Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Repasser à l'offensive pour redevenir un pôle moteur et attractif
Contributeurs :

Contribution collective de la section PCF de Saint-Maur-des-Fossés (94) : ++++++++++++++++++++++ 1) Concernant la démarche politique concrète à adopter : ++++++++++++++++++++++ 1a) Pour les enjeux de transformation et les campagnes politiques à mener, nous nous étonnons qu’il nous soit à nouveau demandé (dans le texte d’introduction au débat) quelles priorités nous devons identifier dans nos combats sachant qu’une consultation des communistes a déjà précisé fin 2017 les combats jugés prioritaires par les camarades (pour rappel, la lutte contre le coût du capital et les inégalités, la révolution du travail et l’écologie)... et que ces derniers n’ont toujours pas été menés. Une décision démocratique des priorités a déjà eu lieu via cette consultation et il conviendrait désormais d’animer ces priorités autour d’une ligne directrice claire (celle de la sortie du capitalisme). ++++++++++++++++++++++ 1b) A partir de ces priorités, via des campagnes de long terme, il conviendrait d’analyser désormais chaque conflit et sujet d’actualité sous ces angles afin de le mettre en perspective et de démontrer la pertinence de notre vision. Il y a bel et bien une logique d’ensemble derrière la politique de Macron (capitalisme et libéralisme exacerbés) et nous pouvons en dégager des axes de lutte récurrents qui nous permettraient de travailler nos argumentaires sur le terrain dans la durée, de les ajuster, de les simplifier pour les rendre plus efficaces et gagner progressivement la bataille des idées. ++++++++++++++++++++++ 1c) D’un point de vue pratique, de nombreux camarades ressentent le besoin de revenir à des secrétaires à la propagande ayant pour mission à chaque niveau (section, département, national) d’animer et de coordonner ces batailles de longue haleine. ++++++++++++++++++++++ 1d) Le combat pour la démocratie réelle et l’appropriation citoyenne dans la cité et dans l’entreprise doit être remis au premier plan dans nos luttes en la réhabilitant au quotidien dans les municipalités que nous dirigeons (votations citoyennes...), dans nos décisions de Parti, dans notre discours afin de faire avancer les pouvoirs de décision des salariés et des usagers... ++++++++++++++++++++++ 1e) Il conviendrait d’insister plus dans notre communication sur les ferments d’une autre société qui existent déjà dans notre quotidien et qui viennent accréditer l’idée qu’une alternative est possible : services publics, coopératives de production et de consommation, renforcement constaté de l’engagement associatif dans notre pays... ++++++++++++++++++++++ 1f) Nous ne devons pas nous accommoder de notre mise à l’écart médiatique et nous devons réfléchir à créer / renforcer nos propre réseaux de diffusion d’information et à opter pour des modes d’action plus « chocs » et visuels (voir l’efficacité des campagnes d’Attac contre Apple ou contre la BNP). Nous avons fait de nombreuses propositions dans ce sens dans une contribution spécifique relative à la communication : http://congres2018.pcf.fr/8/mener_une_bataille_d_id_es_vis_e_h_g_monique ++++++++++++++++++++++ 2) Concernant la centralité de la question démocratique, il nous paraît clair que : ++++++++++++++++++++++ 2a) Une conscience de classe est à reconstruire autour de la notion de « salariat » (plutôt que de la notion des 99% qui nous semble inopérante pour déjouer les ressorts de l’exploitation capitaliste, notamment en termes de vente de la force de travail) pour permettre la mise en mouvement démocratique des opprimés. * En effet, même s’il y a de moins en moins de grosses unités de production rassemblant des centaines ou milliers de travailleurs et même si nous sommes face à un morcellement croissant de la classe ouvrière et des solidarités associées, le salariat n’a jamais d’un point de vue historique été aussi développé qu’à l’heure actuelle (environ 90% des actifs occupés en France). * Cette notion permet par ailleurs de faire valoir les intérêts communs des opérateurs et des encadrants que le capitalisme vise à diviser dans les entreprises alors que ces catégories sont à des degrés divers victimes de l’exploitation capitalisme et des nouveaux modes de management. Elle permet d’envisager, selon la grille d’analyse de Jacques Bidet, une nouvelle alliance de la classe fondamentale et du pôle de l’organisation-compétence de la classe dominante. * Cette notion permet de créer des passerelles plus fortes avec les syndicats pour les associer à notre réflexion et donner plus d’écho aux luttes. ++++++++++++++++++++++ 2b) Le PCF se doit d’être exemplaire en termes de démocratie interne s’il veut apparaître comme une force politique en phase avec son époque : * Nous devrions procéder plus souvent à des votations internes sur les sujets qui font débat au sein du Parti (Europe, modalités de la transition écologique...) à l’issue de réelles discussions animées nationalement et localement. * Le renforcement des consultations directes des adhérents entre les congrès pour les questions stratégiques et une meilleure prise en compte par les directions des avis exprimés par les camarades nous semblent des éléments essentiels. Il y aura d’autant plus d’initiatives militantes que les camarades seront encouragés à en prendre et qu’ils auront la conviction qu’ils sont écoutés. Nous avons fait des propositions plus détaillées dans ce sens sur une contribution relative aux nouveaux modes d’organisation : http://congres2018.pcf.fr/8/lien_aux_adh_rents_d_mocratie_interne_et_changes_entre_sections ++++++++++++++++++++++ 3) Pour reconstruire dans les conditions concrètes de la situation politique de 2017, il nous semble que : ++++++++++++++++++++++ 3a) Nous devons avant tout affirmer notre visée communiste, l’assumer et arrêter de penser que c’est un frein au rassemblement. L’histoire de notre pays montre que c’est quand le Parti Communiste est fort que la gauche réelle peut aller de l’avant. Notre premier objectif doit donc être d’affirmer nos idées, notre projet et nos spécificités, pour les faire progresser dans les esprits... ++++++++++++++++++++++ 3b) Nous devons commencer par porter nos idées, par mettre en avant des mots d’ordres clairs et compréhensibles par tous pour redevenir un pôle d’entraînement et d’attraction dans la vie politique française. A ce titre, nous avons clairement besoin lors des prochaines élections de mettre en avant plus de candidats issus du salariat, d’ouvriers, de chômeurs pour mettre en accord nos actes avec notre discours sur la nécessité d’une appropriation citoyenne des enjeux actuels. Avant d’envisager des alliances, le PCF doit en premier lieu avoir un programme clair et le faire connaître haut et fort. ++++++++++++++++++++++ 3c) La réflexion sur des alliances ne doit à notre sens venir que dans un second temps et sur la base d’un accord programmatique et électoral à même de faire progresser nos objectifs. Sur ce point, nous sommes pour favoriser des alliances mais sans se compromettre et en étant bien conscient que les modes de scrutins ne nous sont pas favorables en l’absence de proportionnelle et que nous n’avons donc pas toujours intérêt à faire l’alliance à tout prix. Nous devons être clairs sur le pourquoi de nos alliances, ne pas mettre la poussière sous le tapis et s’assurer une bonne visibilité sur les listes quand nous faisons une union. * Le PCF a toujours une image plus positive que ce que nous croyons (même si elle paraît ancrée dans le passé pour une part de la population) donc nous devons faire attention à ne pas servir de caution de « gauche réelle » quand nous allons dans un rassemblement. Sinon, cela se retourne souvent contre nous (exemple de la municipale parisienne où nous avons pour une part semblé cautionner la politique gouvernementale en nous alliant au PS). Les rassemblements électoraux doivent se faire sur une ligne politique claire et à notre avantage. * Le Parti ne peut à notre sens intégrer en période électorale un regroupement des forces de gauche sans perdre son identité que s’il porte des ancrages forts (clairement communistes), adopte une position sans compromission (des compromis peut-être, mais pas de reniements) et porte de nouveaux conquis sociaux, mesurables et atteignables dans la société du XXIème siècle ++++++++++++++++++++++ 3d) Pour ne plus être vu comme un parti électoraliste et pour mener de vrais campagnes / bataille d’idées, nous devons : * Arriver à mieux dissocier les batailles électorales et les batailles idéologiques en sachant les mener en parallèle et sans que les campagnes thématiques disparaissent pendant les périodes électorales. * Lorsque nous intégrons une majorité municipale plurielle où nous ne sommes pas majoritaires, ne pas hésiter à faire entendre nos désaccords, voire à claquer la porte si certaines lignes rouges sont franchies. ++++++++++++++++++++++ 4) Concernant la notion de rassemblement, deux champs de rassemblement sont à considérer: Le champ électoral (voir précédemment) et le champ de l'action militante et du travail programmatique, où nous devons viser à rassembler tous ceux qui veulent réellement transformer le monde au bénéfice de l’émancipation humaine. Sur ce champ, nous ne devons pas rejeter ceux qui veulent venir avec nous et aller à la rencontre de tous ceux qui veulent changer les choses. Nous déplorons le fait que le Parti n’envisage souvent le rassemblement que sur le plan électoral (ce qui est d’ailleurs assez criant dans le texte d’introduction aux débats qui nous a été fourni).

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