Écologie, enjeux de classe et projet communiste - Congrès PCF

Utilisons les protéines végétales !
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Les mesures proposées ci-dessus me semble être de bon sens et je les partage , cependant, pour être pleinement efficaces et répondre aux urgences climatiques elles doivent être complétées par d'autres . Il est clair que notre agriculture , très couplée avec l'élevage , est une grande consommatrice d'énergie , une source de pollution tout azimut , qu'elle est responsable de la disparition des terres " vivantes " , et qu'elle favorise les " gros " en poussant les " petits " au suicide ... Je ne vais pas défendre une telle chose , mais je veux juste souligner que si elle est possible c'est parce que la demande en produits alimentaires d'origine animale est très grande dans notre pays ! ( les capitalistes qui sont derrière cela ont certainement une vue à court terme de leurs bénéfices ...mais ils ne sont pas idiots : ils savent que cette " demande " existe ...et font tout pour l'entretenir ! ) Je pense que nous devons oeuvrer pour une diminution de l'élevage ( sous toutes ses formes ) et une augmentation des cultures de protéines végétales ( avoine , sarrasin ...) et en particulier des légumineuses destinées à l'alimentation humaine . Nous avons tout à y gagner : moins de pollutions diverses et variées dues à l'élevage , moins d'énergie dévolue à tous ces transports , plus de surfaces destinées directement à l'alimentation humaine avec moins ( voire pas du tout ) d'engrais , une bien meilleure productivité à l'hectare de bonnes protéines ( aussi meilleures pour la santé ), une meilleure santé globale ( une politique de santé commence par la prévention ..et donc par l'alimentation ! ), une réduction de notre balance des paiements , une plus grande souveraineté alimentaire ....et j'en oublie certainement ! 2016 fut " l'année internationale des légumineuses " ONU/OMS ( dans un grand silence médiatique , y compris dans notre presse ! ) Cela est fort dommage car un grand nombre des savants et scientifiques de plusieurs disciplines ont publiés des documents très accessibles au grand public qui montraient les nombreux avantages à cultiver et à consommer des légumineuses ( climat , sauvegarde des terres , diversité , économie , santé ...) Je pense qu'il faut s'inspirer de ces études , de cette démarche ,pour trouver des solutions pour que notre 21ème siècle ne soit pas le dernier : nous savons tous qu'il y a urgence !!! Ce que nous proposons ne doit pas forcément s'inspirer de positions syndicales ( que je comprends et respecte ! ) mais nous devons avoir une vision à long terme ( et juste ) des défis qui se posent déjà ! C'est une question hautement politique que de militer pour une alimentation plus végétale et que de proposer des solutions pour que cela se fasse dans le respects des agriculteurs ( aides financières , aides techniques etc ) Si nous sommes capables d'agir dans ce sens , de proposer des perspectives , cela prouvera que notre parti est bien un parti d'avenir .

Les commentaires

  • a commenté 2018-01-24 21:23:39 +0100
    Bonjour : je trouve ce sujet très intéressant, mais comme je le disais par ailleurs dans mon post sur l’ « écologie technique », il faut se méfier des solutions prêtes à l’emploi.

    Pour donner raison au commentaire de Gérard Guérin, s’il faut repenser sûrement notre consommation de protéine animale (on évacue vite fait dans ton intervention la question de la pêche et les fermes acquacoles), il ne faut pas oublier que l’élevage est aussi une question d’entretien de paysages et d’éco-sytèmes, et surtout que s’il faut réfléchir en terme global, d’émission de gaz à effet de serre (si c’est le bon indicateur!), il y a quelques différences entre les territoires. Je doute que l’on puisse transformer des terres d’élevage traditionnel facilement en zone d’agriculture de plein champ. L’élevage de causse par exemple est foncièrement extensif (les vaches en Limousin, en Lozère nord, les moutons en Provence et Larzac, les chèvres de parcours en AOP type Pélardon) et il n’est pas vraiment évident de passer à des cultures d’open field désastreuses en terme de destruction du patrimoine physique (murette, feixes…), de haies, et de dépendances en apports, sur des sols aussi pauvres, d’engrais minéraux. De même pour les fortes pentes : étant voisin des Pyrénées, j’ai du mal à imaginer les alpages sans estive… De la même façon, l’élevage est un très bon système d’entretien des zones humides, et il n’est pas un hasard de retrouver la production laitière dans des bocages (type normand, vendéen, breton…). La mise en monoculture/grande culture a été désastreuse en terme écologique dans tous les territoires de remembrements de la révolution verte, en terme de biodiversité, de vie des sols, d’érosion. Le labour et le semis, dans le cycle de l’eau, ce n’est pas tout à fait pareil que la pâturage et la fenaison…

    Le nœud du problème est de produire sans plan d’ensemble, sans projet, sans réflexion sur l’adéquation territoire/culture : il n’y a pas l’extraordinaire biodiversité écosystémique des garrigues des suds sans pastoralisme. Et on ne fait pas pousser de l’avoine n’importe où… comme nous ne devrions pas faire pousser selon la PAC du tournesol, du maïs et du soja sur TOUS les territoires.

    Je crois réellement que le problème de l’élevage réside dans quelques points bien déterminés : le mal-être animal, la concentration territoriale, l’inadéquation des espèces et de leur milieu. Si les limousines (par exemple, pardon pour l’aubrac et la bazadaise) passent l’hiver dehors, c’est que c’est une espèce rustique, à croissance lente, qui n’a pas besoin de maïs pour vivre, et qui n’a pas besoin d’étable car pas de traite. Aucune vache n’est censée manger du maïs en fait. Si le bilan carbone (qui est vraiment peut être un indicateur aussi pitoyable que le PIB!) est désastreux, c’est parce que nous nourrissons des usines à viande : espèces de production rapide, de sélection discutable, dépendante exclusivement de l’homme et de sa production en toute occasion, incapable d’adaptation (puisque limitée génétiquement), malade en permanence, gavés d’antibiotiques, incapables de vêler sans se blesser, ayant des portées plus importantes que leurs nombres de pis…

    A titre d’exemple, dans ma zone très rurale, les copains éleveurs entretiennent des troupeaux de vaches et génisses en extensif intégral. Leurs bêtes ont des parcours de centaines d’hectares, auxquels il faut ajouter les prairies qui servent au foin : ce sont des milliers d’hectares de puits à carbone qui sont maintenus, au lieu de se refermer sans elles. Je n’ai pas très envie de devenir chasseur-cueilleur. Et je n’ai pas très envie de me passer de la compagnie des bêtes. Et ce n’est pas du snobisme : certifiée bio, leur viande sort en caissette à 15e le kilo, ce qui est moins cher que de la laitière de réforme grossie à l’ensilage et débitée dans des usines à mort, vendue dans du polystyrène au pousse-caddie. Cette histoire n’est donc pas sans interroger la question des marges, des distributeurs… et de la consommation exclusives de pièces sélectionnées (muscles sans mâche ni gras plus que pièces grasses, osseuse, abats…) etc…

    Bref, avant de condamner l’élevage avec l’eau du boudin, on pourrait noter qu’il existe une légère différence entre les modalités d’élevage, et qu’à bien des endroits, il est nécessaire aux paysages, indispensable à l’éco-système, générateur de bien vivre et de bien manger. Les AOP, les labels, le bio le démontrent depuis belle lurette. Car, enfin, et c’est une autre question, l’impact culturel et social n’est pas innocent. Nous consommons d’ors et déjà moins de viande par habitant selon France Agrimer que par le passé. La grande distribution et le productivisme n’ont pas aboli le caractère discriminant de l’accès à la viande. Peut être pourrions nous simplement envisager de changer de modèle productif. Ce qui pose la question de la concurrence et du dumping écologique, comme l’a prouvé l’exemple du porc anglais dans les années 90. En voulant diminuer la concentration des porcs, en obligeant au paillage pour se prémunir du « problème lisier », en interdisant les mutilations (couper la queue), ils se sont fait manger par le moins disant communautaire (P-B, Danemark puis Pologne). Puisqu’il faut aménager un avenir écologiste et communiste ici, il faut envisager peut être une fiscalité qui reflète le rapport externalités négatives/externalités positives. Une TVA sociale et écologique qui différencie le mal fait dans des conditions inhumaines et contre l’intérêt des animaux et les pratiques respectueuses de l’environnement et des hommes ?
  • a pris position important 2018-01-24 21:23:38 +0100
  • a commenté 2018-01-13 22:18:34 +0100
    Je ne vais pas chercher à commenter ce que je partage, c’est à dire presque tout. Je ne me retrouve pas et depuis longtemps dans l’agriculture telle qu’elle a été développée. Cela ne m’empêche pas de réfléchir aux productions alimentaires et à leurs localisations. Elles ne doivent pas circuler partout et il faut manger partout. Il faut également, s’occuper des territoires (y compris, en y faisant rien). Ces questions ne sont pas si simples et méritent certainement des réponses différentes selon les régions, l’occupation des paysages .. Et il faut bien entendu être à la hauteur pour notre approche et les propositions.
  • a commenté 2018-01-13 20:26:20 +0100
    L’élevage essentiel ??? Tout d’abord de quel élevage est-il question ? Je pense qu’il n’est pas question d’élevage industriel contre lequel notre parti s’est élevé lors de précédent congrès ( et avec raison ! ) .
    Si il est question de petits élevages dans de petites fermes ( comme le demandent la confédération paysanne et le modef ) , cela pose plusieurs questions .
    _ il est clair que la production de produits carnés sera bien inférieure à la DEMANDE ! et je ne pense pas que notre objectif est de fabriquer un modèle dans lequel seuls les plus fortunés y auront accès !
    - que faire alors puisque l’élevage industriel est un problème planétaire ( toutes les études de l’ONU le disent depuis longtemps ! Il y a de puissant lobbies en France qui ont fait voter une loi en 2015 pour que l’on ne tienne pas compte des gaz émis par les ruminants ( mais ces GES existent bien ! ) C’est aussi une catastrophe pour l’eau et les terres polluées , et pour les terres d’autre pays qu’on mobilise ( occupe ) pour notre " bifteck " , en créant de la misère sur place ! ( qu’en penserait EL COMMANDENTE ? )
    - Ces même lobbies font tout ce qu’ils peuvent pour freiner la massification de certaines vérités scientifiques ,
    En France on en est encore à penser MASSIVEMENT : Protéines = viande , Calcium = produits laitiers ,
    et Gastronomie = barbac en tout genre + " accompagnement " , Virilité = viande , convivialité = barbecue .
    Et tout ceci est tout simplement FAUX !
    Pendant des années ON a aussi fait courir le mythe des protéines végétales INCOMPLETES des légumineuses .
    Or de nombreux végétaux ont des protéines complètes et génèrent plus de santé que tous les produits carnés !
    De plus , il est désormais prouvé que l’on vit mieux et plus longtemps sans manger de protéines animales ( il y a même des sportifs de hauts niveaux qui le font pour améliorer leurs performances ! )
    Seule la vérité est révolutionnaire , encore faut-il qu’elle atteigne les masses ! Actuellement on en est loin .
    -Encore un mot pour dire que lorsqu’ une prairie est abandonnée par l’homme et qu’elle se transforme en forêt ,cela est profitable à la planète …cela ne veut pas dire que je préconise cela partout …..mais il faut aussi prendre en compte qu’un troupeau passant dans certains alpages en laissant une terre polluée et des cours d’eau non potables !
    Il existe des formes d’agriculture bio qui ne font pas appel aux intrants animaux d’aucune sorte : il ne faut pas aller chercher dans la littérature officielle les références !!! La discussion n’est pas finie , nous avons jusqu’en novembre pour chercher la vérité .
  • a commenté 2018-01-13 18:47:58 +0100
    Assez d’accord avec cette contribution et le chapeau du thème. J’ajouterai cependant quelques remarques. Sans doute que la consommation individuelle de viande est excessive, c’est une question de santé.
    Pourtant l’élevage reste essentiel : fertilisation et entretien/restauration des sols, c’est aussi une valorisation d’espaces “naturels” (non mécanisés et artificialisés par les intrants (du capital). Il doit s’appuyer sur des orientations techniques nouvelles (bases écologiques) qui devront être articulées à des changements socio-économiques (économie sociale et solidaire, en particulier).
    Cela suppose évidemment une redistribution des activités agricoles sur le territoire national (moins d’ouest intensif, plus de sud pastoral …).
    Il faudra bien à cette occasion réfléchir à la propriété individuelle ou collective (évolution des documents d’aménagement) et aussi aborder la combinaison d’activités rurales pour construire et garantir des biens communs (susceptibles d’ailleurs d’une capacité nouvelle d’évaluation, plus sociale).
  • a pris position important 2018-01-13 18:47:58 +0100
  • a pris position favorable 2018-01-13 18:47:58 +0100
  • a publié dans Écologie, enjeux de classe et projet communiste 2018-01-12 00:19:13 +0100