt programme commun ou d’une «union de la gauche» toute virtuelle. Même l’émergence du concept de «gauche plurielle» ménageant la diversité des composantes n’a pas suffi pour nous dédouanner d’un sentiment de collusion avec des politiques d’inspiration néo-libérale. «L’éclatement du compromis historique PC-PS - dès lors qu’il s’avèrait contre-nature au regard de l’orientation droitière du PS - a aussi ouvert la voie à la déstructuration du champ politique, dont la droite dite «classique» (cf. Chirac, puis Sarkozy) a su en son temps tirer le bénéfice. Puis est venue l’élection de François Hollande en 2012, avec son fameux discours du Bourget (et l’apport sans contre-partie de six millions de voix de Mélenchon et du Front de Gauche du 1er tour..!). «Sur ce champ de ruines (un PS totalement discrédité, une droite plombée par l’affaire Fillon, un PCF aux abonnés absents sous l’aile de la France Insoumise), l’opération Macron diligentée par la plus haute finance pouvait se déployer, au point de se croire aujourd’hui légitimée pour déconstruire avec méthode et obstination tout ce qui faisait le contrat social français. «Dans ce contexte lourd de dangers pour la démocratie (...en France, mais aussi dans toute l’Europe et outre-atlantique, aux USA comme au Brésil ou au Vénézuéla), et face à l’offensive sans précédent des forces du capital contre le monde du travail et de la création, le rassemblement et la convergence de toutes les forces citoyennes progressistes, alternatives et écologistes doit constituer la boussole de notre stratégie politique - sans reniement aucun de notre spécificité et de notre identité de communistes. «Face au double danger de la montée d’un national-populisme d’extrême-droite et d’une technocratie caporaliste «ni droite-ni gauche» au service du grand capital, l’heure n’est pas à tracer de nouvelles frontières au sein même du peuple de gauche, mais de réactiver au contraire une espérance populaire qui ne peut se construire et s’incarner que si les diverses tendances et composantes (des plus révolutionnaires - ou prétendant l’être - aux plus réformistes, voire social-démocrates !) savent se mettre autour d’une table et donner enfin la parole aux travailleurs et citoyens eux-mêmes. «Chacun-chacune pourra bien sûr avoir sa propre analyse de tout ce qui s’est passé politiquement dans notre pays depuis soixante-huit (programme commun, élection de F.Mitterrand, gauche plurielle, collectifs anti-libéraux, expérience du Front de Gauche, etc, etc...) et s’interroger sur nos propres responsabilités collectives dans la période : Cela fait partie du débat et de la confrontation utile et nécessaire des points de vue pour traiter des enjeux idéologiques - et donc de la lutte idéologique qui traverse fatalement notre parti. Mais aucun différend entre communistes sur l’analyse critique de ces faits et actes ne devrait nous détourner de l’accomplissement de ce qui nous unit fondamentalement. «Dans ce contexte, et avec cette ambition de servir notre peuple pour sortir du marasme, notre parti se doit, pour tous les rendez-vous électoraux qui vont se présenter dans la période, de mettre toutes ses forces pour la construction de programmes démocratiquement partagés et de candidatures unitaires. Il en va de la pérennité de notre démocratie (...sauf à accepter le destin de nos amis italiens, hongrois ou polonais), comme il en va in fine de l’identité, de la visibilité (et peut-être de l’existence même) de notre parti. «Disons donc clairement que nous tendons solennellement la main aux électeurs socialistes, aux amis de la France Insoumise, aux écologistes, aux citoyens de toutes sensibilités, et à la masse croissante de celles et ceux qui malheureusement ne croient plus aux élections et à la démocratie dite représentative (qui pourtant ordonne les pouvoirs et permet aujourd’hui au gouvernement Macron de casser, malgré l’opposition majoritaire de notre peuple, notre système de retraite, de sécurité sociale, le code du travail, etc, etc... «Oui, l’union est un combat : l’union n’est pas seulement un moyen (de résister ou d’accéder au pouvoir), l’union est une fin en soi dans le combat communiste et républicain.

Les commentaires

  • a commenté 2018-11-12 17:16:58 +0100
    J’aurais beaucoup de choses à contester sur cette contribution. Je me limiterai à la phrase", l’heure n’est pas à tracer de nouvelles frontières au sein même du peuple de gauche, mais de réactiver au contraire une espérance populaire qui ne peut se construire et s’incarner que si les diverses tendances et composantes (des plus révolutionnaires – ou prétendant l’être – aux plus réformistes, voire social-démocrates !) savent se mettre autour d’une table et donner enfin la parole aux travailleurs et citoyens eux-mêmes." qui m’inspire les commentaires suivants: Le clivage droite-gauche est assez récent dans la longue histoire politique depuis la révolution française. Par exemple dans la seconde moitié du XIXème siècle, avant le second empire, il y avait « la Montagne » pour désigner ce qui pourrait être une partie de la gauche d’aujourd’hui.
    Depuis les trahisons récentes (pour ne parler que de celles-là) du PS, j’estime que le clivage gauche-droite n’est plus adapté aux réalités politiques de la France (entre autres). L’expression populaire “droite et gauche c’est pareil” date des années 80, après le premier mandat de F. Mitterand. L’erreur grave du PCF depuis quelques dizaines d’années, au motif de contribuer « au rassemblement » est d’avoir privilégié le repère gauche contre droite en lieu et place d’autres repères plus adaptés permettant de poursuivre l’identification du rôle et de la place particulière du PCF dans la gauche française. N’était-ce pas une séquelle du programme commun et de l’Union de la gauche? En se laissant aller vers cette dérive sociale-démocrate, le PCF a contribué à son propre effacement. Ma perception actuelle est que le clivage droite-gauche ne pourra reprendre sa perspicacité qui s’il s’accompagne d’une clarification sur ce qu’est « La GaucheS ». J’écris volontairement GaucheS avec un S majuscule pour souligner que la gauche n’existe pas en tant que formation politique. C’est devenu un ensemble ouvert, sans contrat ni contenus pré-définis, qui permet à qui le décide unilatéralement de se dire « de Gauche ». C’est devenu une auberge espagnole ou le peuple se perd et ne trouve que sources de désillusions et désespoir. Elle est à la vie politique ce que le français moyen est à la socio-démographie. C’est un concept synthétique, utile, mais qui ne correspond pas à un individu donné. Le français moyen est pertinent pour les discours socio-démographiques mais il ne s’incarne dans aucun individu. C’est la même chose pour « la gauche ». Elle est traversée par d’immenses contradictions dont certaines sont inconciliables. Il ne sert à rien de vouloir les ignorer ou les masquer derrière le qualificatif de gauche qui aujourd’hui est totalement discrédité en raison des trahisons des sociaux-démocrates. Comme le disait Pierre Laurent, aujourd’hui c’est le PCF qui tient la gauche debout. Tirons-en les conséquences et reprenons la main dans le débat d’idées.
  • a publié dans Amendements
    Pour une nouvelle stratégie de rassemblement et d'unité populaire
    2018-10-25 14:54:25 +0200