Notre démarche stratégique de transformation et de rassemblement, sur la base d'un bilan de la période écoulée et des enjeux de la période nouvelle - Congrès PCF

PCF Affronter l'avenir
Contributeurs :

Chapo.

Le passage à l’An Nouveau est le moment des Voeux. Que souhaitons-nous pour 2018 pour nos proches, nous-même? Il est tout autant le temps des bilans. Cela vaut pour les organisations, les acteurs sociaux, économiques, politiques. Cela vaut pour le Pcf avec la tenue d’un Congrès à la fin de l’année, et après le séisme électoral de 2017. Qu’attendons-nous de 2018? Que faire en cette année charnière ?

Tribune libre Daniel Cirera

PCF. Affronter l’avenir

Les reéticences de la direction du PCF aà inteégrer la question du bilan dans l’ordre du jour du congreàs deécideé pour novembre 2018 lors du conseil national du 1er deé cembre sont reé veé latrices d’une difficulteé aà trouver la bonne entreé e pour l’analyse des causes de la situation dans laquelle il se trouve. Elles expriment l’appreéhension face aux deécisions aà prendre pour aborder la peériode nouvelle ouverte avec les eélections du printemps 2017. Le bilan n’a pas d’inteéreêt en soi. C’est une pieàce du socle du travail sur les perspectives, sur la nature et le niveau des transformations aà opeérer. C’est une condition pour que les adheérents aient tous les eéleéments du deébat au moment de choisir pour prendre les deécisions.

Normalement, c’est la taêche de tout congreàs que d’eévaluer les reésultats des orientations et des choix tactiques aà partir des objectifs fixeés. Cette fois, le bilan apparaîêt ineévitable compte-tenu de la graviteé de la situation, reconnue jusqu’au plus haut niveau. Ce qui est leégitime et banal en temps de calme devient un impeératif en peériode de tourmente. C’est aà juste titre qu’il est demandeé qu’il n’eévite ni les responsabiliteés de la dernieàre peériode, ni les raisons structurelles.. L’appel aà la modeération, aà ne pas en faire un « reàglement de compte », est leégitime. Cet appel gagnerait en force s’il eétait accompagneé d’un appel tout aussi pressant aà tout mettre sur la table, sans preéjuger des conclusions. L’appel aà l’uniteé, justifieé lui aussi, particulieàrement dans la peériode difficile qu’affronte le Pcf, ne saurait eêtre une pression pour limiter les expressions critiques. Tout au contraire, c’est la qualiteé d’un deébat reéellement ouvert, sinceàre et exigeant, qui est la condition de la construction de l’uniteé.

La particulariteé de la situation preésente tient au fait que cette fois, l’appel aà une mise aà plat vient du corps militant. Les interrogations et les doutes se sont manifesteés face au reésultat, amplifieés par le comportement du candidat soutenu. Ils ont eéteé confirmeés par l’attitude de la France Insoumise envers le Pcf et ses candidats aux eélections leégislatives, et tout reécemment aà propos de la Corse.

Ce bilan, neécessaire et attendu, ne peut eêtre reéduit aà l’analyse et aux leçons de la peériode immeédiate, en l’occurrence les choix de la preésidentielle de 2017 et ses suites. Ces choix laà eétaient ancreés dans une deémarche de long terme. Elle touche aà des questions essentielles, du rapport au mouvement reéel, de la socieéteé et du monde, non reésolues ou poseées en des termes totalement nouveaux. S’impose le

reéexamen des causes d’un deéclin jamais enrayeé, des raisons tactiques des eéchecs eélectoraux, de la conception des constructions majoritaires aà gauche. L’analyse de la peé riode demande de revenir sur les interpreé tations du reé sultat du reéfeérendum de 2005, sur la prise en compte dans la pratique des conseéquences de la crise de 2008/2010, ideéologiques et politiques. Avec au cœur, la conception de la transformation sociale, du communisme politique, dans les reéaliteés du « monde nouveau ». Ces questions sont poseées en termes existentiels. Tout est bouleverseé. Les eélections de 2017 ont porteé le coup fatal aà un systeàme vermoulu. Pour la gauche « historique » et les partis qui la composent, une longue peériode touche aà sa fin.

Et donc une peériode totalement nouvelle s’ouvre. Marqueée par l’inconnu, si ce n’est par la conscience de l’ampleur de l’effort d’innovation qu’elle appelle. Les eécheéances eélectorales, europeéennes et municipales, marqueront une nouvelle eétape dans la recomposition, la restructuration de la politique elle-même, la redeé finition du clivage gauche/droite. Jean-Luc Meé lenchon y travaille. Le « systeàme Macron » en fait une eétape essentielle de sa structuration autour d’un poêle libeéral. La construction de la dynamique unitaire qui mette en eéchec la strateégie d’Emmanuel Macron de recompositions reépondant aux besoins des forces dominantes, devra participer de cet effort d’innovation. Jusqu’aux ruptures neécessaires. Dans cet ensemble est poseée la pertinence du communisme – strateégie et organisation - dans les conditions concreàtes, immeédiates et comme viseée de civilisation.

La question « Comment en est-on arriveé laà ? » traverse toutes les discussions. Elle taraude les communistes aà tous les niveaux. Elle interroge au-delaà celles et ceux qui s’inquieà tent encore pour l’avenir du Pcf et pour l’action politique progressiste et transformatrice dans notre pays, et en Europe. Elle pourra ouvrir sur l’avenir et un regain de confiance aà condition d’eêtre assumeée. Dans une telle situation il n’y a pas de raccourci possible.

Daniel Cirera
Décembre 2017/Janvier 2018

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