Amendements
Un nouvel internationalisme pour relever le défi de la mondialisation capitaliste - Congrès PCF

4.1 De profonds bouleversements mondiaux
Contributeurs :

page 14, ligne 9-36 Le quotidien des relations internationales est désormais marqué par la prégnance des questions sociales que la mondialisation capitaliste amplifie : rajeunissement des populations du Sud et vieillissement de celles du Nord ; urbanisation galopante et mal maîtrisée ; "guerre économique", marchandisation et financiarisation des économies ; cancer financier nourri par les politiques d'austérité du FMI ou de la Banque mondiale ; pillage des richesses ; privatisation des services publics et liquidation des droits sociaux ; chômage et précarité source de mobilités et de conflits ; traités de libre-échanges ; asphyxie de la planète avec la destruction ou la spoliation des biens communs de l'humanité ; révoltes face aux échecs du développement alors que la misère côtoie l'insolence de la richesse... La socialisation des enjeux mondiaux concernent tous les espaces et contre cette colère sociale les stratégies militaires et diplomatiques sont impuissantes. Les puissances capitalistes promeuvent un système de plus en plus asymétrique qui ne respecte pas l'égalité entre les Etats suscitant des tensions internationales et un immense sentiment d'humiliation chez les peuples, contribuant à craqueler l'édifice. La mondialisation dominée par des logiques capitalistes impose de nouvelles règles autour desquelles deux conceptions s'affrontent : -celle qui met les peuples sous la tutelle des marchés, qui conduit à la victoire des multinationales et l'enrichissement des plus puissants ; -celle qui accélère la conscience des acteurs, qui ouvre un espace de dialogues et de confrontations contre les politiques économiques socialement destructrices, les effets néfastes des pollutions ou du réchauffement climatique. Aucune de ces deux mondialisations ne l'a encore définitivement emportée sur l'autre. Pour nous communistes, la mondialisation est un terrain de luttes et de combats de longue haleine mais aussi d'engagements concrets immédiats. Si nous assistons à la généralisation et à l’exacerbation des fléaux du système, émergent aussi des nouveautés radicales et de potentielles transformations d’ensemble jetant les bases d'un nouveau système international. Avec la fin du système bipolaire qui n'a jamais rien concédé à l'apparition de forces nouvelles, les pays jusqu'alors sous la tutelle de puissances impérialistes ont acquis une autonomie croissante et sont désormais moins dociles et moins alignés. Avec l'avènement progressif de puissances émergentes, l'hégémonie américaine ou occidentale est contestée mais dans un cadre économique mondial qui demeure celui du libéralisme. Un monde plus inclusif devient possible. Il offre l'opportunité de bâtir un système international multilatéral où chaque peuple, Etat, nation est reconnu sur un pied d'égalité L'interdépendance de l'espace mondial appelle un nouveau multilatéralisme alors que les puissances capitalistes perpétuent leur domination dans des clubs oligarchiques (G7, G20...) pour y prendre les décisions qui concernent le monde tout en nourrissant les surenchères de l'enfermement. Dans le dépassement de ce ordre, la question d'un système de gouvernance globale, d'une « démocratisation » de l'Organisation des Nations unies et de ses opérateurs est posée conçu comme une recomposition coopérative de l'espace mondial. La mobilité est un droit pour tout être humain et pose en termes renouvelés la question de la démocratie actuelle La mobilité a pour corollaire une hybridation des cultures. Le nier contribuerait à nourrir la théorie du prétendu "choc des civilisations". Face à l'arrogance de la mondialisation capitaliste, tout en appétit de domination, surgissent des tendances réactionnaires de formes : réactivations identitaires, de référents religieux, d'exaltations ethniques qui peuvent prendre des caractères intégristes.

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