Féminisme / Droits des femmes - Congrès PCF

Pour un autre féminisme : un féminisme révolutionnaire
Contributeurs :

Je considère depuis très longtemps que le féminisme dont il est question actuellement dans la société et dans les médias est un féminisme "mainstream" aussi extrêmiste qu'inefficace. Les hashtags "Balance ton porc", "Metoo" et autres ne font pas peur à la bourgeoisie, bien au contraire ! Le féminisme de lutte de classe doit partir du principe que l'homme et la femme sont avant tout des êtres humains, et qu'ils et elles sont capables du meilleur comme du pire. Qui peut croire que Christine Lagarde, Muriel Pénicaud, Laurence Parisot ou l'insupportable Marine Le Pen incarnent, sous prétexte qu'elles sont des femmes, un quelconque progrès pour qui que ce soit ? Quel individu (homme ou femme) normalement constitué peut se reconnaître dans des mouvement aussi violents et vulgaires que les Chiennes de garde, les Femen ou Osez le féminisme ? Ces mouvements, j'en suis convaincu, représentent un trouble à l'ordre public, un danger réel, et devraient être interdits depuis longtemps ! Plus généralement, c'est ce détestable féminisme différentialiste qu'il convient de combattre au profit d'un féminisme beaucoup plus dérangeant pour les exploiteurs. Celui-ci est incarné, par exemple, par Christine Delphy, elle-même issue du MLF, et dont les positions tranchent clairement avec les positions "mainstream" dont j'ai parlé plus haut. Emboîtons-lui le pas ! C'est en fait aux contradictions et à la complexité des relations entre hommes et femmes qu'il convient d'être attentif, tant il est vrai qu'une femme peut être exploiteuse (ex : Mme Pénicaud) et un homme exploité (ex : les salariés de Danone qu'elle a licenciés pour s'enrichir). Toutes et tous, nous rencontrons chaque jour des hommes formidables et des femmes ignobles. Le nier serait mentir. Enfin, puisqu'il faudra bien en parler, le désormais célèbre Harvey Weinstein, possède la particularité d'avoir soutenu Hillary Clinton contre Donald Trump, et je trouve que ce détail qui n'en n'est pas un a été bien vite écarté des débats ces derniers mois. Notons aussi qu'il n'a été déclaré coupable à ce jour par aucun tribunal. Je pense sur ce point qu'il faut recontextualiser les choses. Voilà donc ma contribution sur ce sujet. Elle ne changera pas la face du monde, mais je tenais à la transmettre, tant le mouvement féministe me semble à la dérive au point d'en devenir dangereux. Tous les mouvements peuvent déraper, y compris celui-là. A nous d'empêcher ce triste scénario. Dernière précision : j'aurais posté la même contribution si j'avais été une femme. Toute femme aurait pu naître homme et tout homme aurait pu naître femme. Je ne suis pas sûr que ce soit clair pour tout le monde...

Les commentaires

  • a commenté 2018-04-05 10:01:49 +0200
    Bonjour Cédric,
    il me semble que pour écrire comme une femme, il faut avoir subi la double domination qu’elles vivent au quotidien et dont on nous dit qu’elle peut durer encore plusieurs siècles. Il n’y a qu’à voir le pourcentage obtenu par le questionnaire national (6% environ sur le sexisme) pour se rendre compte de l’intérêt que le sujet suscite au sein du PCF. Les femmes vivent à la fois une domination établi en système et qui profite au système ainsi que des violences individuelles. Cela fait beaucoup et génère beaucoup de souffrances surtout lorsqu’elles sont tues. Nous pouvons penser que certaines actions ne sont pas les plus appropriées, voire qu’elles vont à l’encontre du but recherché ou même qu’elles sont utilisées et même favorisées dans un but contraire à la lutte contre toutes les dominations mais il me semble que nous devons toujours et avant tout comprendre les motivations des actes qui nous semblent, à priori, étrangers si nous voulons être le parti de “l’humain d’abord”.
  • a commenté 2018-03-27 14:15:21 +0200
    Bonjour Marie-Madeleine,

    Quand je parle de vulgarité de certains mouvements féministes, je pense par exemple aux Femen qui ont uriné publiquement sur le portrait de Viktor Ianoukovitch, président ukrainien légalement élu. Le comble est que ce président a été remplacé par Petro Porochenko, lequel a… interdit le Parti communiste et l’ensemble de l’opposition démocratique.
    PS : j’ai pris la peine de répondre à ton commentaire, parce que, contrairement à d’autres, il est argumenté.
  • a commenté 2018-03-27 09:51:01 +0200
    Qu’est-ce qui te permet de dire que des mouvements comme ceux que tu cites au début de ton intervention ne sont pas révolutionnaires ? Qu’est-ce donc qu’être révolutionnaire ? La contestation des effets comme le viol qui découle d’un ordre établi comme le patriarcat ne te paraît l’être que dans certaines conditions ? N’y a-t-il qu’une seule voie pour le progrès de l’humanité ? Qu’est-ce donc que le communisme sinon une société débarassée de toutes formes de domination, d’aliénation et qui permette le développement de chacune et chacun, de tous. La vulgarité est-elle du côté des victimes ou du côté des coupables ? Ne crois-tu pas que traiter de « porc » un individu coupable d’agressions sexuelles est une manière bien douce de traiter un criminel ? Dénoncer des actes criminels n’est-ce pas le début d’une volonté de changement ? Y a-t-il des luttes plus « nobles » que d’autres et si oui, en fonction de quoi ? De quelle hiérarchie ? Si le patriarcat est un système de pensée, un véritable poison qui envahit notre société, toute action contre ses effets n’est-elle pas une remise en cause du système ? Engouffrons nous dans cette juste contestation et ensemble faisons reculer les dominations
  • a pris position defavorable 2018-03-27 09:51:00 +0200
  • a commenté 2018-03-25 20:29:19 +0200
    Mais il nous explique…et en plus il nous trouve vulgaires dangereuses. .arrêtez n’en jetez plus !
    Juste un mot…le féminisme ne tue pas le machisme tue tous les jours.
  • a commenté 2018-03-25 20:09:25 +0200
    Non Cédric, vous n’auriez pas posté la même contribution si vous aviez été une femme.
    Le capitalisme fait les mêmes ravages chez les hommes et les femmes.
    Mais un homme est beaucoup moins susceptible de subir des mutilations sexuelles, la majorité des victimes de la traite d’êtres humains et de la prostitution sont des femmes, dans les mariages d’enfants, les deux conjoints sont parfoirs du même âge, mais dans beaucoup de cas, ce sont des fillettes qui sont mariées à des hommes beaucoup plus âgès, voire des vieillards. Aucune religion ne voile les hommes. Les violences sexuelles sont majoritairement exercées par des hommes sur des femmes. 130 femmes meurent chaque année sous les coups d’un proche, contre une trentaine d’homme. La culture du viol, fille du patriarcat existe et ce sont les femmes qui en sont les principales victimes.
    Oui, les bourgeoises ont la conscience de leur classe et soutiennent les bourgeois avant de soutenir les femmes. Bourgeois et bourgeoises n’ont qu’un seul objectif: le maintient de leur classe au pouvoir.
    Oui, le capitalisme est notre ennemi, mais il a créé le patriarcat et ils s’entendent comme larrons en foire pour opprimer les femmes encore en peu plus. L’abolition du capitalisme aidera mais ne suffira pas à l’égalité H/F.
  • a pris position defavorable 2018-03-25 20:09:24 +0200
  • a commenté 2018-03-21 19:49:17 +0100
    Camarade, ton féminisme est ancré dans la pensée patriarcale ! Les mouvements actuels mettent en avant et remettent en question la domination masculine et les violences qui en découlent. Ces mouvements sont libérateurs et nous amènent tous à réfléchir sur le comportement de la gent masculine envers les femmes et la complicité de la société qui sévit encore aujourd’hui face à cette domination. Effectivement une femme peut exploiter un homme, là nous parlons d’individu et non pas d’une société ; bien sûr nous sommes tous des humains mais l’histoire nous apprend que la femme n’a pas la même place que l’homme et encore aujourd’hui cette différence sociale est flagrante dans toutes les sphères de notre société. Comme le disait Simone de Beauvoir – “Être femme, ce n’est pas une donnée naturelle, c’est le résultat d’une histoire. L’histoire de la civilisation, qui aboutit à son statut actuel…”.
    Par ailleurs dédouaner Harvey Weinstein parce qu’il a soutenu Hillary Clinton est une erreur politique majeure. Féministe et Communiste je suis ! Capitalisme et patriarcat sont mes combats.
  • a pris position defavorable 2018-03-21 19:49:16 +0100
  • a commenté 2018-03-20 21:59:52 +0100
    “Je ne suis pas sûr que ce soit clair pour tout le monde…”, écrit Cédric Guenot, mais si c’est parfaitement clair, comme d’ailleurs tout le texte. Il est heureux que d’autres communistes, et j’espère qu’ils-elles sont la majorité, ont une tout autre vision du féminisme.
  • a pris position defavorable 2018-03-20 21:59:52 +0100
  • a commenté 2018-03-04 15:20:54 +0100
    En réponse au commentaire d’Hervé Radureau.

    Bonjour Hervé,

    Ce que je reproche en fait au féminisme que j’ai appelé “mainstream”, c’est de ne pas être en rupture avec les injustices libérales, et même de plébisciter le système existant. La droite ne s’y trompe d’ailleurs pas et saisit la balle au bond chaque fois qu’elle en a l’occasion.
    Par exemple, un cinéaste ou un animateur de télévision sera inquiété pour une “main baladeuse”, alors que le gouvernement nous explique que l’affaire Théo n’était pas un viol. Pourtant, ledit Théo a été sodomisé avec une matraque et restera peut-être handicapé à vie ! C’est inadmissible. Même silence (ou même approbation) concernant les Africaines ou les Asiatiques qui ont subi des viols collectifs durant les guerres coloniales. Là aussi, le port de l’uniforme semble tout changer.
    Et puis, pour porter le débat sur un terrain plus politique, Cristina Kirchner aurait-elle été chassée du pouvoir en Argentine si elle avait été une femme de droite ? Je à peu près suis sûr que non.
    Enfin, sur un plan professionnel, le fait de considérer hommes et femmes comme des humains avant tout me paraît nécessaire pour masculiniser les métiers “féminins” et féminiser les métiers “masculins”.
  • a commenté 2018-03-04 06:57:18 +0100
    Bonjour Cédric,

    A partir de mon expérience professionnelle, j’ai envie de rejoindre ta première remarque sur le fait que les femmes qui parviennent à passer au-dessus du plafond de verre de l’entreprise n’ont pas de comportements très différents des hommes de pouvoir et sont mêmes capables de faire pire.
    Ainsi il n’est pas rare de voir une assemblée d’hommes tétanisés, certains par leur sens de la courtoisie certains par une crainte de retour de bâton, ne pas s’opposer à des propos ou des idées ou des décisions qui ne seraient pas passés si cela était venu d’un homme. J’en conviens aussi, il y a du machisme dans ce type de silence visant à espérer une chute très rapide à cause des supposées erreurs commises par cette femme dirigeante d’un groupe d’hommes.

    Les contraintes managériales et sociales du système actuel de concurrence entre individus ajoutée aujourd’hui à celle des entreprises amènent nombre d’être humains à adopter des postures à contre-emploi où assez évidemment ils n’excellent pas et donc en font beaucoup plus que nécessaire. Je pense que c’est particulièrement fréquent chez des femmes de pouvoir, vu leurs difficultés immenses à pénétrer les milieux d’hommes.

    Par contre je ne partage pas du tout ta remarque finale sur l’absence de différence d’être un homme ou d’être une femme: physiologiquement, c’est une évidence (ex: en tant qu’homme, je n’ai pas la possibilité de mettre au monde un enfant) et socialement les différences sont largement amplifiées tant par la continuité du patriarcat – qui semble exister depuis l’éternité- que par les systèmes d’exploitation comme le système actuel qui ravale l’ensemble des femmes derrière celui des immigrés hommes, comme j’ai pu le lire plusieurs fois dans notre presse.
  • a publié dans Féminisme / Droits des femmes 2018-02-15 20:15:14 +0100