Amendements - Bilan critique - Congrès PCF

Reformulation complète du chapitre "Un bilan critique"
Contributeurs :

Proposition de reformulation complète du chapitre "Un bilan critique" pages 6 et 7 : "Un bilan critique est nécessaire pour évaluer les causes de la situation actuelle du parti et pour redéfinir notre démarche stratégique. Les échecs successifs sont dans toutes les mémoires, depuis le choc du 21 Avril 2002 et l’effacement de la gauche éclatée au 2ème tour, la tentative avortée en 2007 des collectifs anti-libéraux qui n’ont pas pu déboucher sur une candidature unitaire (et le score calamiteux du PCF qui en a suivi), puis toute la période de construction du Front de Gauche qui a permis d’obtenir un bon résultat à la présidentielle de 2012, avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon, mais s’est rapidement heurtée à de graves difficultés dès lors que la volonté d’hégémonie du PG (Parti de Gauche) s’est fait durement ressentir, sans que notre parti trouve les moyens de surmonter l’obstacle. Le divorce est par la suite consommé avec la constitution de la «France Insoumise» qui, forte de l’aura de son leader, entend occuper tout l’espace à gauche, et même chapeauter le mouvement social et syndical. «Cette séquence se conclue (provisoirement) par un résultat plaçant le leader de la France Insoumise - soutenu par le PCF - en quatrième position aux présidentielles de 2017, avec un score certes significatif, mais un positionnement aux Législatives qui suivent fort inquiétant pour la suite des choses... «Certains camarades pensent que le déclin électoral progressif du PCF tient pour l’essentiel aux décisions stratégiques de sa direction nationale depuis 2007-2008, qui ont conduit à son «effacement» dans le paysage politique actuel, dès lors qu’elles nous auraient placés dans le sillage d’une opération politicienne à caractère populiste de type réformiste. A partir de quoi il conviendrait aujourd’hui stratégiquement de revenir aux fondamentaux et de recouvrer notre entière autonomie. «Il est pourtant clair que les raisons du déclin sont vraisemblablement à rechercher bien au-delà de la seule séquence électorale menant de 2002 à 2017, c’est-à-dire en prenant en compte l’ensemble des tentatives multiples (mais souvent hésitantes et peu lisibles) du PCF pour sortir du modèle du Programme Commun et d’une union de la gauche réduite à un tête-à-tête avec le PS (celui-ci assumant pleinement par ailleurs son virage à droite et son ralliement à l’idéologie social-libérale) et pour tenter de construire, avec les citoyens eux-mêmes et d’autres forces à gauche, une nouvelle espérance de rassemblement pour une politique réellement alternative. «Il nous faudra donc remonter sans doute plus haut dans l’histoire de notre parti, à nous demander par exemple pourquoi et comment, face à la réorganisation des forces du capital dans le courant des années suivant les évènements de mai-juin soixante-huit (cf. passage d’un capitalisme de la production à un «capitalisme de la séduction», avec recours corrélatif au chômage de masse, à la remise en cause du secteur public et des acquis nés des précédents compromis sociaux, et une tendance accentuée à la financiarisation afin de compenser la baisse tendancielle du taux de profit enregistrée dans l’économie réelle en récession, malgré la surexploitation effrenée à l’échelle mondiale des pays dits en voie de développement...), comment et pourquoi notre parti prend conscience de la crise systémique qui s’annonce, pourquoi il lance alors toute son énergie dans la bataille pour le Programme Commun et un rassemblement unitaire à gauche, en même temps qu’il lance l’initiative d’un «eurocommunisme» avec Enrico Berlinger et Santiago Carillo..? «Quels ont été les bénéfices - et les travers - de cette tentative de construction ? Comment cette stratégie s’est-elle par la suite déclinée..: Avec la chute de l’espoir soviétique, le recentrage néo-libéral de la social-démocratie européenne, la contre-offensive ultralibérale (cf. Trilatérale / Thatcher / Schröder / Reagan...), la montée des nationalismes..? C’est à une analyse structurelle de ce bilan qu’il faut procéder, si l’on ne veut pas céder aux impulsions ou aux rodomontades. «Le temps du Congrès du PCF ne suffira sans doute pas à conclure les efforts d’analyse critique et autocritique qui nous reviennent donc nécessairement, afin de retrouver notamment une unité de pensée et d’action au sein de notre parti face au risque réel de fonctionnement, voire d’éclatement en tendances. «Le Congrès se devra de prendre des initiatives et de lancer des pistes pour que cet «aggiornamento» puisse se dérouler dans les mois à venir - sous forme de collectifs, d’appels à témoignages et contributions critiques et/ou de mise à l’ordre du jour de toutes nos réunions de moments d’étude, d’approfondissement et d’éducation populaire (...qui ne soient pas toujours soumis aux contraintes de l’actualité sociale ou d’échéances électorales).

Les commentaires

  • a commenté 2018-10-29 14:48:10 +0100
    Oui, le bilan présenté par “le manifeste” manque d’objectivité parce qu’il ne prend en compte qu’une partie des données historiques qui ont conduit le Parti à son affaiblissement. Si nous voulons vraiment rester fidèles aux enseignements du marxisme Il nous faut en effet procéder à une analyse non partisane de la situation du communisme à partir des années 70. Le PCF n’a pas été le seul parti dans le monde à devoir lutter contre une déconsidération généralisée du communisme. Comment réhabiliter l’idée communiste? Voilà la tache à laquelle il a fallu s’atteler…Pour ma part, ce que certain.e.s appellent des erreurs, je les appelle des tentatives. Ne pas avoir réussi ne veut pas dire que tout était mauvais. Affirmer avec certitude qu’une autre voie aurait abouti c’est lire dans le marc de café. Peut-être que ces expériences ont au moins permis la survie du PCF.
    Quoi qu’il en soit, le vrai bilan reste à faire. Si nous en restions là, à nous contenter de demi-vérités, nous ne serions pas dignes d’être communistes. Alors oui, le débat doit se poursuivre au-delà du congrès car c’est à nous d’écrire notre histoire, et de l’écrire avec la plus grande lucidité, en prenant le recul nécessaire, avec l’intelligence collective que constitue notre parti.
  • a commenté 2018-10-28 17:21:05 +0100
    je trouve l’analyse tres instructive et intéressante. les effets des décisions justes ou érronées de notre Parti se mesure dans le temps longs…. A ce propos voir le livre de Gerard Streif sur Georges Marchais . Des 1981 les idées du Parti perdent de leur influence l’analyse notre camarade sociologue Michel Simon.
  • a commenté 2018-10-27 11:25:50 +0200
    Bon, voici une contribution qui sort de l’ordinaire et pose de mon point de vue de bonnes questions, si les camarades qui tiennent des propos “dégagistes” à propos des directions pouvaient être sur ce questionnement, je serai plus optimiste. Pour essayer de prolonger ce questionnement, je propose au camarade Goutmann de le mettre en parallèle avec l’évolution des forces productives et du monde du travail. Je me suis essayé de mon côté à cet exercice avec plus ou moins de bonheur : http://www.ivan2015.com/2018/06/80-ans-d-histoire-des-forces-productives.html
  • a publié dans Amendements
    Bilan critique
    2018-10-25 15:00:24 +0200