Écologie, enjeux de classe et projet communiste - Congrès PCF

Pour l’écologie matérialiste
Contributeurs :

Aujourd’hui l’écologie est devenue, à juste raison, un sujet majeur en politique. Pour autant, une fois l’urgence de la lutte contre le changement climatique et le besoin d’éradication des pollutions acceptés, des divergences apparaissent sur les solutions. Les Verts ayant introduit l’idée d'écologie politique (et c’est tout à leur honneur), ce sont leurs idées et leurs positions qui aujourd’hui cimentent l’écologie. Pourtant d’autres points de vue existent. Oui il existe des arguments écologiques en faveur du nucléaire (sortie du carbone, faible emprise au sol, faible consommation de minerais rares), oui il existait des arguments écologiques au transfert de l’aéroport nantais à Notre Dame des Landes (rationalisation du trafic aérien, lutte contre la pollution sonore et l’étalement urbain). Oui il existe des arguments pour les lignes nouvelles de train (moyen de transport propre, altervative au tout-voiture et à l’avion). Nous, communistes, avons entièrement intégré l’écologie dans notre projet politique, et ce depuis des décennies. Plus qu’un pilier, elle doit maintenant être sa motivation principale. Mais il faut choisir quelle écologie.

Nous sommes souvent traités d'idéologues, pourtant nous sommes les héritiers de la pensée matérialiste de Marx. Cette dernière se définit par l’étude scientifique du rapport de l’humanité avec elle-même, mais aussi avec le monde, avec la nature (scientifique est le mot-clé, suggérant une constante actualisation des connaissances, et le rejet des dogmes). Quoi de plus naturel pour étudier l’écologie ?
A l’époque de Marx, le matérialisme était aussi le rejet du spirituel sur le concret. Et peut servir ici à clarifier nos intentions : l’écologie, est ce la protection de Mère Nature ? “L’état naturel est sacré, c’est par essence le meilleur état possible et le déranger est forcément dommageable” ? Ou plutot est-ce l’intégration de l’Humanité dans la nature ? Reconnaître que modifier la nature n’est pas un mal en soi et identifier quel dégâts fait à la nature sont aussi des dégâts pour l’humain, voire même certaines modifications de la nature sont pour sa propre protection (typiquement les infrastructures pour sortir du tout-voiture).

Le PCF doit donc prendre la tête de cette vision d’une écologie matérialiste.

Cela passe par :

- L’éducation du plus grand nombre
En tout premier lieu, transmettre les outils pour interpréter les informations scientifiques, notamment la compréhension des mesures (mais qu’est ce qu’un kWh ?) et des échelles (combien de foyers telle production électrique va alimenter ? à quel prix total pour l’environnement ?) Il apparaîtra alors plus clairement pour tout le monde quelles sont les urgences et quelles solutions sont efficaces.

- Une analyse rationnelle et fonctionnelle de nos modes de production et de consommation
Une fois un dispositif identifié comme polluant, il faut une alternative. Mais celle-ci doit prendre en compte toutes les données et notamment pourquoi une solution polluante a été introduite. Car oui il y a souvent une raison pour celle-ci. Certes certaines fois dans l’unique but d'augmenter les profits des possédants. Mais ce serait trop facile de généraliser. Par exemple, les engrais et pesticides chimiques, avant leurs utilisations, des maladies pouvaient provoquer des pertes de productions jusqu’à des pénuries voire des famines. Dans la recherche d’alternatives, on ne peut pas balayer de la main les apports de la solution initiale. Et l’augmentation des profits contre laquelle nous luttons cache souvent des réalités physiques auxquelles tout système politico-économique sera confronté.

- Assumer nos conclusions et nos contradictions avec les autres mouvements écologistes
Parce que le PCF n’a pas la même vue de l’écologie que les autres composantes, notamment de gauche, alors pour ne pas cliver nous nous taisons et ne mettons pas en avant nos analyses. Jusqu’à entendre dire que nous serions en retard ou indécis sur le sujet. On nous qualifie même de “productiviste” pour nous discréditer sans débat. Pourtant nous n’avons pas à rougir, pour preuve notre revue Progressistes et l’action du Conseil Général de Seine Saint Denis et ce dès les années 80 (chauffage de ville géothermique, réserves naturelles). Il est temps d’afficher notre bon sens en la matière.

- Identifier clairement notre point de vue, d’où ma proposition pour la nommer : l’écologie matérialiste.

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