Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

OSONS RALLUMER L’ÉTOILE DU COMMUNISME
Contributeurs :

Osons rallumer l’étoile du communisme André Perez- Section de Millau- Aveyron

Notre parti est reconnu pour sa capacité à résister contre les mauvais coups portés à notre peuple. Il continue à être apprécié par le soutien qu’il apporte et qu’il porte à l’assemblée nationale par exemple, aux revendications, aux aspirations légitimes des travailleurs au sens le plus large du terme. Par contre, hormis notre fidélité au mot communiste, nous ne sommes plus identifiés comme porteurs de cet idéal, comme si depuis la chute du mur de Berlin, il avait disparu de notre logiciel. En jetant un voile pudique sur la visée communiste, traumatisés par sa perversion stalinienne, culpabilisés par le retard pris pour en tirer toutes les leçons-parfois le refus -nous avons dans nos propres rangs ouverts la voie à des dérives, des atermoiements, des hésitations...et des divisions sur fond de recul détestable de l’esprit fraternel, qui portent atteinte à notre crédibilité. D’autant que l’une des conséquences de cet abandon d’utopie, d’idéal, a été de privilégier les débats stratégiques, parfois les décisions tactiques et politiciennes, avec en corollaire, des démarches électorales à géométrie variable, au prétexte qu’ici ou là, on avait à faire à des bons socialistes voire à de bons centristes !

Je prendrai une illustration montrant combien l’abandon dans la confrontation politique de notre idéal, nous a été préjudiciable.

Le programme commun ; il s’agissait d’une avancée, d’un très bon compromis. Au lendemain de sa signature, G.Marchais a pourtant alerté : « ...cette avancée ne réussira que si le PCF demeure le premier parti à gauche. » Il avait raison sauf que nous étions d’avance battus. Avec le programme commun, la différence entre nous et le Parti Socialiste s’effaçait d’un point de vue économique et social. Par contre, nous portions seul le fardeau des pays de l’Est car nous ne sommes pas allés jusqu’au bout de la critique et des leçons à tirer et qu’au lieu d’être offensifs sur notre idéal, nous sommes devenus un des partis du programme commun. Nous en avons pris pour un demi-siècle d’hégémonie socialiste. Plus grave encore, en perdant de vue la visée, l’idéal, nous avons fragilisés le niveau de conscience de certains de nos militants. Je l’ai dit, être communiste jusqu’au bout ne signifie pas refus de tout compromis. A ce titre, je persiste : Nous avons eu raison de soutenir la candidature de Mélenchon à la présidentielle. Par contre, qu’une ou un communiste rejoigne la France Insoumise, illustre nos contradictions. Mélenchon dans la théorie, comme dans la pratique, c’est la version populiste de la social- démocratie, c’est le culte du chef, du sauveur suprême auto- proclamé, l’absence de démocratie réelle (voir les élections en Corse), l’opportunisme électoral absolu en dehors de toute cohérence. A quelques mois d’intervalle, il peut condamner les langues régionales en vertu d’un jacobinisme assumé, puis soutenir les indépendantistes corses, très proches de l’extrême droite. Pour autant, il me semble juste de mener le combat pour l’union et le rassemblement, y compris avec FI, même si cette dernière privilégie, avec agressivité à notre encontre, une stratégie de soumission au culte du chef. Mais l’union a toujours été un combat que nous gagnerons en inversant le rapport de force. Ceci dit, du programme commun au Front de gauche, non seulement ces expériences se sont mal terminées, mais à chaque fois, c’est notre parti qui en fait électoralement les frais. Preuve que ce n’est pas la stratégie seule Qui est la solution.

Le communisme, c’est maintenant. Si sans perdre de temps, nous ne rallumons pas l’étoile du communisme, non seulement nous passons à côté d’une opportunité historique, mais nous nous

condamnons à perdre la lutte des classes, à laisser la porte ouverte au pire. La dernière étude « Viavoice », comme ce qui germe aux Etats unis, ne peuvent que nous encourager.

La visée communiste d’un point de vue économique et social, c’est rendre imaginable cette utopie, ce rêve afin qu’il devienne réalité à travers des marqueurs forts, l’affirmation de valeurs : la Paix, la liberté, la solidarité, la démocratie, la liberté, l’écologie. Et sans tomber dans le « prêt à porter » ou le dogme figé, ouvrir une grande réflexion, un grand débat sur la traduction économique et sociale de ces valeurs. L’appropriation collective de tout ce qui relève des biens communs, leur gratuité, une autre conception et une autre finalité du travail donc de la production, le partage à l’échelle mondiale des richesses, des savoirs, les coopérations, un monde sans arme... Notre parti est riche d’économistes, de philosophes, de sociologues, de syndicalistes, qui peuvent en ouvrant grand les fenêtres vers d’autres compétences, s’attaquer à ce travail en n’oubliant pas le côté pédagogique.

La visée communiste du point de vue de l’HOMME. « l’Homme nouveau » Che Guevara.

Che Guevara ne se pose pas en moraliste au sens religieux du terme, mais en exigence éthique. Il ne dissocie pas la transformation révolutionnaire de l’économie, de la transformation de l’Homme. Le socialisme dit-il doit produire de pair avec l’économie des valeurs de vie solidaire, généreuse, d’humilité....et prône l’exemplarité. Il affirme ce qui apparait être une évidence –mais il vaut mieux la dire haut et fort- : « les lois du capitalisme agissent sur les individus. Ses tares se perpétuent sur nos consciences ». Qui peut nier cette réalité que les scories du capitalisme polluent et infectent les consciences de nos concitoyens. L’individualisme, l’égoïsme, le racisme sont autant de maux qui affaiblissent à la fois notre ambition communiste, mais aussi notre démarche. A mon avis, nous devons d’un point de vue politique prendre cette question à bras le corps. Et comme nous ne sommes pas en dehors de la société, cet enjeu doit devenir prioritaire dans nos propres rangs car là aussi, la mise en sommeil de notre idéal n’a pas été sans effet.

Quelques illustrations :

Le drame des migrants : Des communistes font preuve d’une solidarité militante. Mais combien ne bougent pas le petit doigt ou se contentent de beaux discours.

Le respect de la démocratie : Comment accepter que nous soyons confrontés à des attitudes de non respect d’un vote majoritaire, de non respect des camarades ? C’est ce que nous avons vécu par exemple aux dernières élections régionales en Occitanie.

Le partage : La perte d’élu(e)s a pour conséquence de graves difficultés financières pour certaines fédérations. Il est préconisé une mutualisation des moyens qui ne voit jamais le jour. Où est la valeur communiste de partage ? Et le parti ne s’affaiblie-t-il pas quand par dizaines, des fédérations ne peuvent plus participer à des initiatives nationales voire même tirer un tract !

Enfin, nous venons de découvrir que les problèmes de harcèlement n’épargnaient pas notre parti.

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