Écologie, enjeux de classe et projet communiste - Congrès PCF

Parlons des sujets qui fâchent
Contributeurs :

Il n’y a pas de sujets qui fâchent mais des incohérences dangereuses. Le cas de Notre Dame des Landes (NDL) est exemplaire. Un projet aussi mal engagé ne donne que de la confusion. Il y a toujours de bons arguments pour et contre ! Les réponses par « oui » ou par « non » sont caricaturales et exacerbent les dogmatismes voire les mensonges. La question d’une installation (aéroport, usine, TGV, immeubles, etc.) n’est jamais qu’une question locale même si l’impact est vécu souvent plus localement. Ce n’est pas aux seul(e)s élu(e)s locaux à décider. NDL était d’abord une question d’aménagement du territoire, liée à l’augmentation du trafic aérien. (Même problème pour les bateaux de croisières). NDL ne sera pas réalisé, mais d’autres aéroports seront agrandis avec les mêmes nuisances (y compris sur les terres agricoles). Cela coûtera très cher et détruira des espaces. Vinci gagne sur tous les tableaux et le gouvernement organise la privatisation des aéroports. Les grands projets inutiles. Qui décide qu’un projet est grand ou petit, inutile ou pas ? C’est au regard des besoins réels qu’on peut évaluer cela. Sinon, il ne faut plus faire de barrages hydrauliques, d’autoroutes, de trains comme Grand Paris Express, d’usines, de grandes habitations, etc. Faut-il construire le TGV Toulouse-Paris ? (les gens à Toulouse sont pour). Faut-il installer de grands parcs éoliens en bord de mer ? (les habitants des zones concernées sont contre). Faut-il faire une ligne RER Paris-Charles de Gaulle pour favoriser l’avion ? Faut-il refaire des routes, des ponts pour éviter les passages à niveau ? Etc. En réalité il faut avoir une conception globale de l’aménagement. Il y a toujours des enjeux avec des intérêts différents. Le plus souvent la finance et l’électoralisme triomphent. « Pas chez moi, chez les autres ! ». La sainte alliance gauche-droite. Tout le monde applaudit à l’arrêt du projet de NDL. Belle opération politicienne de Macron (qui fait le contraire de ce qu’il avait dit). « Ni droite - ni gauche » est un masque pour dire droite et la plus dure ! N. Hulot écrivait que l’écologie n’est ni à droite, ni à gauche, mais au-dessus ! Voilà la manière de camoufler la lutte des classes et d’empêcher les rassemblements. Cette méthode est déployée en Allemagne (d’un point de vue politique et idéologique) qui serait avec la France le moteur de cette ligne. François de Rugy fait « vert » dans cet ordre libéral ! (Notons au passage que la sortie du nucléaire avec le projet Négawatt est déjà un argument de campagne électorale pour les européennes !). Les exemples se multiplient. Dans beaucoup d’endroits il y a des accords de fait entre la droite et une certaine gauche. L’industrie pollue donc on ferme ! au lieu de se battre pour produire et consommer autrement. Résultat : on va produire en polluant ailleurs ! Comme si « l’écotourisme » que certains veulent mettre à la place (c’est le cas dans mon département des Bouches-du-Rhône) n’avait pas d’incidence sur l’environnement ! C’est le PS qui a fait fermer le réacteur nucléaire civil de Creys-Malville, en accord avec une partie de la droite et de la gauche. (Maintenant ce sont les Russes qui l’on construit et nous allons chez eux pour faire des tests expérimentaux). Les mêmes ferment Fessenheim et veulent arrêter 5 à 16 réacteurs ! On oublie vite la lutte contre le changement climatique. Il est facile dans ce cas d’organiser des votations contre le nucléaire civil puisque la droite est en train de le faire ? Pourquoi ne pas revenir à la proposition de référendum national (voir le programme « L’humain d’abord » de 2012) ? J. L. Mélenchon cache la vérité. Il dit (Humanité du 22/01/2018) « Ainsi le pays le plus émetteur de gaz CO2 (l’Allemagne) d’Europe et celui qui est le plus nucléarisé (la France) n’ont rien à dire sur leurs responsabilités ». En réalité, la France, veut faire comme l’Allemagne qui arrête le nucléaire et qui pollue le plus alors que la France pollue le moins grâce à son énergie nucléaire ! Mais on constate que notre production en CO2 augmente ! Bel exemple de dogmatisme, d’opportunisme et de raisonnement irrationnel. Dans le même temps, Macron développe l’armement nucléaire et installe des sous-marins nucléaires aussi à Toulon ! La démocratie est bafouée. Ce n’est pas parce que le nucléaire a été introduit sans véritable débat qu’il faut faire de même pour les énergies renouvelables (qu’il faut développer là où c’est nécessaire). Qu’aurait-on dit si, à NDL, les gens avaient voté contre et qu’on le fasse quand même ? C’est ce qui se passe à Fessenheim. Les salarié(e)s des usines pèseraient-ils moins que d’autres ? Les prix de l’énergie augmentent (la finance privée s’est emparée des énergies renouvelables), la précarité aussi, notre industrie et notre recherche reculent et on privatise tout. Regardons ce qu’est devenue l’écotaxe votée à l’assemblée nationale le 28 octobre 2008 par 256 voix contre 4 ! (Il faudrait y revenir plus longuement). Une coalition de patrons utilisant avec démagogie les craintes des agriculteurs et des salariés, a obtenu grâce à Richard Ferrand l’arrêt du projet en 2016. Qui a payé l’addition ? Ça mérite notre réflexion et la mise en œuvre de ce que nous décidons ! En écologie comme ailleurs, il faut rassembler et agir avec des objectifs de classe sinon ce sont toujours des reculs pour la masse des gens. Luc Foulquier - Bouches-du-Rhône

Les commentaires

  • a commenté 2018-05-09 02:59:48 +0200
    Bravo pour ce regard qui met bien en valeur les contradictions et présupposés qui existent dans tout projet structurant. Effectivement, comment exercer la démocratie, quelle responsabilité du politique, comment concilier les intérêts locaux et intérêts nationaux ? Est-ce que certains choix dans un territoire ne se font pas au dépens d’autres ? Comment aussi doit on comprendre et dépasser le problème du syndrome NIMBY ?

    Peut être faut-il souligner un premier problème : Les projets, dans lesquels sont impliqués l’Etat ou des grosses entreprises subissent aussitôt la représentation du “gros méchant” contre les “petits gentils”. Qui parasite assez vite le débat de fond. Etre pour un projet n’est pas être supporter de Bouygues ou Vinci, ce serait trop facile. Etre contre n’est pas non plus automatiquement mener une bataille contre le capitalisme. On peut aussi être surpris d’une critique systématique de l’Etat dès lors qu’il est interventionniste dans un territoire.

    Bref, large débat à mener. Bon courage :)
  • a pris position important 2018-05-09 02:59:48 +0200
  • a publié dans Écologie, enjeux de classe et projet communiste 2018-01-25 09:02:40 +0100