Amendements - Congrès PCF

Lever toute équivoque
Contributeurs :

Parlant du texte devenu la base commune de discussion, certains affirment qu’il ne peut désormais s’agir que de « l’enrichir » et en aucun cas de « le dénaturer » (voir l’Huma des 9,10 et 11 XI). Qui peut donc décider et selon quels critères ce qu’est un « enrichissement » et ce qu’est une « dénaturation » ? Le congrès départemental de la sarthe vient de se tenir. Au fil d’un débat très serein au cours duquel tous se sont montrés attentifs aux réflexions de chacun-e, une série d’amendements ont été adoptés à la quasi unanimité. Porté par le soucis de ne pas hiérarchiser les luttes porteuses d’émancipation l’un d’eux propose d’exprimer avec plus de force l’engagement des communistes dans le mouvement féministe. Enrichissement de la démarche du PCF ou dénaturation d’une approche différenciée des différents front de lutte ? La formulation « être présents avec nos propres candidats à toutes les élections » (18/23-25) a été écartée parce qu’estimée réductrice et exclusive de toute forme de rassemblement, d’union, s’imposant en tout lieu et en toute circonstance. Enrichissement de la responsabilité des communistes à se déterminer en fonction des situations concrètes ou dénaturation d’un dogme ? Il a encore été voté à la quasi unanimité la suppression pure et simple du passage fixant comme ambition « d’être à l’avant-garde des luttes et des idées » (20/27 à 47). Volonté d’enrichir une conception ouverte, dialectique, des rapports entre le PCF et la société ou dénaturation d’une approche flirtant quelque peu avec le concept ancien de « rôle dirigeant » ? Il serait pour le moins curieux de prétendre réinvestir la base commune du statut de fait qu’avait jadis le projet de résolution émanant du comité central ! Il s’agit du texte référent à partir duquel chacun-e est invité-e à nourrir la réflexion collective. Pas moins, pas plus. Et les communistes étant jusqu’au bout maîtres de leurs choix, aucune prescription ne saurait limiter à quelque niveau que ce soit leur droit d’amendement. Marc Blachère, section Sarthe-sud, fd 72

Les commentaires

  • a commenté 2018-11-13 10:43:35 +0100
    Tout à fait d’accord, ce serait une démocratie peau de chagrin qui réduirait les communistes à voter pour un texte, qu’il soit proposé par le CN ou pas, et les priverait ensuite de toute participation à une réflexion collective et de toute capacité d’intervention. Ce serait non seulement insupportable de ramener les communistes à être des “supporters”, mais suicidaire car ce serait se priver de la richesse des apports de chacun-e. Comment peut-on vouloir pour notre société le déploiement en grand de la démocratie, économique, politique, sociale, et refuser aux communistes d’être des acteurs à part entière du devenir de leur parti?
  • a publié dans Amendements - Préambule 2018-11-11 00:05:21 +0100