Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

Donner la priorité à l’activité de structures de proximité ouvertes.
Contributeurs :

Quel nouveau modèle d’organisation adopter ? Pourquoi ce chantier est-il incontournable ? Parce que nous devons affronter une crise de la politique, une crise de l’engagement en politique et une crise des partis politiques en tant qu’organisation. a) Crise de la politique. Celle-ci n’apparaît plus comme, la recherche de l’intérêt général, un débat sur la société dans laquelle nous voulons vivre, présent dans les batailles idéologiques mais aussi dans les luttes sociales, mais comme un domaine d’activité de plus en plus autonome des autres activités sociales. Elle est de plus en plus assimilée à un ensemble de moyens employés par un groupe d’individus pour conquérir le pouvoir et occuper des ‘postes ‘, et considérée comme l’affaire de professionnels (et/ou d’ « experts ») et non l’affaire de tous les citoyens. b) Crise de l’engagement en politique qui n’est plus le même, chez les jeunes générations notamment, du fait de l’absence de perspective globale alternative après l’échec de l’expérience des pays communistes, comme de la social-démocratie et de l’Etat providence, et notre incapacité, comme celle de tous les grands partis communistes européens, à représenter un projet de société alternatif, le communisme du 21ème siècle. Du fait également la montée de « l’individuation » - liée à la mise en concurrence des individus et de la crise des rapports individu/collectif, ce dernier apparaissant le plus souvent comme un obstacle (et non une aide) à l’émancipation de l’individu. c) Crise des partis politique enfin, liée au refus de l’autoritarisme et de la verticalité qui serait attachés à toute organisation politique. Et partis politiques considérés comme des sortes de secte qui excluent ceux qui ne partagent pas tout, ne s’engagent pas totalement. Pourtant le succès spectaculaire des mouvements comme la France Insoumise et la République En Marche qui, malgré leur faible nombre de militants organisés ont su mobiliser très largement dans la jeunesse pendant la campagne des présidentielles, montre les possibilités d’engagement en politique mais –sur des objectifs concrets gagnables (la victoire de leur candidat) – quand la liberté d’organisation des luttes est laissée au niveau local (aux comités locaux) – et quand il n’y a pas de différence entre « encartés » et « non-encartés » dans l’organisation des luttes pour un objectif concret commun (ce qui ne veut pas dire qu’ils soient des modèles de démocratie) C’est pourquoi, si aucune question ou proposition ne saurait être tabou, certaines questions me paraissent prioritaires à mettre en débat concernant notre organisation. a) Face à la crise de la politique, comment notre parti à chaque niveau, peut-il contribuer de façon déterminante à redonner toutes ses couleurs au ‘politique’, à la défense de l’intérêt général, au débat sur la société et le monde dans lesquels nous voulons vivre ? Comment aider à la convergence les luttes et gagner des positions dans le combat pour le dépassement du capitalisme ? Comment mieux affronter la division entretenue entre travailleurs au sein de l’entreprise, mais aussi au sein de la société ? b) Face aux nouvelles formes que prend l’engagement – ponctuel, sur un thème ou une cause singulière - comment faciliter de larges mobilisations, tout en travaillant à la convergence des luttes ? Comment redonner envie de s’engager durablement ? c) Face à la crise des partis politiques, comment dé-professionaliser la politique et en faire l’affaire de tous, tout en profitant des atouts théoriques et politiques issus des différents combats dans la durée d’un parti politique comme le nôtre ? Comment redonner des couleurs à la démocratie et à la représentation politique ? Cela passe par une véritable transformation de notre mode d’organisation, changer tout ce qui doit l'être pour nous redévelopper, chercher toujours plus « à libérer tout notre potentiel militant », mais, sans jamais de vue notre but : « non pas représenter le peuple mais lui permettre de construire le chemin de son émancipation et donc permettre à la construction citoyenne d’atteindre une dimension de masse ». Pour redonner des couleurs à la politique, il faut donc partir des préoccupations des travailleurs tant sur leurs lieux de travail que de vie, donner la priorité à l’activité de proximité des militants, avec tous ceux qui mènent des luttes émancipatrices, cherchent quelles propositions alternatives permettraient de changer leur vie quotidienne, les rapports sociaux dans la cité, l’entreprise, la société. Cette activité au plus près des gens ne doit pas seulement nous aider à ne pas décoller des mouvements qui agitent la société. Elle ne saurait avoir pour objectif principal d’avoir une bonne communication. C’est dans cette activité de terrain que nous devons expérimenter de nouvelles pratiques politiques en accord avec notre objectif, à savoir ne pas demander au peuple de nous déléguer le pouvoir de proposition et de décision (au nom de l’avant-garde), mais faciliter sa politisation, sa réappropriation du pouvoir de changer les choses. Notre rôle sur le terrain en tant que Parti communiste ne peut donc plus être de distribuer la bonne parole, ou de prendre en mains l’organisation de la lutte. La construction d’une démocratie citoyenne nous fixe des priorités, à savoir : non pas seulement être à l’écoute et dans l’action commune, mais fournir des instruments d’analyse de la société, des rapports sociaux, des objectifs poursuivis par les uns et les autres, mettre en débat des propositions de transformation alternatives, crédibles et rassembleuses et redonner l’envie de s’engager dans la durée. Devenir vraiment un "intellectuel collectif" et un levier d'action politique, en adéquation avec son époque Pour dé-professionnaliser la politique et mobiliser le plus grand nombre dans la lutte pour un changement de société, pourquoi, comme le propose un camarade, ne pas se donner comme objectif de créer sur le territoire de nos sections des structures de proximité ouvertes, « où des hommes et des femmes se voient régulièrement, discutent, échangent, et décident de s'organiser librement pour agir sur des questions qui les concernent, et participer à la construction de l’alternative ». Ces structures de proximité se tournant résolument vers l'action et l'initiative de proximité, regrouperaient des adhérents de la section mais aussi toutes celles et ceux qui veulent s'engager, ponctuellement ou dans la durée, pour agir avec nous, mais choisissent de ne pas s'organiser à un autre niveau qu'au sein de ce groupe local. Cette activité de proximité des militants suppose de remettre en question la délégation de pouvoir qui prévaut encore largement dans notre parti et qui conduit beaucoup de militants, comme de secrétaires de section, à attendre les propositions du conseil départemental ou du conseil national pour agir au niveau local, au détriment du suivi dans la durée de décisions d’action de la section. Elle suppose aussi la remise en question de notre culture d’avant-garde dans nos rapports avec les autres forces de transformation sociale et notre vision du rassemblement dans l’action, et de ne pas donner la priorité à la préparation des prochaines échéances électorales dans l’activité du parti à tous les niveaux, même si la conquête de positions de pouvoir pour permettre des débouchés à l’action est importante. Cette priorité donnée à l’activité de proximité ne doit pas créer d’illusions sur la possibilité de changer radicalement les choses au niveau local, mais suppose au contraire que nous montrions la nécessité de s’attaquer à la logique de l’accumulation financière (ou de la domination patriarcale) à tous les niveaux. Cette priorité donnée à l’activité de proximité, si elle peut permettre de dé-professionnaliser la politique, ne permettra pas en soi de redonner confiance en la représentation politique. Celle-ci passe par de nouvelles articulations entre action des élus et luttes de terrain, par des élus qui ne soient pas des ‘professionnels de la politique’ mais qui co-construisent des propositions de lois avec les citoyens, s’engagent sur un programme et rendent compte régulièrement de leur activité, Des élus aussi qui représentent mieux la diversité de la population. Redonner confiance dans la politique, condition indispensable pour la mobilisation en faveur d’un changement de société, suppose aussi de retravailler notre projet de société. C’est ce que propose l’atelier sur le communisme. Encore faut-il que les militants s’approprient ce projet de société, puissent l’articuler aux aspirations immédiates et aux propositions qu’ils soumettront au débat dans les structures de proximité. Cela passe par la recherche d’une nouvelle ‘centralité’ dans le fonctionnement de notre parti, une nouvelle ‘cohérence’ qui articule – notamment en utilisant les possibilités ouvertes par une utilisation à bon escient des réseaux sociaux et des sites Internet - action de proximité et réflexion, l'une alimentant l'autre et favorisant le travail de construction en commun Comment changer effectivement le fonctionnement du parti et mettre fin à la verticalité descendante, malgré le rôle central donné à la souveraineté des adhérents dans nos statuts et le rejet de la hiérarchie chez les jeunes ? Le rôle des directions de section est de ce point de vue fondamental. Elles doivent veiller à ce que la section situe son activité de proximité dans le cadre de luttes émancipatrices, de conquêtes sociales, écologiques et/ou démocratiques parties prenantes d’un processus de dépassement du capitalisme, inciter à tirer les enseignements de l’activité de proximité et les faire remonter pour en débattre en interne, aider à la formation des communistes pour qu’ils puissent donner, les éléments d’analyse nécessaires à une action efficace et mettre les propositions alternatives des communistes au débat, transmettre aux adhérents toute l’information nécessaire au débat interne sur l’activité au niveau national/fédéral, et à la prise de décision.

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