Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Pour un bilan partagé et sans fard afin de repartir de l'avant
Contributeurs :

Contribution collective de la section PCF de Saint-Maur-des-Fossés (94) : ++++++++++++++++++++++ 1) L’abandon progressif à compter des années 1980 de nos principaux identifiants idéologiques (marxisme, matérialisme dialectique, centralisme démocratique...), d’un discours de classe, voire même de l’utilisation du mot « communisme » (notamment dans la foulée de l’effondrement du bloc de l’Est) nous semble pour beaucoup dans la perte de notre position centrale dans la vie politique française et dans le désamour que nous avons connu auprès de notre électorat. Nous devons réaffirmer clairement notre visée et notre originalité communistes. ++++++++++++++++++++++ 2) Nous pâtissons clairement du fait d’être considéré comme un « parti électoraliste » assimilé à la « vieille façon de faire la politique ». Cette étiquette de parti électoraliste n’est pas nouvelle et elle trouve à notre sens sa source en 1983 lorsque nos ministres communistes sont restés au gouvernement de Mitterrand pendant plusieurs mois alors que la rigueur était mise en œuvre au détriment des ouvriers et employés… Cette période doit être le point de départ de notre analyse rétrospective. Surtout que cette dérive n’a fait que se renforcer. Nous devons briser le cercle pour en sortir. Or les municipales 2014 (avec leurs alliances à la carte) mais aussi les perches tendues par la direction nationale au PS en 2017 (les appels à Benoît Hamon pendant la campagne présidentielle ou le soutien apporté à Najat Vallaud-Belkacem pendant les législatives) ne nous ont pas forcément aidé… ++++++++++++++++++++++ 3) L’absence de volonté des directions nationales successives d’ouvrir en grand le débat en interne pour aboutir à une position claire du PCF sur ce que nous souhaitons retenir et ce que nous rejetons dans l’expérience des pays ayant expérimenté le socialisme sous la houlette de partis communistes (URSS, Cuba, Vietnam, Chine, Yougoslavie...) a laissé le champ libre à tous les anticommunistes pour accréditer l’idée que le communisme avait définitivement échoué. Il est impératif que ces points soient débattus entre les communistes français de façon à ce que nous puissions dire clairement ce que nous revendiquons dans ces expériences, ce qui n’est pas acceptable et ce que nous souhaitons mettre en œuvre pour les dépasser (notamment le renforcement des pouvoirs de décision et d’organisation des salariés dans les entreprises avec un « droit de co-décider en tout » comme le formulent Jean et Lucien Sève...). ++++++++++++++++++++++ 4) Concernant les conséquences de la présidentialisation : * Il est évident que l’élection présidentielle au suffrage universel fausse tout et n’est qu’un simulacre de démocratie en focalisant toute l’attention autour de personnes et non d’idées. * Cependant, même si nous rejetons la personnalisation de la vie politique française qui est inhérente à la Vème République, nous devons arrêter d’être naïfs et tenir compte du fait que les Français sont pour le moment encore attachés à cette désignation rituelle d’un leader via la Présidentielle. * L’abstention en hausse significative en 2017 aussi bien par rapport à la présidentielle que par rapport aux législatives de 2012 (notamment chez les jeunes et chez les ouvriers et employés) montre que, malgré les appels à une VIème République et malgré notre discours au sein du PCF sur l’importance du parlement pour influer la politique mise en œuvre par le gouvernement, la majorité des Français compte désormais uniquement sur la présidentielle pour faire changer les choses et ceux qui daignent se déplacer aux législatives le font en grande partie pour donner « mécaniquement » une majorité claire et nette au Président élu (s’ils sont peu politisés). Certains camarades se sont sentis ne plus exister en tant que communistes l’absence d’un candidat PCF à la présidentielle. ++++++++++++++++++++++ 5) Concernant les « processus unitaires », nous constatons que : * Depuis que nous avons joué la carte de l’effacement du Parti au sein d’alliances (parfois de façade, comme ici) ne se revendiquant pas clairement d’une visée communiste, nous n’avons fait que continuer à reculer dans les urnes et que nos idées n’ont pas plus efficacement infusé la population du fait de ces alliances. En 2017, notre utilisation du logo « Front de Gauche » alors que très peu de formations du FdG soutenaient des candidatures que nous portions et alors que le FdG a été personnifié pour beaucoup de gens par JLM n’a fait qu’entretenir la confusion. Combien d’électeurs ont pu penser que FdG et FI étaient identiques ? Combien d’électeurs n’ont pas vu la différence entre deux programmes aux intitulés beaucoup trop proches (France / Avenir en commun) ? Nous devons arrêter de revendiquer une étiquette Front de Gauche qui ne représente désormais quasiment plus rien. Nous devons retrouver une initiative communiste clairement identifiable, une réelle autonomie, en ayant nos propres mots d’ordre et en remettant l’analyse des classes sociales au cœur du débat. Nous devons défendre à nouveau une visée révolutionnaire de dépassement du capitalisme. * L’union de la gauche qui permet d’obtenir des avancées sociales commence par un PCF fort car le Parti reste le point de rassemblement. Nous devons donc déjà travailler à remettre le PCF à l’offensive et à unir les communistes. ++++++++++++++++++++++ 6) Il nous paraît enfin important d’analyser les choix du PCF aux élections de 2017 qui ont amené aux résultats catastrophiques que nous connaissons. Sur le plan national, plusieurs constats sont partagés par l’ensemble des camarades de Saint-Maur : * Notre position de « soutien autonome » à Jean-Luc Mélenchon a été inaudible et incompréhensible pour les électeurs, même ceux de JLM (seuls 11% auraient voté pour nous aux législatives). Si nous soutenons à nouveau dans le futur un candidat non communiste à une élection, ceci ne doit pas se faire sans condition mais bien sur la base d’un programme commun et d’un accord électoral discutés au préalable. Nous devons arrêter de nous considérer comme une force d’appoint ou apparaître comme des suiveurs. * De même, si nous avons focalisé notre travail militant sur les législatives, nous n’avons pas fait d’efforts suffisants pour remettre en cause les institutions existantes donc notre position n’a pas bien été comprise. * Si nous devons combattre sans relâche les idées d’extrême droite, nous devons tenir compte du fait que la présentation du Front National comme « épouvantail » (à laquelle nous avons contribué) joue le jeu des partis et candidats qui misent sur le vote utile pour prendre le dessus. En campagne électorale, l’accent doit à notre sens être mis sur nos propositions et non sur la dénonciation des impostures des autres.

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