Écologie, enjeux de classe et projet communiste - Congrès PCF

Fret ferroviaire, 4 propositions pour sauver la planète. Soyons courageux !
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La démission de Nicolas Hulot la semaine dernière a rappelé combien la lutte contre le réchauffement climatique est d’une urgence absolue. La formidable réussite de la marche pour le climat de ce week-end confirme qu’une prise de conscience est en train de s’opérer dans le pays. Pour autant si ce réveil citoyen, appelé de ses vœux par Nicolas Hulot, est une bonne nouvelle, il faudra plus que des marches pour inverser la donne. Des actes forts s’imposent, ils doivent être pris sans attendre. La question des mobilités, et particulièrement celle du transport de marchandises, doit être revue de fond en comble. Aujourd’hui, nous savons que les transports sont responsables de plus de 30% des émissions de gaz à effet de serre dont près de 95% incombent au transport routier de marchandises et voyageur , soit une hausse de plus de 39% depuis 1990. Les choix politiques effectués depuis de nombreuses années ont eu pour conséquence un transfert massif de camions sur les routes. Depuis l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire en 2006, on estime à 1.6 million le nombre de camions supplémentaires sur nos routes chaque annéé. Pendant ce temps-là, le thermomètre chauffe dangereusement. Selon une étude de « nature climate change », les chances de rester sous les deux degrés d’ici la fin du siècle sont de l’ordre de 5%. Pourtant, rien ne change. Pire, on continue de dégrader le fret, la réforme du ferroviaire de juin 2018 actant même sa mise à mort ! « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » comme dirait l’autre ! S’insurger ne suffit plus, il faut agir. Ce dont la France a besoin c’est d’une grande politique publique de transport de marchandises, qui repose sur un réseau ferré au maillage fin, permettant d’irriguer les territoires, tout en répondant aux besoins des entreprises et des citoyens. Cela demande du courage politique et il faudra assumer de rompre avec les exigences d’un lobby routier qui n’a eu de cesse de gangréner le pouvoir, au point de mettre aujourd’hui en péril l’avenir de la planète. Il ne s’agit pas ici d’opposer le rail et la route, mais bien de réfléchir à une complémentarité efficace, et de nature à préserver notre planète. Moins de 10% de la part modale de marchandises transite actuellement par le rail. C’est insuffisant, trop insuffisant, nous pouvons faire bien mieux ! Nous avons des infrastructures, un savoir-faire et des acteurs prêts à jouer le jeu. La seule chose qui manque c’est une volonté politique affirmée. Un chiffre résume à lui seul l’enjeu : un train de 35 wagons, c’est 55 camions de 32 tonnes en moins sur les routes. Qui aujourd’hui peut nier l’utilité de l’outil fret ferroviaire ? Le transport est un ensemble complexe, avec un schéma qui part de l’expéditeur au destinataire. Le train, comme outil au service de la lutte contre le réchauffement climatique, doit être partie intégrante du modèle multimodal de demain. Peut-on raisonnablement laisser des centaines de camions par jours acheminer de la marchandise au magasin IKEA de Bayonne, alors qu’une voie ferrée embranchée se trouve à quelques centaines de mètres ? Nous le voyons tous, nos routes sont congestionnées, les autoroutes s’apparentent à de véritables murs à camions, les bouchons historiquement « réservés »aux grandes agglomérations sont maintenant le lot quotidien de nombreuses villes moyennes. En Occitanie, sur l’autoroute entre Montpellier et Narbone, on compte 12000 véhicules / jour par KM ! C’est de la folie ! La future « loi mobilité » du gouvernement ne dit pas un mot sur cette question. Pourtant, il y a urgence car si l’on se réfère aux études datant de 2016 du ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, le volume des marchandises transportées par la route d’ici 2030 augmenterait de 45.2% et de 85.9% d’ici 2050 ! Cette question du fret ferroviaire ne pourra s’appliquer efficacement et durablement qu’au cœur d’un schéma de transport public ayant comme boussole unique l’intérêt général. Nicolas Hulot l’a rappelé avec ses mots, mettant en cause « le système marchand », cette grande politique publique de transport de marchandises doit rompre avec les exigences des marchés financiers et sortir le rail public de la soumission à l’économie de marché à laquelle nos décideurs l’ont soumis. Aussi, je mets sur la table quatre propositions concrètes de financement destinées à relancer et développer le fret ferroviaire : - Prélever 500 millions d’euros par an sur les profits réalisés sur les sociétés d’autoroutes et investir dans le développement des infrastructures ferroviaires fret de proximité. - Fixer une éco-taxe poids lourds régionalisée qui concernerait les poids-lourds en transit, destinée à alimenter un fond régional d’investissement à destination de projet de fret ferroviaire et maritime. - Accorder une prime « bonus-écolo » aux entreprises qui réalisent 30% de leur transport de marchandises par rail. - Inclure dans les appels d’offres publics une clause imposant que 50% des matériaux utilisés soit acheminé par rail.

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