Conception et rôle de nos directions - Congrès PCF

bilan critique : une conception étrange des directions
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Dans le texte alternatif n°2 ("manifeste") le chapitre 1, intitulé "bilan critique" fait un parallèle systématique entre ce qu'a fait la direction du parti et ce qui aurait du être fait selon les auteurs avec une évolution du texte de "notre immersion dans les comités anti-libéraux" opposé aux "rassemblement avec nos propositions de fond" à "la direction privilégie peu à peu" "au détriment de nos idées" (donc ce n'est plus le même nous) ensuite "le front de gauche tend à se transformer en machine électorale promu par le sommet du parti" "2012-2017 le parti délègue la prise d'initiative populaires à Jean-luc Mélenchon et limite son rôle à être un facilitateur de rencontres au sommet" "Le PCF s'aligne derrière un candidat" (c'est à dire dans le contexte, sa direction) "L'affaiblissement n'est pas une fatalité. Il a pour cause principale des choix politiques initiés par nos principaux dirigeants et obstinément poursuivis malgré les alertes" Les directions successives du PCF ont été gagnées par le renoncement... Cette argumentation, c'est à dire de considérer qu'il suffit d'élire une bonne direction du PCF, soit le "nous" par rapport à "eux" dans ce texte, me paraît dangereuse. Elle s'exonère par définition d'une véritable analyse des causes objectives d'affaiblissement du PCF, d'un vrai bilan et d'une vraie critique d'autant plus que le texte dit que nous avions les bonnes décisions sous la main et qu'il suffisait de les appliquer. L'incurie supposée de la direction peut être un vrai problème d'efficacité de la direction mais si on comprend bien ce texte nous avons choisi depuis 25 ans des dirigeants faibles ou manquant de fermeté idéologique que nous avons laissés faire, alors que les auteurs du texte avait la solution sous nos yeux. Ce n'est pas crédible et il faut nécessairement aller plus loin. D'autre part ce texte, en désignant les dirigeants comme "la seule cause" prend le risque de faire croire que la critique de la direction et en pratique de Pierre Laurent est LA SOLUTION et donc de déclencher une logique de confrontation très dangereuse pour le PCF dans son ensemble, tout en ne proposant pas réellement de construire des solutions : elles sont toutes faites et applicables clés en main. J'ai beaucoup de mal à y croire. Cela se produit manifestement en temps réel dans la préparation du congrès. Pour ce qui est de la vie du parti , à ce compte là, on risque de passer à côté d'un travail soigneux et patient pour reconstruire une force politique utile à l'émancipation et au dépassement du capitalisme, à partir de la prise en compte des réalités concrètes et des gens à qui nous nous adressons. On risque aussi de réitérer l'exercice : confrontés à des difficultés (ça c'est une certitude!) il suffira de changer de direction encore et encore ? Staline disait quelque chose comme : les difficultés objectives n'existent pas, il n'y a que les cadres (qui doivent se dévouer corps et âme aux directives) C'est désastreux et désespérant. Le titre du chapitre et le texte ne vont pas ensemble

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