Elections Européennes 2019 - Congrès PCF

Synthèse des contributions reçues en janvier
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Chantiers Européennes Synthèse des contributions reçues au 31 janvier Cher-e-s camarades, Pour dresser un état des lieux du chantier et pour vous inviter à contribuer, l'équipe d'animation du chantier publie ici une synthèse des contributions reçues en janvier sur le site. Une autre suivra concernant les contributions reçues en février. A vos plumes ! Vincent Boulet I- Les points d’accord La centralité et la gravité de l’enjeu des élections européennes pour l’Europe, la France et le Parti est amplement souligné (« le contexte historique [… ] est totalement inédit ») La crise de la construction européenne semble dessiner une sombre alternative pour les peuples : soit la fuite en avant dans la construction libérale, soit le repli nationaliste vers lequel poussent les forces d’extrême-droite (« programme de régression sociale » ou « option national-populiste »). Plusieurs contributions illustrent en substance la bataille hégémonique d’une importance historique qui est en cours. Les options libérales et nationalistes se parlent d’ailleurs l’une, l’autre. Pour le Parti, il s’agit de retrouver de la visibilité et de la lisibilité, en ayant conscience du risque de perdre les élus au Parlement européen. (« Nous devons jouer de nos propositions originales », « imposer les solutions révolutionnaires qu’exige la situation », « il ne faut pas en rabattre sur les aspects les plus innovants et originaux de notre programme », « ne pas faire l’impasse sur la démocratie et l’économie communiste »). Les contributions s’accordent également sur la nécessité d’avancer haut et fort des propositions concrètes pour le bien des peuples. Il y a un accord pour ne pas en rester au statu quo en Europe et que l’état actuel de la construction européenne n’apporte aucune solution. Quelques soient les débats (voir ci-dessous), il y a un large consensus sur la centralité de la question de la « souveraineté » et sur le fait que notre projet est « antilibéral et antinationaliste ». On peut lister parmi les propositions concrètes suivantes : - La lutte contre l’évasion et l’optimisation fiscale, lutte contre les paradis fiscaux - Un fonds européen de développement social et écologique financé par la BCE. Par exemple, en transformant le quantitative easing de la BCE. - Une politique d’accueil des réfugiés, respect du droit d’asile - Lutte contre les accords de libre-échange CETA, TAFTA, TISA. Refus de tout nouvel accord dégradant les conditions sociales et environnementales des pays européens. - Suspension du pacte budgétaire « en attendant une modification des traités européens ». - Lutte contre le dumping social et fiscal. Clause de non régression des droits sociaux et environnementaux, alignement par le haut, SMIC européen. - Egalité femmes/hommes, luttes contre les violences faites aux femmes. - Coopération pour la transition énergétique et écologique. - Combat contre le démontage des codes du travail européen. - S’affranchir de l’OTAN - Quelle place pour l’Euro ? Ne peut-on pas créer « une nouvelle monnaie d’échange » ? Ces propositions sont présentées comme des premiers pas permettant d’ouvrir une brèche dans la construction libérale européenne (vers la révision des traités, vers la révision du statut de la BCE pour « mettre un terme à l’indépendance de la BCE », « désobéir n’impose pas de sortir des traités »).. Ces propositions doivent en outre se faire en cherchant des rapprochements avec d’autres forces européennes, ( « trouver des alliés sur la base d’une plate-forme commune ») même si le contour des rapprochements à rechercher peut faire l’objet de discussions (« Le programme devrait idéalement comporter des propositions communes avec d’autres forces européennes », « se montrer à la hauteur de nos responsabilités dans ce lourd contexte, c’est se montrer capable d’orchestrer la mobilisation de tous les progressistes de l’UE », se rapprocher des autres partis communistes européens). La place importante de la communication est soulignée par plusieurs contributions. Pour préparer ces élections, une contribution propose d’organiser des « réunions débat avec des spécialistes, des journalistes, des économistes… ». II- Les débats 1- De nombreuses contributions interrogent la perspective historique que nous proposons. + Dans le rejet à la fois d’une option fédéraliste et du Plan B, la visée d’une Europe respectueuse des droits souverains, démocratiques et sociaux des peuples, par exemple par le biais de « coopérations entre nations libres et souveraines à géométrie variable ».Cette position s’appuie en arrière plan sur la bataille d’hégémonie idéologique : « Ce serait […] un terrible contresens […] que de considérer l’hostilité à l’establishment formulée par les populistes de la mouvance nationaliste comme un premier pas anti-système » (« Il faut que nous ayons des argumentaires pour critiquer les perspectives fédéralistes ou […] plan B »). La démarche de Jean-Luc Mélenchon est souvent vertement critiquée (« [Elle] s’empare ouvertement de certains des thèmes revendiqués par les nationalistes […] Elle donne sur le fond du crédit à des nationalistes prêts à rajouter un dumping monétaire (sortie de l’euro) aux dumpings social, fiscal et environnemental déjà en cours ») Ces propositions sont majoritaires. + quelques contributions pensent qu’il faut « sortir de l’UE et de l’euro pour accomplir la révolution et construire le socialisme » + Derrière ces débats, se trouve celui du bilan de l’UE (« Sur de nombreuses matières, l’Europe, à savoir l’UE, l’OCDE, le conseil de l’Europe de Strasbourg, la déclaration d’Helsinki de 1975 ont permis des avancées sociales et démocratiques » ou « l’UE est une création des bourgeoisies européennes qui ne peut pas être changée dans un sens plus social comme le montre le cas grec »). 2- Le contour des listes de 2019 Deux options semblent se dessiner parmi les contributions reçues à ce jour : - Des listes « très largement issues » du PCF, ouvertes « à de nouveaux visages ». (« la question de l’unité se posera dans un second temps », « la visibilité de nos propositions ne doit être sacrifiée à rien ») - La recherche d’alliances, motivée par les enjeux du scrutin (« si nous partons seuls à ce scrutin, c’est quasiment sûr que nous n’arriverons pas à maintenir nos députés »). Plusieurs options sont envisagées dans les contributions. Pour l’instant, aucune contribution ne propose une alliance avec la FI, ni avec le PS. L’option Hamon, parfois présentée comme « fédéraliste », fait l’objet de discussions. Une contribution propose une alliance avec le NPA et LO. - L’ouverture au monde associatif est commune aux deux approches. (exemple : en proposant à une figure des associations de défense des droits des migrants une place éligible sur la liste). III- Pour aller plus loin… Les camarades sont libres de contribuer sur les thèmes qu’ils souhaitent car, comme en appelle une contribution, tous les débats peuvent être mis sur la table sans tabou. Il est donc possible d’approfondir ou de discuter à nouveau des points évoqués dans cette synthèse. Nous pouvons relever que des aspects ont été encore peu discutés et mériteraient sans doute de l’être davantage : la question de la défense européenne et de la politique de voisinage, ou encore celle des services publics (nationaux, coopératifs, européens ?). Les camarades qui souhaitent contribuer sur la perspective historique européenne sont invités à réfléchir également au rapport de force nécessaire à mettre en œuvre ou sur lequel il serait possible de s’appuyer pour parvenir à nos fins. Nous dresserons une nouvelle synthèse des contributions à la fin du mois de février. A vos plumes ! Vincent Boulet

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