Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Compte Rendu Conférence Fédérale de Saône-et-Loire
Contributeurs :

  1. Bilan et avenir de notre démarche stratégique : 6 questions à débattre

11 participant-e-s (3 femmes, 8 hommes. Plus ancien a pris sa carte en 1957, plus jeune en 2013)

 

La séance a débuté par une introduction de 15 minutes de l’animateur, se contentant d’énoncer les titres des chapitres et paragraphes du document de 7 pages élaboré par le groupe national sur le thème. Quelques phrases sélectionnées par lui pour leur importance et leur appel à débat étaient lues et le tout a permis de redonner aux camarades qui n’avaient pas pris le temps de lire l’ensemble des matériaux, de se faire une idée de la cohérence et du spectre des problématiques que le groupe devait aborder.

 

Le débat a ensuite duré 1h45’ et parmi les 11 participants, 10 se sont exprimés à un moment ou un autre.

Une partie significative du débat s’est focalisée sur les chapitres 1&2, consacrés aux expériences de luttes concrètes et à leur dépassement. Plusieurs participants ont exprimé la nécessité d’exprimer en grand notre aspiration à un monde radicalement nouveau, et à donner à notre engagement dans les luttes concrètes une vision réellement transformatrice. Ont été cités notamment les thèmes suivants, sur lesquels le Parti semble peiner à exprimer un point de vue radical et qui donne à voir ce que serait pour nous un monde nouveau : gratuité des transports (exemple d’Aubagne), nationalisation des industries (en particulier ALSTOM sur le dossier transport alors que le parti ne propose qu’un gentleman agreement avec Siemens), retour aux monopoles pour les services publics de l’électricité, gaz, rail, hôpital…Est-ce qu’on doit continuer à vendre de l’eau alors que c’est un besoin vital ?

Pour plusieurs participants, luttes et projet de société paraissent indissociables. « Si les gens n’ont pas de perspectives politiques de transformation, on aura du mal à les gagner à la lutte », « Y a bien eu des luttes ces dernières années, et alors ? Pour faire vivre l’idée communiste faut faire rêver les gens, sinon si c’est pour gagner des miettes, autant aller au PS ».

Certains participants pensent « qu’actuellement si on part du général, on n’y arrivera pas avec les gens, car il y a une réelle dépolitisation ». Une camarade prône le retour aux associations pour y instiller par le local et le menu nos idées. Une camarade estime que la classe ouvrière a disparu et qu’avec la précarité le salariat a changé aujourd’hui, un autre estime qu’il ne faut pas en rester au slogan « on veut revenir à avant » car le capitalisme a changé. Il pense « qu’on ne va pas gagner sur le capitalisme sans un grignotage local, et qu’à travers des luttes concrètes on construit des briques ».

Plusieurs camarades expriment que face au constat établi au chapitre 1, « il y a besoin d’un parti de combat car en face ils nous en mettent plein la gueule ». « Notre rôle de communiste, c’est précisément de politiser les luttes : transports gratuits, sécurité sociale, épiceries coopératives, tout ça ce sont des expériences communistes ». Sont pointés les besoins de formation politique des militants, « même si cela ne donne pas tout » et que « la force de notre parti c’est d’être acteur, avec les gens, et qu’on n’est pas des montreurs de voies ». Pourtant la nécessité de convaincre les communistes eux-mêmes est réaffirmée, au travers de plusieurs exemple tirés du bilan des dernières années : celles de la présence de Gayssot et Buffet au gouvernement qui a le plus privatisé au 20e siècle, de reculs sur les propositions (on parle de « Pôles publics de ceci ou de cela mais jamais de monopoles ni de renationalisations »), etc.

Se dégage chez une majorité de participants un fort besoin de réaffirmer pourquoi nous sommes communistes, que si les résistants du CNR avaient été « réalistes » ils n’auraient jamais bâti le programme des Jours Heureux, que la lutte des classes c’est la lutte entre une classe bourgeoise et une autre, que la propriété des moyens de production conduit à décider de ce qui a de la valeur et de ce qui est utile à produire, bref aux principes du « Manifeste de Marx, dont on a l’impression qu’il a été écrit hier tellement on est bien toujours dans le même système capitaliste ».

 

Concernant le parti, deux camarades expriment le constat « qu’il n’y a plus de prolos à la direction du parti » et réaffirment que la formation idéologique est à reconstruire pour armer les militants. Un camarade questionne les problèmes de discipline et de ligne politique : MG Buffet et son soutien à JLM alors même que les communistes auraient très bien pu (ça c’est « joué » à quelques voix) décider d’avoir leur candidat. Peut-on concilier la nécessité que le parti soit un outil de combat et accepter que des positions personnelles de dirigeant s’expriment en dehors ou en quadrature du choix des communistes (l’exemple de la position de P. Laurent sur le vote Macron au 2e tour est cité, celui de Dartigoles sur la fermeture de Fessenheim).

 

Sur le rassemblement, plusieurs intervenants reviennent sur les expériences passées et affirment que « certaines alliances nous ont fait mal » (cf plus haut gouvernement Jospin, puis Mélenchon avec le FdG puis au 1er tour des présidentielles 2017). A cet égard quelques échanges ont pointé la problématique des élus : « embourbés dans des dossiers, noyés sous les papiers et qui sont coupés du parti et des gens ». « A Lyon les élus ont même refusé d’appliquer le choix des militants de la section de la ville et sont repartis avec Collomb en 2016, contre l’avis des communistes locaux ».

 

Sur les aspects de militantisme de terrain, une camarade s’interroge en regardant à travers la fenêtre de la Fédé : « comment faire pour aller voir tous ces gens qui souffrent et qui galèrent dans l’immeuble en face ? ». Un autre questionne aussi les « pratiques à mettre en œuvre pour redonner le pouvoir aux gens ».

 

Enfin l’Europe est abordée. L’animateur informe les participants du document qu’il a eu par ailleurs et qui sera abordé par le CN des 30-31 mars sur le sujet. Il y lit la phrase suivante (page 3) : « On ne changera pas le monde sans changer l’Europe, on ne changera pas la France sans changer l’Europe ». Cet extrait suscite l’expression de plusieurs camarades qui disent leurs doutes sur l’Europe, et qui expriment qu’au contraire de l’aveu de faiblesse qu’illustre la phrase énoncée, la France pourrait tout à fait reprendre la main sur un certain nombre de traités et s’émanciper des aspects libéraux de cette Europe, si le peuple le décide.

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